26/08/2007

Les stores ou les maîtres ?

Dans un monde idéal, il n'y a pas besoin de choisir. Tout est donné, et quand il n'y en a plus, il y en a encore: il suffit de redemander - ou de se resservir. Dans le monde réel, la rareté, plus ou moins grande, est une réalité, et elle oblige bon gré mal gré à faire des choix. Cela surprend ceux qui refusent de grandir.

La politique de retour très douce, très lente, à l'équilibre financier à Genève semble avoir amené le Conseil d'Etat à faire certains choix, s'agissant des écoles. Le nombre d'instituteurs ou de maitres au Cycle reste le même (malgré la diminution du nombre d'élèves!); en revanche, les stores brisés par les élèves ne sont pour le moment pas systèmatiquement remplacés, les wc vandalisés pas toujours remis en état. Assurément désagréable. Mais vaudrait-il mieux diminuer le nombre d'enseignants et réparer les stores ?

Au fond, ce type de choix n'est pas sans vertus éducatives. Il montre à l'ensemble des élèves d'une école que le comportement de quelques uns a des conséquences pour tous. Que chacun doit être attentif au comportement de son voisin. Que les jeunes ne sont pas tous des anges. Et que ceux qui se comportent en bêtes peuvent retrouver le droit chemin grâce à l'appui de leurs pairs. De ce qui ressemble à une punition collective peut naître, dialectiquement..., un renouveau moral collectif.

Dans la vie idéale, rien n'a de conséquences; dans la vie réelle, tout se paie, tôt ou tard.

 

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23/08/2007

Les paysans brésiliens ne squattent pas, eux

On s'en doutait, maintenant on le sait, sauf à douter de l'ouïe du journaliste de la Tribune du 23 août qui rapporte des propos pour le moins d-étonnants. Les ex-squatters de Rhino avaient fini pas se croire chez eux à Rhino. Maurice Pier, leur ex-porte-parole, les compare aux "paysans brésiliens chassés de leur terre". Sans se préoccuper de savoir si la comparaison n'attente pas à l'honneur des paysans brésiliens.

Et avec une différence: ce "chez-moi" devait être payé par les autres. Quelle qu'en soit la forme. La preuve: leurs affaires, qui ont exigé 1200 cartons pour le déménagement, sont bien à eux et réclamées comme telles, sont entreposées jusqu'à la fin du mois d'août dans un garde-meubles aux frais du propriétaire, semble-t-il. Les ex-squatters demandent une prolongation de ce délai "insurmontable". Ou alors que l'Etat paie, exigent-ils. Or, l'Etat, c'est majoritairement nous, et très marginalement eux, à tous égards, sauf dans la recourite judiciaire où ils se souviennent de leurs droits, voire s'en inventent. Qui a envie de payer pour eux?

Y aurait-t-il un obstacle quelconque à ce qu'au 1er septembre, M. Pire et consorts reprennent à leur compte la location du garde-meubles? Bien sûr que non. A propos, on n'a jamais vu un garde-meubles squatté...

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21/08/2007

Achtung! A Genève, l'allemand prend tout son temps

A la SNCF, un train peut en cacher un autre. Au DIP aussi. Sauf qu'il s'agit de train de problèmes. Mais vu que, selon les CFF, "der Kluge reist im Zuge" et qu'on est en Suisse, il n'y a pas de souci à se faire. Trève de circonlocutions. Au fait.

Des enseignants de 7e, donc du Cycle d'orientation (CO), n'auraient pas encore reçu le manuel de raccordement pour l'enseignement de l'allemand, à moins d'une semaine de la rentrée des classes. Le service de l'enseignement du CO ne serait ni responsable, ni coupable de ce retard, assure à la Tribune la présidente des maîtres d'allemand. Un des chargés de mission du CO met en cause l'imprimeur, étranger au canton (fribourgeois en fait...), qui, le vilain, n'a fait parvenir les manuels en question que le 9 juillet, donc il y a 6 semaines bien tassées. Or l'économat aurait bien autre chose à faire durant l'été que de s'occuper de pédagogie et de vile distribution de brochures d'enseignement: les impératifs comptables et administratifs l'emporteraient sur ces préoccupations, les vacances des collaborateurs du service aussi. Passons. Au passage, un enseignant conteste avoir été simplement informé de l'existence de cette brochure de raccordement par le DIP, a fortiori de sa distribution problématique. Une mission encore à remplir...

Il y a plus grave. La même présidente des maîtres d'allemand du CO explique doctement combien cette brchure de raccordement est nécessaire. Alors que ces chers bambins aux têtes désormais multicolores, une richesse de Genève, sont initiés à l'allemand dès la 3e année primaire, notés dès la 5e P, ils ne sont pas en mesure de plonger dans la méthode "Genial" dès leur arrivée au CO. "Reconnaître les acquis du primaire est ardu, car il existe une grande hétérogénéité". Sous-entendu dans la maîtrise de l'allemand par les instituteurs au moins autant que par les élèves. Et de conclure avec la précision et l'explication qui tuent: "Ce n'est que depuis 2000 que l'allemand y est considéré comme un réel apprentissage et plus comme une initiation. Faire changer les mentalités prend du temps".

