19/11/2010

Les futurs instits genevois préfèrent Lausanne

Dans le domaine de la formation des instituteurs, l'université de Genève semble à la peine. Et du même coup, la faveur dont jouit aux yeux des Genvois la formation offerte à Lausanne est d'autant plus éclatante.

Selon des chiffres demandés lors de l'examen du budget 2011, il apparaît en effet que la Haute Ecole Pédagogique (HEP) vaudoise a attiré 64 Genevois en première année de son diplôme (bachelor). De son côté, la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (FAPSE) a enregistré l'inscription de 17 étudiants provenant de l'ensemble de la Suisse romande. De seulement 17 étudiants.

Les raisons de cette force d'aimantation à ce point déséquilibrée méritent d'être examinées de près. Parmi celles-là, probablement la jeunesse de la loi genevoise et donc du dispositif qu'elle a mis sur pied. Peut-être aussi un certain discrédit dont pâtit encore la FAPSE à cause de la prédominance naguère de certaines orientations pédagogiques. ET qui sait, des souhaits d'étudier à Genève rendus impossibles en raison des critères d'inscription (exigences élevées en matière de résultats à la maturité en allemand et en anglais notamment).

A quoi il faut ajouter un facteur qui tient du calcul rationnel dont chaque étudiant est capable, malgré la faible culture mathématique, attestée par les études PISA, des jeunes Genevois. Il suffit en effet d'étudier trois ans pour pouvoir enseigner pour qui va se former dans une HEP. Alors qu'il faut compter quatre ans à la FAPSE où certains rêvent même de davantage.

Certes, il faut laisser du temps au temps, et probablement encore une année pour voir comment la concurrence entre Genève et Vaud va se développer. Mais d'ores et déjà il convient de réfléchir à une possible remise en cause de l'année supplémentaire à Genève. Une année où la formation professionnelle a la part trop congrue.

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Commentaires

Cher Monsieur Weiss,

J'hallucine mais...mieux vaut tard que jamais! Souvenez-vous de nos échanges (parfois virulents) au sujet de la formation des enseignants, lorsque vous défendiez bec et ongle l'IUFE genevois au détriment d'une HEP !!! Votre "prise de conscience" me réjouit.
Pour mémoire, voici quelques extraits des commentaires que vous avez postés sur mon blog, alors que vous prétendiez que je divaguais lorsque je dénonçais exactement ce que vous constatez aujourd'hui:
"Il y aura donc des Genevois qui iront à Lausanne ou St-Maurice pour faire leurs études en 3 ans, comme des Valaisans ou des Vaudois qui voudront suivre leur formation à Genève en 4 ans. Le futur nous montrera quelle tendance l'emportera".
"Pour autant, les Genevois pourraient ne pas être très nombreux à choisir de se former hors du canton pour de nombreuses raisons. Moindre coût (malgré une année d'étude supplémentaire), moindre effort (de ne pas se déplace), prestige de l'université par rapport au prestige de la HEP, etc."

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/10/31/charles-beer-reussit-son-coup-les-deputes-bernes.html#comments

Écrit par : Duval | 19/11/2010

Et cela vous étonne, Monsieur Weiss ????
Heureusement que les étudiants genevois ont au moins du bon sens ! Car de toute évidence il vaut mieux faire sa formation d'insituteur dans une HEP, car une formation plus proche de la réalité et plus courte.
Aller à la FAPSE de Genève siginifie se soumettre à un enseignement qui ne laisse aucune liberté d'approche aux futurs enseignants. Le lavage de cerveau y existe malheureusement toujours ( je fréquente beaucoup de ces jeunes en formation: ils sont catégoriques en affirmant qu'ils perdent leur temps et qu'en plus l'organisation est catastrophique.. il y a eu suffisamment d'articles à ce sujet dans la presse ces dernières semaines).

ALors j'espère que ces politiciens du GC qui ne voulaient pas nous croire quand on (membres de l'Arle) avait tiré la sonette d'alarme il y deux ans se remettent un peu en question...!???

En attendant je félicite les jeunes qui quittent Genève pour se former.... en espérant qu'ils reviennent ensuite chez nous car ils auront certainement une formation plus solide que ceux qui ont subi le lavage de cerveau de la Fapse !
Et tant qu'aucune autre entité sera créée à Genève pour cette formation, rien ne changera !

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 19/11/2010

un problème se pose également pour l'entrée dans la formation pour enseignants à Genève (anciennement LME)... le fameux dossier d admission!
A cause de cette condition d'admission, les étudiants font une année (le tronc commun)à la fin de laquelle nous ne sommes pas certains de pouvoir poursuivre nos études.
Ayant fait 2 ans en sciences de l'éducation en espérant pouvoir entrer en LME (ce qui ne s'est pas produit)et étant partie à la HEP à Lausanne, je déplore juste que si peu de cours soient reconnu entre les deux établissement alors qu'ils regroupent les mêmes thématiques

Écrit par : Elodie | 23/11/2010

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