16/09/2011

Isabel Rochat chez les Experts Manhattan

En apparence, Isabel Rochat est allée à New York pour comprendre pourquoi la ville de la Statue de la liberté avait gagné la guerre contre le crime. Et surtout pour en importer les meilleurs pratiques, "the best practices", du moins celles qui peuvent traverser l'Atlantique. Les aspects techniques de cette visite sont importants, mais ils concernent avant tout les spécialistes sur le terrain, soit les responsables de la police cantonale, sans oublier ceux des polices municipales et des gardes-frontière. 

En réalité, Isabel Rochat est allé à New York pour donner à la population genevoise le symbole et le message attendus de sa conseillère d'Etat. Le symbole, c'est un voyage dans la ville dont un maire, Rudolph Giuliani, a retourné, a transformé l'insécurité en sécurité pour ses habitants. Et le message donné aux citoyens honnêtes comme aux hors-la-loi, c'est que les ans sinon les mois de l'insécurité, à Genève, sont comptés parce que la responsable politique en a décidé ainsi.

"(Le ministère de) la Guerre est une affaire trop sérieuse pour être abandonnée aux généraux", comme disait Clémenceau, « premier flic de France ». De même, la sécurité est une affaire trop grave pour être laissée aux seuls policiers. Isabel Rochat a compris que c’est d’abord son sa responsabilité, sa mission. Contrairement au chef de la police jurassienne qui prétend que la guerre contre l'insécurité est perdue  (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2011/09/04/1.html).

Quels enseignements a-t-elle probablement tiré de ses entretiens? Primo, que la répression est essentielle, pour autant qu'elle puisse être mise en œuvre, de l'arrestation du délinquant à sa condamnation puis à l'exécution de sa peine en prison. Des lois doivent certes être modifiées, mais un état d'esprit offensif doit régner. Secundo, que la collaboration transversale et entre niveaux des pouvoirs est importante, notamment pour la prévention du crime. La sécurité, c'est l'affaire de tous, et pas seulement de la police cantonale. De l'école comme de la police municipale et des juges. Tertio, que la tolérance zéro, dès le premier délit, même mineur, est un message fort. Même si, dans certains cas, la sentence semble lourde. Mais il faut savoir ce que l’on veut, et être prêt à en assumer les conséquences. Les jérémiades, ça suffit. Quarto, que l'augmentation des forces de police, présente à toute heure sur le terrain, est nécessaire pour faire passer le message aux délinquants: les zones ou les moments de non-droit, c'est fini. 

Si telles devaient être les suites de sa visite, il y a fort à parier que la traduction sonnante de cette volonté politique dans le budget 2012 sera entendue d'une majorité de députés, en tout cas à droite. Quitte à ce que ce soit au détriment trébuchant d'autres politiques publiques, en ces temps d'incertitude économique, de probable baisse des recettes fiscales et donc de déficit public... explosif.    

 

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Commentaires

Très bon billet, bravo.

Juste une précision, Mme Rochat a aussi déclaré "que nous ne pourrons revenir en arrière" en parlant de la situation sécuritaire satisfaisante connue il y a dix ans à Genève, et ça c'est un message contradictoire pour une élue qui veut, comme objectif principal, vaincre l'insécurité. Après ...

Walter Schlechten.

Écrit par : Walter Schlechten | 16/09/2011

Laissez-moi rire. Traverser l'atlantique pour régler nos problèmes de sécurité paraît plutôt un prétexte pour faire du shopping. Rien n'est comparable, en effet,et en premier lieu l'organisation de la Police cantonale, corporatiste et fonctionnarisée à outrance. Il faut peut-être rappeler - et je ne développerai qu'un argument - que les patrons US de la Police travaillent sur la base d'objectifs qu'il convient d'atteindre, coûte que coûte, avec sanction à la clé en cas de résultats insuffisants. Or, rien de tel chez nous, car nous n'avons pas affaire à des managers drillés sur la rentabilité et les résultats. De plus, avec les syndicats comme membre virtuel de la Direction, les dits responsables genevois - syndiqués comme il se doit, n'est-ce pas - sont constamment en train de sous-peser la compatibilité de l'organisation policière avec les lamentations syndicales. Cette situation a d'ailleurs été savamment entretenue par la classe politique dans son ensemble, au lieu de doter la Police cantonale d'un cadre législatif plus souple. Dès lors, et on se rend compte tous les jours, la Police cantonale ne peut pas progresser aussi longtemps qu'elle n'est pas véritablement réformée et aussi longtemps que la classe politique ne se met pas d'accord sur une stratégie à long terme pour circonscrire le dérapage actuel de l'insécurité. Pour conclure, à New York Mme ROCHAT n'a certainement pas trouvé non plus un tel mille-feuille sécuritaire tel que nous le connaissons en Suisse en général et à Genève en particulier. Inutile de se rendre aux States si l'on n'est pas fichu d'avoir des idées cohérentes.

Écrit par : Dixit | 16/09/2011

La politique genevoise est juste la pour endormir la population.

