17/10/2011

Pour le DIP, le Nouveau Testament n'est qu'un "petit texte"

L’enseignement des Grands Textes au Cycle d’Orientation (CO) semble mû par un étrange hasard. Un hasard si singulier qu’il exclut la possibilité d’identifier et de comparer des textes issus de la tradition chrétienne pour les élèves des écoles publiques genevoises (9ème année). Et pourtant, leur école n’entend-elle pas permettre « d’identifier et de comparer les réponses données par différentes civilisations aux questions existentielles » ? A moins que le Nouveau Testament ne soit indigne de figurer parmi les Grands Textes.

 

Si « Ra’aroa », le chant tahitien de la création, a certainement sa place (au titre de l’exotisme relativiste ?) dans ce recueil de « Grands Textes » « préparé par des enseignantes du CO sur la base d’un dossier réalisé par l’unité d’histoire des religions de la Faculté des Lettres de l’Université de Genève, sous la direction du Professeur Philippe Borgeaud qui en a conçu le choix et dirigé l’élaboration », si, dans chacune de ses trois parties (1. La naissance du monde ; 2. Le déluge et la condition humaine ; 3. La mort et l’au-delà), le Coran est présent, s’il en va de même pour l’Ancien Testament, pas une page, pas une ligne, pas un mot en revanche issu du Nouveau Testament.

 

Je saurais donc gré au Conseil d’Etat d’identifier les raisons qui ont poussé à ce choix négatif et d’indiquer s’il entend, dans une nouvelle édition de ce recueil de textes, permettre aux élèves genevois primo d’apprendre que la tradition chrétienne les concerne autant sinon davantage que l’épopée de Gilgamesh, secundo de découvrir, au-delà de sa simple existence, la teneur d’au moins un extrait du Nouveau Testament.

 

Ce serait, à n’en pas douter, respecter l’esprit et la lettre du Plan d’études romand (PER) qui se fixe entre autres buts « la transmission des valeurs fondatrices de la vie commune dans une société démocratique » et entend que l’école publique « prenne en compte et rende accessible la connaissance des fondements culturels, historiques et sociaux, y compris des cultures religieuses, afin de permettre à l’élève de comprendre sa propre origine et celle des autres ».

 

A titre gracieux, je me permets de suggérer d’ajouter sans supprimer – on pourrait voir là un nouveau slogan pour la didactique des mathématiques… – un texte issu d’un des Evangiles, dans la partie sur la mort et l’au-delà, traitant de l’apparition, après sa résurrection, de Jésus marchant sur l’eau à ses disciples. Voilà qui ne devrait pas manquer de frapper l’esprit des élèves. Et ce d’autant que, selon un sondage certes français, la moitié des catholiques de l’Hexagone ne croient pas en la résurrection.

 

Enfin, profitant de cette grande question pour en poser une petite, je souhaite savoir si la présence côte à côte du Coran et de l’Ancien Testament, dans la partie consacrée à la naissance du monde, permet de mettre en lumière que pour le premier la femme est inférieure à l’homme, alors qu’elle est son égale dans le second. En d’autres termes, il s’agit de savoir si ce recueil de textes entend borner le relativisme ou s’y complaire.

 

(Question écrite déposée au Grand Conseil le 13.10.2011)

 

 

 

07:14 | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Jésus adorait les métaphores.Le texte affirmant qu'il marchait sur l'eau avait frappé mon esprit comme celui d'autres enfants mais un guide Tunisien lors d'un voyage vint à mon secours commentant l'avancée du désert soudainement il dit ,voyez là nous marchons sur un lac asséché! chacun est libre de ses opinions concernant le réchauffement climatique mais ce guide en une phrase venait de mettre en lumière un fait qui existe depuis fort longtemps et comme tous les glaciers reculent et avancent une année sur deux cela montre bien qu'en science comme en religion aucune certitude quelle qu'elle soit ne peut être absolue,Eistein lui-même n'était-il pas un adepte des incertitudes scientifiques?

