28/09/2011

Une rue pour les réfugiés? Non à la société sans mémoire !

Birmensdorf, aimable bourgade zurichoise du district de Dietikon, à 3h06 de train de Genève, a son chemin du Petit-Paradis (Paradiesliweg). Birmensdorf, avec ses presque 6000 habitants, a aussi son chemin des réfugiés, pour l'heure sans appellation contrôlée mais bientôt à utilisation forcée. Un chemin illuminé et construit pour l'usage exclusif de 24 "Asylanten", qui conduit directement à la gare CFF sans traverser les rues de la commune.

Cette solution a été retenue par la municipalité pour satisfaire des communiers, pour moitié étrangers, selon une estimation, et nouveaux habitants de la commune. Ceux-là voulaient en effet éviter une mixité entre ces containers et leur zone fraichement construite.

Ce type de réaction initiale "nimby" (not in my backyard - pas dans mon jardin) n'est pas surprenant. Ni la quarantaine de recours émanant de membres de l'association de quartier créée en réaction à ce projet. Autant de recours rejetés par l'instance cantonale. Il est en revanche plus surprenant que les revendications initiales aient été suivies par les autorités communales : outre le chemin séparé, des buissons pour cacher les containers peints en vert pour ne pas détoner avec les bâtiments de la proche caserne. Car au-dessus des aspects purement pratiques, il y a le symbole. 

Ces autorités se rendent-elles tout simplement compte de l'image que Birmensdorf va désormais devoir assumer ? Certaines de nos villes ont encore leurs rues des Juifs, souvenirs du Moyen-Âge et de ses ghettos. Birmensdorf s'inscrit dans cette lignée. En ce jour de nouvelle année 5772 pour nos compatriotes juifs, voilà qui laisse de l'amerture dans mon coeur. Voilà aussi qui montre que notre mémoire a trop de trous. Du pain sur la plage pour les enseignants d'histoire de ce pays, comme pour toutes les associations, comme la LICRA, qui se battent pour que les leçons du passé ne soient pas vaines. 

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Commentaires

c'est une honte. Ces personnes sont traitées comme des pestiférés, alors qu'elle sont déjà dans la détresse. Mais comment est-ce possible, de nos jours, et dans notre pays... Je crois qu'on régresse et effectivement, on a la mémoire courte.

Écrit par : Caro | 28/09/2011

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