17/06/2010

Les instit font grève. Mais que fait le conseil d'Etat ?

La deuxième « vague symbolique » de mécontentement de la fonction publique genevoise a été lancée, le 15 juin 2010, par les instituteurs et institutrices des écoles primaires genevoises (récemment revalorisés de la classe 16 à la classe 18 sans la moindre « vague symbolique » de remerciement). Raison de leur courroux : la fusion des caisses de pension (CIA et CEH). Cette vague n’a pas suscité d’émotion de la part du Conseil d’Etat – ce qui est compréhensible – ni de réaction – ce qui l’est moins. Elle suscite une question à triple détente.

Cette vague de grève – appelons un chat un chat –, même si elle n’a duré qu’une demi-heure, succède à un premier arrêt de travail qui a touché certains cycles d’orientation et des classes d’accueil, le 10 juin. Elle en annonce une troisième dans le secteur hospitalier, ce 17 juin, puis une quatrième, après les vacances, bien entendu, dans le secondaire post-obligatoire, en septembre, en attendant un tsunami touchant l’ensemble de la fonction publique cantonale.

Si le droit de grève n’est pas ou plus contesté pour la majorité de la fonction publique, des conditions de licéité des grèves doivent néanmoins être remplies. On peut notamment se demander si ces « vagues » représentent l’ultima et sola ratio pour permettre à la fonction publique d’être entendue de son employeur, le conseil d’Etat. Qu'en pense le conseil d'Etat?

En deuxième lieu, le coût de ce dernier arrêt de travail mérite d’être évalué. S’il s’avère que 60 pour-cent des enseignants ont débrayé, selon l’évaluation donnée à la Tribune de Genève du 16 juin par le syndicat SPG, ce ne sont alors pas moins de 1700 grévistes qu’ont dû dénombrer les directeurs d’établissement, pour autant que cette tâche figure dans leur cahier des charges - leurs secrétaires ayant pour leur part fait aussi grève. En effet, le personnel enseignant compte 2844 personnes, selon le Mémento statistique de l’éducation à Genève de 2009.

Sachant aussi que la masse salariale est de 271 millions (sur 13 mois) pour l’ensemble du personnel enseignant primaire, selon les comptes de l’Etat 2009, il en découle que la masse mensuelle est de 21 millions.

Sachant que les enseignants du primaire travaillent 28 périodes de 45 minutes valant 40 heures par semaine, soit 21 heures effectives, un arrêt d’une demi-heure coûte, en première approximation, 0,5 million de francs si la participation à la grève était de 100%, et 300 000 F si elle se limite à 60%.

L’amélioration de l’évaluation du coût de cette grève par l’exécutif est aussi bienvenue.

 

Enfin, qu’il s’agisse de cette grève, de la précédente ou des suivantes liées à la fusion des caisses de pension, le conseil d’Etat se doit d’informer les citoyens des mesures qu’il entend prendre pour préserver les intérêts des contribuables face à ces grèves peut-être symboliques, mais encore plus indécentes.

En clair, le conseil d’Etat va-t-il procéder, notamment si l’incompréhension face aux indispensables réformes des caisses de pension devait se généraliser à de larges couches de la fonction publique, à des retenues sur salaire pour préserver les intérêts des Genevois ?

Ou bien, plus subtilement, préférera-t-il modifier en faveur des contribuables le curseur des sacrifices à consentir pour assurer le degré légal nécessaire de couverture de la future caisse de pension ? 

 

 

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Commentaires

Dans le fond vous n'avez pas tort (pourtant je suis instit et gauchiste comme il se doit...). Mais bon... Croyez-vous vraiment que cette demi-heure passée en compagnie des élèves a causé un préjudice aux contribuables ? Vu l'état des élèves au mois de juin, je ne pense pas que cette demi-heure avait une importance pédagogique telle qu'elle mettait en péril les futures études universitaires de nos chères têtes blondes... Si l'on veut parler d'un domaine où les contribuables se font avoir (pour ne pas dire baiser), parlons plutôt de la réalité : les élèves du CO et du Collège, pourtant plus âgés et avec de meilleures capacités de concentration sont "en vacances forcées" dès la mi-juin, alors que nos petites têtes blondes continuent jusqu'au 2 juillet comme le prévoit la loi... Trouvez vous normal que des ados en pleine force de l'âge soient privés durant deux semaines des brillants cours de leurs profs... Bizarrement, on ne parle jamais de ça, c'est tellement plus agréable de taper sur les instits, parce qu'après tout s'occuper de vingt enfants, c'est tellement facile...
Philippe

Écrit par : Coincoin | 19/06/2010

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