Écrit par : lovsmeralda | 15/10/2011

Je crois qu'ils ont fait une confusion entre religion et philosophie. La philosophie du nouveau testament est quand même particulière dans le fait qu'il n'est que spirituel sans commandement concernant la vie quotidienne. Et ne condamne pas les non croyants qui peuvent aller au paradis puisque le coeur est jugé, qu'importe la religion ou la dévotion. Sans compter que par Jésus, les péché sont pardonnés.
De plus pas de notion de violence (Talion,...), au contraire, face à ceux qui ont fait le mal, il y a le pardon.

En regardant de manière laïc, cette philosophie est révolutionnaire et va à contre-courant de beaucoup de philosophie religieuse qui ont tendance à tout contrôler, juger/condamner.

Donc vu les particularismes, étrange cette absence.

Écrit par : roket | 15/10/2011

Sans doute le DIP se méfie-t-il des bonnes nouvelles.

Écrit par : Pascal Décaillet | 15/10/2011

Ca y est la boîte de pandore est ouverte!

http://www.ge.ch/dip/doc/actu/2011/110519_cp_grands-textes_per.pdf

Très instructif est le texte de présentation. On y joue du multiculturalisme. Il faut apprendre à respecter l'autre! Même quand l'autre ne vous respecte pas? Même quand l'autre est porteur d'une idéologie obscurantiste, totalitaire? Ce ne sont que des "identifie et compare". Devons-nous en conclure que tout se vaut? Ou est le bien? Ou est le mal? Pas de souci, tout le monde est parfait et tout le monde s'aime et se respecte, personne ne se croit au-dessus des autres!

Le Code d'Hammourabi, je l'identifie, je le compare avec nos lois. Exemple : "22. Quiconque commet un cambriolage et est pris, est mis à mort." Certains élèves vont dire : très bien le code d'Hammourabi! Et par respect de l'altérité, le professeur devra bien sûr approuver... Ou alors dire que ce Code est de l'histoire ancienne et que ceux qui voudraient le remettre au goût du jour sont des salopards.

Le coran, je l'identifie, je le compare avec nos connaissances actuelles (la sourate de l'abeille [et non des abeilles comme indiqué sur un site catho]) :
"il a créé l'homme d'une goutte de sperme." Et si je compare cette affirmation avec nos connaissances actuelles, je dois constater que la divinité du coran est d'une ignorance crasse sur le fait de la reproduction. Mais sans doute je pourrai expliquer que cette conception de l'homme ensemençant le "champ" (textuel) de la femme aboutit à considérer l'homme comme supérieur à la femme.

Plus loin se trouve un exemple parfait pour enseigner l'altérité et le respect de l'autre : "ceux qui ne croient pas à la vie future ont des coeurs qui nient tout et s'enflent d'orgueil." Comment vont réagir les élèves non croyants? Comment vont réagir les élèves musulmans? Comment vont réagir les autres?

La bible, je l'identifie, je la compare avec elle-même. Les dix commandants sont au programme. Très bien. Mais c'est de la religion. Le fait religieux, lui, c'est que Moïse en redescendant casse les tables de la loi et fait massacrer son propre peuple comme un vulgaire Saddam Hussein. Le fait religieux, c'est que muni de ces 10 commandements, Jésus conquiert le territoire à l'ouest du Jourdain en perpétrant un génocide. "Tu ne tueras point." Sinistre blague. Mensonge éhonté. Mais chut, multiculturalisme, relativisme, tout se vaut.

Et finalement, le document du dip dispose :
"Analyse et comparaison de diverses représentations de la mort et de l’au-delà".
De quel droit? Avec quelle distance? Avec quel éclairage scientifique? Où sont passés Marx et Nietzsche, par exemple? On nage en pleine subjectivité.
Nous ne sommes plus dans le fait religieux, mais bien dans la religion elle-même. Les élèves vont apprendre à se discriminer selon leur religion et leur absence de religion. Dans ces cours, la religion va devenir une fait public, alors qu'elle doit rester dans le domaine privé. En toute laïcité.

Et il a fallut que ce soit un ministre soi-disant socialiste qui fasse passer l'enseignement des religions à l'école publique...

