23/09/2007

Le Grand Théâtre en danger !

Un million de francs en moins. La décision de la Fondation Wilsdorf de mettre fin à son mécénat en faveur du Grand Théâtre, pour autant qu'elle soit définitive, est la première conséquence sonnante et trébuchante de la crise qui a secoué la scène lyrique genevoise cette année. La politique de Gribouille de la Ville, et notamment de son magistrat chargé de la culture, Patrice Mugny, commence à coûter. Elle risque de mettre en difficulté notre opéra.

La mention du soutien de Wilsdorf au nouveau système de surtitrage, visible aux yeux des spectateurs qui ont eu l'occasion de voir les Troyens, le superbe spectacle qui ouvre la saison 2007-2008, risque fort d'être une dernière.

Que faire? La saga de la désignation d'un nouveau président du conseil de la Fondation du Grand Théâtre n'incite pas à l'optimisme. Certes, il est toujours possible d'espérer l'arrivée - ou le retour - d'autres mécènes. Une augmentation de la subvention municipale ne doit pas être exclue a priori.

Mais à défaut, il faudra songer à une intervention du canton, compte tenu du rôle du Grand Théâtre pour l'attractivité de Genève et son rôle international. Les modalités devront en être discutées, mais les errements et la versatilité de la "politique" municipale ne laissent pas place à un attentisme qui serait irresponsable.

 A terme, une restructuration des responsabilités devra suivre, à l'instar de ce que font d'autres cantons, dont Berne. Elle devra confier la responsabilité des lieux culturels d'envergure régionale, voire plus, au canton, des autres aux communes. Le Grand Théâtre n'est pas seul concerné; la Comédie, le Théâtre de Carouge, voire le Musée d'Art et d'Histoire méritent que leur sort ne soit pas dépendant de l'imprévisibilité érigée en doctrine. Ce qui reste du Musée de l'Horlogerie constitue au demeurant une autre preuve que l'amateurisme n'est plus tolérable.

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Commentaires

Cher Monsieur Weiss, la nouvelle du retrait de la fondation Wilsdorf ne devrait étonner personne... A voir l'incurie fanfaronnesque et dictatoriale du Khmer Vert prétendu ministre de la culture de la ville de Genève, ne serait-il pas temps de dépasser (au sens debordien du terme) cette lamentable situation et, plutôt que de tendre la main au canton, de créer une fondation totalement privée dont le but serait de fournir des spectacles d'opéra et de scène à la population?

Écrit par : Rob Degudy | 24/09/2007

Cher Pierre
je ne suis personnellement pas certain qu'à l'heure où l'on serre les boulons des comptes publics un peu partout, il soit pertinent de réclamer une augmentation de la subvention publique d'une institution certes fort respectable, mais qui ne s'adresse qu'à une petite partie de la population, et pas la moins désargentée.
Certes, le Grand Théâtre fait beaucoup pour le renom de Genève, mais notre bonne ville ne devrait pas manquer de riches mécènes pour que l'on puisse continuer à y créer des spectacles dignes de ce nom.
Ou alors, s'ils ne sont pas capables de financer les spectacles qui leur sont destinés en priorité, il se posera fatalement la question de savoir si leur imposition est proportionnée...

Écrit par : Philippe Souaille | 24/09/2007

Rob Degudy -> Je rigole bien, quand même. C'est une fondation privée qui risque de mettre en péril la plus fabuleuse institution culturelle du canton, et vous dites qu'il faut "plus de financement privé" pour sauver le Gd-Théâtre? En gros, quand la fumée vous provoque un cancer de la gorge, pour le soigner, il faut fumer plus! Décidément, je ne comprendrais jamais ce raisonnement libéral suicidaire et dangereux.

Écrit par : Sandro Minimo | 24/09/2007

Monsieur le Lider Minimo: Libéral, suicidaire et dangereux... Quelle arrogance! Pouvez-vous véritablement affirmer que la politique culturelle de la Ville, incarnée par MLKV (Mugny-le Khmer-Vert) est un succès? Le pédant écolo se targue de remettre les fanfares dans la rue (ce dont tout le monde éperdument se moque sauf lui) et mène lui-même une politique suicidaire et dangereuse au Grand Théâtre, montant les diverses parties prenantes les unes contre les autres, entretenant un climat délétère? Le pire est qu'il ne prend même pas ses responsabilités, en dehors de se mettre au même niveau que l'UDC...Le centralisme "démocratique" en matière de culture n'existe plus qu'à Pyongyang et la Havane...

Écrit par : Rob Degudy | 25/09/2007

Ce n'est pas depuis que la fondation Wilsdorf a décidé de ne plus financer le Grand Théatre qu'il y a des soucis financiers. Pourquoi M. Demole a aussi supprimer son mécénat ? Chercher le coupable n'est pas difficile, c'est aussi un Khmers Vert, Vaissade qui a foutu la panade !

Écrit par : Gédéon Teusmany | 25/09/2007

Oui, j'estime que la politique culturelle de Mugny EST un grand succès. Presque tout ce qu'il a entrepris est réussi et en tant qu'amateur de culture et qu'acteur culturel moi-même, je trouve que l'équilibre des genres est excellent. Les problèmes du Gd Théâtre ne sont pas à mettre entièrement sur son compte. Peut-être que sa gestion un peu impulsive des tensions au Gd Théâtre n'a pas été absolument irréprochablement parfaite, mais à mon sens, si Genève est une ville de Culture aussi diverse, riche et intéressante c'est bien grâce à lui et aux moyens qu'il a mis en place! La culture ne se résume pas à L'OSR et au GdThéâtre, (même si j'adore ces deux institutions) et Mugny l'a bien compris. Quant aux fanfares dans la rue, tant mieux, ça change des bagnoles!

Écrit par : Sandro Minimo | 26/09/2007

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