18/11/2008

La prime pour les cadre sup': une victoire d'étape contre l'égalitarisme délétère

Rendre hommage et justice en même temps aux cadres supérieurs de la fonction publique genevoise tiendrait-il du blasphème ou, au minimum, de l’audace faite politique ? C’est l’impression qui se dégage du débat ayant précédé l’adoption de la loi accordant un treizième salaire à tous les collaborateurs de l’Etat, pour 87 millions, que complète un amendement donnant une prime destinée à une partie des cadres supérieurs exerçant des responsabilités hiérarchiques. Un amendement pour lequel les libéraux ont dû lutter pied à pied dès le début des discussions en commission des finances. Retour sur une victoire d’étape contre l’idéologie égalitariste qui imprègne l’actuel statut des fonctionnaires. Et qui a ce faisant transformé de fait un rapport de minorité en rapport de majorité, pour la plus grande joie du rapporteur d’ex-minorité et la plus grande surprise du rapporteur d’ex-majorité…
(voir leurs rapports http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10250A.pdf).
Sur le 13ème salaire, tout a été dit. De sa nécessité, tout d’abord, qui modernise enfin un système de rémunération obsolète qui prenait trop en compte l’ancienneté.
De son coût, ensuite, dérivant de sa vocation à bénéficier automatiquement à quelque 25 000 collaborateurs.
D’un autre automatisme, celui de son indexation à l’indice des prix, de son caractère favorisant à l’excès les classes de salaire les plus basses – il suffit pour s’en convaincre de jeter ne serait-ce qu’un coup d’œil au tableau figurant en page 60 du rapport parlementaire –, autant d’éléments qui firent l’objet d’amendements libéraux en commission, amendements motivés par une opposition à un système déconnecté du marché du travail, même en comparaison des autres fonctions publiques.
De l’imperfection de sa conception, encore, qui fait obstacle à une juste rémunération des connaissances, des compétences et des fonctions – sauf pour ceux qui pratiquent la confusion des valeurs, considérant que tout se vaut, une absence de diplôme et un diplôme universitaire, un travail d’aide-soignant et un diagnostic de médecin.
De son injustice, enfin, qui conduit à une progression identique et donc peu motivante, quelles que soient les prestations ou, osons le mot, le mérite de celui qui décide de servir l’Etat.
Certes, il aurait été préférable que le 13ème salaire ne fût décidé qu’après avoir réformé le mode de rémunération des cadres supérieurs. Mais s’il fallait toujours mettre la charrue derrière les bœufs, l’Etat de Genève en serait encore à travailler avec des bouliers… Et puis, disons-le clairement, le sort des cadres en général, des cadres supérieurs en particulier et d’un régime spécifique qui les singulariserait n’est une priorité ni pour le conseil d’Etat, ni pour la plupart des partis représentés au Parlement.
Il suffit pour s’en convaincre de rappeler quelques moments-clés de la saga de cet amendement. Refus de le fixer à 15% et même à 12%, comme si son coût eût pu être un contre-argument pour qui acceptait sans broncher le 13ème salaire généralisé. Refus de l’accorder à tous les collaborateurs des classes de fonction concernées, amenant à ne viser que ceux qui exercent une véritable autorité hiérarchique, encore à définir. Refus de l’étendre, en ne saisissant pas une perche lancée lors du débat, à des classes immédiatement inférieures, peut-être au motif implicite que les dispositions sur les heures supplémentaires pouvaient suffire (jusqu’à 6% de salaire supplémentaire en 2007). Refus de déboucher sur des salaires supérieurs à ceux des conseillers d’Etat, hors les primes que ceux-ci perçoivent pourtant et sans compter le régime spécifique de retraite qui est le leur.
Bref, refus d’accorder une reconnaissance à ceux qui font fonctionner l’Etat de Genève pour des motifs dont la hauteur de vue n’est pas toujours présente.
Le rapport de majorité rappelle tous ces votes de refus, en précisant la position des partis, et le fait que systématiquement les impulsions ont été libérales.
Au total, cependant, il faut constater que les députés de la droite parlementaire ont finalement uni leurs efforts en plénière. Les libéraux en acceptant l’idée de ne pas bouleverser la hiérarchie salariale au détriment des conseillers d’Etat. Les radicaux en déposant un sous-amendement à cet effet. Les démocrates du centre en veillant à ce que la teneur de l’amendement fût dénuée d’ambiguïté. Les démocrates-chrétiens en apportant l’onction de leur soutien à tous ces efforts. Si fait que la gauche, une fois le vin tiré pour les cadres supérieurs, ne put que le boire jusqu’à la lie, car refuser à ce moment la loi, c’aurait été refusé le 13ème salaire !
Mais tout n’est pas bien qui finit provisoirement bien. Et qu’on ne se méprenne pas sur ce qui attend les collaborateurs de l’Etat.
Certes, l’extrême-gauche ne lancera évidemment pas de référendum afin de ne pas lâcher la proie du 13ème salaire, même abâtardi à ses yeux par des dispositions favorables à des cadres, pour l’ombre d’un retour à un égalitarisme le plus absolu possible.
Certes, les libéraux respecteront leur engagement en faveur d’une loi globalement dispendieuse et imparfaite - et pour bien plus longtemps que ce qu’a annoncé David Hiler, un ministre des finances optimiste en l’espèce -, car mieux valait la certitude d’un supplément pour les cadres que la probabilité d’une victoire devant le peuple contre le projet de loi originel.
N’empêche que cette loi ne règle rien au fond du problème qui est le maintien d’un système désuet où l’engagement individuel et de groupe n’est pas récompensé.
On peut évidemment attendre de voir les propositions de David Hiler pour réviser le système d’évaluation des fonctions, annoncées pour 2008 et qui devraient arriver en 2009. On peut toutefois être sûr qu’elles ne supprimeront pas l’exception genevoise que le projet de loi de l’Entente sur la fonction publique entendait supprimer. Tôt ou tard, il faudra y revenir. Sa réinscription à l’ordre du jour se fait chaque jour plus pressante. Ceux qui s’y opposeront porteront une lourde responsabilité dans le bilan que l’Entente fera de cette législature.

