20/09/2007

A raciste, raciste et demi

Le point commun entre Lionel Jospin, Hergé et l'UDC? Le racisme.  

Lionel Jospin, le protestant sévère, est accusé par Madame Royal d'être raciste pour l'avoir critiquée. Sexiste, ça ne suffit plus à faire recette. Voilà au moins qui le sort de son semi-oubli en le rendant sympathique, tellement l'attaque est outrancière, pire: ridicule. Et dévalue les vrais comportements racistes, un fléau de tous les temps, mais du nôtre en particulier

Hergé, quoique mort et enterré, serait lui aussi un fieffé raciste pour son Tintin au Congo, écrit du temps où les têtes de nègre ne s'appellaient pas encore têtes au chocolat. Du temps des colonies. Du temps où, effectivement Hergé véhiculait des préjugés alors nauséabonds aux nez d'une seule minorité. 

Patrice Mugny ne pouvait pas manquer l'occasion de se glisser dans la peau d'un censeur. La posture est habituelle, dans les sphères du politiquement correct, de s'en prendre à certains provocateurs politiques de notre temps. On peut comprendre le fond de son raisonnement, on ne peut en admettre la manière. Car il le fait sans manière. 

En attaquant l'UDC au sujet de ses affiches récentes, il réussit surtout à discréditer les critiques basées sur une appréciation objective de l'affiche des moutons. Car dire de l'UDC que ce parti pue, c'est faire le trottoir, c'est tomber au niveau du caniveau, de l'égout.

De la part d'un actuel conseiller administratif, c'est irrespectueux. De la part d'un ancien président de la Licra, c'est plus qu'une erreur, c'est une faute. Car on ne peut pas, comme le fait Patrice Mugny dans son interview de la Tribune, à la fois prôner l'intégration (des étrangers, des différentes comunautés religieuses) et pratiquer l'exclusion des mal-pensants. A vouloir faire l'ange, il fait la bête; en voulant stigmatiser le racisme, il se fait sans s'en rendre compte raciste à son tour. 

Même avec les mal-pensants, il faut dialoguer, sans relâche ni angélisme. A l'UDC en particulier (sans évoquer ici les plaintes pénales qui reviennent sur ce parti comme des boomerangs), il faut expliquer que certaines affiches sont en totale opposition avec les valeurs humanistes de notre pays, avec la conception du respect de l'autre des libéraux. Je ne désespère pas que vienne le jour, après le 21 ocotobre?..., où des oreilles s'y feront plus attentives. Mais pour l'heure l'insulte ne peut tenir lieu d'argumentation.

La démocratie suisse, en cette fin d'été, fait mal au coeur.

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Commentaires

Je ne vous apprécie pas forcément Monsieur Weiss mais je suis d'accord avec votre exposé.

On ne peut contrer l'autre qu'en se montrant plus ouvert que lui et non pas encore plus sectaire. Vous avez oublié une chose Monsieur Weiss, c'est que si M.Mugny a été président de tel ou tel organisme, ce n'était pas tellement par conviction, c'était surtout par ambition du pouvoir!

Meric de lui avoir rappelé les bases d'une action dans l'enceinte de la démocratie, c'est surement une nouveauté pour lui.

Bonne journée au soleil de Genève, cité-Etat de la pensée libre et honte à ceux qui la souillent par des discours indignes d'elle.

Merci aussi à la Julie d'avoir ouvert ce réel forume qui à l'image de son illustre ancêtre romain est le lieu où les citoyens peuvent librement s'exprimer, même et surtout sur leurs désaccords. C'est aussi ça la démocratie.

Écrit par : Pierre Blanc | 20/09/2007

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