01/11/2009

Formation des enseignants: 3 ans ou 4 ans? 3 ans et 4 ans!

Faut-il, pour nommer les enseignants genevois, une formation de 3 ans (BA, tel que la dispensent les Hautes écoles pédagogiques - HEP - de Suisse) ou une formation de quatre ans, comme le faisait à ce jour l'université de Genève ?

Après plusieurs années de réflexion, de nombreuses auditions, des positions de départ éloignées, les députés de la commission de l'enseignement supérieur ont réussi la quadrature du cercle. Ce sera 3 ans, avec un BA pour les diplômés des HEP suisses, ET 4 ans avec un BA + un certificat complémentaire d'un an pour les diplômés de l'université de Genève. Non pas que la formation genevoise soit plus lente pour arriver au même résultat, mais parce que sa nature universitaire la rend, à tort ou à raison, différente.

Il aurait été inacceptable que cette solution ne fût pas retenue pour les diplômés des HEP. Il en va d'un espace suisse de formation comme de la reconnaissance de la qualité de la formation des autres hautes écoles suisses.

Il aurait été souhaitable qu'elle le fût aussi pour les diplômés genevois, du moins pour une partie de la commission de l'enseignement supérieur. D'où une solution subtile: les étudiants qui auraient une connaissance attestée de l'allemand et/ou de l'anglais, bientôt enseigné dès la 5ème année primaire, ou encore d'autres disciplines enseignées enseignées à l'école primaire pourront voir la durée de leur cursus raccourcie. De 4 ans, on glisse aussi vers 3 ans à Genève. Le règlement - ah le règlement ! - en précisera les modalités.     


Certes, il y aura des Genevois qui iront à Lausanne ou St-Maurice pour faire leurs études en 3 ans, comme des Valaisans ou des Vaudois qui voudront suivre leur formation à Genève en 4 ans. Pour différentes raisons. Les uns parce que la durée plus courte les séduit, les autres parce que l'université les attire. Le futur nous montrera quelle tendance l'emportera. J'ai d'ailleurs personnellement souligné cette possibilité/ce danger/cette chance pour les uns comme pour les autres en commission. 

Je me réjouis de pouvoir contribuer à expliquer les enjeux de ce projet de loi à la population, puisqu'un député MCG a déjà annoncé un référendum. Piquant. C'était quasiment la première fois qu'il s'exprimait depuis 4 ans. Enfin, pour autant que son mouvement recueille les signatures nécessaires.

Dulcis in fundo: je me réjouis le cas échéant du pourcentage encore plus élevé d'acceptation pour cette loi, après la victoire du contre-projet sur le CO.

NB: la question de la formation des enseignants secondaires, identique pour le cycle et le collège, méritera que l'on y revienne au cours de la nouvelle législature.

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Commentaires

Il a fallu des années de réflexion pour arriver, selon vos propres termes, à une solution qui n'est pas idéale (commentaire sur mon blog)! Bravo!
Puisqu'"il aurait été inacceptable que cette solution ne fût pas retenue pour les diplômés des HEP. Il en va d'un espace suisse de formation comme de la reconnaissance de la qualité de la formation des autres hautes écoles suisses"...pourquoi Genève ne s'alignerait-elle pas sur les autres cantons romands en rejoignant tout simplement leur réseau de HEP? Non, pensez donc, c'eut été trop simple, Genève se doit d'être universitaire! Quelle arrogance déplacée.

Écrit par : duval | 01/11/2009

Non, cher Monsieur, ce n'eût pas été trop simple. C'eût été plus coûteux. C'eût tout autant été une volonté de faire tabula rasa d'une histoire que je ne me permets pas, pour ma part, de passer par pertes plus que profits, n'ayant pas votre connaissance intime de cette formation héritée de Claparède, Piaget et autres pédagogues plus récents à la sauce locale.

Je souris aussi de votre refus des modèles compliqués, quand je sais combien vous avez soutenu une initiative sur le CO à côté de laquelle les plans d'une fusée ayant pour objectif la lune tiendraient d'un exercice d'élève de l'école primaire genevoise...

Écrit par : PIerre Weiss | 01/11/2009

Encore une chose Monsieur Weiss. "Plus coûteux"? Ceci reste à prouver…
Vous savez comme moi que le financement de la formation des enseignants en HEP n’est pas subventionné par la Confédération alors que celle des étudiants à l’uni l’est…ce qui peut expliquer votre façon de voir. Seulement, il y a là une inégalité de traitement dont Berne est tout à fait consciente, vous le savez. Après la décision que prendra Genève, les autorités fédérales ne manqueront pas de remédier à la situation et, par équité et souci d’uniformisation, cessera cette subvention genevoise.

Écrit par : duval | 02/11/2009

Cher Monsieur,
au risque de vous contredire, ce sont d'autres points que ceux que vous mentionnez qui désavantagent les HEP de Suisse par rapport aux autres HES et aux Universités (contribution aux frais d'infrastructure) ou les HES par rapport à l'IUFE (structure de coûts du corps enseignant).
Le débat se poursuivra au Grand Conseil.

Écrit par : pierre weiss | 02/11/2009

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