03/10/2011

L'impitoyable Sandrine Salerno et sa morale à géométrie variable

Sandrine Salerno veut un alter-développement pour Genève. C'est son droit. Elle profère ses convictions sur la nature perverse, sale, de l'argent gagné dans le monde de la finance. C'est sa vision du monde, à la fois banale et primaire. Elle avance avec aplomb contre-vérités sur approximations au sujet des emplois offerts par les multinationales et des qualifications qu'elles exigent. C'est le reflet de son ignorance du monde des entreprises et de l'économie de marché auquel elle préfère celui d'une économie encadrée par l'Etat. Elle fait mine d'ignorer les répercussions fiscales de ses choix. C'est sa responsabilité. Elle fait même s'étrangler de rage contenue le ministre des finances du canton. C'est une bisbille de plus entre une gauche réaliste et une gauche socialiste de plus en plus idéologique, qui craint les coups que pourrait lui porter l'extrême-gauche aux élections fédérales. Car Sandrine Salerno, c'est l'Ana Pauker du PS genevois, "qui se doit d'être impitoyable". du moins dans l'image qu'elle donne.

Sauf que son image sort écornée, pour dire le moins, d'une récente controverse. Elle a beau porter la morale comme un saint-sacrement et suinter la doxa de l'économisme responsable, elle est aussi un employeur qui semble confondre responsabilité publique et intérêts politiques personnels. Le scandale, révélé par Gauche-Hebdo, est résumé sans concession par la Tribune: "D’après les pièces fournies, on lui (à un journaliste) a demandé de rédiger des articles au nom de la magistrate dans la revue du PS Ville de Genève, de trouver des slogans électoraux pour Mme Salerno ou encore de commenter sous couvert de pseudonyme des articles politiques sur le site de la Tribune, en ironisant sur les colistiers de la conseillère administrative". Ce qui ne l'a pas empêché de prétendre le contraire à forum, sur la RSR, le 2 octobre.

Certes, elle n'est pas la seule à utiliser des communicateurs, mais là, il y a de quoi s'inquiéter. Comment croire aux accents de vertu publique quand l'ombre d'un vice privé remonte à la surface? Et ce n'est pas un hasard si le scoop vient de l'extrême-gauche. On n'est jamais mieux combattu que par ses camarades qui sentent eux aussi le vent du boulet de l'histoire.

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Commentaires

Ana Pauker a été démise de ses fonctions du parti communiste roumain suite à son appartenance religieuse ce fut certes une femme impitoyable mais Sandrine Salerno est bien loin de cette intransigeance.
Qui étaient les communicateurs des conseillers d'Etat du parti radical et libéral ? Vous le savez fort bien puisque tous ont fini dans les petits papiers de journaux de droite comme feu "Le Journal de Genève" et "La Suisse".

Écrit par : Hypolithe | 03/10/2011

Outre sa propension à faire disparaître ses petits camarades jugés déviants de la ligne officielle du parti, Ana Pauker est surtout connue pour avoir accepté sans broncher l'exécution de son propre mari, Marcel Pauker, par Staline, sous prétexte de déviationnisme du pauvre Marcel... Au nom de la grandeur du communisme et de la gloire du petit Père des Peuples...
Le problème dans ta comparaison, cher Pierre, c'est que l'on ne voit pas très bien qui serait de taille à jouer le rôle de Staline au sein du PS Genevois... Hormis le propre compagnon de Sandrine, que l'on voit cependant mal accepter de s'exécuter lui-même...

Écrit par : Lev Davidovitch Bronstein II | 03/10/2011

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