24/06/2010

congé du mercredi: les instit se réveillent

Articles fédéraux sur la formation plébiscités par 85% des Genevois à l’unisson des Suisses ; harmonisation des programmes de l’école obligatoire (Harmos), oui du parlement genevois sans le moindre référendum ; école le mercredi matin pour les élèves du primaire, notamment pour combler une année de différence entre l’école obligatoire genevoise et les meilleurs cantons romands aux tests PISA (Valais, Fribourg), non des enseignants primaires, contrairement à ceux du cycle dont le tour viendra un jour… Voilà trois temps illustrant le dur passage du général au particulier.

 

Eclairages sur une polémique, à l’issue d’une procédure de consultation largement favorable au mercredi matin d’école dès le primaire, et quelques faits qui pourraient l’exacerber. Dont d’abord celui-ci : les arguments qui militent contre cette demi-journée supplémentaire, telle la difficulté de déplacer des activités sportives ou culturelles à d’autres moments de la semaine, ont parfaitement été digérés par tous les cantons qui connaissent un horaire scolaire plus lourd que Genève.

 

L’argument le plus extravagant consiste sinon à nier, du moins à dévaloriser la contribution d’heures d’enseignement supplémentaires à la formation des élèves. Pour lutter contre l’échec scolaire, affirme l’ancien président de la SPG à la Tribune de Genève (10 juin 2010), « le quantitatif ne suffit pas, il faut du qualitatif ». Certes, mais c’est oublier ce bon Lénine de « L’Etat et la révolution », par exemple, qui soutenait l’existence du principe de la quantité qui se transforme en qualité. C’est être aveugle face aux résultats tout ce qu’il y a de plus empiriques montrant, en Suisse et pas en Patagonie, la forte corrélation entre résultats en mathématiques et heures d’enseignement. C’est être irresponsable dès lors que l’avenir scolaire des enfants se joue en partie non négligeable à l’école primaire.

 

Certes, encore, l’école le mercredi matin n’est pas la panacée. Les parents d’enfants en attente de fêtes de promotions savent combien le moins de juin est passé par pertes plus que par profits pédagogiques. Là aussi, une reprise en main s’impose, qui concerne aussi le cycle.

 

Mais à refuser une amélioration des prestations offertes aux élèves, les instituteurs obligent à s’interroger sur les leurs. Leur rémunération, tout d’abord, qui a augmenté de deux classes en septembre 2007[1]. En francs, cela correspond à une augmentation, pour plus de 2700 personnes, variant de 8000 francs par an (en début de carrière) à 10000 francs par an (en fin de carrière), pour un salaire qui atteint désormais 130000 francs au maximum.

 

Le temps de travail ensuite. C’est ainsi qu’un instituteur enseigne 834 heures par an au total, une petite partie des 1840 heures annuelles qu’il doit prester à l’Etat pour préparer ses cours, corriger ses copies, se reformer, etc. Il y a donc là un delta de 1000 heures dans lequel les 150 heures annuelles du mercredi matin devraient trouver place. Du moins pour les adeptes d’une amélioration de l’efficience du travail des enseignants.

 

En fin de compte, la tâche du conseiller d’Etat Charles Beer, qui connaît parfaitement les éléments rappelés ci-dessus, ne devrait pas être trop ardue. En expliquant que certaines concessions en matière d’horaire le mercredi matin sont possibles, il devrait finir par faire prévaloir son point de vue.

 

De toute façon, si l’attente du projet de loi gouvernemental devait se prolonger exagérément, il est plus que probable que l’un voire plusieurs des partis favorables à cette réforme des temps scolaires agissent avec détermination. Entre privilégier la formation des enfants ou les habitudes des instituteurs, le choix est d’ailleurs déjà fait. Mais on comprend que le réveil soit dur…  



[1] Le coût pour l’Etat en a été estimé à quelque dix millions par an, auxquels il faut ajouter un rattrapage pour la caisse de pension de l’ordre de trente-trois millions. La collectivité a ainsi consenti un effort indéniable.

16:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/06/2010

Fuites: le Conseil d'Etat ne peut imiter le Conseil fédéral

La présence de Christoph Blocher au Conseil fédéral, la montée en puissance de la presse dominicale outre-Sarine. Ces deux facteurs ont permis le début d'une dérive dans le fonctionnement des institutions helvétiques. Qui a pour nom fuite médiatique. La non-réélection du premier n'y a pas mis fin, les mauvaises habitudes se prenant vite et se transmettant encore plus rapidement. Pas seulement entre conseillers fédéraux ?

C'est ainsi que lors de la dernière séance du Grand Conseil genevois, le chef du MCG a rapporté des propos qui auraient été tenus en séance du Conseil d'Etat deux jours auparavant. Des séances dont la confidentialité a, à ce jour, été particulièrement bien gardée grâce à l'épaisseur des murs de la Tour Baudet et à l'éthique des élus.

De deux choses l'une.

Soit il y a eu fuite, et son auteur mérite d'être identifié par une enquête, interne à l'exécutif, au moins aussi rigoureuse que celle qui concerne l'envoi à la Tribune des photos du fils Khadafi par un "insider" du dossier. Car il en irait de la crédibilité des élus et du respect de leur serment si tel était le cas. Sauf que le subjonctif n'est pas ici que précaution formelle. Il exprime aussi le doute absolu que l'on puisse trouver, dans cette équipe si soudée, le moindre imprudent. Qui aurait intérêt à entretenir des contacts avec le chef d'un parti dont l'action, jour après jour, consiste à déligitimer la démocratie et ses institutions ? "Tous pourris", tel est son cri de guerre populiste.

Soit le chef du MCG, qui semble s'y connaître en matière de non-respect de serment, a menti. Une fois de plus.

D'où la nécessité d'une prise de position de l'exécutif genevoise. Le plus tôt sera le mieux, pour confondre l'histrion. A qui on ne saurait trop conseiller de se remémorer l'école obligatoire qu'il a seule connue. La fable de la grenouille devait encore y être au programme.

On ne résiste pas au plaisir de la reproduire...

Une Grenouille vit un Boeuf 
Qui lui sembla de belle taille. 
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf, 
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille, 
Pour égaler l'animal en grosseur, 
Disant : "Regardez bien, ma soeur ; 
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ? 
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ? 
- Vous n'en approchez point.". La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva. 
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : 
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, 
Tout petit prince a des ambassadeurs, 
Tout marquis veut avoir des pages.

 

17:43 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

17/06/2010

Les instit font grève. Mais que fait le conseil d'Etat ?

La deuxième « vague symbolique » de mécontentement de la fonction publique genevoise a été lancée, le 15 juin 2010, par les instituteurs et institutrices des écoles primaires genevoises (récemment revalorisés de la classe 16 à la classe 18 sans la moindre « vague symbolique » de remerciement). Raison de leur courroux : la fusion des caisses de pension (CIA et CEH). Cette vague n’a pas suscité d’émotion de la part du Conseil d’Etat – ce qui est compréhensible – ni de réaction – ce qui l’est moins. Elle suscite une question à triple détente.

Cette vague de grève – appelons un chat un chat –, même si elle n’a duré qu’une demi-heure, succède à un premier arrêt de travail qui a touché certains cycles d’orientation et des classes d’accueil, le 10 juin. Elle en annonce une troisième dans le secteur hospitalier, ce 17 juin, puis une quatrième, après les vacances, bien entendu, dans le secondaire post-obligatoire, en septembre, en attendant un tsunami touchant l’ensemble de la fonction publique cantonale.

Si le droit de grève n’est pas ou plus contesté pour la majorité de la fonction publique, des conditions de licéité des grèves doivent néanmoins être remplies. On peut notamment se demander si ces « vagues » représentent l’ultima et sola ratio pour permettre à la fonction publique d’être entendue de son employeur, le conseil d’Etat. Qu'en pense le conseil d'Etat?

