13/11/2008

Contre l'uni, l'affabulation et la pleutrerie

Le débat sur l'uni organisé ce mercredi par la Tribune a mis en évidence deux des armes plus qu'émoussées des adversaires de la nouvelle loi, en plus de la manipulation de la peur : l'affabulation et la pleutrerie. Le caractère clairsemé du public a aussi montré que la communauté universitaire était au fond peu intéressée à entendre les arguments du rectorat et du conseil d'Etat comme ceux des opposants. Et les applaudissements d'étudiants venus soutenir leur représentante, une salariée à temps partiel de leur association faîtière, ne firent pas illusion.    

Comme naguère les bains chimiques révélaient les photos, les débats publics révèlent les personnalités des intervenants, en noir plus qu'en blanc. En tout cas pour ceux dont les arguments peinent à se renouveler, voire à s'articuler. A cet égard, la rhétorique agressive du syndicaliste Gilardi est tombée vite fait bien fait dans l'exagération, la répétition et la pure affabulation. La volonté du législateur aurait ainsi été d'inciter à augmenter les taxes, ou encore d'inciter à la soumission de la recherche à l'économie privée. Lire la loi telle qu'elle est, écouter les explications du recteur ou du conseiller d'Etat, inutile pour celui qui sait qu'il y a en réalité un complot néo-libéral pour démanteler l'université et sa liberté de recherche et d'enseignement.

Quant au discours de la représentante du groupuscule parlant au nom des étudiants, les participants ont pu constater son côté fuyant, au propre comme au figuré. Pressée de s'expliquer sur l'absence, unique parmi les organisations d'étudiants, de son organisation genevoise aux discussions fédérales sur la modernisation du système des bourses, elle s'excuse par la concentration de ses activités sur la loi, depuis deux ans le seul objet à l'avoir mobilisée, apparemment. Et puis, trouvaille, elle n'est que salariée, elle ne fait qu'obéir aux ordres, qu'elle n'a pas reçus en la matière!

Mais l'exemple d'absence de prise de responsabilité le plus crasse, elle le donne lorsque le recteur de l'uni de Lausanne est invité à prendre la parole. Là, vexée qu'on invite un cravaté - elle semble avoir un problème avec les cravattes - à s'exprimer, elle se lève - elle l'avait dit, elle avait menacé, on ne l'avait pas écoutée, alors, ni une ni deux, elle met sa menace à exécution. La salle en tremble encore. Elle fuit le débat. Elle se ferme les oreilles. Elle fait l'autiste. Peu importe, elle donne le pire exemple qui soit dans une institution qui est parfois malade de débats: elle pratique l'intolérance. Elle abandonne en même temps le terrain à son adversaire, elle fait preuve de pleutrerie. Pauvres étudiants, du coup plus représentés.

Bilan de la soirée: victoire aux points pour Charles Beer et Jean-Dominique Vassalli, par la sobre probité de leur explications. Défaite par forfait - c'est le cas de le dire - des opposants, qui avaient une tribune, et ont choisi de la piétiner en se réfigant dans le n'importe quoi sauf la réalité et la vérité, ou dans l'irresponsabilité et la fuite. On en peut qu'espérer une sanction exemplaire par le peuple de ces attitudes indignes d'un débat académique ou simplement démocratique.

 

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