19/11/2009

Tunnel sous Vésenaz : aide-toi et le canton t'aidera !

 

          Une modeste tranchée couverte (570 mètres) pour le réseau des routes cantonales genevoises, mais un signe fort de solidarité avec les habitants des communes subissant un lourd transit quotidien de véhicules. Leur qualité de vie, leur sécurité ne peuvent laisser indifférent. Hier Carouge, aujourd’hui Collonge-Bellerive, demain Meyrin, le Grand-Saconnex, mais aussi Chancy. Tel est l’enjeu supra-communal de ce court tunnel routier, soutenu par nombre de maires de tout le canton, qui est soumis aux citoyens d’ici au 29 novembre 2009.

Car il faut en effet voter à cause d’un référendum contre le complément de la participation cantonale, de 21,8 millions de francs, à ce projet. Il a été lancé, à une très faible majorité interne, par la fraction dogmatique des Verts locaux. Son idéal, un monde sans voitures, un monde d’immobilité. « Pour diminuer les nuisances dues au trafic automobile, il faut diminuer le trafic automobile. Toute autre solution n’est qu’un aveuglement coupable ». Or pareille approche ne prend pas en compte le progrès technique, ni les aménagements favorables à l’environnement, ni les besoins divers des individus. Le simplisme dans sa variante la plus excessive. 

En réalité, avec ce tunnel, 20 000 véhicules pourront traverser sans nuisances environnementales cette localité et lui rendre de ce fait la paix à laquelle ses habitants aspirent et ont droit. A quoi on peut ajouter des commerçants légitimement intéressés, eux aussi, à une place de village plus conviviale. Des magasins de proximité pour toute une région, voilà un autre objectif bien vite jeté aux orties quand l’ « anti-bagnolisme » primaire domine. Et puis, toute la région entre Arve et Lac, qui compte actuellement plus de 50 000 habitants, attend avec impatience la fin d’un bouchon, car l’emplacement de Vésenaz en fait le réceptacle du trafic de Thonon et d’Hermance.

Cette tranchée couverte est en fait un projet de plus de trente ans. Mais sa pertinence n’a fait que gagner en importance, parallèlement à la qualité du tunnel, désormais à la pointe des exigences en matière de sécurité et de surveillance.

Ces tergiversations ont toutefois eu un coût, puisque la part fédérale à sa réalisation a disparu, en raison des règles de la nouvelle péréquation financière (RPT) et aussi parce que le responsable cantonal du dossier, le vert Robert Cramer, a négligé les intérêts de Vésenaz au profit du seul CEVA. C’est l’occasion de rappeler la nécessité d’un développement coordonné de toutes les infrastructures de transport, collectif comme privé, dans la ligne du mandat donné par le peuple genevois qui a plébiscité, en juin 2002, l’inscription dans la constitution du « libre choix du moyen de transport ». 

C’est l’occasion aussi de souligner que la commune prend à sa charge une part non négligeable (20,8 millions) de la facture totale (57 millions). Certes, Collonge-Bellerive jouit d’une situation financière enviée, mais la région fait partie des zones délaissées du canton en terme de voirie. Il est temps d’y remédier.

Un (demi-)étonnement, pour conclure. Ce référendum divise les syndicats alors qu’on aurait attendu de leur part un soutien unanime aux ouvriers du bâtiment. La lutte contre le chômage ne pèse plus lourd quand l’idéologie guide les pas du SIT ou des camarades socialistes. Plus empruntés, la CGAS et le syndicat des transports (publics) SEV-SBV s’abstiennent. En revanche, tant SYNA qu’UNIA soutiennent ce projet qui a aussi les faveurs de l’ensemble des milieux économiques et patronaux, dont la FER Genève, de même que des partis de droite. A n’en pas douter, la paix des transports ressortira renforcée d’un oui franc et massif à cet élément d’un véritable projet cantonal de mobilité.

(Commentaire d'Entreprise romande du 20 novembre 2009)

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Commentaires

J'ai 30'000 bagnoles sous mes fenêtres chaque jour et il est impossible techniquement d'y faire une tranchée couverte, je fais quoi? Je ferme ma gueule?

NON à une fausse solution qui cache la poussière sous le tapis! OUI à des vraies mesures de réduction MASSIVE du trafic automobile!

Écrit par : Sandro Minimo | 19/11/2009

Sandro, je suis d'ordinaire en accord avec la plupart de vos positions. En ce qui concerne votre commentaire d'aujourd'hui permettez moi de vous faire remarquer que ce n'est pas parce qu'une solution unique n'est pas applicable partout qu'elle ne doit l'être nulle part.

Ceci dit, l'idée de faire rouler toutes les bagnoles sous terre a quelque chose de plutôt séduisant, non?

Écrit par : Azrael | 19/11/2009

Ce projet est essentiel à une vie plus paisible pour les habitants du village de Vésenaz ! Lorsque les opposants critiquent la loi votée par une large majorité du Grand Conseil, ils oublient de dire que leurs griefs ont déjà été balayés par une décision de justice en l'année 2000 dans le cadre du déroulement de la procédure de la requête en autorisation de construire. De même, il est faux de soutenir que seule une politique agressive contre la mobilité privée éradiquera les véhicules automobiles. Dites-nous les écolos, comment faites-vous lorsque vous devez prendre en charge des personnes qui ne peuvent se déplacer ni à vélos ni avec les transports publics ? Vous les prenez sur vos portes-bagages ? Toute la population n'a pas la santé physique pour s'offrir les moyens d'une mobilité douce. Alors, pensez un moment aux aînés notamment, grâce à qui, par les impôts qu'ils paient depuis des décennies, vous bénéficiez d'infrastructures publiques dont par exemple les très dispendieux subsides aux TPG. Enfin, rappelons que la Confédération a approuvé depuis fort longtemps ce projet car il répond en tous points aux critères applicables aux mesures pour lutter contre les étranglements routiers dans le trafic d'agglomération et aux normes de qualité de vie tant pour la qualité de l'air que pour la lutte contre le bruit.
Mario Cavaleri.

Écrit par : Cavaleri Mario | 19/11/2009

"Hier Carouge, aujourd’hui Collonge-Bellerive, demain Meyrin, le Grand-Saconnex, mais aussi Chancy."

Ne pas oublier Thônex, ville sinistrée par 40.000 véhicules pendulaires qui se croisent en plein centre, dont 20.000 sur le seul axe nord-sud (Jussy/Puplinge/Pont-de-Sierne/Vessy/Carouge), axe qui ne sera JAMAIS bien desservi par les transports publics. Selon les prévisions mêmes de la DGM, la première phase des Communaux d'Ambilly (horizon 15 ans) occasionnerait par ailleurs un trafic supplémentaires de quelque 6000 véhicules par jour sur cet axe. Un tunnel depuis la route de Jussy vers l'avenue de Thônex est donc indispendable à moins de très fortement accélérer la réalisation de la traversée du lac et de son compélément indispensable, l'autouroute de counournement "est" (de Vésenaz à Vallard ou Etrembières).

Écrit par : Ashwani Singh | 20/11/2009

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