En deuxième lieu, le coût de ce dernier arrêt de travail mérite d’être évalué. S’il s’avère que 60 pour-cent des enseignants ont débrayé, selon l’évaluation donnée à la Tribune de Genève du 16 juin par le syndicat SPG, ce ne sont alors pas moins de 1700 grévistes qu’ont dû dénombrer les directeurs d’établissement, pour autant que cette tâche figure dans leur cahier des charges - leurs secrétaires ayant pour leur part fait aussi grève. En effet, le personnel enseignant compte 2844 personnes, selon le Mémento statistique de l’éducation à Genève de 2009.

Sachant aussi que la masse salariale est de 271 millions (sur 13 mois) pour l’ensemble du personnel enseignant primaire, selon les comptes de l’Etat 2009, il en découle que la masse mensuelle est de 21 millions.

Sachant que les enseignants du primaire travaillent 28 périodes de 45 minutes valant 40 heures par semaine, soit 21 heures effectives, un arrêt d’une demi-heure coûte, en première approximation, 0,5 million de francs si la participation à la grève était de 100%, et 300 000 F si elle se limite à 60%.

L’amélioration de l’évaluation du coût de cette grève par l’exécutif est aussi bienvenue.

 

Enfin, qu’il s’agisse de cette grève, de la précédente ou des suivantes liées à la fusion des caisses de pension, le conseil d’Etat se doit d’informer les citoyens des mesures qu’il entend prendre pour préserver les intérêts des contribuables face à ces grèves peut-être symboliques, mais encore plus indécentes.

En clair, le conseil d’Etat va-t-il procéder, notamment si l’incompréhension face aux indispensables réformes des caisses de pension devait se généraliser à de larges couches de la fonction publique, à des retenues sur salaire pour préserver les intérêts des Genevois ?

Ou bien, plus subtilement, préférera-t-il modifier en faveur des contribuables le curseur des sacrifices à consentir pour assurer le degré légal nécessaire de couverture de la future caisse de pension ? 

 

 

18:34 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

11/06/2010

La libre circulation des personnes, c'est plus de compétences !

 L’ouverture du marché du travail suisse depuis l’entrée en vigueur de l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l’UE n’est certes pas indolore, mais son bilan est largement bénéficiaire. D’autant plus que cette main d’œuvre qualifiée est indispensable, la croissance démographique interne étant insuffisante. Mieux, elle n’est pas cause de l’augmentation du chômage des Suisses. Il n’y a donc pas de raison de remettre en cause l’ALCP.

 

Une immigration provenant désormais surtout des pays de l’UE[1], davantage de frontaliers grâce à un recrutement simplifié et surtout une main d’œuvre étrangère nettement plus qualifiée sont trois des effets les plus importants résultant de l’ALCP. Des effets qui, selon le Secrétariat d’Etat à l’économie[2] (SECO), sont porteurs de conséquences complexes sur l’économie et le marché du travail, tant sous l’angle du chômage que sous celui des salaires.

 

En clair, presque toutes les branches économiques ont tiré parti de l’ALCP, et le PIB suisse a ainsi bénéficié de cette augmentation de la population étrangère. Cela a notamment été le cas en période de crise, grâce à son effet stabilisateur : de nouveaux habitants, ça consomme, ça construit, ça vit et fait vivre, surtout quand les exportations sont à la peine.

 

Ce sont en fait les immigrés les derniers arrivés – et les moins qualifiés – à avoir été nettement plus touchés par la montée du chômage. LI-FO, selon l’acronyme anglais (last in, first out) ou dernier arrivé, premier licencié. A noter que les travailleurs portugais, proportionnellement plus présents dans l’hôtellerie et la construction, deux branches sensibles à la conjoncture, tirent à la hausse le taux de chômage des cantons romands.

 

Toutefois, « aucun effet négatif sur les bas salaires lié à l’immigration n’a été constaté », précise le SECO. Un sérieux démenti aux prophètes d’un inéluctable dumping social dû à l’ALCP. Nuance : les salaires de la main d’œuvre plus qualifiée ont vu leur croissance ralentir. Mais rien là que de logique, au vu des qualifications de cette nouvelle main d’œuvre. S’ajoute une constatation intéressante : l’évolution générale des salaires n’a pas connu de divergence entre les années d’avant ou d’après l’ALCP, pour en fait se caler sur la conjoncture.

