06/10/2011

Sandrine Salerno et les multis: une controverse perverse

 Les entreprises multinationales, les « multis », ne sont pas des citoyennes honorables. Pour preuves – ou plutôt pour prétextes : elles importent leurs collaborateurs de l’étranger lorsqu’elles s’installent ; pire : elles ne forment des apprentis qu’au compte-goutte. Moins que la Ville de Genève sous la férule de Sandrine Salerno. Les faits sont indubitables, mais leur interprétation est biaisée. Infondées, ces accusations sont aussi perverses.

 

S’agissant des emplois, deux rappels statistiques. Les 931 multis de Genève occupaient directement plus de 76 177 collaborateurs en 2008, soit 34% des emplois privés du canton. Parmi elles, les 177 multis suisses salariaient 40% du secteur multinational. Des chiffres à compléter par les emplois induits directs (nettoyage, restauration d’entreprise) et les effets dérivés sur l’emploi local. Toutes ces personnes et leurs familles sont autant de consommateurs pour les magasins de la place. Et de contribuables à choyer. Sauf par la Ville ?

 

Pour autant, les collaborateurs des multinationales sont loin d’être tous étrangers. Car dès leur arrivée, ces entreprises puisent dans le marché local de l’emploi. Au fur et à mesure de leur croissance genevoise, la proportion des « natives » va tendre à augmenter, au point d’être équivalente à celle que l’on trouve dans des entreprises actives sur le seul marché intérieur. L’employeur a en effet tout intérêt à trouver des personnes formées localement. C’est cela la dynamique d’une entreprise. C’est aussi cela l’erreur, à relents xénophobes, de S. Salerno. Un étranger est honorable même quand il n’est pas requérant d’asile.

 

Le reproche concernant la non-formation d’apprentis est encore plus primaire. Pour une raison simple : les multis établies à Genève se caractérisent par le niveau de formation particulièrement élevé de leurs collaborateurs. Certes, elles engagent de jeunes diplômés de nos hautes écoles, professionnelles comprises, plutôt que des apprentis. Mais peut-on leur reprocher d’agir en fonction de leurs besoins ? Tant qu’à faire, S. Salerno devrait exiger d’elles l’engagement de collaborateurs sans la moindre formation…

 

Cette mise en cause montre l’incompréhension profonde, dont elle fait preuve, du monde des entreprises modernes où se côtoient artisans traditionnels et sociétés de haute ingéniérie, y compris financière. A chaque stade de développement économique son niveau de qualifications typiques. Qui ne l’a pas compris démontre une vue étriquée. Pire, archaïque.

 

Bref, la recherche d’un bouc émissaire à la précarité sociale et à la pénurie de logement ne permet pas l’improvisation dans la réflexion. Les entreprises multinationlales sont nécessaires à Genève. Comme pour la santé, seul leur départ en fera prendre conscience.

 

Un départ peut-être pas si éloigné que cela, à cause d’une initiative fiscale socialiste dont la magistrate genevoise se fait le héraut. A cause aussi de la concurrence inter-cantonale. Jean Studer, conseiller d’Etat neuchâtelois et socialiste bon teint, entend, lui, en faire profiter son canton. Ce jour-là, les questions d’emploi d’étrangers et de formation d’apprentis ne seront plus que des souvenirs amers au bout du Lac.

 

(Editorial du 7 octobre 2011 de la Newsletter de la FER Genève www.fer-ge.ch)

11:09 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Les faits sont indubitables, mais leur interprétation est baisée.

Je pense qu'il s'agit d'une faute de frappe.^^

Bien à vous

Écrit par : François Bugnion | 06/10/2011

Monsieur Weiss,

Vous écrivez: "... mais leur interprétation est baisée"

Je n'aurais jamais imaginé un tel langage sous votre plume-clavier!
J'ose espérer que ce n'est pas l'exemple des quelques mauvais sujets qui hantent ce site qui vous auront influencé en biaisant votre aptitude à l'usage d'un langage châtié. Un langage que les rustres mentionnés ci-dessus diraient châtré.

Écrit par : Baptiste Kapp | 06/10/2011

On assiste à un suicide économique orchestré de main de maître !
J'espère que les Genevois auront un éclair de lucidité pour contrer cette proposition ahurissante

Écrit par : eric | 06/10/2011

L'origine du problème salerno en cette période pré-electorale provient du fait qu'elle dénonce aujourd'hui les effets négatifs de la libre-circulation ( effets négatifs que les libéraux radicaux et la droite économique lui contestent )et qu'elle essaie de se présenter elle comme porteuse de solution.

Mais lorsque tous ceux qui ont voté la libre circulation, socialistes, verts, libéraux, radicaux, pdc se rejettent la faute les uns sur les autres, disent c’est toi c’est pas moi, c’est vrai c’est pas vrai, mais ne proposent aucune solution pour remédier à l’état catastrophique dans lequel le peuple se trouve, c’est qu’il est plus que temps de les changer et de chercher autre chose…


Initiative populaire fédérale "contre l’immigration de masse"

La Constitution fédérale est modifiée comme suit:

Art. 121 Titre (nouveau)
Législation dans le domaine des étrangers et de l’asile

Art. 121a (nouveau) Gestion de l’immigration
1 La Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers.
2 Le nombre des autorisations délivrées pour le séjour des étrangers en Suisse est limité par des plafonds et des contingents annuels. Les plafonds valent pour toutes les autorisations délivrées en vertu du droit des étrangers, domaine de l’asile inclus. Le droit au séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales peut être limité.
3 Les plafonds et les contingents annuels pour les étrangers exerçant une activité lucrative doivent être fixés en fonction des intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect du principe de la préférence nationale; ils doivent inclure les frontaliers.
Les critères déterminants pour l’octroi d’autorisations de séjour sont en particulier la demande d’un employeur, la capacité d’intégration et une source de revenus suffisante et autonome.
4 Aucun traité international contraire au présent article ne sera conclu.
5 La loi règle les modalités.
Les dispositions transitoires de la Constitution sont modifiées comme suit:
Art. 197, ch. 9 (nouveau)
9. Disposition transitoire ad art. 121a (Gestion de l’immigration)
1 Les traités internationaux contraires à l’art. 121a doivent être renégociés et adaptés dans un délai de trois ans à compter de l’acceptation dudit article par le peuple et les cantons.
2 Si les lois d’application afférentes ne sont pas entrées en vigueur dans les trois ans à compter de l’acceptation de l’art. 121a par le peuple et les cantons, le Conseil fédéral édicte provisoirement les dispositions d’application nécessaires par voie d’ordonnance.

http://www.svp.ch/g3.cms/s_page/81190/s_name/newsschlagzeile1/newsContractor_id/208/newsID/2592/newsContractor_year/2011


Tous le reste c'est "peanuts"

Écrit par : 022 | 06/10/2011

Les commentaires sont fermés.