Donc, en sept ans, et pas en six semaines, les enseignants n'ont pas été en mesure de réduire leur "hétérogénéité". Il serait au passage intéressant de savoir combien d'entre eux sont, depuis le début de ce millénaire, partis en stages et/ou vacances en Suisse allemande, en Allemagne, en Autriche ou au Tyrol du Sud, comme ne disent pas les Italiens, pour perfectionner leur allemand. Quelle sont les mesures prises par le DIP pour les y inciter? Quels sont les contrôles des connaissances des enseignants par le DIP en cette autre langue nationale? Combien de chargés de mission y sont affectés? Peut-être que cela pourrait aider au changement des mentalités...

En fait, l'enseignement de l'allemand à l'école primaire est vu comme une contrainte par beaucoup - enseignants, parents et évidemment enfants -, une contrainte inutile, désagréable. On fait semblant de s'y former, les têtes multicolores semblant d'apprendre. Les heures et les années passent. Et il faut tout recommence ou peu s'en faut au CO. Un gâchis inacceptable! Un gâchis que la géniale nouvelle méthode risque d'augmenter au CO. Elle ne comprend en effet pas de grammaire! L'oralité, l'oralité, il n'y a que ça! 

Pendant ce temps, d'autres enfants commencent un enseignement bilingue par immersion. Dès cette rentrée, par exemple, les petits Grisons en "romansch grischun" unifié et en allemand et/ou italien. Ou, à Genève, les élèves de certaines écoles privées dont, pour l'allemand, l'école Moser.

Il n'est plus acceptable que l'école publique genevoise n'offre pas, elle aussi, au moins une filière bilingue, avec des enseignants germanophones. Car il y a des parents qui en ont envie pour leurs enfants. Et des enseignants qui en ont les compétences.

A quand un recensement de l'offre et de la demande de bilinguisme dès l'école primaire par le DIP? A quand une politique de recrutement allant au-delà de la Sarine? A quand une vision de la Suisse par le DIP?

 

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17/08/2007

Du IIIe Reich à la RDA: le poids de la honte

Un ordre écrit de tir sur les fuyards du paradis de la République démocrtatique allemande (RDA), remontant à 1973, vient d'être retrouvé. "Hommes, femmes, enfants, abattez-les tous!" dit-il en substance. "Car les femmes et les enfants sont utilisés pour protéger les hommes". Pas de pitié donc.

On savait par le nombre de morts, pas exactement établi, le prix qu'ont payé les citoyens de la RDA à la dictature communiste, au mur de Berlin et au rideau de fer. Mais les documents écrits, établissant les resposabilités, sont rarissimes. Les dirigeants de l'ex-"patrie des ouvriers, des paysans et des intellectuels" ne se sont pas fait faute de se prévaloir de leur absence pour se défausser de leurs responsabilités lors des procès qui ont suivi son implosion. Même aujourd'hui, ils continuent à nier l'inhumanité de leurs ordres. Difficile de se raser le matin en songeant à ceux qu'on a fait assassiner !

C'est probablememt un déni de réalité du même ordre qui s'était emparé des dirigeants du IIIe Reich à propos de l'holocauste. Pas d'ordres écrits là non plus. La "solution finale" est l'un des pires non-dits de l'histoire humaine. La conférence du Wannsee qui l'a planifiée en 1943 s'est déroulée sans procès-verbaux. Les bourreaux ont tout tenté pour se faire passer pour de consciencieux bureaucrates, du procès de Nuremberg à celui de Eichmann. Raul Hillberg, l'historien de l'holocauste qui vient de mourir, s'en était convaincu.

Pour l'honnête homme du siècle passé comme de ceux qui suivront, les responsables des tirs de la RDA comme des camps d'extermination du IIIe Reich uns resteront marqués à jamais non seulement par leurs décisions homicides, mais au moins autant par leur honte d'admettre et les balles dans le dos, et les chambres à gaz.

 

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09/08/2007

Les HUG méritent mieux !

Les HUG, dernier hôpital de Suisse ! Pas pour moi! Personnellement et scientifiquement, j'émets des doutes sur les résultats du sondage de Comparis qui ne porte pas sur la qualité des soins, mais sur des questions de perception du séjour hospitalier dans 53 hôpitaux suisses.

Des doutes personnels, car si j’avais été interrogé sur ma brève expérience – 10 jours en juin, à la suite de fractures à la jambe -, je n’aurais pas manqué de donner des réponses positives à quasiment toutes les questions posées. Prise en charge, explications et disponibilité des médecins et des infirmières, prévenance aussi, tout, ou peu s’en faut, s’est conjugué pour rendre mon séjour le plus apaisant en termes de douleur et d’appréhension. Il est vrai qu'il n'y avait aucune question portant sur les aspects gastronomiques des séjours hospitaliers...