 

Trois points méritent encore un éclairage particulier. Primo, un véritable décollage du « capital humain » des nouveaux travailleurs étrangers depuis l’entrée en vigueur de l’ALCP, pour le plus grand bien des entreprises de ce pays. Depuis 2002, 83% des nouveaux étrangers actifs possèdent au moins un niveau secondaire supérieur, et 53% un diplôme d’une haute école (université ou haute école supérieure). Or, les diplômés tertiaires parmi les travailleurs immigrés n’étaient que 22% entre 1986 et 1996.

 

Un souhait, pour l’avenir, pour compléter cette évolution : un allégement des possibilités de rester en Suisse pour les diplômés étrangers des hautes écoles helvétiques, notamment des détenteurs des diplômes les plus élevés (masters et doctorats).

 

Secundo, l’absolue nécessité de cette main d’œuvre. Alors que le marché de l’emploi a crû globalement de 366 000 travailleurs entre 2003 et 2009, moins de la moitié de cette croissance (158 000) a pu être assurée par des résidents[3].

 

Qui plus est, l’augmentation du nombre de travailleurs résidents n’a pas suffi pour offrir à ce pays tous les cadres et universitaires nécessaires à son marché du travail depuis l’entrée en vigueur de l’ALCP. En effet, les créations des emplois à hautes qualifications ont totalisé 210 000 unités, et il n’y a eu que  114 000 résidents pour les occuper.

 

Tertio, l’immigration n’a pas de rapport avec le chômage des Suisses. En effet, le nombre de chômeurs n’a augmenté « que » de 46 000 personnes (dont 26 000 Suisses) de 2002 à 2009. D’ailleurs, le SECO n’hésite pas à l’affirmer à son tour : « La thèse selon laquelle l’immigration de ces dernières années a conduit à évincer du marché du travail des travailleurs déjà installés en Suisse ne saurait être étayée ». C’est ainsi un réservoir de compétences complétant le réservoir intérieur qui est arrivé à point nommé.

 

Il saute donc aux yeux que la corrélation chômage=immigration, si chère aux populistes – pour délégitimer les institutions et l’économie de marché – n’est que poudre aux yeux.

 

Quant à ceux qui resteraient sourds aux avantages de l’ALCP, on ne saurait trop conseiller la haute technologie développée par la firme suisse Phonak…

(Editorial paru dans Entreprise romande du 11 juin 2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] 130 000 travailleurs européens sur 159 000 nouveaux travailleurs étrangers de 2003 à 2009.

[3] Même si leur taux d’occupation a progressé pendant la même période, atteignant presque 85% dans le groupe d’âge des Suisses de 25 à 64 ans !

 

09:41 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

10/06/2010

Le coming-out d'un "terroriste"

Une manifestation contre Israël le 31 mai 2010 sur la Place des Nations, une de plus, organisée celle-là par Droit pour tous, une association ayant son siège à la très officielle maison genevoise des associations.

Une diatribe pro-palestinienne (et, au passage, pro-FLN et donc anticolonialiste française), par un homme, le président de Droit pour tous ?, à l'accent aussi fort que celui de Jean Ziegler, juste pour donner un point de comparaison (http://www.youtube.com/user/jamjad10#p/a/u/0/P4inezZgDLk).  

Des propos sans équivoque, plutôt inquiétants car appelant au martyre, au bénéfice de la liberté d'expression garantie aux Suisses et aux résidents de ce pays. Extraits.

« (…) Si le fait de soutenir le peuple palestinien c’est du terrorisme, alors je suis un terroriste. Si le fait de soutenir les peuples qui veulent se libérer, libérer sa terre, vivre dignement, c’est du terrorisme : je suis un terroriste. Et je suis fier de l’être. Il faut oser dire non. La liberté a un prix. Moi je (ne) présente pas mes condoléances aux martyrs, je leur présente mes félicitations. (…) Ils ont osé, ils sont courageux. Ô combien j’espère être un parmi eux. Je leur présente toutes mes félicitations. Ils sont loin dans le ciel. Ô combien ils sont grands. Ô combien ils sont extraordinaires. C’est un pas vers la liberté La liberté à un prix. Il faut bien le payer et le faire. Il faut bien le payer ce prix. (…). Inch Allah ! ».

