08/11/2008

Budget 2009: MM. Hiler et Pictet disent (presque) la même chose

M. Soli Pardo, président des démocrates du centre genevois, peine à comprendre la différence d'évaluation des effets de la crise financière actuelle sur les recettes de l'Etat de 2009. Pour Ivan Pictet, elle pourrait priver le canton de 450 à 600 millions de francs; pour David Hiler, chef du département des finances, elle ne sera que de 115 millions.

En réalité, l'effet pour les finances publiques aurait dû être de 294 millions, soit un montant se rapprochant sensiblement de l'estimation du président de Genève Place financière. Alors pourquoi "seulement" 115 millions. Tout simplement parce que le canton bénéficiera de recettes extraordinaires provenant d'impôts sur des successions particulièrement élevées, pour un montant total de 179 millions.

Deux leçons peuvent être tirées de cette réduction de l'écart entre l'évaluation du banquier et les prévisions de l'argentier.

La première, c'est que Genève tire un réel bénéfice, dans la situation difficile que le canton va devoir affronter, de l'imposition au forfait qui y attire de riches étrangers lesquels laissent au canton une part non négligeable de leur fortune à leur décès.

La seconde, c'est qu'il ne faut pas systématiquement douter de ceux qui détiennent des informations liées à leurs fonctions ou à leur position. En s'adressant aux députés de son parti membres de la commission des finances - ou à son président... -, M. Soli Pardo se serait épargné des soucis mathématiques. On ne peut que se réjouir de les lui enlever.

En précisant que le vrai souci n'est pas de nature formelle. Le vrai souci, c'est de voir le budget repasser dans les chiffres rouges, et le Conseil d'Etat ne pas proposer un troisième plan de mesures pour l'éviter. Mais au contraire se lancer dans une augmentation des dépenses salariales mal conçue, car elle va s'effectuer au détriment des cadres supérieurs de l'Etat. A moins qu'un amendement libéral ne soit adopté.

Mais ça, c'est une autre histoire, que va raconter la prochaine session du Grand Conseil, jeudi 13 ou vendredi 14 novembre.   

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Commentaires

Bonjour Monsieur Weiss. Offrez-nous Isabel Rochat!
Pour qu'un budget soit sain il faut qu'il soit pensé, géré, adapté.
Permettez-nous, à nous qui ne sommes pas les sages du parti Libéral genevois, de voter Isabel Rochat pour le Conseil d'Etat: www.isabelrochat.ch
Il est des semaines où, par la grâce d'Isabel, l'on regrette de n'être pas membre du parti Libéral...

Écrit par : Martin | 08/11/2008

Si M. Pardo avait simplement lu le journal autrement qu'en diagonale, il n'aurait pas non plus commis la même erreur, car l'explication de la rentrée fiscale exceptionnelle sur la succession figurait en toutes lettres dans l'article de la Tribune.
D'où l'on peut tirer quelques hypothèse, concurrentes et néanmoins compatibles. Soit :

- M. Pardo devrait vérifier ses verres correcteurs, car sa vue baisse et il ne parvient plus à lire que les gros titres
- M. Pardo ne comprend pas bien la différence entre les colonnes dépenses et recettes d'une comptabilité
- M. Pardo ne répugne pas à utiliser n'importe quel argument bidon pour tenter de discréditer l'adversaire
- M. Pardo agit plus vite qu'il ne réfléchit. Ce qui signifie qu'il agit vraiment très vite ou qu'il réfléchit un peu lentement. C'est sans doute la vraie raison (même si elle n'annule pas les trois autres) à voir le nombre de fois où il a blogué plus vite que son ombre... C'est assez inquiétant pour un responsable politique. Heureusement qu'il n'est candidat à aucun exécutif...

Écrit par : Séraphin Lampion | 08/11/2008

Bonjour Monsieur Weiss,

Vos baisses d'impôts aux plus fortunés de ce canton amènent aussi un manque à gagner énorme. Vous (les libéraux) en 1999, avez donc fortement contribué à la dette de ce canton.