Un scepticisme scientifique aussi, car avec un nombre de réponses de l'ordre de la centaine pour les HUG, si mes informations sont correctes, la marge d'erreur est particulièrement élevée. Il aurait suffi que je sois le 101e interrogé pour influer sur les résultats, faisant même passer les HUG devant le CHUV! La démarche est assurément à améliorer.

L'idée est juste de comparer les hôpitaux, y compris pour la qualité des soins. Celle de choisir son hôpital aussi. C'est pourquoi je retournerai sans hésiter aux HUG pour me faire enlever la plaque de titane qui "enrichit" actuellement mon tibia!  

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06/08/2007

Fiançailles ou mariage islamique ?

La question n'est pas anodine. La réponse pourrait signifier que la charia (droit islamique) a supplanté le droit suisse. Ou bien qu'il vaut mieux connaître l'arabe avant de signer un document, concernant, peut-être, de simples cadeaux de fiançailles !

La mise en cause du nouveau directeur de la mosquée de Genève par Madame Pastoor, un nom prédestiné pour cette femme de 59 ans, convertie à l'islam des pieds à la tête, mais apparemment pas arabophone, est grave. Elle prétend avoir dû contracter un marige à la va-vite. Or, rappelons que le droit au mariage fait partie des libertés garanties par notre constitution, quel que soit l'âge des personnes concernées. Il rétorque s'être simplement fiancé à une femme semble-t-il très pressante.

Derrière le prétexte, qui semble peu plausible compte tenu des explications dudit directeur, d'avoir utilisé Madame Pastoot pour obtenir un permis de séjour, de trouve posée la question du respect du droit suisse.

Les exortations d'un iman saoudien de la mosquée de Genève, vendredi 3 août, intimant les femmes à obéir à leurs maris et rester silencieuses, surtout en public, peuvent certes être interprétées contre le directeur. A l'inverse, la fougue de la conseillère de la fiancée-mariée, la représentante locale de Ni putes, ni soumises, laisse subsister le doute quant au sérieux de l'étude du cas. Voire quant aux mobiles de la mise en cause.

Le directeur de la mosquée genevoise a donc tout intérêt à démontrer que le document en question n'est pas un contrat de mariage. Il lui suffit de le remettre aux médias. Sinon, la population pourrait nourrir le doute, malgré les apparences abracadabrantesques, que Madame Pastoor a contracté mariage, en violation du droit suisse. Celui-ci exige en effet, pour ceux qui entendent se marier religieusement, que les fiancés ou, pour faire simple et moderne, les futurs mariée passent à la mairie avant de se rendre à l'église, au temple, à la synagogue ou la mosquée.

A quand la réponse ?

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04/08/2007

Les ados, ni anges, ni démons

Certains, à gauche mais pas seulement, croient que les ados sont en manque de droits. Et de leur proposer le droit de vote dès 16 ans, pour les plus raisonnables d'entre eux. Ils rêvent en fait de leur octroyer ce que les adolescents n'ont même pas eu l'idée de demander, sauf une minorité d'entre eux. Le président de la commission suisse de la jeunesse l'a dit, les sondages auprès des jeunes le répètent. Peu importe, quand on est atteint du jeunisme, la réalité n'est pas un remère suffisant ! On notera que la maladie semble d'origine germanique, puisqu'elle touche aussi l'Autriche et l'Allemagne.

D'autres, à droite toute, sont convaincus que les ados sont en manque de devoirs. Et de vouloir leur imposer le droit pénal des adultes dès 16 ans. Certets, ce ne serait que pour les délits particulièrement graves (meurtre, viol). A quoi s'ajouterait paradoxalement une responsabilité des parents accrue. Comme si la répression seule allait résoudre le mal-être d'une classe d'âge, comme si la responsabilité des parents n'était pas la première à devoir être rappelée, comme si les mesures en faveur de l'intégration des jeunes étrangers ne devaient pas être substanciellement améliorées. On notera que cette tendance n'est pas seulement germanique.

Pour les uns, les ados sont donc sinon des anges, du moins de petits adultes qui en méritent les mêmes droits. Pour les autres, ils sont des démons en puissance qui doivent être soumis aux mêmes devoirs.

Or, les uns et les autres se trompent. Formellement, parce qu'une extension des droits ne va pas sans sa contrepartie en termes de devoirs. Et réciproquement.  

Ils se trompent aussi sur le fond: les adolescents ne sont ni ne seront jamais des adultes. A la fois enfants et adultes, ils ont besoin d'un statut particulier. Il ne sert à rien de le nier, ni de les déséquilibrer.

 

 

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