Avouons qu'il serait intéressant de connaître l'opinion des Autorités cantonales sur le cap constant de cette organisation récidiviste et peu respectueuse de ses propres statuts, naguère à la source d'une invitation à Genève d'Azzam Tamimi, « apôtre des attentats suicides » en mai 2008 (http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=art...).

Dans l'assistance, Rémy Pagani. Instigateur de ces propos, certainement pas. Approbateur ? Plus probablement. Candidat lui aussi au martyre pour Gaza ? Plus douteux, car sinon qui pourrait espérer maintenir en 2011 un siège pour l'ultra-gauche au Conseil administratif...

Au fond, l'avantage d'une crise, c'est qu'elle permet des coming-out. Jadis, on évoquait les masques qui tombaient.

 

 

 

15:16 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

06/06/2010

La flottille de la paix ou de la haine ?

Les Carlo Sommaruga et autres Ueli Leuenberger, figures de proue de l'antisionisme helvétique de gauche et d'extrême-gauche, se sont évidemment transformés en hérauts de l'opération "Free Gaza". Pour cause de session des Chambres, ils n'étaient toutefois pas à bord d'une des unités de la flotille qui a échoué cette semaine à se rendre à Gaza. Dommage !

Car s'ils avaient été à bord du Mavi Marmara, peut-être auraient-ils croisé le regard des "mercenaires sanguinaires" qui y avaient aussi pris place. Je n'ose imaginer que leur honnêteté intellectuelle les empêche de prendre connaissance de l'interview parue dans le Jerusalem Post (édition française) d'un des commandos de la marine israëlienne. http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1275377883089&a.... Je ne prétendrai pas que ses déclarations soient paroles d'Evangile. Mais l'angélisme unilatéral de ce côté-ci de la Méditéranée permet à trop de bêtes sanguinaires de poursuivre des menées qui n'ont qu'un but: déligitimer l'Etat d'Israël, en hâter la disparition, voire la destruction.

En arrivant sur ce bateau, que voit le lieutenant "S" ? Un des commandos blessé par un coup de feu à l'estomac (NB: pas un coup de poing !), un autre, le cerveau fracturé par un coup porté par une barre en métal. Et aussi des attaquants qui ont déjà volé deux revolvers israëliens et les utilisent sans arrêt. 

Ce lieutenant décide de réagir. Qu'auriez-vous fait à sa place, MM. Sommaruga et Leuenberger ? Attendu l'arrivée du CICR ou d'une commission d'enquête mandatée par la commission des droits de l'homme de l'ONU ? Le lieutenant S réplique et tue 6 personnes. Ses collègues 3 autres. "Je pouvais distinguer la rage du meurtre dans leurs yeux et je sentais qu'ils s'apprêtaient à nous tuer".

Le journal précise que ces mercenaires ont été trouvés "sans carte d'identité et détenant d'importante sommes d'argent". Le bagage classique de tout touriste pacifiste, sans doute. Or il y a en tout cas un élément pour le moins étonnant. Les experts de Tsahal auraient trouvé à bord du Mavi Marmara "des douilles ne provenant pas des armes utilisées par les commandos de la marine". Et puis, le commandant du navire aurait avoué que "les mercenaires auraient jeté leurs armes par delà le bateau" après la prise de contrôle par l'armée.

Que répondez-vous à cela, vous les défenseurs du Peuple palestinien, qui a droit à son Etat, mais aussi partisans du Hamas terroriste qui domine de façon sanguinaire à Gaza ? Une bavure des pacifistes ? Une préparation nécessaire face à la violence arrogante dont Tsahal serait le seul vecteur ? Mais pourquoi diable les passagers du cargo dérouté hier samedi - qui n'étaient pas en lien direct avec l'organisation islamiste turque IHH - n'ont-ils pas réagi de la même manière ?  

