24/03/2008

Robert Cramer ne pilote pas (non plus) les Mouettes !

Après les TPG, les SIG, le tram de Meyrin - et en mettant de côté la gestion politique locale du dossier du CEVA que le peuple risque encore de sanctionner - c'est maintenant au tour des Mouettes. Car les insuccès se succèdent pour le Vert Robert Cramer. Il n'a ainsi trouvé aucune majorité au sein de la commission des finances pour octroyer un contrat de prestation de 1,9 million de francs pour 2008 à une société, les Mouettes genevoises, qui en doit entre 500 000 et 700 000 à l'Etat. Le moment de mettre le holà à une dérive dans la Rade était arrivé. Il ne reviendra plus au Grand Conseil qu'à le confirmer en plénière.

L'affaire serait cocasse si elle ne démontrait pas une perte de maîtrise qui impressionne par son ampleur. La lecture du rapport - public depuis sa parution à l'automne 2007 - de la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil est à cet égard édifiante (http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/RD00727.pdf).

Au fil des auditions, on en apprend ainsi de belles. Et d'abord que les contradictions, résumées dans la conclusion, abondent. On ne sait pas si l'Inspection cantonale des finances (ICF) a investigué le cas des Mouettes d'elle-même ou à la demande du département du territoire (DT), présidé de Genève ou de Berne par M. Cramer. On ne sait pas si le collaborateur du département du territoire qui a informé l'ICF a eu un rôle important ou non. On ne sait pas non plus le montant précis des montants dont l'Etat estime qu'ils lui reviennent. Ni le nombre de collaborateurs qui travaillent pour les Mouettes. Ni si les griefs en matière de gestion du personnel sont reconnus ou pas par la direction des Mouettes.

En revanche, le rapport "démontre très clairement les carences du contrôle interne du département du territoire". Au point d'en faire "un cas d'école". Lenteur à réagir, suivi du dossier inexistant, quasiment depuis Sirius, par le service "compétent" (pp.39-40).

On apprend aussi, de la bouche de M. Cramer, que les bateaux exploités par les Mouettes ont été payés par l'Etat (p. 30 du Rapport). Notamment les bateaux solaires, ajoute son secrétaire adjoint à la mobilité. Normal, ça permet de revendre du courant vert à SIG...   

Alors que n'importe quelle entreprise en relations d'affaires avec l'Etat est soumise aux très strictes conditions de l'Accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP) - un accord auquel les partis du Grand Conseil ont donné leur bénédiction, au point, pour certains, de vouloir le renforcer par l'adjonction de clauses supplémentaires -, la société des Mouettes pourrait, elle, imposer à l'Etat ses conditions. Mais comment peut-on avoir encore confiance, à la Tour Baudet, après tant de mésaventures ? 

La très lente reprise en mains du dossier par le chef du DT fâché de voir l'ICF et le Grand Conseil mettre leurs nez dans sa gestion aléatoire doit certes être soutenue.

Mais il faut aller plus loin. Soit l'Etat obtient des Mouettes la restitution du trop perçu, en raison de l'incurie administrative tant des Mouettes que du DT, ou met la main sur ses bateaux, et le contrat de prestations peut être signé. Soit les Mouettes font de la résistance, et il n'y aura pas de contrat de prestations avec cette société. Le chantage de la fin de ce service public à la gestion très particulière passera d'autant moins que la CGN serait intéressée.

Il y a un moment où il faut passer son brevet de pilote professionnel. Dans la Rade comme dans les bureaux du DT. Et demander aux dilettantes de choisir leur casquette. 

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Commentaires

Pour un fois, je suis d'accord avec vous!
Je vous invite a voir mon article sur le double mandat.

http://luner.theglu.org/index.php/post/2008/03/18/Le-Multi-mandats-ca-suffit

Cordialement,
LUNER

Écrit par : Luner | 25/03/2008

Magnifique votre information détaillée! Ne sachant même pas se piloter lui-même, comment voulez-vous qu'il puisse gouverner?

Gestion sans gouvernail là aussi!

Qu'il se recycle dans le marché très juteux du tri des déchets!

Après avoir profité avec excès de sa voiture de fonction (jusqu'à avouer à la radio qu'il était en contradiction avec sa politique anti-bagnoles et qu'il prendrait dorénavant plus le train=mobilité douce), il s'est souvent vu raccompagner par son chauffeur car il ne tenait plus sur pied. C'est de notoriété publique... A quand une véritable sanction sans sortie honorable et des politiques qui montrent l'exemple?

Bravo pour ce travail parlementaire rendu public! Bien à vous,

Écrit par : Micheline | 25/03/2008

Monsieur Weiss,

Votre intervention concernant les Mouettes Genevoises arrive à point.

En effet, les transporteurs de passagers sur le Lac Léman bénéficiant d’une concession fédérale rencontrent des difficultés semblables : vieillissement de leur flotte, intégration au réseau de transports publics terrestres, besoins récurrents de financement, etc.

Cette situation n’est pas propre au mode de transport mais le résultat d’une gestion surprenante à plusieurs points : mélanges des activités touristiques et transports publics, confusion entre les compagnies (dans le cas de Mouettes Genevoises et de Swiss Boat), pas de surveillance des pouvoirs publics sur l’utilisation des subventions.

Ces faits sont connus des pouvoirs publics depuis des années, malheureusement chaque intervention politique est écartée et la situation se dégrade. Les contribuables ne savent pas que ces compagnies bénéficient de plusieurs niveaux de subventionnement (financement préférentiel, couverture des déficits, ½ tarif CFF, infrastructures sur le domaine public, etc) et ne répondent pas à leurs besoins de mobilité.

Si les Mouettes Genevoises sont dans une situation critique ce n’est certainement pas la CGN qui répondra aux besoins des utilisateurs à meilleur coût, à voir le projet Navibus qui navigue à vide sur la plupart des trajets et consomme 15 fois le carburant d’un autobus sur les lignes côtières comme Thonon-Genève ou Nyon Genève.

Alors avant d’avancer une solution « miracle » il serait prudent d’examiner en premier les différents paramètres économiques de ce mode de transport qui a de nombreux avantages qui sont mal exploités sur le Lac Léman.

François Calame
Constructeur naval
Genève

Écrit par : Calame François | 08/04/2008

Alors, que se passe-t-il avec les Transports ainsi que pour les déchêts. Le chef d'état en charge de ces domaines continue-t-il à couler des jours paisibles comme à l'accoutumée sur le dos du contribuable?

Écrit par : Osiris | 10/04/2008

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