07/04/2011

L’OCE est à moitié sorti d’une situation complexe

Des effectifs alloués par Berne en proportion du nombre de chômeurs, des collaborateurs mieux au fait des besoins des employeurs. Voilà deux solutions aux dysfonctionnements de l’Office cantonal de l’emploi (OCE) du canton de Genève ; la première devrait plus que la seconde contribuer à lui redonner une crédibilité incomplète.

 

Mais ces solutions, couplées avec une direction de l’OCE partiellement renouvelée, ne sauraient suffire. Il faut encore passer par une rupture d’avec la  tolérance déplacée qui fait que Genève se caractérise à la fois par un taux et une durée du chômage supérieurs à la moyenne suisse, mais aussi par un taux de sanctions inférieur (A Genève: 4 sanctions pour 100 chômeurs, en Suisse: 7,6. Soit presque le double!), lié aux pratiques des caisses de chômage privées - en clair : syndicales. Cherchez l’erreur !

 

Ces difficultés, prises isolément, sont gênantes mais non fatales. Mixées, elle sont graves. Elles justifient en tout cas l’audit de l’OCE auquel le Secrétariat d’Eta à l’économie (SECO) a  procédé en 2010. Gageons que la fuite qui l’a mis sur le devant de la scène médiatique va radicaliser la réforme déjà en cours. En effet, la gauche genevoise, spécialisée en dépôt de projets de loi réactionnaires au sens premier du terme, n’a de cesse de contester les législations fédérale et cantonale sur le chômage. La stabilisation par l’OCE du système d’indemnisation-réinsertion professionnelle impose de lui répondre par des faits concluants.

 

Reprenons. Le SECO a enfin compris que la dotation en personnel de l’OCE devait suivre le nombre de chômeurs et non le taux de chômage. Ce dernier a en effet le grand tort d’être indexé sur la population active lors du dernier recensement (413 585 en 2000, 463 919 en 2010, soit environ 50 000 habitants de plus). Résultat : ce décalage croissant est allé jusqu’à causer une dotation de 10% à 15% inférieure à son niveau dans les cantons démographiquement moins prolifiques. Dès 2012, cette cause de surcharge, d’usure et, partant, d’absentéisme, sera éliminée.

 

Mais l’apport du SECO se traduit aussi par un financement du personnel de l’OCE par la Confédération tout en le soumettant au statut du personnel de l’Etat de Genève. Il en résulte que lors de baisses du taux de chômage, l’OCE peinait à adapter à la baisse le nombre de ses collaborateurs du coup superflus. Pour éviter cette difficulté, le canton engage des auxiliaires dont le mandat est de trois ans au maximum. Bien.  Sauf que, dès leur année de mise à niveau terminée, ils commencent à songer à leur futur emploi… Résultat : une productivité faible, d’autant que les fonctionnaires permanents ne sont pas tous les mieux au courant des réalités du marché de l’emploi.

 

La résolution de ce problème exigerait en réalité de toucher à nouveau aux dispositions du statut de la fonction publique concernant le licenciement. Autant dire que sa solution n’est pas pour demain !

(Editorial de la newsletter du 8 avril 2011 de la FER Genève www.fer-ge.ch)

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Commentaires

M. Weiss, Je suis désolée, mais je ne peux être en accord avec vous.
Ce scandale est sorti dans la presse et c'est très bien. Combien de chômeurs se plaignaient de la manière dont on les reçoit. Quelques minutes pour un CV. Le chômeur est envoyé dans une entreprise et ce dernier ne correspond pas au poste de travail. Vous trouvez cela normal que l'employé n'ait pas fait son travail correctement? Vous trouvez normal qu'il soit reçu dans le déni?
La Direction avait plusieurs années devant elle pour analyser, innover, mettre sur pied des cours qui correspondent à tous les corps de métier concernés. Rien n'a été fait. On se réveille le ler avril, j'ai cru qu'il s'agissait d'une farce tant cette histoire était invraisemblable.Hélas non! Vous ne pouvez pas nier qu'il s'agit d'un véritable SCANDALE? Dans un autre pays, on aurait demander à la Direction et aux employés de démissionnés. Les limites ont été largement dépensées. Un tel manque de responsabilités, un tel laxisme, de telles incompétences dans ce service n'est pas acceptable. Et pour quelles raisons les fonctionnaires, de plus permanents, ne sont pas au courant de la réalité du marché?? On croit rêver. Dans le privé, on ne peut accepter ces états de faits. Le patron ne peut garder un employé ou un directeur qui ne travaille pas correctement pour son entreprise. Pourquoi l'acceptons-nous à l'Etat ou à la Ville?
Rappelez-vous qu'il s'agit de nos deniers publics. Ne donnons pas l'excuse à ce service que le taux de Chômage à Genève est plus conséquent que dans les autres cantons. Mauvaise gestion et incompétence, tout le monde l'a bien compris. D'autant que cela fait des années que l'on se plaint de ce service. Comment voulez-vous que les citoyens croient encore aux autorités qui se sont fortement dégradées ces dernières décennies. Les citoyens ne sont pas stupides, nos élus ne travaillent plus leurs dossiers, ils ne roulent que pour eux. La corruption est réellement en place. Pourquoi garde-t-on les fonctionnaires à vie en les mettant sur les voies de garage. Ce n'est vraiment pas normal. Il serait temps de remettre les pendules à l'heure. Genève se meurt et nous avons honte de cette dégradation et personne ne prend les choses en main. Bien à vous,

Écrit par : rose des sables | 09/04/2011

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