04/08/2007

Les ados, ni anges, ni démons

Certains, à gauche mais pas seulement, croient que les ados sont en manque de droits. Et de leur proposer le droit de vote dès 16 ans, pour les plus raisonnables d'entre eux. Ils rêvent en fait de leur octroyer ce que les adolescents n'ont même pas eu l'idée de demander, sauf une minorité d'entre eux. Le président de la commission suisse de la jeunesse l'a dit, les sondages auprès des jeunes le répètent. Peu importe, quand on est atteint du jeunisme, la réalité n'est pas un remère suffisant ! On notera que la maladie semble d'origine germanique, puisqu'elle touche aussi l'Autriche et l'Allemagne.

D'autres, à droite toute, sont convaincus que les ados sont en manque de devoirs. Et de vouloir leur imposer le droit pénal des adultes dès 16 ans. Certets, ce ne serait que pour les délits particulièrement graves (meurtre, viol). A quoi s'ajouterait paradoxalement une responsabilité des parents accrue. Comme si la répression seule allait résoudre le mal-être d'une classe d'âge, comme si la responsabilité des parents n'était pas la première à devoir être rappelée, comme si les mesures en faveur de l'intégration des jeunes étrangers ne devaient pas être substanciellement améliorées. On notera que cette tendance n'est pas seulement germanique.

Pour les uns, les ados sont donc sinon des anges, du moins de petits adultes qui en méritent les mêmes droits. Pour les autres, ils sont des démons en puissance qui doivent être soumis aux mêmes devoirs.

Or, les uns et les autres se trompent. Formellement, parce qu'une extension des droits ne va pas sans sa contrepartie en termes de devoirs. Et réciproquement.  

Ils se trompent aussi sur le fond: les adolescents ne sont ni ne seront jamais des adultes. A la fois enfants et adultes, ils ont besoin d'un statut particulier. Il ne sert à rien de le nier, ni de les déséquilibrer.

 

 

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