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Commentaires

Question à deux points pour l'étudiant en économie : les inégalités de revenus se sont-elles accrues ou ont-elles diminués durant les dix dernières années.

Écrit par : Djinius | 18/11/2008

Aux membres Electeurs du
Parti Libéral Genevois

Par courriel

Genève, le 20 novembre 2008


Concerne : Désignation des candidats à la candidature au Conseil d’Etat
Coup de raison et de cœur pour Isabel ROCHAT


Mesdames, Messieurs,

La présente est rédigée à l’insu de Madame Isabel Rochat par un Comité de soutien anonyme.
Anonyme car elle est l’expression de notre vote à venir.

Si les membres du parti Libéral de Genève nous donnent, à nous qui ne sommes pas membres du parti, la possibilité de voter pour Madame Isabel Rochat à l’élection pour le Conseil d’État, nous lui donnerons nos voix et la soutiendrons durant tout son mandat parce que :

• Ce que pour Genève elle gagnera par la raison, le citoyen en bénéficiera par le cœur ;
• Elle gèrera un État de droit avec raison et force sourire, moins de lois et plus de droits ;
• Sans prendre, elle se donnera toute entière à sa tâche ;
• Elle écoutera chacun puis aura la force sage de décider des sujets de sa compétence ;
• Promoteur, elle soumettra les projets indispensables aux décideurs ;
• Elle saura – sans trahir l’humanisme libéral qui l’habite - travailler collégialement, harmonieusement et efficacement avec les ministres d’autres partis politiques ;
• Sa vie est faite de gestions privées, professionnelles, politiques réussies.

Notre intrusion dans votre sphère déterminante est commandée par le regret que nous fait vivre Isabel de n’être pas déjà électeurs.

Puissent prochainement nos voix se joindre aux vôtres…


Respectueusement,


Jean, Adhémar, Esther, Pierre,
Fritz, Gianni, Consuela, Barak,
Robert, Jeanne, Charles-Humbert, Zouk


PS : Lorsque nous voulons des gens plus durs, plus cassants, nous donnons une voix, ou deux, à des partis plus extrêmes! Le parti Libéral n’est pas le parti de l’Union Nationale, ni le parti Vigilant, ni l’UDC il est le parti Libéral Genevois !
Le parti Libéral mérite Madame Rochat ! L’électeur aussi.

Écrit par : alpha | 20/11/2008

Pour Isabel ROCHAT, merci les Libéraux! Nous la soutenons aussi.

Écrit par : Adhémar | 21/11/2008

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