28/05/2009

L'Asloca et Malthus: vive Genève, mais morte!

 

 

Qui veut faire l’ange fait la bête. La sagesse pascalienne est inconnue de l’Asloca, le lobby des locataires genevois présidé par Arlette Ducimetière – ça ne s’invente pas. Dernier exemple en date, le référendum lancé en Ville contre le préavis donné par le conseil municipal aux demandes de modification des limites de zone concernant le projet PAV (Praille-Acacias-Vernets). Alors même que le Conseil d’Etat confirme avoir augmenté le nombre de logements.

A la satisfaction des besoins du marché immobilier le plus tendu de Suisse, l’Asloca préfère la pénurie. Celle-ci lui garantit tout d’abord une rente électorale, celle qu’engendre le mécontentement de ne pouvoir trouver le « sweet home » de ses rêves qu’au terme d’un parcours du combattant. Et ses dénégations n’y changent rien.

Difficile de trouver, avec ce référendum, pire exemple de soutien à la tension du marché du logement déguisé sous des prétextes juridiques. Aux blocages dont l’Asloca s’est faite la spécialiste[1] s’ajoute une méfiance viscérale vis-à-vis de l’autorité. Le tout cache les motivations personnelles des dirigeants de cette association. Or, en cette période de crise économique, ses comportements ne sont tout simplement plus admissibles.

. En fait, l’Asloca enrage de ne pas voir déjà inscrites dans une loi ses exigences en matière de logements dits sociaux. Sauf que le texte législatif dont devra débattre le parlement cantonal porte sur un changement de zones, préalable nécessaire à toute construction de logements.

Sa rage la conduit à ignorer la réorientation profonde du projet PAV décidée par le Conseil d’Etat. Alors qu’initialement 6 000 logements et 20 000 emplois étaient proposés, l’exécutif retient dorénavant 14 000 logements et 15 000 places de travail. A noter au passage que cet équilibre quasi parfait correspond au vœu de la CGAS, un autre soutien du référendum. Sauf que l’association faîtière des syndicats genevois entend limiter à 8000 le nombre des uns et des autres.   

Sous couvert de préoccupation pour la délocalisation de certaines des entreprises sises actuellement dans le périmètre PAV, tout en étant muette sur l’ébauche de projet de nouvelle zone économique à Colovrex, près de l’aéroport, l’Asloca est aussi sourde aux promesses du conseiller d’Etat Mark Muller, pilote du dossier depuis son lancement. Notamment à son intention d’un seuil d’au moins 20% de logements dits d’utilité publique.

Alors, pourquoi cette opposition frontale de l’Asloca au projet PAV ? Derrière les prétextes ou la surdité opportuniste, pour le plaisir de mener un combat référendaire, il y a d’abord son refus d’une valorisation de terrains aujourd’hui publics par de futurs propriétaires privés. Et de lui préférer l’extension étatiste des droits de superficie. Il y a aussi sa conception marxiste de la société qui l’amène à refuser toute construction de logements pour les cadres et employés hautement qualifiés et rémunérés qui habiteront dans cette nouvelle Genève.

Dans le paradis « aslocien », il ne devrait en résumé jamais y avoir de logements autres que publics, et ces logements publics devraient tous être de nature éminemment sociale. A défaut, autant ne pas construire.

A défaut ? Un défaut qui est en fait une qualité pour l’Asloca. Ne pas construire, c’est bloquer le développement d’une société. Et bloquer son développement, c’est faire de Malthus le prophète d’une Genève morte. Un rêve pour Madame Ducimetière.

(Commentaire publié dans Entreprise romande du 29 mai 2009) 

                                        



[1] Autre exemple d’action de blocage de l’Asloca, son soutien aux manœuvres dilatoires du maire marxiste d’Ambilly concernant le projet des communaux homonymes.

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Commentaires

L'ASLOCA oublie que beaucoup de personnes ne bénéficient encore pas d'aides sociales ou de logement social comme les 20-25% de la population installée à Genève mais que néanmoins, ces mêmes personnes sont souvent les deux à travailler pour faire vivre le ménage et que les loyers sont une part importante de leur budget (avec la caisse de maladie et les impôts pour lesquels ils ne sont exemptés de payer) donc l'ASLOCA doit se mettre dans la tête que plus le parc immobilier s'agrandira, le marché se détendra pour le reste de la population qui ne demandent qu'à se loger aussi décemment que ceux qui ont droit au logement social. Faire un référendum pour plus de logements sociaux est une injustice flagrante et discriminatoire pour ceux qui travaillent sans être subventionnés.

Écrit par : demain | 28/05/2009

Vl’à l’Mugny en fée du logis !
Ca bloque dans les ponts et chaussées, ça débloque dans les constructions, tout est paralysé : c’est la poussière de Mugny qui nous embrume. L’esprit du mal s’est incarné, travesti en fée du logis. Les Genevois sont sur le point de construire, vite une entourloupe. Un coup de bouillard d’esprit, puis, si nécessaire, il passera aux grigris et à l’audit.
Déjà il agite des senteurs du cimetière sur sa droite et vaporise des acides corrosifs sur sa gauche. Un coup de faux par ci, un coup de chasse par là et le destroy mythe ou man se perpétue. Il gronde le Mugny, il vitupère, il hurle : « Non ! vous ne construirez rien sans mon accord. Vous ne savez pas construire. Vous n’avez jamais rien su ! C’est nous, les Démugnys qui allons tout décider, tout faire, sans vous, avec votre pognon, avec tout c’qu’on va vous piquer. On fera c’qu’on voudra, dans notre ville, avec vos biens, pour nos gens ! »
Puis, l’Mugny il se transforme en trompette de la mort, s’éclate et disparaît en pet de nonne. A l’ombre du cimetière, si puro spirito se pose la légende du Mugny fermente. L’odeur des soupes magiques déjà attire les chasseurs de sorcières.
Ainsi se perpétue la légende du Mugny depuis la Révolution. Et Genève se paralyse à chaque tour… puis se réveille pour bâtir un avenir privilégié pour chacun de ses habitants stimulée qu’elle est par la légende affligeante du Mugny.

Écrit par : Katherine | 28/05/2009

Scusez-moi, je veux pas trop entrer dans le détail, n'étant pas Genevois, mais s'il y a pénurie de logements et donc loyers pas loin d'être abusifs, vu que le demandeur n'a quasi pas le choix, franchement, c'est qui l'avantagé dans l'histoire: le propriétaire et le gérant qui s'en mettent plein les poches ou l'Asloca qui grapillent quelques adhésions à 50 ou 70 balles de coti par année, franchement...?

Écrit par : Olegna | 29/05/2009

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