24/07/2007

Le retour sur terre de Rhino

"Je n'arrive pas à croire que ce n'est plus chez nous". Face à l'évacuation de Rhino, la réaction attristée d'Estelle, dont la Tribune nous dit qu'elle a les yeux rougis, outre qu'elle renvoie à Verlaine

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

surprend en fait par sa candeur.

La jeune squatter - on suppose la jeunesse, synonyme d'innocence - ne s'était en effet pas rendu compte qu'elle violait un domicile. Qu'elle s'emparait d'un bien - une chambre dans un appartement dans un immeuble - qui ne lui appartenait pas. Pas plus qu'il n'appartenait à M. Pire, squatter historique de Rhino, l'un des chefs des allocations - et non locations - de locaux aux nouveaux occupants illicites.

Dans son monde idéal, on devait probablement être libre de faire de la musique, de boire des verres en invitant tout ce que Genève compte de jeunes intéressés par une vie alternative. Sans se soucier que cette liberté s'exerçait au détriment de quelqu'un, un propriétaire, et non un spéculateur, qui avait un projet de rénovation de 19 appartements à prix ultra-abordables. Les idiots de locataires,  qui paient leur loyer, les ouvriers insultés par les squatters, apprécieront.

Dans son monde alternatif, ce qui est à toi est à moi. Mais pas l'inverse. Le propriétaire ne voulait pas vendre? On lance une initiative pour l'exproprier. L'initiative est invalidée? On s'invente un statut de locataire avec bail unilatéral. On multiplie les provocations juridiques. On en appelle aux Nations-Unies. Et pourquoi au Maître de l'Univers? Le moment est venu de revenir sur terre.

Petit détail: M. Pire déclare à la Tribune que la vingtaine de squatters attend de récupérer ses biens. Cela démontre deux choses. Primo, la propriété privée existe quand même. Secundo, il n'y avait pas 70 squatters à Rhino. 

 

 

 

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Commentaires

Comme tout cela est bien écrit... il faut savoir dire ses convictions car...
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine!

Écrit par : Philippe Glatz | 25/07/2007

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