15/10/2009

L'effet répétition est un succès pour les milieux économiques

Répétez, répétez, il en restera toujours quelque chose. Telle a été au fond la maxime mise en œuvre avec systématique par les milieux économiques - dont la FER Genève - à l’occasion des toutes fraiches élections au Grand Conseil. Leur succès incontestable, surtout en comparaison de certaines autres listes professionnelles, s’explique. Il oblige aussi, au regard des enjeux de la prochaine législature, dont le premier est de faire prévaloir la raison sur la démagogie. Il met enfin en évidence le rôle mineur des appuis donnés par des associations souhaitant vérifier par questionnaire les affinités électives des candidats. 

L’appel à un engagement « responsable » ou encore « citoyen » de la société dite civile – par opposition à la société militaire ?... – est régulièrement lancé. La gauche s’en délecte. La droite lui donne dans ce scrutin une réponse sans la moindre ambiguïté.

En appliquant avec une cohérence quasiment sans faille un soutien croisé à leurs représentants, les milieux économiques rappellent certes que l’union fait la force. Le succès rencontré témoigne aussi de l’importance d’un réseau de membres nombreux et soudés à la fois, deux conditions cumulatives.

Celles-ci s’ajoutent à l’évidence à la personnalité des candidats que ces membres perçoivent comme leurs. A des actions passées aussi qui répondent de leur cohérence voire de leur courage à adopter des positions claires lorsque les circonstances ou l’intérêt supérieur de la République l’exigent. L’aménagement du territoire fait de grands projets urbanistiques, dont le PAV, et d’infrastructures de transport, comme le CEVA ou la traversée du Lac, les réformes de la fiscalité, de la formation, de la fonction publique en sont quelques exemples. La poursuite de ces objectifs bénéficiera de l’engagement et des convictions de députés élus pour promouvoir une certaine idée de Genève et de son développement. 

On est donc loin de l’image des pantins « sous influence » comme aimeraient à le faire accroire les critiques des lobbies (GHI du 8.10.2009). Des critiques qui contribuent au discrédit des corps intermédiaires de la société. Au profit de qui ? Poser la question, c’est donner la réponse que les urnes ont affichée. C’est dire au passage que la tâche des élus des milieux économiques sera de donner des réponses factuelles, argumentées, aux déclarations à l’emporte-pièce, aux propos infondés, aux généralisations abusives, voire aux accusations mensongères dont le tribun du MCG s’est fait le spécialiste[1].

Les milieux économiques ne sont pas les seuls à avoir enregistré des succès électoraux. Certaines associations professionnelles font au moins aussi bien. Par exemple l’Association des médecins de Genève, avec sept élus sur neuf candidats, dont certains ont bénéficié de l’avantage d’être salariés des HUG. Les policiers seront aussi représentés par sept élus, dont cinq dans les rangs du seul MCG. Une corporation qui se caractérise non tant par ses consignes de soutien que par celles de biffage. Cette présence massive de fonctionnaires d’autorité soulève au passage certaines questions auxquelles le Parlement devra répondre concrètement, sans attendre les résultats des réflexions de la Constituante. Surtout si le peuple les rejetait.

En revanche, les enseignants font preuve d’un moindre esprit de corps – ou leurs associations d’une moindre influence. Quant à l’Ordre des avocats, avec cinq élus sur treize candidats, il témoigne de l’individualisme viscéral de ces indépendants par excellence. Il évitera au moins la critique d’un Parlement aux mains des juristes. Quant à savoir si la qualité des lois y trouvera son compte…

(Paru dans Entreprise romande du 16 octobre 2009)



[1] Prétendre, pour ne prendre que cet exemple (L’Illustré du 14 octobre 2009), que 80 jeunes diplômés infirmiers sur 100 sont au chômage tient ainsi de l’affabulation pure et simple. A fin septembre 2009, l’Office cantonal de l’emploi (OCE) ne comptait pas plus de dix chômeurs recensés en tant qu’infirmiers ou soignants à domicile. Mais il est vrai que le vainqueur de ces élections applique avec constance une autre maxime : « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ».

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Commentaires

"Les policiers seront aussi représentés par sept élus, dont cinq dans les rangs du seul MCG. Une corporation qui se caractérise non tant par ses consignes de soutien que par celles de biffage. Cette présence massive de fonctionnaires d’autorité soulève au passage certaines questions auxquelles le Parlement devra répondre concrètement, sans attendre les résultats des réflexions de la Constituante. Surtout si le peuple les rejetait."


Monsieur, je ne comprends pas votre motivation concernant cette remarque.

- Le droit d'éligibilité des policiers a été reconnu par la Cour européenne des droits de l'homme.
- Le droit d'éligibilité des fonctionnaires a été voté par le peuple genevois.
- Les policiers élus ne sont pas des cadres supérieurs de l'Etat.
- Auncune consigne de biffage n'a été déposée auprès des policiers.

Au plaisir de vous revoir pour parler de tout ça.

Walter S.

Écrit par : Minet | 17/10/2009

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