01/04/2011

Le modernisme à la sauce socialiste : 4 nouveaux impôts !

 Fier comme Artaban, Christian Levrat vient de présenter la plate-forme électorale en dix points du parti socialiste, « le parti de l’intérêt général » d’un petit cinquième de l’électorat.  Et le chef des camarades d’insister sur le modernisme de sa vision de la Suisse. Or une lecture critique, même superficielle, en démontre la ringardise[1]. Sans même évoquer une rhétorique de lutte des classes, aux antipodes de la réalité vécue par les habitants de ce pays. Bref, plutôt que par le modernisme, c’es par le misérabilisme que le PS se profile en 2011. 

 

Ce prosélyte d’« une Suisse moderne » propose surtout quatre nouveaux impôts qui frappent tous directement ou indirectement les entreprises. S’y ajoutent encore quatre augmentations des dépenses privées ou publiques et une grosse illusion dans le domaine de l’énergie. Quant à la formation, qui clôt son décalogue à l’eau de rose, elle n’a droit qu’à une incantation de principe : plus d’égalité des chances au service de l’horaire continu, certes. Mais pourquoi pas aussi, voire d’abord, une école plus exigeante, des maîtres mieux formés, l’excellence érigée en principe ?  

 

Dans la perspective des élections fédérales de l’automne, l’on peut douter que le contenu de cette plate-forme contribue à stopper l’érosion des intentions de vote pour le PS. « Usual suspects » à charge, les nouveaux impôts et assimilés.

 

  • Un fonds national pour la formation continue, financé par un déplafonnement des cotisations salariales à l’assurance chômage pour les revenus supérieurs à 126 000 francs. Faut-il rappeler la cotisation de solidarité de 1%, pour ces mêmes revenus, liée à la mise en vigueur de la nouvelle LACI dès le 1er janvier 2011 ? Ou comment aller trop loin avec toujours plus de solidarité.
  • Un impôt sur les successions supérieures à deux millions pour renflouer les caisses de l’AVS. Cette proposition renseigne sur la définition socialiste de la richesse. Elle sera surtout appréciée des chefs d’entreprise qui entendent pérenniser leur outil de travail ; elle ne pourra qu’inquiéter leurs collaborateurs. Rien pourtant de plus logique : elle exprime marginalement la détestation socialiste de la propriété privée.
  • Une hausse de l’imposition du bénéfice des entreprises pour alimenter les caisses des transports publics. Comme s’il y avait besoin d’enchevêtrer davantage la politique suisse des transports, par cette sanction du succès des créateurs de richesse. Sauf que le PS s’ingénie à contrarier les réformes de la fiscalité, notamment des entreprises.
  • Une taxe internationale sur les transactions financières. Cette vieille lune des alter-économistes était quasiment passée aux oubliettes des utopies. Le PS entend-il dorénavant la créer dans un seul pays ? A l’évidence, tant d’acharnement à l’égard du monde bancaire ne témoigne pas d’une compréhension « moderne » de l’économie mondialisée.

 

Au fond, en voulant promouvoir l’image d’une «  Suisse moderne, ouverte au monde, confiante en elle-même », le PS n’a de cesse d’insister sur les privilèges de certains au détriment de la majorité qui vivrait dans un enfer d’inégalités. Une image de Germinal, en noir et blanc, qui exprime le mythe socialiste que la population est au service de l’économie.

 

Or cette analyse fait l’impasse sur l’essentiel : le niveau de vie élevé de la grande majorité des Suisses, en absolu comme en comparaison internationale, et même leur place, aux côtés des Danois, en tête des enquêtes comparatives sur le bonheur[2]. On peut y ajouter les résultats encore chauds d’une étude de l’Office fédéral de la statistique sur le bien-être et la répartition des revenus[3] : trois quarts de la population s’y dit très satisfaite de sa vie, et seuls 6,7% se voient confrontés à des privations importantes. C’est humainement trop, c’est objectivement peu.

 

Trop peu certainement pour capitaliser, d’ici octobre 2011, sur un malheur réduit à une peau de chagrin . Triste décorrélation, pour ce parti qui y croit toujours, d’avec un sens de l’histoire.   

(Chronique parue dans l'Agefi du 1er avril 2011)



[2] Selon un sondage d’Isopublic réalisé en décembre 2010, qui confirme des études antérieures, les Suisses ont une note de bonheur de 8,3/10, nettement supérieure aux résultats dans les pays environnants  (7,1 pour les Allemands, 6,7 pour les Italiens, 6,6 pour les Français).

[3] Voir Les conditions de vie en Suisse en 2009, www.bfs.admin.ch.