Je ne veux pas parler de cet article, mais de la critique que vous et votre parti faite sur la baisse d'impôts aux familles. Il est selon vous inacceptable de baisser les impôts aux uns, mais alors aux plus fortunées vous n'avez aucun scrupule à moins taxer les dividendes... Elle est belle la logique "Tous pour les uns et rien pour les autres"

C'est comme pour le 13ème salaire des fonctionnaires, je cite une de vos remarques au conseil d'état : "Vous devriez arrêter de donner peu à beaucoup et plutôt donner beaucoup à peu"

Cette demande concerne une demande d'augmentation massive des hauts fonctionnaires (classe 27 à 33) au détriment des classes inférieures.

Sachant que vous êtes en classe 30 ou 32, il y a de quoi avoir des doutes sur le bien fondé de vos demandes, n’est-ce pas?

Je veux bien que la crise financière amoindri les recettes, cependant ce n'est pas chez la classe moyenne qu'il faut prendre de l’argent, mais plutôt chez vos amis les "plus fortunés" qui payent moins d'impôts proportionnellement à la fortune et revenu que les autres.

Écrit par : Michel Tedeschi | 08/11/2008

Monsieur Weiss,
Vous me désolez par la mauvaise foi de votre note. Non seulement vous répondez à la note de Soli Pardo sans la reprendre, ou au moins donner le lien se son blog (craindriez-vous que vos lecteurs se fassent leur propre idée?), mais vous ne répondez pas non plus à la question posée. Pourquoi une telle différence?
Par contre vous avez raison sur un point, le budget genevois ne devrait pas repasser dans le rouge. Aucune augmentation ne devrait être accordée aux fonctionnaires.
PS Si vous aviez posté un commentaire sur le blog de Soli Pardo, le débat eut été plus facile à suivre. Cependant je pense que le militant que vous êtes ne peut commenter le blog d'un autre politicien. Ca ne se fait pas....

Écrit par : salegueule | 08/11/2008

Après avoir lu les divagations des uns et des autres je me réjouis de voir comment les libéraux et la droite vont expliquer au peuple les coupes budgétaires dans les prestations à la population alors que l'on vient de faire un cadeaux de plusieurs milliards aux banques.

N'en déplaise à Monsieur Weiss cet argent "injecté" dans l'économie c'est aussi celui du peuple et peut-être envisage-t-on de payer les fonctionnaires avec des actions Lhemmann Brothers, soit en monnaie de singe ?

Après la cacade des sub-primes et ses conséquences et avant la crise des cartes de crédits je crois qu'aucun libéral ne devrait la ramener pour nous donner des leçons de gestion. Nous constatons tous les jours ce qu'ont donné les pratiques libérale.

Et si plus personne ne croit plus à la main invisible du marché pour le réguler il est de nombreux citoyens à croire au bras d'honneur que méritent les exploiteurs et les escrocs de l'économie libérale.

Écrit par : Rita Cadillac | 08/11/2008

Cher Monsieur Weiss,

Vos explications, bien que pertinentes, sont partielles.

La différence entre 294 millions (le montant de la diminution d'impôts évalué par une administration optimiste en année électorale) et 450 et 600 millions (le même montant estimé par le Président de Genève Place Financière) représente quand même une différence de 150 à 300 millions environ. Énoncer que c'est (même "presque") la même chose est audacieux.

Il s'ensuit que la baisse des recette fiscales serait alors de 345 à 585 millions, même en tenant compte de la manne exceptionnelle représentée par la succession que vous évoquez.

Et le déficit serait alors compris entre le triple et le quintuple de celui avancé par M. Hiler.

Le souci qui est le mien n'est alors pas mathématique, et n'est pas un souci, mais une franche inquiétude face à des chiffres rouges d'une telle ampleur.

