02/09/2011

L’école opaque: non merci ! par Pierre Weiss

L’école fait sa rentrée. Dans tous les cantons romands, il y a l’entrée en vigueur d’HarmoS, l’harmonisation des contenus  de l’école obligatoire ; dans le canton de Vaud, le vote sur l’organisation en filières de l’école secondaire obligatoire. Cette actualité renvoie à un enjeu capital, la qualité de la formation. Qui en cache un autre, la transparence des résultats obtenus par l’outil étatique le plus important pour l’avenir du pays, qui pèse de plus de 30 milliards sur les finances publiques helvétiques, le deuxième poste derrière les dépenses sociales.

 

Car comment être sûr de la qualité de l’école si le voile du secret la recouvre ? Faut-il laisser les entreprises faire le tri lors de la signature des contrats d’apprentissage ou, plus tard, lors de l’engagement des diplômés des HES, EPF et autres universités ? Faut-il attendre que des fuites permettent d’être informés de résultats que les directeurs d’école enfouissent des coffres-forts à combinaison inviolables ? Car le paradoxe est que les évaluateurs par excellence que sont les enseignants n’aiment pas être évalués et que les responsables de l’éducation, du moins en Suisse, refusent voire dénigrent, sous mille prétextes, la pertinence des comparaisons.

 

Cette situation n’est plus tenable. Les justifications du secret bancaire, fiscal ou médical ne peuvent leur servir d’analogie ; ces élus se trompent qui refusent le contrôle démocratique permis par la publicité des classements des écoles.    

 

Une chose est certaine s’agissant de la qualité de la formation. Ce ne sont pas les structures seules qui garantissent une acquisition efficace des connaissances, mais un climat général de respect, de la part des parents et des élèves, face au savoir et à ceux qui le dispensent, de même que des programmes exigeants et des enseignants compétents (voir aussi http://www.strategie.gouv.fr/content/que-disent-les-reche...).

 

Pour les programmes, le temps viendra où l’ensemble du système de formation devra rendre des comptes, d’HarmoS aux masters et programmes doctoraux impulsés par la réforme de Bologne en passant par la maturité à options hyper-multiples. Pour les enseignants, confrontés à une baisse de leurs effectifs pour des raisons démographiques, mais aussi parce que le prestige rattaché à leur profession s’est délité, la crainte d’un bradage de la formation, exprimée par le président des enseignants romands (Tribune de Genève du 31 août) mériterait d’être entendue. Encore faudrait-il pour cela qu’il mette aussi en avant une élévation des exigences, et pas simplement un allongement quantitatif de la durée de la formation. Une fois de plus. Une fois de trop.   

(Editorial paru dans Entreprise romande du 2 septembre 2011)

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Commentaires

Dés le début ce S majuscule en fin de mot m'a titillé l'esprit,non que je veuille jouer à l'embrouille de service mais tout de même y'a comme un truc qui cloche!

Écrit par : elena | 02/09/2011

Le petit jeu de l'opacité se joue de diverses manières au DIP. Il y a celui, par exemple, qui consiste à éviter de choquer par toute allusion directe à la réussite ou à l'échec, par des subterfuges destinés, je suppose, à cacher le fait que les inégalités existent quoi que l'on fasse. Ainsi la notion de niveau est supprimée pour faire place à celle plus neutre de regroupement, classés de 1 à 3 mais inversement à la qualité des résultats. Il en est de même pour les futures sections, dont l'énumération veut absolument évite que l'on puisse en tirer une idée de hiérarchie dans les savoirs.
En fait une transcription de la langue de bois politique dans le domaine du savoir. Amusant de voir que le post modernisme continue à frapper et que le relativisme culturel, fécond et justifié dans d'autres circonstances, ne serve qu'à cacher ce que l'on n'aime pas voir.

Écrit par : Mère-Grand | 03/09/2011

Je ne citerai pas comme un exemple de recherche d'opacité le fait que dans un certain cycle d'orientatin les horaires d'élèves distribués ne permettent ni de lire les heures de début et de fin de leçon, ni les noms des maîtres et des disciplines enseignés si on ne se munit pas d'une loupe (et je ne parle pas de lunettes de lecture utilisées par les personnes d'âge mûr).

Écrit par : Mère-Grand | 03/09/2011

Peut-on en 2011 envoyer ses enfants à l'école publique ?

Dans cet univers où il est fortement conseillé de se soumettre aux mythes de la gauche corporatiste, des enfants baladés dans les dédales des égarés qui prônent dans un désordre organisé, des réformes se mordant la queue, tout cela dans un consensus quasi-religieux, mou et très dur à la fois !

Une école laïque pleine à ras-bords d'idéologies élaborées par des fonctionnaires, comment appeler cela ? Un lieu de déperdition où les jeux de pouvoirs prédominent sur l'enseignement ?

Les politiciens de gauche ont toujours dérobé l'autorité pour la remplacer par la soumission, les petits monarques de la mouvance socialiste bien-pensante craignent et méprisent toute forme d'attitude affichant ouvertement tout comportement autoritaire, évidement, ils l'ont remplacés par le chantage et une totale soumission implicite et cela en commençant par les plus faibles, les enfants.

Je ne comprend toujours pas pourquoi nous avons laissé s'installer ce système dans la prunelle de nos yeux, nos enfants.

Depuis Jules Ferry, les milieux scolaires ont toujours été des bastions de la gauche, car ils regroupent tous les ratés des professions reconvertis en profs.
Maintenant, c'est encore pire avec les sciences de l'éducation, cette pseudo-science qui tenterait de vouloir expliquer à un mille-pattes comment il doit marcher, un prof de gauche ayant raté sa carrière professionnelle et reconverti en prof, avait malgré tout une touche d'humanité, ses défauts et ses passions, suite aux nombreuses réformes du cursus des enseignants, nous avons abouti à une forme d'uniformisation de l'éducation, avec des normes et des dogmes changeant à chaque échec, nous avons déjà à Genève déjà subis une bonne dizaine de ces réformes et à chacune de ces réformes, la brisure entre parents et enfants c'est creusée, demandé à un parent d'accompagner ses enfants dans son parcours scolaire ?

La gauche c'est ; divisé pour régner tout en refusant de se salir avec quelconque des considérations autoritaires, il n'y a rien de plus pervers !

Écrit par : Corto | 03/09/2011

Il n'y a personne, même pour corriger mes fôtes dautografs

Écrit par : Corto | 04/09/2011

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