12/02/2010

Les incompatibilités ont encore frappé !

Jeudi 11 février, vers 22 heures, salle du Grand Conseil. Pour cause de cafouillage technique, les députés doivent revoter une résolution socialiste. Qui fait fi de tous les efforts cantonaux dans la lutte contre le fléau du chômage en exigeant une augmentation du nombre d’indemnités fédérales. En clair : la réouverture de la trappe qui éloigne durablement les chômeurs du marché du travail. Le résultat est ultra-serré : 47 voix contre, 48 pour.

 

Comment en est-on arrivé là ? Un député socialiste, employé du département de François Longchamp, a été amené à voter contre la politique prônée par son chef. Bon gré ou mal gré, peu importe.

 

Ce résultat démontre que les libéraux ont identifié un vrai problème : la présence de collaborateurs de l’Etat, et pas seulement de policiers et pas seulement au MCG, dans les travées du Grand Conseil. Ils proposent une solution qui se doit d’être ambitieuse pour être efficace : réintroduire les incompatibilités, supprimées en 1998, entre le mandat de député et un emploi dans la fonction publique cantonale. Dans le petit, le grand et, par extension, dans le méga Etat. Partout où l’on applique, directement ou par analogie, la loi sur le personnel de l’administration cantonale.

 

Le plus tôt sera le mieux.

Cerise sur le gateau: les incopmpatibilités professionnelles sont une chose; les incompatibilités morales en sont une autre. Une démarche dans ce sens ne va pas manquer. Qui m'aime - ou ne m'aime pas - suive mon regard...    

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Commentaires

Mais qu'ils sont fourbes ces libéraux. Sachant qu'ils se trouvent plus de membres de la fonctions publics sur les bancs d'en face, ils proposent d'étendre la proposition d'incompatibilité de M. Deney à l'ensemble de la fonction publique.

Génial ! Sauf, où est l'argumentation ? Que je sache, une fonctionnaire normal, n'a pas comme un policier un conflit de loyauté entre le pouvoir législatif de sa casquette de député et celui de l'exécutif auquel il a prêté serment d'allégence de sa casquette de policier.

De plus vous reprochez à un député de ne pas voter comme son supérieur hiérarchique l'aurait fait ... VOUS RENDEZ-VOUS COMPTE DE VOS PROPOS ? A quand les directives des hauts cadre de l'Etat pour expliquer comment doivent voter les fonctionnaires lors d'élection !?!? Quand je pense que vous êtes les premiers à crier au totalitarisme ...

Bref, vous mélangez tout, à des fins bassement politiciennes, c'est vraiment lamentable.

Écrit par : Djinius | 12/02/2010

Je vois que les solutions proposées par les radicaux libres passent volontiers du servage à l'asservissement, de surcroît au nom de la liberté individuelle!

Écrit par : Clean | 12/02/2010

Lors de la votation sur la résolution, il serait plus juste d'identifier les absents > PDC : Serge Dal Busco, UDC : Antoine Bertchy. Voilà qui est fait !

Écrit par : charly schwarz | 12/02/2010

Cher collègue député,

Permettez-moi de vous rappeler ce que prévoit la loi portant règlement du Grand Conseil :

Art. 24 Obligation de s’abstenir
Dans les séances du Grand Conseil et des commissions, les députés qui, pour eux-mêmes, leurs ascendants, descendants, frères, sœurs, conjoint, partenaire enregistré, ou alliés au même degré, ont un intérêt personnel direct à l’objet soumis à la discussion, ne peuvent intervenir ni voter, à l’exception du budget et des comptes rendus pris dans leur ensemble.

Par conséquent, le député que vous incriminez était tout à fait légitimé à voter, puis qu'il n'avait aucun intérêt personnel direct à l'objet en question.
Au même titre que vous-même, dans le débat qui a suivi, vous avez pu (et hureusement) non seulement voter, mais également intervenir en plénière au sujet d'un projet qui concernait l'Université à laquelle vous collaborez en tant que chargé de cours.

En voulant interdire aux membres de la fonction publique de siéger au Grand Conseil, c'est plus du quart de la population active de notre canton que vous souhaitez exclure. Ce qui aurait pour conséquence d'éloigner encore plus le parlement de la population. Aujourd'hui, au Grand Conseil, certains groupes sont déjà sur-représentés (hommes, propriétaires, médecins,avocats, etc.).Voulez-vous vraiment accentuer cet état de fait et éloigner encore plus la population des "élites politiques" au risque d'encourager encore plus le vote populiste et potestataire ?

Anne Emery-Torracinta

Écrit par : Anne Emery-Torracinta | 12/02/2010

Bonjour,
Djinius a parfaitement raison, dans une démocratie, la profession ne doit en aucun cas empêcher quelqu'un d'être élu et de voter en fonction de ses choix politiques plutôt que dans le sens de son chef!

Écrit par : salegueule | 12/02/2010

La première poule qui chante a pondu l'oeuf. Que dire des propos de Monsieur Weiss professeur à l'université en même temps membre de la commission de l'enseignement supérieur et Président actuel de cette commission ? Vote-t-il toujours dans la ligne voulue par le Chef de son département ? N'y a-t-il pas incompatibilité ? A chacun de balayer devant sa porte.

Écrit par : Un député qui ne vote pas comme son supérieur hierarchique | 13/02/2010

@ Anne Emery,

votre critique serait parfaitement justifiée si je ne m'étais pas précisément abstenu après m'être exprimé, et avoir expliqué le pourquoi de mon abstention, ce qui représente une interprétation qui me semble rigoureuse d'un rapport à temps partiel avec l'université.

En revanche, on ne comprend pas très bien - ou plutôt on comprend parfaitement -pourquoi votre camarade, collaborateur de l'Office cantonal de l'emploi, s'est abstenu dans le premier vote - en raison de son sens moral élevé - et a voté au second - parce que les contingences politiques l'ont emporté.

Je crois en outre que vous n'avez pas encore saisi ce que signifie le devoir de réserve et celui de fidélité dans le service public. Il est vrai, à votre décharge, que vous n'êtes pas la seule ni ne représentez le cas le plus flagrant.

Écrit par : Pierre Weiss | 13/02/2010

@ Charly Schwarz

il est parfois utile de se pencher sur les raisons des faits, et pas seulement sur les faits. Vous seriez moins péremptoire, mais c'est vrai que c'est plus difficile que de faire de simples additions.

Écrit par : Pierre Weiss | 13/02/2010

@ un député qui ne vote pas comme son supérieur hiérarchique

ma réponse est simple: en m'abstenant lors des votes qui concernent l'université, j'évite tout problème d'incompatibilité.
Au suplus, je suis favorable à des incompatibilités concernant aussi l'université comme j'étais défavorable à leur suppression en 1998.
CQFD !

Écrit par : Pierre Weiss | 13/02/2010

Je me demande ce que penserait le TF, et puis pourquoi pas, la tendre et chère CEDH chérie par tous les libéraux et autres à chaque votation qui leur déplaît, de cette interdiction de vote...

Je ne parierai pas ma maison à La Petite Grave là-dessus..

Écrit par : salut | 21/02/2010

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