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Commentaires

Le modernisme à la sauce socialiste : 4 nouveaux impôts ! = pléonasme

Pourquoi devoir encore commenter sur ces assistés qui s'emparent de l'administration et de ce qu'ils croient être la politique.

Je disais il y a quelques années pour amuser mes amis et résumer la situation genevoise, la gauche embauche des manchots et la droite vire les plus performants !

Il y a la désastreuse situation genevoise qui s'amuse avec des budget de plus 10 milliards état et communes réunies pour moins de 500'000 habitants.

Soit une charge de 20'000 par tête de pipe, si l'on compte les contribuables "actifs", sans les bébés, les poupons, les écoliers, les étudiants, les cas sociaux, les fonctionnaires, les retraités, les rentiers AVS, les impôts fédéraux, qui paye dans ce canton et cette ville ?

A mon avis il faudrait imposer les impôts et taxer les plus pauvres, comme ça il n'y aura plus de pauvres !

10 milliards pour 500'000 habitants, 2 fois plus que le budget national ivoirien, pays de 22 millions d'habitants, 5 milliards de Sfr. pour 22 millions d'habitants, un budget 2 fois moins important pour 44 x plus de population !

Paris, ville administrée par un maire socialiste, budget de la ville de Paris, 7,5 milliards d'euros, soit 9, 5 milliards de Sfr. J'ai toujours dis que les genevois étaient un peu jaloux des parisiens ! De là à dire que pour être jaloux il est préférable d'être de gauche, il n'y a qu'un pas ! ! !

Écrit par : Corto | 01/04/2011

Les solutions proposées ne sont certes pas optimales : elles devraient être radicales. Le modèle économique centré sur "la liberté" écarte comme jamais les plus bas et plus hauts revenus, détruit la planète, le lien social, l'équilibre individuel et provoque une bombe à retardement. La tactique de la droite : on prend les mêmes et on recommence, mais jusqu'à quand ce modèle économique périmé vous obnubilera-t-il ? Jusqu'à que vous soyez sur le trottoir ?

Écrit par : AT | 02/04/2011

Comme nous le savons, la gauche ne connaît rien en économie. Elle tient absolument a garder ces acquis et son pouvoir qui perdure en Ville de Genève. Or, nous sommes paralysés et bloqués pour que notre pays soit compétitif face aux changements si rapide de notre planète. Leurs dogmes totalitaires deviennent insoutenables, tout est interdit, on ne cesse de nous faire la morale et de nous culpabiliser, son laxisme et sa corruption demeure et personne ne dit rien? Alors M. Weiss que faites-vous pour que l'on puisse avancer et construire notre pays et faire entendre à ces gens que nous devons accepter les nouvelles entreprises et PME qui souhaitent s'installer en Suisse en amenant leurs nouvelles technologies? Non seulement cela créera des emplois, mais surtout notre économie bénéficiera d'une relance satisfaisante. Notre pays aura la chance de se renouveler face à toutes ces nouvelles entreprises qui se trouvent à la pointe de notre nouveau monde, de nouveaux métiers vont surgir. Elle souhaite bien évidemment taxer les entreprises et les banques, pour le chômage. Or, cela n'a aucun lien.

Concernant le chômage la gauche à Genève vient de proposer un nouveau projet consistant à demander 55 millions pour prolonger les indemnités des chômeurs en fin de droit. Mais cela ne sert strictement à rien, nous devons étudier et travailler le problème sur le fond suite à la LACI. A Genève,à part les cours informatiques rien n'a été conçu pour aider les chômeurs afin qu'ils puissent bénéficier d'autres besoins puisque tous les corps de métier sont touchés. Les gens régressent. Par ailleurs, les premiers qui profitent des chômeurs ce sont l'Etat et la Ville de Genève, dans la mesure, où après ce placement, le chômeur correspond au poste et qu'il se sent à l'aise, nous ne pouvons pas les engager, car c'est interdit par la loi. Vous ne trouvez pas cette loi aberrante ? L'hospice général vient d'engager 50 postes de solidarité, dans la manière où rien n'a été étudié à long terme, cela ne servira à rien. 200 postes ont été créés pour l'emploi, nous retrouvons le même problème puisque nous n'avons pas assez parlé de ce problème aux entreprises. De plus, une petite entreprise, au vue des charges, ne pourra peut-être pas engager ce personnel au chômage suivant les secteurs. Pourquoi l'Hospice général a dépensé tant d'argent pour construire un CAS, dont le directeur est fier, pour réunir le quartier de Châtelaine et le LIgnon? Pourquoi acceptons-nous un tel luxe, plutôt que de réserver ces deniers publics pour engager du personnel diplômé, puisque aujourd'hui cette institution engage des psychologues non formés et qui au sein d'une équipe devient une lourde charge et ce n'est pas leur boulot? Ne pourrions-nous pas avoir une cours des comptes plus sérieuse afin que l'on interdise ce genre d'erreur? Pourquoi mettre toujours la charrue avant les boeufs? A suivre...

