25/09/2007

Immeuble secondaire à squatter !

Certains ont leur résidence secondaire, d'autres leur immeuble secondaire. Ils y vont le weekend, invitent des amis, des amis d'amis, se font "une petite bouffe", un grand feu de joie, avec la maîtresse au milieu. Un peu de saleté ne nuit pas , pas mal de déprédations et surtout beaucoup de bruit. Petit détail sans importance, l'immeuble secondaire n'est pas le leur, mais c'est précisément secondaire. Inutile de dire que c'est du dernier chic.

Le lundi, après la plainte du propriétaire légitime, face à la police qui vient les déloger, ils fuyent courageusement vers leurs immeubles primaires, où ils paient peut-être leur loyer, en "pantères grises" qui, le temps d'un weekend, ont voulu se donner le frisson des années où l'on squattait en rond et en long. On a les anciens combattants qu'on peut.

Et ils passent le reste de la semaine à prospecter pour trouver un nouvel immeuble pour le weekend suivant. Pour retrouver une convivialité qui ne saurait s'accomoder de loyers payés, aussi vulgaires à leurs yeux que les congés payés étaient incongrus avant guerre. Pour faire de l'improvisation musicale, pour donner dans la diversité culturelle.

En fait, ces sqautters-là sont des zappeurs. Des zappeurs de la démocratie libérale qu'ils méprisent, sauf lorsqu'ils y retournent pour user et abuser du recours à la justice.

Triste temps, tristes sires, qui ont enfin trouvé face à eux un Etat qui réagit, un procureur qui sévit. La tolérance zéro est dorénavant la seule attitude face à ces abuseurs de l'Etat de droit. 

A quand une étude sociologique sur ce nouveau mouvement social, si branché, si tendance ?

23:49 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce mouvement social n'a rien de nouveau, cher Mr Weiss, vous le savez bien! On est dans la simple continuité logique de ce qui s'est fait jusqu'à présent. Pourquoi ces gens vous dérangent tellement?

Finalement ce n'est pas parce qu'ils flirtent avec la légalité car vous le savez autant que moi, les plus grands connaisseurs en "flirt avec l'illégalité" sont aujourd'hui les chefs des multinationales hyperpuissantes qui enfreignent quotidiennement et ne cessent, par leurs pressions, de niveler vers le bas, à l'échelle internationale, toutes les normes sociales, écologiques et même marchandes - monopoles, trusts, cartels - possibles... non, vous vous en cognez de cela, parce que c'est pour le bien du "marché".

Non, ce qui vous choque, c'est surtout que ces gens mettent le doigt sur les absurdités du système libéral dans le domaine immobilier. Pour arranger les propriétaires, il faudrait que Genève ait bien plus d'immeubles vides, qu'on puisse les acheter librement afin d'en faire artificiellement monter les prix avant de les revendre en engrengeant des bénéfices faramineux!

Dois-je vous rappeller que notre ville souffre cruellement de nouveaux logements et qu'il y a encore plus de 40'000 m2 de bureaux complètement VIDES? Dois-je vous rappeller que l'immeuble de la Coulouvrenière occupé ce week-end avec classe et courage n'a JAMAIS été terminé et est vide depuis des années alors qu'il représente 1826 m2 de surface brute de plancher, sur 5 étages VIDES plus 5 étages VIDES de sous-sol, le tout en plein quartier de la Jonction, en face d'immeubles où des familles se serrent à 5 dans des 3 pièces vétustes pour 1800CHF? Dois-je vous rappeller que la valeur de cet immeuble est passée, de manière complètement artificielle de 11 mio. à 19 mio. en quelques années dans le seul but d'éponger une partie des trous de la BCG, causés eux-mêmes par ce genre de spéculation complètement asurde! Dans le genre "serpent qui se mord la queue" on a rarement vu un aussi beau spécimen!

Il a été occupé 2 jours, le temps d'y faire une soirée, de le faire revivre, de partager un moment convivial et peu onéreux, et à part quelques coups de peinture pour faire des slogans sur des murs non-encore peints (encore en béton brut!!), il n'y a eu, à ma connaissance, que très peu de dégradations, le but n'étant certainement pas de détruire le labeur des ouvriers du bâtiment qui y ont travaillé pendant plusieurs années 9 heures par jour (vous savez, ces gens qui se cassent le dos à fabriquer des immeubles qu'on préfère garder vides et dont ont veut supprimer la convention collective!?), mais bien d'essayer de DENONCER ces absurdités, et de faire revivre des lieux vides, sans autre but que pour le bien collectif.

Et n'allez pas me dire que ces gens vivent "sur le dos" des contribuables et des honnêtes locataires (comment? en quoi?), car c'est bien le contribuable qui paye (et a payé) les pots cassés de l'éclatement de la bulle de spéculation immobilière des 80's, et c'est bien "l'honnête locataire" qui paye des loyers entretenus à des prix artificiellement hauts par des propriétaires millionnaires! Et c'est 3 millions de contribuables et de "locataires honnêtes" qui vont devoir quitter leur logement aux USA à la suite de la crise immobilière de cet été, dont la seule et unique cause était l'arrogance et la cupidité de quelques financiers prêts à tout pour faire le maximum de profits en restant assis derrière leurs Bloomberg, le tout sur le dos de gens qui n'ont presque rien pour vivre.

Je sais que votre but est une ville où le centre n'est fait que de banques, de bureaux et de parkings, que tout le monde aille vivre à la campagne dans des pavillons dévoreurs d'espace et d'énergie, et vienne en 4x4 travailler dans un centre déshumanisé. Et bien moi, je soutiendrai toujours ceux qui se battent pour un centre-ville VIVANT, culturellement riche et diversifié où les logements abordables et les piétons et les cyclistes auront la priorité sur les banques, les bureaux, les magasins de luxe et sur les automobiles absurdement inefficaces car tellement dévoreuses d'énergie et d'espace!

Quant à votre dédain au sujet de "l'improvisation musicale" (comme si c'était la forme la plus méprisable de culture), je n'ose même pas vous expliquer que l'immense majorité des choses intéressantes et vivantes qui se font dans la musique "savante" de nos jours, se font précisément en collaboration avec des artistes (parfois issus des conservatoires les plus pointus) qui ont pour beaucoup, un jour où l'autre, joué à la Cave12. Oui, ce lieu était essentiel, autant que le sont le Gd-Théâtre ou Contrechamps. Mais bon, la culture non-rentable et non-marchande, j'imagine que vous vous en foutez, comme tout bon fanatique du marché...n'est-ce pas?

À bon entendeur,

Sandro

Écrit par : Sandro Minimo | 28/09/2007

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