Les prochains gardes-frontières promis par Berne et souhaités par les politiquesne serviront pas pour des patrouilles dans le terrain, mais pour renforcer les effectifs à l'aéroport de Genève.

Quand aux policiers municipaux, ils n'intègreront jamais la police car ils solnt payés et rétribués par les communes, et il est certain qu eles commmunes ne souhaiterons pas voir disparaitre leur police de proximité et de voir leur sécurité baisser au profit des points les plus sensibles.

Les municipaux et les gardes-forntières ont d'autres missions que celle de faire les scènes de ménage et les sorties de bar.

Les solutiosn existes, regrouper les forces de sécurité fédérale ( police militaire et gardes-frontière) et les faires devenir une unité de la police fédérale ( lutte contre le crime organisé, international, extémismes, et les filiales de blanchiment et de la drogue.

Les corps fédéraux ont plus de compétences et de connaissances que les forces cantonale de police ( gendarmerie) il faut que les brigades cantonales de sureté soient sur le terrain renforcées par cette police fédérale.

Les polices cantonales elle, doivent rester a leur tâches primaire et celles dont elles doivent s'aquitter auprès de la simple population.

Écrit par : Patrick | 16/09/2011

Inadmissible d'un corps fédéral soit au "service" d'un corps cantonal obsolète et qui rechine à prendre en charge des personnes recherchées.

Genève trouve tous les moyens pour se décharger de sa responsabilité, les municipaux ont leurs job et les douniers le leur également. Ce n'est pas à eux de faire le boulot que la police n'est plus capable de faire ou ne veux plus faire.

A chacun son domaine d'activité.... d'ailleur c'est drôle de voir que lorque la police a besoin d'aide ils appellent ces autres coprs "collègues" alors que laplupart du temps ils les dénigres et se croient au dessus d'eux.

Écrit par : fervant | 16/09/2011

Les enseignements que Mme Rochat a probablement tiré de ses entretiens à NY ?

Franchement ? Au mieux de la poudre aux yeux pour calmer le Citoyen, au pire du foutage de gueule pur et simple.

Ces "enseignements" c'est ce que nous, Citoyens, réclamons à corps et à cris depuis des années ! Des années que l'on voit les chsoes se dégrader. Des années que l'on tire la sonnette d'alarme; en vain au vu de la surdité et de la cécité aigue qui semble atteindre notre "classe politique".
Il suffisait de nous écouter d'aller sur le terrain... à Genève, auprès de la popultaiton... genevoise. Les "enseignement" pour cette chère Mme Rochat (et ces prédécesseurs) auraitent été les mêmes et cela n'aurait pas couté un voyage aller-retour Genève-NY aux contribuables. (sans aprler du fait que l'on connait deja tous les moyens employés à NY. Pas besoin d'un voyage sur place aux frais du contribuables...)

Concernant l'aspect économique et le potentiel déficit public qu'induirait une augmentation du budget lié à la sécurité. Laissez moi rire... je ne connais pour ainsi dire aucun contribuable qui ne soit pas près à payer un peu plus d'impot, s'il a l'assurance que cet argent supplémentaire sera utiliser à bon esciens (et uniquement dans le but de...) dans le renforcement de notre Police et de leur effectifs, dans la mise en place d'une Justice qui fait son boulot en sanctionnant sans pitié ces criminels dès le premiers délit, comme elle le fait deja pour le citoyen lambda (à juste titre) "au moindre pet de travers" qu'il aurait l'erreur de commettre.

Écrit par : mouais | 17/09/2011

Sérieusement... pensez-vous franchement faire gober cela aux genevois? Je suis certain qu'au sein du PLR, vous croyez que ce petit voyage outre-atlantique aux frais du contribuable aura servi à quelque chose... pour Genève. Très bien. Mais les citoyens ne sont pas dupes Monsieur Weiss. Nous savons que la police genevoise s'est largement inspirée de la politique de Giuliani depuis bien longtemps! Tolérance zéro... Deux mots qui font rêver. Et nous prouvent bel et bien que cela fait des lustres que nos policiers appliquent cette politique! Il suffit de participer à une manifestation pour en faire les frais. Allez donc un jour si vous ne me croyez pas. Joignez-vous au cortège mine de rien et défilez simplement et calmement, avant qu'une horde de policiers anti-émeutes se jette sur vous, que vous soyez vétus de noir ou non, avec ou sans cagoule, juste pour le PLAISIR de balancer des coups de bottes sur une bande de gauchistes. Bien sûr, pas dans n'importe quelle manifestation. Non! dans une manifestation remettant en cause un organe vital de votre système comme l'OMC par exemple... Quelle est la suite de votre programme Monsieur Weiss? Après zéro mendicité, zéro affichage sauvage, zéro manifestation, quelle sera la prochaine mesure?
L'hypocrisie de votre parti me fait très mal. Surtout à travers les coups de matraque de MA police. Envoyez-les plutôt à Moscou, ils se feront des amis.

Écrit par : Cello | 26/09/2011

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