17/02/2011

Diplomatie suisse : l’arbitraire d’une princesse réactionnaire

Il y avait le fait du prince. Il y a dorénavant l’arbitraire de la princesse qui ne vaut pas mieux. Surtout si la fin équivaut à restaurer le système des privilèges de l’Ancien Régime. Voilà l’appréciation à porter sur la saga du recrutement des diplomates suisses sous l’ère Calmy-Rey.

 

Cette fois-ci, ce n’est même plus le principe de l’égalité des sexes qui est en jeu, c’est à un véritable désaveu de ses critères de sélection que la diplomatie suisse est confrontée. Mais à toute chose, erreur et faute réunies sont utiles. En particulier à établir une casuistique de l’aveuglement en matière de recrutement au nom d’une idéologie.

 

Précision. Il n’est pas question de contester ici la préférence donnée à des candidats à la profession de diplomate en raison de caractéristiques objectivement sous-représentées, tel le sexe, dès lors que c’est à égalité de compétences.

 

Le problème commence quand, en 2006, six candidats hommes jugés compétents par la commission de sélection sont écartés par la conseillère fédérale parce qu’hommes. Pourquoi ? Tout simplement pour aboutir à une égalité numérique entre le nombre de femmes (quatre) et d’hommes (quatre) admis dans la Carrière. Mais, quitte à priver le département des affaires étrangères de personnes de valeur, cette discrimination par le vide n’équivalait au moins pas encore à engager des candidats recalés.

 

Pour la volée 2011, la conseillère fédérale n’a pas hésité à briser le tabou de la nécessité de l’excellence. Aux sept candidats retenus (trois hommes et quatre femmes), elle en a ajouté trois autres, éliminés par la sélection des experts, qui se trouvent être des femmes. Et tant qu’à faire, elle a échangé un homme retenu contre un autre recalé !

 

Certes, elle n’a violé aucune règle. Elle a simplement montré le peu de cas qu’elle faisait des travaux d’une commission d’experts. Dans un seul but : faire de cette volée la première de l’histoire de la diplomatie suisse à être largement et majoritairement féminine. Pourtant, la féministe  genevoise Maria Roth Bernasconi convient que « cela pourrait nuire à la cause des femmes ».

 

Plus certainement encore, sa décision tend à prouver aux jeunes de ce pays qu’il ne sert à rien d’être parmi les meilleurs pour obtenir un poste dans la diplomatie suisse. Il suffit de plaire à la princesse. A l’heure où la gouvernance fait l’objet de toutes les attentions, voilà l’administration qui tourne le dos aux règles posées par Max Weber au 19ème siècle. Et de remettre à l’honneur les privilèges de l’Ancien Régime basés sur la naissance, jadis dans la noblesse, dorénavant d’abord dans le deuxième sexe. En un mot comme en cent, cela s’appelle une décision réactionnaire.

(Commentaire paru dans Entreprise romande du 18 février 2011)

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Commentaires

Ne vous plaignez pas, ce n'est pas encore le tours aux sans papiers de diriger le ministère ! Cela sans faire de discrimination aux sans papiers, car moi même n'ayant plus été contrôlé depuis fort longtemps, je serais incapable de me classifier dans mon propre pays.

MCR, veut faire bouger les choses, quelle attitude noble, remédier à des carences accumulées depuis la création de monde imparfait, encore plus noble, mais ne sommes-nous en présence d'une de ces Jeanne d'Arc des temps modernes ?
Peut être a-t-elle fait une sorte de reborn again, des voies douces et féminines serait la cause de toutes ces circonvolutions, le mystère plane !

Néanmoins, concernant d'autres sympathies dont elle est la seule à connaitre le secret, m'inquiètent bien plus que le fait d'avoir bachoté des candidates dans les tourniquets du ministère publique de la confédération, celui d'avoir accueilli au sein des délégations moins féministes, disons principalement une délégation présente sur notre territoire grâce aux insistances de MCR, une délégation qui fait beaucoup moins cas de ce féminisme que ce que le fait notre pourfendeuse marquée de la croix fédérale, il s'agit bien sure du hizbollah qui siège diplomatiquement en Helvétie depuis près d'une année, ceci entièrement grâce aux multiples efforts consentis par la même porteuse de symbole !

Elle n'avait certainement pas prévu les borborygmes qui secouent la totalité des nations arabes en faisant ce choix, mais l'éclairage que mettent en contraste les demandes des populations arabes, ne suivent pas exactement les "ouvertures" initiées par notre conseillère fédérale, je dirais même, il ne faudrait pas que cela ne se sache pas trop.

Encore hier, le numéro un du hizbollah (hizb'allah) vient de prononcé un discours appelant tous ses hommes à se préparer pour aller envahir la Galilée, le Liban ne suffisant plus à ce grand libérateur, il veut s'en prendre cette fois et ce n'est pas la première, à un ennemi digne de la foi musulmane. La Suisse est donc devenu le seul pays européen a avoir acceulli sur son territoire une représentation du hizbollah, eh bien, un conseil pour MCR, qu'elle n'envoie pas tout de suite une femme pour représenter la Suisse au Liban, en Syrie ou en Iran, sinon elles devrons faire comme elle, porter le foulard du matin au soir et aussi avoir des interprètes masculins, car bon nombre de ces "démocrates amis et islamistes" ne daignent point s'adresser à une femme !

Comme quoi, parfois, allah fait bien les choses !

Écrit par : Corto | 17/02/2011

c'est Ben Calmy Ray!

Écrit par : dominiquedegoumois | 17/02/2011

Nous voyons avec qui la Suisse entretient des relations diplomatiques, pourtant les avertissements ne manquait pas de piment, il y a environ 200 attachés d'ambassades libyens en Suisse, une des délégation les plus nombreuses malgré une populations équivalente à la notre, bientôt, entre les iraniens, les libyens et tous les autres "démocrates" la Suisse deviendra l'annexe officielle des tous ces paradis meurtriers ! Voilà ce que MCR appel "diplomatie", Mesdames, bonne chance !

Écrit par : Corto | 18/02/2011

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