11/12/2009

Valeurs de droite obligent !

         Dans le cadre solennel d’une cathédrale Saint-Pierre remplie jusqu’au dernier rang, après avoir prêté serment en s’approchant des Ecritures[1], le nouveau conseil d’Etat genevois a fixé le cap de la législature. Les accents donnés à son discours par son président, François Longchamp, n’ont pas manqué d’ambitions sélectives. Le temps du « ni-nisme » - ni hausse d’impôts, ni baisse de prestations - est bel et bien révolu[2]. Valeurs bourgeoises et républicaines, projets étatiques d’infrastructures et réponses aux défis du temps présent pour Genève ont ainsi trouvé la place qu’ils méritaient.

         La juste valorisation de l’effort et du travail a souligné que la richesse d’une nation ne naît pas du hasard, mais de la volonté de ses citoyens.  On n’aura pas célébré le nom de Calvin en vain pendant toute une année. A cette réserve près que l’alma mater n’a pas eu droit à la moindre mention : son 450ème anniversaire préfigure-t-il son chant du cygne ? Pas un mot non plus de la HES genevoises qui n’offre même pas au gouvernement le prétexte d’être autonome, comme l’uni, pour être oubliée. Au fond, un mot, une valeur manquait qui aurait compensé ces carences : l’excellence.

         En revanche, l’accent mis sur la sécurité, « première de nos libertés », a mis en évidence la volonté de cohérence d’une majorité gouvernementale désormais à droite avec son programme et son succès électoral. Les effectifs supplémentaires demandés pour la police devraient lui être accordés par un parlement partageant les mêmes buts, une fois assuré le retour à une durée du travail débarrassée de sa machine infernale à heures supplémentaires.

Quant au respect de la population pour les forces de l’ordre, il passera par le respect de l’ordre - et des ordres - par ces mêmes forces. C’est aussi cela, « repenser les valeurs qui animent la police, sa manière d’être commandée, le fonctionnement de son état-major et son sens des priorités ». La mise hors d’état de nuire des « zizous » et autres dealers[3] doit l’emporter sur le contrôle du port de la ceinture de sécurité, important mais pas essentiel. Sacrée mission pour Isabel Rochat, dont le courage d’avoir repris les rênes d’un département ne peut que susciter un fort soutien politique, sacré défi pour une hiérarchie policière mise au pied du mur !

L’esprit de Genève, fait de dynamisme et d’ouverture sur le monde et la région - un angle d’attaque aussi choisi par le président du Grand Conseil dans son allocution - devrait trouver plusieurs pistes de concrétisation. Pas seulement sur le tarmac d’un aéroport apte à accueillir de gros porteurs, mais aussi dans la colline de Pinchat, bientôt percée, avant celle de Champel, pour permettre le passage du RER transfrontalier, et aussi par-dessus ou dessous un lac qui devra rapprocher et non plus séparer les habitants de ses deux rives. La mobilité, dans toutes ses formes, doit retrouver droit de cité. Ce conseil d’Etat est donc collectivement tenu d’exhiber son permis de conduire. Pour le permis de construire 10 000 logements en quatre ans, et de jeter les fondations du PAV, il lui reviendra de convaincre une majorité de ne plus écouter les sirènes des bloqueurs.   

Afin de mener à bien ces projets qui ne sont pas que d’infrastructures, des moyens importants seront nécessaires. L’ouverture aux entreprises multinationales, l’importance du secteur financier ont fait judicieusement l’objet d’attentions particulières. Les entreprises locales n’ont pas été oubliées, qui devraient enfin voir une réforme radicale ( !) de la taxe professionnelle. Ce ne sera pas de trop pour permettre une sortie de crise à ceux qui financent directement ou indirectement, par les emplois créés, les projets dont Genève a besoin.      



[1] Ah les pudeurs d’une République qui a refoulé le rôle d’une Eglise nationale, sans imaginer que le vide ne le resterait pas !

[2] D’autant que le peuple a plébiscité un allégement de la fiscalité sans effets, à ce jour, sur la générosité d’un Etat très providentiel.

[3] Pour ne prendre que cet exemple, la fin du marché de la cocaïne au Parc St-Jean est impatiemment attendue par ceux qui sont contraints de le traverser.

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Commentaires

Les policiers ont toujours respecté les ordres et l'ordre Monsieur Weiss, nous ne comprenons pas la pertinence de votre remarque ?

"Quant au respect de la population pour les forces de l’ordre, il passera par le respect de l’ordre - et des ordres - par ces mêmes forces"

A travers cette phrase, vous ne donnez pas un message très clair à la population et peu rassurant aux policiers, qui selon vous devront "mériter" le respect.

Les policiers genevois sont généralement respectés par la population, sachez le Monsieur Weiss, c'est l'Autorité des policiers qui ne l'est plus, nuance.

Walter Schlechten.

Écrit par : Minet | 11/12/2009

La ceinture peut vous sauver la vie, les zizous vous voler votre porte-monnaie : à chacun ses priorités !

Écrit par : Clyde | 11/12/2009

blibli blabla !!!!!! comme dit la chanson : "paroles paroles et paroles....."

Ce n'est pas de la "gauche" ou de la "droite" qu'il faut parler, mais de la vision et des réalisations humanistes des choses, dans l'intérêt du peuple (dans son entier) !

Écrit par : coucou | 11/12/2009

Valeurs de "droite" ????.............. PFFFFFFFFFFFF !
Un peu d'humanisme ferait du bien !...................

Écrit par : coucou | 11/12/2009

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