Beraucoup de questions sans réponse ni aujourd'hui, ni même demain. 

Face à ces événements, on ne peut s'empêcher d'éprouver une immense tristesse devant ces pertes humaines liée au regret que la marine israëlienne n'ait pu réagir autrement. Mais aussi le souhait que certains cessent, ici, d'allumer la mèche des bombes de la haine.    

12:45 | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | | |

03/06/2010

Libre circulation : les craintes s’estompent pour les assurances sociales

 

 

Une économie de 129 millions, par rapport aux prévisions, pour les assurances sociales suisses. Voilà la différence entre le coût prévu et le coût effectif de l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Alors qu’un coût supplémentaire de 424 millions de francs avait été calculé, le coût supplémentaire réel s’est finalement établi à 295 millions. Bénéficiaires principaux de cette erreur d’estimation : l’assurance maladie et l’assurance chômage. En outre, pour l’AVS et l’AI, les cotisations ont nettement dépassé les prestations versées aux ressortissants de l’UE.

 

Ces résultats ne pouvaient tomber mieux à propos. Certes, d’aucuns fulminent contre l’ALCP. Pour le dénoncer quitte à faire choir tout l’édifice des Accords bilatéraux. Pour introduire une clause de sauvegarde en matière d’immigration étrangère. Pour contingenter le nombre des frontaliers. C’est oublier que cet effort obligé d’ouverture - dû à l’échec devant le peuple, en 1992, de l’Espace économique européen (EEE) - démontre que la voie retenue est, à ce jour, favorable aux intérêts de la Suisse comme de ses partenaires de l’UE.   

 

Coups de projecteur sur les principaux résultats.

 

  • Pour l’assurance maladie, alors qu’une charge de 96 millions était prévue, la dépense s’est limitée à 10,6 millions.
  • Un montant de 210 millions avait été calculé pour l’assurance chômage. Pour 2009, les prestations se sont montées à 106 millions seulement, malgré la reprise intégrale de l’Acquis communautaire au 1er juin 2009.
  • S’agissant de l’AVS, « l’évolution plus dynamique de la masse salariale des ressortissants étrangers a accru leur part dans le financement du premier pilier ». De 1997 à 2007, elle a ainsi passé de 17,5% à 20,4%. Cette évolution est due au niveau élevé de qualification de cette nouvelle main-d’œuvre. Et surtout, contribuant pour un peu plus de 20% aux cotisations, les travailleurs de l’UE ne bénéficient que de 15% des prestations du premier pilier.
  • Enfin, pour l’AI, 65 000 rentes ont été versées à de ressortissants de l’UE, sur un total de 290 000. On constate que l’ALCP se traduit depuis 2002 par une baisse régulière des rentiers de l’UE, une baisse plus forte que celle des travailleurs suisses. De plus, comme dans le domaine de l’AVS, les premiers contribuent davantage à l’AI (20,8%) qu’ils n’en perçoivent de prestations (17,2%).

 Si l’ALCP signifie davantage de concurrence sur le marché du travail, il démonte, dans le domaine des assurances sociales, les craintes quant à une explosion des coûts due à cette population étrangère supplémentaire. Parole du SECO !

 

La libre circulation profite au PIB et à la démographie

 

Cet ensemble de données concernant la sécurité sociale vient d’être rendu public par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) (http://www.news-service.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/19227.pdf).

Il est complété d’autres analyses sur les conséquences de l’ALCP sur le marché du travail, tant du point de vue de l’emploi et du chômage que de celui des salaires. Entreprise romande y reviendra dans son prochain numéro.

D’ores et déjà, deux résultats fondamentaux peuvent être mis à l’actif de l’ALCP qui a permis de recruter de la main-d’œuvre qualifiée pour les entreprises suisses : augmentation de la population et croissance du PIB, y compris un effet stabilisateur pendant la crise.     

(éditorial de la newsletter de la FER Genève du 4 juin 2010)

 

18:02 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |