11/11/2010

L’accueil continu des élèves et ses failles alléguées

 Les horaires scolaires, voilà sans conteste l’un des obstacles, et pas le moindre, qui s’oppose à une conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Le contreprojet constitutionnel à l’initiative « accueil continu des élèves », sur lequel les Genevois sont appelés à se prononcer d’ici au 28 novembre 2010 promet aux parents d’élèves des écoles primaires et des cycles d’orientation des journées moins compliquées. Mais pas simples pour autant, d’autant que d’autres conciliations sont à résoudre.

 

A ceux dont les parents en feront le choix, des activités parascolaires, tels les cours d’appui et les études surveillées, seront proposées ; elles complètent les activités scolaires au sens strict avant et après les cours, de même qu’à la pause de midi. La teneur du contreprojet, à la fois plus simple et plus ciblée que l’initiative dont il est issu - et qui a été sagement retirée par ses auteurs -, a convaincu de larges milieux, dont la FER Genève, de lui apporter un soutien résolu.

 

Mais l’adoption de ce contreprojet puis surtout de la législation d’application qui le concrétisera font l’objet de controverse plus ou moins avouée. Certains – appelons-les les traditionnalistes – s’opposent à l’évolution du modèle de la famille traditionnelle, où la mère restait au foyer. Ou encore à des horaires fatigants pour les élèves. Ou même à une solution collective, étatique, en réponse à des problèmes individuels, familiaux. Pas certain que le caractère facultatif de l’accueil continu les convainque ! D’autres – des parents – considéreront que ce contreprojet ne va pas assez loin : quid des activités parascolaires quand l’école ferme ses portes pour cause de vacances ? A quoi il faut ajouter une autre conciliation, celle des activités parascolaires et des activités extrascolaires, notamment sportives et culturelles, qui ne sort pas gagnante a priori.

 

D’autres encore - des syndicalistes - craignent un élargissement non rémunéré des tâches des enseignants et surtout une formation inexistante voire au rabais pour le personnel parascolaire. Des craintes ou de purs fantasmes qui traduisent une méconnaissance de l’approche généreuse du canton en la matière.

 

Voire trop généreuse. Car il y en a aussi – les pères-la-rigueur du budget – qui ne sont pas sans inquiétudes financières. L’extension du dispositif actuel va coûter au canton comme aux communes, malgré la participation exigée des parents. Aux infrastructures, il faudra naturellement ajouter les dépenses pour le personnel. Or, on constate dans le domaine des crèches la pression d’un toujours-plus salarial.

 

A trop charger le bateau, certains pourraient le faire couler. Mais une saine application du principe de précaution financière devrait permettre de le mener à bon port, pour le plus grand bien des enfants.

(Chronique d'Entreprise romande du 12 novembre 2010)

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Commentaires

Monsieur,

Si j'en crois les propos tenus par M.Bertschy (commentaire sur mon blog, lien ci-dessous + rapport sur le CP au GC), permettez-moi de m'étonner de ce que vous avancez dans votre billet à propos des cours d'appui qui seraient intégrés à cet accueil.

Vous n'êtes pas sans connaître les inquiétudes que je peux avoir à propos de cet accueil:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/11/09/monsieur-hiltpold-a-t-il-la-memoire-courte.html#comments

"Lors des débats en commission de l'enseignement, il avait été clairement dit que l'accueil continu ne devait en aucun cas servir de cours de rattrapage pour les élèves en difficulté. D'ailleurs, le rapport sur le contre-projet au Grand Conseil le relevait. La seule activité purement scolaire concernée par le CP sont les études surveillées".

Écrit par : Duval | 11/11/2010

Oui, André, tu as raison. Pierre Weiss confond ici ce qui est de l'ordre de l'obligation réglementaire avec ce qui est optionnel.

Deux choses fort différentes : les cours d'appui et l'accueil continu. Les cours d'appui n'ont rien à voir avec les activités parascolaires !

Mais si on introduit l'obligatoire dans l'optionnel, on vide l'obligation de sa substance.

Écrit par : Jean Romain | 11/11/2010

@ Jean Romain
je te renvoie à la page 9 de la brochure du Conseil d'Etat.
Pierre

Écrit par : PIerre Weiss | 11/11/2010

Cher Pierre,

Belle page 9 ! On sait depuis quelques années que la brochure d’explication éditée par l’Etat pour orienter les votations n’est pas toujours correcte ni objective. Je pense limiter à cette seule phrase d’inféconds rappels.

Moi, je lis la projet de loi :
http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10639.pdf

En page 5 déjà, on le voit, le Parti Libéral demandait de « Distinguer l’accueil surveillé et continu des activités purement scolaires ».

Le Règlement du Primaire exige obligatoirement des cours d’appui dans 3 cas :
- Le redoublement
- Les promotions par tolérance
- Les promotions par dérogation

Ceci ressortit à des activités purement scolaires, ce que le PL demandait fort pertinemment de distinguer de l’accueil parascolaire.

Écrit par : Jean Romain | 11/11/2010

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