30/03/2008

Calmy-Rey et la dhimmitude

Il y a de la cohérence dans la politique étrangère décidée pour la Suisse par Micheline Calmy-Rey. Et même beaucoup plus qu'il n'en faudrait.

En se soumettant au port du voile, humiliant pour une féministe socialiste suisse, ardente prosélyte de la Journée de la femme et de tant d'autres causes nobles pour nous, elle témoigne que tout se vaut, l'égalité des droits prônée ici, l'inégalité des statuts pratiquée là-bas. Elle se donne en spectacle en tant qu'actrice du relativisme des valeurs.

En officialisant de sa présence la signature d'un contrat de fourniture de gaz naturel entre les autorités iraniennes et une entreprise suisse, elle offre un gage d'antiaméricanisme à ce pays. L'avait-il demandé? Ou l'a-t-elle précédé? On a en tout cas quelque difficulté à croire que les diplomates suisses ne l'aient pas mis en garde contre les interprétations qui pourraient en être faites. Mais l'anti-américanisme, c'est aussi le pain quotidien de toute une mouvance socialiste romande. La sienne.

En allant au-delà de la position de l'UE face à Israël, elle témoigne aussi de la propension de la gauche bien pensante à transformer les Palestiniens en agneaux. Comme si cette région se comprenait en blanc ou noir. Comme si la Suisse pouvait faire fi de l'héritage de sa politique de neutralité. Il est vrai que l'anti-israélisme, c'est une autre caractéristique de la gauche socialiste romande, depuis quelques lustres. La sienne, toujours.

En inaugurant l'ambassade suisse à Pristina, elle rend plus aigue nos relations avec la Serbie et, derrière elle, la Russie. Comme si la reconnaissance hâtive du Kossovo n'avait pas suffi à transformer la Suisse en un pays partisan dans ce conflit, lui aussi d'une complexité à l'aune des Balkans.

Bref, en se mettant à dos les Suisses attachés aux valeurs des Lumières, les Etats-Unis, Israël, la Serbie et la Russie, Micheline Calmy-Rey témoigne de son attachement à la dhimmitude, la variante islamique de la finlandisation.

Et à supposer qu'il ne s'agisse que de forme, et non de fond, un peu moins de politique spectacle ne nuirait pas. N'est pas Carla Bruni qui veut...

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24/03/2008

Robert Cramer ne pilote pas (non plus) les Mouettes !

Après les TPG, les SIG, le tram de Meyrin - et en mettant de côté la gestion politique locale du dossier du CEVA que le peuple risque encore de sanctionner - c'est maintenant au tour des Mouettes. Car les insuccès se succèdent pour le Vert Robert Cramer. Il n'a ainsi trouvé aucune majorité au sein de la commission des finances pour octroyer un contrat de prestation de 1,9 million de francs pour 2008 à une société, les Mouettes genevoises, qui en doit entre 500 000 et 700 000 à l'Etat. Le moment de mettre le holà à une dérive dans la Rade était arrivé. Il ne reviendra plus au Grand Conseil qu'à le confirmer en plénière.

L'affaire serait cocasse si elle ne démontrait pas une perte de maîtrise qui impressionne par son ampleur. La lecture du rapport - public depuis sa parution à l'automne 2007 - de la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil est à cet égard édifiante (http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/RD00727.pdf).

Au fil des auditions, on en apprend ainsi de belles. Et d'abord que les contradictions, résumées dans la conclusion, abondent. On ne sait pas si l'Inspection cantonale des finances (ICF) a investigué le cas des Mouettes d'elle-même ou à la demande du département du territoire (DT), présidé de Genève ou de Berne par M. Cramer. On ne sait pas si le collaborateur du département du territoire qui a informé l'ICF a eu un rôle important ou non. On ne sait pas non plus le montant précis des montants dont l'Etat estime qu'ils lui reviennent. Ni le nombre de collaborateurs qui travaillent pour les Mouettes. Ni si les griefs en matière de gestion du personnel sont reconnus ou pas par la direction des Mouettes.

En revanche, le rapport "démontre très clairement les carences du contrôle interne du département du territoire". Au point d'en faire "un cas d'école". Lenteur à réagir, suivi du dossier inexistant, quasiment depuis Sirius, par le service "compétent" (pp.39-40).

On apprend aussi, de la bouche de M. Cramer, que les bateaux exploités par les Mouettes ont été payés par l'Etat (p. 30 du Rapport). Notamment les bateaux solaires, ajoute son secrétaire adjoint à la mobilité. Normal, ça permet de revendre du courant vert à SIG...   

Alors que n'importe quelle entreprise en relations d'affaires avec l'Etat est soumise aux très strictes conditions de l'Accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP) - un accord auquel les partis du Grand Conseil ont donné leur bénédiction, au point, pour certains, de vouloir le renforcer par l'adjonction de clauses supplémentaires -, la société des Mouettes pourrait, elle, imposer à l'Etat ses conditions. Mais comment peut-on avoir encore confiance, à la Tour Baudet, après tant de mésaventures ? 

La très lente reprise en mains du dossier par le chef du DT fâché de voir l'ICF et le Grand Conseil mettre leurs nez dans sa gestion aléatoire doit certes être soutenue.

Mais il faut aller plus loin. Soit l'Etat obtient des Mouettes la restitution du trop perçu, en raison de l'incurie administrative tant des Mouettes que du DT, ou met la main sur ses bateaux, et le contrat de prestations peut être signé. Soit les Mouettes font de la résistance, et il n'y aura pas de contrat de prestations avec cette société. Le chantage de la fin de ce service public à la gestion très particulière passera d'autant moins que la CGN serait intéressée.

Il y a un moment où il faut passer son brevet de pilote professionnel. Dans la Rade comme dans les bureaux du DT. Et demander aux dilettantes de choisir leur casquette. 

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10/03/2008

L'assassinat de la femme et le chant de l'oiseau

L'amour des oiseaux, c'est bien, l'amour et le respect de la vie des hommes et des femmes, c'est mieux.  

"Je revenais ce matin de la mosquée après avoir accompli la prière du matin. En me rendant au bord du quai, j’ai été frappé par la beauté mélodieuse du chant d’un oiseau haut perché quelque part dans les arbres". (...) "Pour qui chantait cet oiseau, faisant écho à la récitation recueillie des imams ?"

Le hasard fait que la veille où, sur son blog de la Tribune, un soutien déclaré de la lapidation des couples adultèrins était frappé par le piaillement d'un oiseau, j'ai eu l'occasion de voir "Les cerfs-volants de Kaboul". Après le poids des mots du livre, le choc des images qui permettent de voir des pierres frapper la tête et le corps d'une femme sur un stade de Kaboul, à la mi-temps. Et la foule des spectateurs du match de lever les bras au ciel, et d'acclamer les talibans dans leurs basses oeuvres.

 Qui veut faire l'ange fait la bête. La maxime tient toujours. Elle me remet au passage dans les yeux, je me demande par quelle association d'idées, ces images de dictateurs sanguinaires qui adorent les animaux. 

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