08/08/2011

Tottenham: l'individu, le contexte, la responsabilité

Tottenham, un quartier de Londres, se retrouve dévasté après la mort d'un homme tué par la police. Puis un autre, Enfield, connaît des pillages. Puis des troubles éclatent dans un troisième, Brixton. Et même Oxford Circus où un drôle de cirque conduit à des arrestations. 

Sur la séquence des faits, trop peu de choses sont connues. C'est ainsi qu'on ne sait pas quelle est la responsabilité initiale de la police. Ni celle de l'homme qui a succombé à un échange de coups de feu dont on apprendra peut-être qu'il était plus démon qu'ange, gangster que paisible père de famille. Au surplus, quelles que soient les responsabilités initiales, elles ne sauraient excuser ni même expliquer les dérapages consécutifs au décès. On voit là la manifestation de dérapages opportunistes que ne saurait justifier une loi du Tallion dévoyée.

Tottenham serait multi-ethnique, pauvre et à haut taux de chômage. Et alors! Si la multi-ethnicité, la pauvreté et le chômage étaient des déclencheurs puissants, ce ne serait pas un, mais dix, cent, mille échanges de coups de feu auxquels on assisterait chaque week-end à Londres, à Berlin, à Paris et dans tant d'autres villes de province, pour ne pas parler du Tiers Monde. Or ce n'est à l'évidence pas le cas, ni ici, ni là-bas. C'est donc qu'il a y autre chose qu'une causalité faible.

Le contexte est en réalité une pauvre excuse pour expliquer une absence d'analyse des intentions et des stratégies, bref, des rationalités individuelles. Car on pourrait aussi prendre en considération le rôle des substances psychotropes dans l'absence d'inhibition, celui des médias remplis d'images violentes, des milieux familiaux déboussolés et pourquoi pas une architecture criminogène, tant qu'à faire. Le poids de ces différents facteurs ne serait que second en comparaison de la décision de celui/ceux qui a/ont fait usage de violence. Celui ou ceux qui ont tiré d'abord. Ceux qui ont détruit, brûlé, saccagé, vandalisé, pillé ensuite. C'était leur choix, ils pouvaient ne pas le faire. Ils ont prix un risque, celui notamment d'être arrêté et jugé, peut-être tué.

Qu'il y ait dans des circonstances difficiles des gens qui préfèrent agir hors des lois plutôt qu'en respectant l'Etat de droit, cela ne fait pas le moindre doute. Sauf qu'ils ne sont qu'une infime minorité. Mais qu'il s'agit de réprimer, en cas de comportements déviants, pour lui rappeler les repères nécessaires à la vie en société. Pour permettre surtout à la majorité de vivre en paix et en sécurité. Elle y a droit. 

Bref, on ne peut faire l'impasse sur le fait qu'au terme de la chaine des causes possibles des violences urbaines, il y a une décision individuelle, il y a une responsabilé individuelle. A Tottenham, certains ont cru pouvoir jouer avec le feu. Demain montrera la douleur de leurs brûlures et l'ampleur de leur erreur.

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Commentaires

Je ne comprend pas ce genre de réaction de la part des médias, nous devrions dire ; enfin, ça pète !

Car plus nous attendons, plus ça pétera fort !

Voilà où nous ont menée les directives de la gauche, les "réformes" de l'éducation, les assurances sociales infondées, le clanisme des ghettos communautaristes et le mépris de la démocratie !

Je ne parle pas du mépris hérité par cette jeunesse paumée, je parle des ténors de la gauche avec leurs discours "humanistes" !

Il y avait un juste milieu, cette fois, il est perdu dans les extrêmes ! ! !

Écrit par : Corto | 08/08/2011

Cher monsieur Weiss,

Votre article me réjouit par sa clairvoyance !
Evidemment que ce n'est pas la faute de la pauvreté, ou d'une quelconque insuffisance de la société, si certaines personnes sombrent dans la délinquance. Vous pointez très justement la responsabilité de l'individu.
Malheureusement ces délinquants sont encouragés à la victimisation puérile par nos médias et politiques.

Écrit par : Reconquistador | 08/08/2011

La cinquième colonne !

Vu l'ampleur des dévastations à laquelle j'assiste en directe sur BBC News, des dizaines de quartiers entiers qui flambent comme des bottes de paille, c'est affligeant, un acte de guerre organisé n'aurait pas fait autant de dégâts !

Et la police qui assiste en se prenant en plus des pierres et repartent gravement blessés en ambulances, elles mêmes caillassées, et les médias qui n'ont cessés de traiter Israël d'état fasciste alors que des "intifadas" européennes sont entrain de brûler les villes qui ont accueillies ces immigrations exsangues sans personne dans ces communautés ne soit là pour empêcher leur jeunesse de commettre de tels actes !

De la décadence, c'est tout !

Écrit par : Corto | 09/08/2011

Voilà où mène une immigration non contrôlée ! Voilà ce qui nous attend si nous ne réagissons pas. L'initiative de l'UDC a toute sa raison d'être lorsque l'on voit ces iamges !

Écrit par : octave vairgebel | 10/08/2011

@ Octave vairgebel

Malheureusement, ce monsieur est naturalisé. L'initiative de l'UDC ne peut rien contre lui. Et tous les membres de sa famille ne lui ressemblent pas, par bonheur !
Pour ne pas évoquer la majorité des musulmans vivant dans notre pays. A ce propos, Nicolas "Abdullah" Blancho est, lui, tout ce qu'il y a de plus suisse. Et aussi dangereux pour la paiy confessionnelle qu'Hani ramadan.
Attention donc aux solutions globales et aux généralisations simplistes !

Écrit par : Pierre Weiss | 10/08/2011

On peut noter au passage la subtilité et la finesse du choix de leur pseudo - qui d'ailleurs représente assez bien leur prise de position - de certain adepte de l'humour contrepétienne.

Écrit par : djinius | 10/08/2011

"Nicolas "Abdullah" Blancho est, lui, tout ce qu'il y a de plus suisse"

Selon les renseignements que j'ai, il est d'origine espagnole. D'ailleurs, vérifiez l'orthographe de son patronyme, il n'y a rien de typiquement suisse.

Écrit par : Gilles V. | 10/08/2011

Merci pour votre billet M. Weiss, qu'elle belle leçon de sociologie. Eblouissant!

Écrit par : pellet | 13/08/2011

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