04/09/2011

Sécurité: le défaitisme inacceptable du chef de la police jurasienne

Olivier Guéniat, chef de la police jurasienne, est probablement un excellent organisateur quand il propose la mise sur pied d'une police romande qui pourrait dégager "plusieurs centaines d'agents pour Genève" (Le Matin du 4 septembre 2011). Mais un organisateur qui a baissé les bras face à l'augmentation de la criminalité. Et qui semble faire fi des expériences étrangères démontrant que l'on peut juguler la ciminalité, comme à New York (http://fr.wikipedia.org/wiki/New_York). Il est vrai que la Cité de la pomme est par la taille inférieure (789 km2) à la République et Canton du Jura (838 km2). Mais pas par la population... C'est dire si son analyse de la criminalité est partielle quand il n'évoque que les éléments en expliquant la crue, et aucun pour en attendre la décrue.

Admettons donc qu'"il ne soit pas nécessaire d'être un policier genevois pour travailler à Genève", que la création d'un pool de plusieurs centaines de policiers soit une approximation correcte et qu'au surplus le nouveau code de procédure pénale rende cette perspective possible. On ne boudera pas son plaisir devant tant de bonnes nouvelles, du moins sur le plan théorique.

On reste en revanche plus sceptique face à son analyse de l'augmentation de la criminalité en Suisse. Le développement démographique, l'"européanisation", la vie nocturne sont mis en cause. "L'augmentation de la criminalité est une conséquence logique de tous ces changements". Il est vrai que New York, pour en rester à cette comparaison, se dépeuple, se "démétisse" et va au lit à 10:00 p.m., surtout à Broadway, autant de raisons qui en expliquent la baisse de la criminalité...

Et arrive son constat qui troue l'air comme une balle de Smith & Weson. Question: "On ne va donc jamais retrouver une Suisse paisible?" Réponse: "Non, il faut accepter qu'on ne revienne pas en arrière".

Eh bien non, je n'accepte pas. Je n'accepte pas cette vision de l'histoire linéaire. Je n'accepte pas ce défaitisme. Je n'accepte pas qu'un chef de police cantonale annonce haut et fort que les citoyens doivent s'adapter, s'habituer la violence ambiante. Je n'accepte pas que la rue appartienne à ceux qui l'envahissent, en en chassant le citoyen lambda, surtout s'il est âgé ou de sexe féminin. Je n'accepte pas cette banalisation de la violence.

Comme je n'accepterais pas que l'hypothétique mise à disposition d'un pool de plusieurs centaines de policiers romands soit sans effet sur la criminalité vécue par les Genevois. Car de deux choses l'une. Soit la présence policière, sous diverses modalités d'intervention, a un effet, soit elle n'en a aucun. Or je n'ai entendu personne conseiller la suppression de la police au motif que cela ne changerait rien à l'insécurité.

Il faut donc davantage de forces de l'ordre dans la rue, patrouillant sur l'ensemble du territoire cantonal, de jour et surtout de nuit, et surtout les nuits de fin de semaine. Avec actuellement 90 à 100 personnes (voir ma note sur ce blog "La nuit, la plupart de nos gardiens dorment"), on admettra que l'on est loin, mais vraiment loin du compte.

Et il faut à la tête des forces de police des responsables qui justifient la confiance que la population suisse en général, genevoise en particulier, place en ses policiers cantonaux, municipaux ou ses gardes-frontière. Après de telles déclarations, Olivier Guéniat a un sacré déficit à combler s'il entendait postuler au commandement d'une police romande.

23:58 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

Commentaires

" Comme je n'accepterais pas que l'hypothétique mise à disposition d'un pool de plusieurs centaines de policiers romands soit sans effet sur la criminalité vécue par les Genevois. "

Certes, mais où donc avez-vous lu qu'Olivier Guéniat a tenu de tels propos ?

On voudrait torpiller les idées d'Olivier Guéniat qu'on ne si prendrait pas autrement.