J'ai l'habitude de m'entretenir avec les membres de mon parti siégeant dans la Commission que vous présidez fort bien au demeurant. L'impôt successoral exceptionnel que vous mentionnez ne m'était pas inconnu et j'en ai fait abstraction, faisant peut-être preuve d'un sens trop aigu du raccourci, mon propos étant de montrer que nous connaîtrions un déficit alarmant, largement plus que celui articulé par M. Hiler.

IL ne faut, à mon avis, pas tenir compte de cet impôt pour des raisons de principe, et pour des raisons "mathématiques".

De principe, car un impôt pareil n'est pas seulement seulement exceptionnel, il est rarissime. Peu de gens fortunés, normalement taxés ou au forfait, décèdent sans laissé d'héritiers bénéficiant du "taux zéro". Il faudra donc attendre des années, voire plus d'une décennie, pour se retrouver face à pareille "aubaine". en outre, je suis opposé que de telles recettes exceptionnelles soient de toute manière affectées au remboursement de la dette plutôt qu'au fonctionnement. Si de telles recettes rarissimes ne sont pas affectées au remboursement de la dette, quand le sera-t-elle ? On en a eu l'exemple lorsque Genève toucha sa manne de la BNS.

"Mathématiques", car ces 179 millions seront loin de compenser des recettes fiscales à la baisse pas même évoquées par M. Hiler, provenant de secteurs conjoncturels florissants ces dernières années. Je pense notamment à la baisse avérée des transactions immobilières, qui provoquera une baisse non prise en compte du produit des droits de mutation et de l'impôt spécial sur les gains immobiliers. Ou à l'impôt sur le revenu de certaines sociétés ou particuliers, qui n'appartiennent pas à la Place financière, mais qui sont taxés pour différentes raisons sur les gains qu'ils réalisent (ou plutôt réalisaient) en bourse, contrairement aux simples particuliers. On peut encore mentionner les baisses des recettes fiscales provenant des sous-traitants des établissements financiers, dont M. Pictet ne tient pas compte.

Comme je suis persuadé que les chiffres de M. Pictet sont encore bien inférieurs à la réalité que nous vivrons, nous aurons un déficit largement supérieur à un demi milliard.

Sans être Mme Soleil, je prévois un déficit pour 2009 compris entre 600 et 800 millions. Au delà de la simple opposition par principe à tout budget déficitaire, pareils montants donnent plus que des soucis : ils créent une véritable angoisse, surtout lorsqu'on sait que la situation sera bien pire en 2010.

L'ampleur du désastre qui s'annonce est telle que j'espère avoir tort. Nous verrons l'année prochaine ce qu'il en est, face à la réalité des chiffres effectifs, en espérant qu'elle ne sera pas différée jusqu'à l'élection du Conseil d'Etat.

Écrit par : Soli Pardo | 10/11/2008

@Rita Cadillac
Comme divagation, votre commentaire en fait un parfait exemple! Ou etes vous allée chercher que le contribuable genevois a fait des cadeaux aux banques?
Je vous rappelle que seule l'UBS à bénéficié d'une aide de la confédération, par les plus de 300 autres banques!
Il faut noter qu'il ne s'agit pas d'un cadeau, mais d'un prêt portant intérêts! Par ailleurs, la plupart des entrepreneurs n'ont pas menés leurs entreprises à la faillite et peuvent donc être considéré comme de bons gestionnaires!!!! Qu'ils soient ou ne soient pas libéraux!

Écrit par : salegueule | 10/11/2008

Pour être tout à fait complet il convient de signaler qu'une réserve conjoncturelle de 700 mo a pu être constituée grâce aux excédents enregistrés depuis 2006.
Quant aux chiffres rouges pour 2009 (- 47 mo) ils sont tout relatifs puisque l'impact comptable des normes IPSAS s'élève à 180 mo ce qui plombe sévèrement le budget.
p.losio

Écrit par : pierre losio | 12/11/2008

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