Écrit par : Johann | 15/10/2011

Et oui Johann! Ne saviez-vous pas que le socialisme est une religion avec ses dogmes et son langage “propre” à suivre à la lettre pour ne pas être excommunié?
La cause est noble: “apprendre à tous les habitantes et les habitants à devenir des citoyennes et des citoyens engagés pour le vivre ensemble.
Pour les disciples initiés de longue date, la forme à adopter: "apprendre à tous-tes les habitant-e-s à devenir des citoyen-ne-s engagé-e-s pour le vivre ensemble.
Belle parole mystique! N'est-ce pas?

Écrit par : Michèle Roullet | 16/10/2011

Et oui Johann! Ne saviez-vous pas que le socialisme est une religion avec ses dogmes et son langage “propre” à suivre à la lettre pour ne pas être excommunié?
La cause est noble: “apprendre à tous les habitantes et les habitants à devenir des citoyennes et des citoyens engagés pour le vivre ensemble.
Pour les disciples initiés de longue date, la forme à adopter: "apprendre à tous-tes les habitant-e-s à devenir des citoyen-ne-s engagé-e-s pour le vivre ensemble.
Belle parole mystique! N'est-ce pas?

Écrit par : Michèle Roullet | 16/10/2011

Le Nouveau Testament est-il trop beau pour être étudié à l'école? Le laisser dans le silence le met à part; c'est une forme d'hommage.

Écrit par : RM | 17/10/2011

Ne pas citer le Nouveau Testament parmi les grands textes fondateurs de notre civilisation?
Quel oubli regrettable! Et d'où viennent les expressions connues comme «Rendre à César ce qui est à César?», «Pourquoi vois-tu la paille dans l'oeil de ton frère et ne vois-tu pas la poutre dans ton oeil?» ou encore «Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux»?

Écrit par : Sandrine R. | 17/10/2011

L’Évangile selon Pierre Weiss?

Sans doute le Nouveau Testament est-il un petit texte. C'est qu'en effet, comparé à l'Ancien, il est plus petit (je parle de taille s'entend). Pierre Weiss, dont on s'étonnera de la méconnaissance du texte même qu'il prétend défendre, semble réduire la tradition chrétienne au seul Nouveau Testament, comme le ferait tout fondamentaliste évangéliste qui se respecte.

Heureusement, ici, il s'agit d'abord d’ignorance. Ignorance qui nous encourage à penser que l'enseignement des Grands textes à l'école, quels qu'ils soient, est sans doute une bonne chose et permettra au bloggeurs de demain d'étaler avec un peu moins de hardiesse l'ampleur de leur inculture. En ce sens, Pierre Weiss nous propose un nouvel Évangile, l’Évangile selon Pierre Weiss, dans lequel on apprend que le Christ ressuscité aurait marché sur les eaux. Est-là l’Évangile qu'il faudrait ajouter à la Brochure?

La tradition chrétienne est construite sur deux Testaments, qu'elle a soigneusement distingué entre un Ancien et un Nouveau. Si le Nouveau est essentiel à la diffusion de la Bonne Nouvelle (l’Évangile), l'Ancien constitue le socle fondamental sur lequel va se constituer la "civilisation chrétienne". Ainsi par exemple l'oracle d’Ézéchiel (37, 1-14) relatifs au os desséchés (reproduite dans la brochure des maîtres) est-il un texte clé dans la constitution de la doctrine chrétienne de la résurrection des corps. Mais passons.

Que l'Ancien Testament professe l'égalité de l'homme et de la femme près de deux-mille cinq cent ans avant les Radicaux suisses est sans doute digne d'éloge à l'égard de ses auteurs. C'est oublier un peu vite que Genèse 2 s'empresse de préciser qu’Ève fut en fait créée à partir de la cote d'Adam. Mais si l'on préfère, on pourra citer Saint Paul, c'est à dire le Nouveau Testament: Éphésiens 5, 21: «Femmes soyez soumises à vos maris». Faut-il voir là le terreau fertile dans lequel s'enracine l'Europe laïque et moderne?