Pourquoi balayer d'emblée d'un revers de la main toute idée de regroupement des forces de police, si une telle mesure peut améliorer la situation dans le domaine de la sécurité, notamment à Genève ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 05/09/2011

S'il est un policier en qui on peut avoir confiance, c'est bien Olivier Guéniat. Il est vrai que son discours est souvent atypique pour un "flic" et que le mot répression n'est pas forcément celui qu'il emploie le plus souvent.

"Question: "On ne va donc jamais retrouver une Suisse paisible?" Réponse: "Non, il faut accepter qu'on ne revienne pas en arrière".

C’est évidemment une réponse qui n’est pas forcément agréable à entendre. Mais croire qu’il suffit d’augmenter les forces de police pour faire diminuer la criminalité relève d’une bonne dose de naïveté.

C’est donc la société qui est malade et on ne va pas la soigner à coups de « Smith et Weson ».
Il faudrait sans doute revenir à des valeurs qui ont une fâcheuse tendance à disparaître du paysage civil comme la politesse, le respect, la civilité.

Quand on voit ce qui se passe dans les écoles, quand on voit des parents recourir à des avocats pour des peccadilles, quand on voit des profs tabassés et qu’à peu près rien n’est entrepris pour pallier ces dérives, que le mot « droit » a largement supplanté le mot « devoir », il y a tout à parier que la situation se dégrade encore.

En fait, le vieux proverbe « qui vole un œuf vole un bœuf » garde toute sa signification. Et tant que nos autorités n’auront pas le courage de s’attaquer à tous ces problèmes considérés mineurs, nous finirons par réprimer tous azimuts. Cela rassure – peut-être - le citoyen, mais la criminalité ne baisse pas. A moins, bien sûr, de faire croire, que les étrangers sont à l’origine de tous nos problèmes.

Enfin je ne crois pas une minute que M. Guéniat soit défaitiste. Tout au plus réaliste. Au fond il exprime sans doute tout ce que nous n’avons pas envie d’entendre. Il a le mérite de provoquer l’électrochoc nécessaire à la mise en place d’une nouvelle politique de la sécurité citadine.

Écrit par : Michel Sommer | 05/09/2011

Bravo M.Weiss.
On ne peut pas avoir un Procureur général qui déclare que nous sommes en guerre et baisser les bras.
M. Guéniat ne semble pas réaliser les différences qui accablent notre quotidien à Genève. Si l'idée d'un détachement national de maintien de l'ordre demeure une nécessité avec 400 à 1000 hommes, il ne doit pas être créé au détriment des effectifs des polices cantonales ... Et pour ce qui est d'une police romande, Genève serait irrémédiablement le plus gros fournisseur d'effectifs, qui eux aussi se retrouveraient au service des besoins des cantons voisins, ceci au détriment de nos propres attentes .. Une police de "beau temps" dont nous n'avons pas les moyens !

Walter Schlechten, habitant La Croix de Rozon.

Écrit par : Walter Schlechten | 05/09/2011

Cher Monsieur, vous semblez encore faire partie de ceux qui pensent que la sécurité doit rester entre les mains de chaque canton et de chaque commune. Grave erreur. Tout comme vos errements (ceux de la classe politique dans son ensemble) dans la mise sur pied d'une législation cantonale y relative (totalement incohérente) et ses trop nombreuses modifications, ou encore par les magistrats successifs parqués à la Police. Pour une fois, je suis entièrement d'accord avec Guéniat. Il est évident que le fédéralisme sécuritaire est non seulement contreproductif mais permet aussi, en ce qui concerne Genève, que la force publique cantonale et communale demeure entre les mains d'amateurs, si elle n'est tout simplement pas la victime de combats idéologiques. Que reste-t-il des assises de la sécurité, organisées à Genève il n'y a pas si longtemps? Rien, car on n'est d'accord sur rien, on n'alloue pas les moyens et on ne prends pas la situation au sérieux. De surcroît, la Police cantonale pratique un cafouillage complet au niveau de la communication et reste engluée dans son corporatisme. Alors un bon conseil: nettoyez l'écurie, créez une base légale cohérente pour tous les acteurs de la sécurité, supprimez les compétences communales et faites en sorte - et pour le moins - que la Confédération dispose d'unités d'intervention qui suppléent les forces cantonales. Tout comme pour l'économie, les questions sécuritaires se résolvent en terme de régions et de nations.

Écrit par : Dixit | 05/09/2011

Que ce passe t-il, le peuple demande plus de policiers ?

Le résultat sera éminemment décevant, il percevra en retour que plus d'amendes et autres tracasseries.

Le problème auquel notre pays fait face, n'est pas du ressort d'une police ou d'une force de l'ordre au sens propre du terme, notre société se confronte à des cataclysmes sans cesse au delà des prévisions, alors que nous réfléchissons sur une croissance d'effectifs policiers, ces derniers avouent leur totale impuissance.

Nous avons peu le voir lors d'un récent référendum ou initiative sur l'armement, les Suisse ont balayés cette tentative de pacification des moeurs du revers de la main, cela traduit une certaine inquiétude, non seulement concernant les nouvelles menaces encourues, mais je dirais plutôt vis-à-vis de l’inefficacité ressentie en matière de protection policière !

Un des problème en amont de cette situation relève du taux d'incarcération dans les prisons ainsi que l'incapacité du judiciaire de traiter les dossiers, à quoi servirait-il d'augmenter le nombre de policiers, si d'une part ils ont les poings liés et d'autre part si ils revoient deux jours plus tard les mêmes délinquants arrêtés le jours précédant ?

Le phénomène est inquiétant !!!!

Écrit par : Corto | 05/09/2011

Il est certain que tout le monde se renvoie la balle.
Mais une chose est certain, les tribunaux et avocats sont responsables de la lourdeur administrative et du dégout des policiers et gardes-frontière.

Une chose est certaine c'est que les lois sont suffisamment sévères mais que leur applications lors des jugements est laxiste et discrédite les agents sur le terrain.

Pourquoi dès lors accepter de prendre des risques pour voir des criminels pouvoir porter plainte contre la police et avoir plus de crédit que ceux qui représentent l'autorité et la font respecter.

Ducoup, pas étonnant de voir les incivilités devenir normales, car il n existe plus de respect pour l'autre ni de crainte envers les gens en uniforme.

Les criminels le savent et rigolent bien de la police qui ne fait peur qu'au petit suisse qui par distraction a commis un petit écart et qui eux ont tout a perdre et sont des contribuables dociles.

La réalité est que tout le monde crie au loup mais en réalité ne soccupe que de sa petite
Personne et rien ne changera sans un changement radical des mentalités et pour une fois de revenir aux valeurs et la dicipline des nos ancêtres.

Il est très facile de deviner que ni la chef de la police ni les autres dirigeants des forces de sécurités n'ont les compétences intellectuelle et de conduite pour faire changer les choses.

Écrit par : Eagle | 07/09/2011

On peut eternelment reorganiser ou augmenter la police, mais ca ne fera rien. Oui, les criminels rigolent de la police, qui les arrete et ne punit pas. C'est pas deux jours plus tard qu'ils continuent leurs mefaits mais toute de suite comme ils sont relaches dans quelques minutes.
Il y a un laxisme que j'ai jamais vu dans les autres villes et pays. Si New York avec ses 8 millions d'habitants a pu enrayer la criminalite avec leur methode de Zero Tolerance, alors pour un petit Canton comme Geneve avec une population de 450,000, ca serait facile.
Presque toute la criminalite est commise par des etrangers, la plupart des pays Arabes, de l'Afrique, des Balkans et de l'ex-USSR. Alors il faut arreter ces criminels et les expulser vers leurs pays toute de suite, avec leurs familles. C'est l'unique moyen de faire Geneve vivable de nouveau et nous redonner la joie de vivre ici.
Je ne peux pas comprendre pourquoi nos autorites ne veulent rien faire. Est-ce qu'ils ont peur des criminels? Ils ont ete menaces? On a peur de sortir meme pendant la journee et on vie barricades dans nos appartements. C'est insupportable et pourtant ca continue depuis plus de 10 ans et devient toujours pire. Si nos autorites ne font rien, il faut manifester dans les rues.
Corvert

Écrit par : corvert | 07/09/2011

Les commentaires sont fermés.