11/08/2011

Sortir du précipice

Pour les chefs d’entreprise, les vacances sont finies ou n’ont même pas commencé. Avec un œil sur la chute des bourses et l’autre sur l’escalade du franc, le strabisme est assuré qui conduit au précipice. Pour certains qui exportent jusqu’à la totalité de leur production, l'enjeu est la survie de leur société comme de ses emplois. Un franc sur deux est gagné à l’exportation : supprimez ce franc et imaginez le résultat ! C’est dire si le moment exige esprit de décision, quant aux mesures à prendre à court terme, et capacité d’anticipation, pour préserver à long terme la position des entreprises suisses face à leurs concurrents.

 

Esprit de décision. Face aux périls, deux écueils sont à éviter : l’inaction et la panique. La première parce qu’elle fait fi des responsabilités qui pèsent sur la nature même de la mission de l’entrepreneur, la seconde parce qu’elle ne garantit que l’échec. Il faut au contraire faire preuve de discernement dans les mesures à prendre. En commençant par dégager des priorités.

 

Certes, la question du prix des biens importés risque de peser de plus en plus sur le pouvoir d’achat des ménages, mais à quoi bon réduire la facture des importations si leur achat n’était le fait que de chômeurs ? Il convient donc de diriger tous les efforts pour éviter pareil marché de dupes. Ce qui suppose, pour la Banque nationale suisse, de reprendre à court terme une maîtrise, au moins partielle, du cours du franc.

 

Capacité d’anticipation aussi. La crise actuelle exige des autorités, encore plus que de coutume, d’améliorer les conditions-cadre des entreprises. A cet égard, toutes les initiatives visant à augmenter le coût du travail sont autant de poids inutiles voire dangereux mis sur les épaules des entrepreneurs.

 

La Suisse fait partie du peloton de tête des économies développées. La santé de ses finances publiques fédérale et dans la plupart des cantons suscite l’envie des pays au bord de la banqueroute ; elle n’est pas pour rien, paradoxalement, dans le pouvoir d’attraction de sa monnaie. Ses infrastructures sont bonnes, la paix sociale et l’esprit de consensus remarquables, et l’on pourrait continuer de décliner la liste de ses avantages comparés. Dont les formations dispensées par ses (hautes) écoles, dans ses entreprises, y compris par la FER Genève, préalables à toute innovation.

 

Lutter ensemble pour l’amélioration de ces atouts est donc l’autre priorité à dégager pour envisager sereinement le long terme. La définition d’exigences professionnelles adaptées à l’évolution des technologies, l’évaluation continue des écoles obligatoires et postobligatoires ainsi que leur notation publique, la formation initiale et continue des employés, enseignants compris, font partie de ces défis communs. Pour sortir aussi ensemble du précipice.

 

(Editorial de la newsletter du 12 août 2011 de la FER Genève - pour s'abonner: www.fer-ge.ch)

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Commentaires

Il y a des moments, il faut savoir pratiquer ce que l'on appel le "stop and go" surtout quand tout va bien, ou, quand tout va mal.Regarder, communiquer, échanger des idées et adopter des stratégies nouvelles. C'est du boulot, mais ça peut rapporter gros..C'est payant sur tous les plans pour tous les "acteurs" de l'entreprise.Encore faut-il être "écho, plutôt qu'un égocentré!

La hausse des salaires ne doit pas être freinée, mais canalisée. Il suffit quelque fois de modifier une organisation pour améliorer le rendement, le CA et les conditions de travail sans pour autant bloquer les salaires.

En Susse comme vous l'indiquez, la formation comme les écoles sont de qualité. En France notre éducation nationale et les grandes écoles sont à l'image de nos politiciens de gauche comme de droite. A les écouter ils savent tout! Un énarque va en formation une semaine chez "Renault" vous pouvez être certain qu'il vous sort un bouquin sur "comment fabriquer une voiture" Chez HEC, c'est:" couche avec un mécanicien, tu connaîtras la mécanique et tu pourras vendre des batteries!"

Résultat, nous avons des Directeurs commerciaux lugubres, des équipes de vente robotisés sans aucune envergure culturelle, donc nulles en communication..

La France est en déficit permanent sur son commerce extérieur, il y a bien des raisons, -mais ils savent tout....Laissons les faire nous allons à la catastrophe, allons jusqu'au bout pour assainir le pays en tous domaines.

Bon tout n'est pas noir, mais nous sommes dans la médiocrité dans bien des domaines, les élus de gauche et de droite devraient aller en formation en Suisse!

Chez les commerçants et artisans enfin une partie, on pleurniche, concernant les charges, mais toute la dynastie à le 4x4 la maison et bien d'autres avantages..Que n'ont pas leurs salariés.

Les consommateurs devraient changer de comportement, au lieu de demander -bêtement au boucher: "combien je vous dois?" ils devraient dès l'entrée dans le magasin demander le prix au kilo de tel morceau de viande, et avoir toujours le réflexe de dire :"c'est trop cher, baissez votre prix"! C'est ce que j'essaie de faire le plus souvent possible ma fois, un euro par ci vingt centimes par là, ou deux pommes de plus dans pour un achat de un kilo de pommes,ce n'est pas négligeable...

Il n'est pas honteux de faire des profits, il est honteux de ne pas en faire profiter les salariés à leur juste valeur.

Pour se former aux politiques économiques et financières "www.MoneyWeek" pour voir venir la catastrophe, "www.aucoffre.com"

Écrit par : Pierre NOËL | 16/08/2011

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