Écrit par : rose des sables | 02/04/2011

Je suis à nouveau censurée par la Tdg, je viens d'envoyer un message à M. Weiss tout à fait modéré. C'est vraiment scandaleux de la part de la Tribune. Je pense que je vais aller plus loin, car nous avons aucune liberté d'expression. Aussi, je vous prie de me donner rapidement les raisons pour lesquelles j'ai été censurée. Et je vous prie de me répondre.

cordialement censurée

Écrit par : rose des sables | 02/04/2011

AT, 10 milliards pour 500'000 habitants, c'est ça un budget de gauche ?

Faudra arrêter un jour ou l'autre, les vaches grasses de l'économie basée sur les paradis bancaires sont sur leur fin, Singapour est devenue une place concurrente très performante, kadhafi la fait comprendre très nettement à notre ministre des affaires étrangères, les milliards quittent Genève vers d'autres horizons, nous ne pourrons plus non plus continuer d'accorder des permis de séjours aux tricheurs de la fiscalité internationale ad-eternum, hormis cette industrie pointée du doigt par ce bloc européen, d'où allons nous sortir ces milliards ? de la poche de nos fonctionnaires et créer le mouvement perpétuel ?

Non, cet éclair de milliards n'est pas éternel, pas dans cette nouvelle configuration mondiale, les chinois ont très vite compris qu'également dans ce domaine fiscal ils y trouveraient des débouchés très rentables, allez faire une visite à Singapour, à Hong-Kong, à Macao, à Taiwan et vous allez vite comprendre que dans ces enclaves, les fonctionnaires gagnent 500 $ par mois et qu'ils sont à deux pas d'un très grand pays socialiste et que c'est leur pire cauchemar !

Écrit par : Corto | 02/04/2011

"l’excellence érigée en principe". On a déjà eu l'occasion de voir l'excellence libérale en action : licenciements de masse, délocalisations, crise des subprimes, faillite de l'UBS etc. etc. etc.

"le niveau de vie élevé de la grande majorité des Suisses". Je crois que le niveau de vie en question a tendance à diminuer pour la grande majorité de la grande majorité en question. Quant à la petite minorité, n'avez-vous rien à dire sur elle ?

Écrit par : Arturo | 03/04/2011

Arturo, si vous pensez que les socialistes vont attribuer ses "nouveaux impôts" à des causes nobles, détrompez-vous, le résultat, sera plus de fonctionnaire frontaliers en train de nous pourrir la vie, ce qui est déjà largement le cas actuellement, si après toutes ces dépenses administratives il restera quelques deniers ils se transformerons en trous sur la voie publique, en bonne entente avec les verts, pour ces em........ de conducteurs de voitures qui "polluentLes socialistes/écolos voudraient qu'on leurs amènent leur plats bio en vélo, comme en Chine à l'époque des colons "socialistes" eux aussi !

( au milieu du 19ème, qui étaient les citoyens français qui firent voter des lois afin de coloniser l'Afrique, le Tonquin et les colonies encore françaises aujourd'hui ? Eh bien, c'était les socialistes, la gauche du 19ème, qui voulaient "civiliser" le monde, ces "créatures" incultes, comme ils les appelaient, cela contre les bourgeois et la droite libérale ! souvenez-vous avant de refaire les mêmes idioties !

Écrit par : Corto | 03/04/2011

Etonnant ces apparitions venant de gauchos et ne relevant pas le défit de répondre, du genre, "balance ta propagande et n'approfondit pas trop", c'est petit, mais nous nous y sommes tellement habitués !

Écrit par : Corto | 04/04/2011

Corto, oui, je pense que la gauche pourrait attribuer ses "nouveaux impôts" à des causes nobles. Du moins, il s'agira de nouveaux moyens potentiellement disponibles pour ceux qui en ont besoin et pas des enrichissements supplémentaires (et superflus) pour des déjà richissimes.

Quant à la livraison des courses à vélo, c'est une excellente idée. Ca permet aux gens de faire leurs courses tranquillement, sans devoir passer des heures dans des bouchons ni s'arracher les bras.

Si vous voulez faire un peu d'histoire, dites-nous plutôt qui était contre les congés payés, la semaine de 5 jours, les assurances sociales etc. etc.

Écrit par : Arturo | 04/04/2011

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