13/06/2011

Kosovo-Libye: deux poids, deux mesures ?

La Suisse avait été l'un des premiers pays à reconnaître l'indépendance du Kosovo unilatéralement proclamée en 2008, au motif notamment que la Suisse abritait alors une importante communauté yougoslave venue du Kosovo. Sera-t-elle l'un des derniers à reconnaître le nouveau gouvernement libyen, pour l'instant basé à Benghazi ? Quelles sont les raisons de Micheline Calmy-Rey de ne rien faire et de se taire ?

Les raisons de reconnaître le Kosovo, une province autonome serbe au sein de la Fédération yougoslave, auraient certainement mérité une discussion plus approfondie en Suisse. D'autant que son indépendance fait encore l'objet d'un désaccord sur le plan internantional, n'est reconnue que par 75 Etats en 2011 et que ce pays n'est toujours pas membre de l'ONU.

Le Tatarstan, la Tchétchénie, l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud, la Transnistrie, le Haut-Karabagh, pour ne prendre que ces autres exemples de simples provinces autonomes, avaient fait de même en 1991 au sein de l'URSS en pleine décomposition. Mais elles n'avaient pas eu cet honneur ni d'une partie de la communauté internationale, ni de la Suisse. Seule la Russie, dans sa lutte impérialiste contre la Géorgie (orthodoxe), a reconnu l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud (musulmanes). A noter que la Russie n'a en revanche pas reconnu le Kosovo. Passons. Et revenons à la Libye.

Le 6 mars 2011, la France reconnaît officiellement le Conseil national de Transition (CNT) libyenne basée à Benghazi. D'autres pays, dont l'Italie, ont suivi la patrie des droits de l'Homme. Derniers en date, la Jordanie et les Emirats arabes unis. La Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne, à des degrés d'implication divers, entretiennent des liens avec le nouveau pouvoir, qui a obtenu une reconnaissance officielle de 11 Etats pour l'heure. Mais la Suisse est, elle, aux abonnés absents.

Alors qu'elle vient de présider une conférence régionale des ambassadeurs suisses à Tunis (http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/recent/media/single.html?id=38941), la responsable des affaires étrangères suisses n'en a pas profité pour y annoncer une reconnaissance du CNT libyen. Maintenant que la question du remboursement à la Suisse du montant versé (1,5 million de francs) pour la procédure d'arbitrage concernant les deux otages suisses de Kadhafi est réglée, le moment est venu pour Berne de tirer un trait sur ses liens avec ce régime qui a humilié la Suisse, son gouvernement et ses citoyens.

 

12:53 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Votre comparaison invite à la réflexion, Pierre Weiss mais ne pensez-vous pas que la Suisse ait ses raisons qui ne sont peut-être pas celles du coeur mais d'une cause qui lui appartiendrait et qui nous échapperait?

A suivre en tout cas.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/06/2011

Les commentaires sont fermés.