Personnellement, je préfère chercher celui-ci chez ces hommes qui, de Montaigne à Voltaire, par la pratique du relativisme, la comparaison sur un même plan des sociétés humaines et des textes qu'elles ont produits, par la volonté de se libérer d'une histoire pieuse, de se détacher du carcan obscur dans lesquels on a trop longtemps confiné nos grands et petits textes, on véritablement jeté les bases de notre Société, ouverte et multiculturelle.

Mais sans doute cet âge là est-il révolu. Nous vivons aujourd'hui les Anti-Lumières. Merci à leur apôtres,fussent-ils Pierre, Paul ou Jean (Johann?), d'en diffuser la Bonne Nouvelle.

Écrit par : sagepapy | 17/10/2011

"Que l'Ancien Testament professe l'égalité de l'homme et de la femme près de deux-mille cinq cent ans avant les Radicaux suisses est sans doute digne d'éloge à l'égard de ses auteurs."

L'ancien testament, l'égalité homme-femme? Dès le début, la femme est désignée comme la servante de l'homme.

http://www.religioustolerance.org/ofe_bibl.htm

Écrit par : Johann | 17/10/2011

Cher Pierre Weiss, je suis tout autant indigné que vous, mais pas pour la même raison. Il y a un autre grand absent de la sélection.

Pas trace d'extraits de "the god delusion" de Dawkins, les biologistes n'ont-ils pas droit de cité (dois-je dire de citer?) pour nier le fait divin contradictoire avec ce qu'ils ont montré dans leur discipline?

Pas la moindre référence non plus à D'Holbach avec son magnifique "Le christianisme dévoilé" ou son jouissif "Tableaux des saints". Pourtant, c'est un des premiers à avoir démystifié que les membres du clergé ont trouvé un bon filon avec la croyance religieuse pour exploiter les gogos.

Mais où est donc passé le "Why I'm not a Christian" ou le splendide petit pamphlet "Is there a God?" du grand mathématicien Russel, qui démonte très bien dans ce dernier texte les sophismes religieux en matière de raisonnement avec la métaphore de la théière?

Curieux, je ne vois pas non plus les philosophes. Ou est Spinoza avec son traité théologico-politique. Grand texte indispensable. Ou sont Nietsche ou Sartre?

Pas de philosophes modernes non plus? Mais où est Dennett avec "Breaking the spell: religion as a natural phenomenon", ou encore Onfray avec sont rès agréable "Traité d'hatéologie".

Ah bon? On ne parle pas non plus de Harris avec son acide "Letter to a christian nation", curieux, j'aurai pensé que c'est assez sinmple d'accès.

On aurait aimé aussi voir un extrait du magnifique testament de l'Abbé Meislier. ou quelques passages de la philosophie du boudoir du Marquis de Sade histoire que les petits chérubins (scolaires bien sur) puisse s'amuser un peu.

Il faut dire la vérité sur tous que diable! C'est pourquoi, pour ne pas cibler uniquement le christianisme, on regrettera aussi l'absence de quelques passages de Ibn Warraq, je pense particulièrement à "Why I'm not a muslim". Quelques vidéos de Wafa Sultan disponibles sur internet auraient même suffit à instruire nos petits.

C'est aussi dommage qu'on n'enseigne pas en quoi le fait religieux est un fait psychologique. Pourquoi nos chères têtes blondes ne prennent pas connaissance des travaux en la matière par exemple avec le livre de Atran, "In Gods we trust"?

On devrait aussi rappeler à nos petits que ceux qui font vraiment avancer le monde et sont à l'origine de tous les progrès dont nous bénéficions, les scientifiques, ne sont massivement pas croyants et cela va en croissant avec le temps, aux dernières nouvelles c'était 95% des scientifiques américains qui ne croyaient pas alors que le taux s'inversait dans la population comparable (étude de Larson et Whitam, 1998 dans nature).

On regrettera aussi qu'on n'explique pas aux têtes blondes que décénnie après décénnie les études montrent régulièrement un lien négatif entre intelligence et croyance religieuse, la dernière étude de Lynn, Harvey et Niborg en 2009 dans la revue scientifique "Intelligence", confirmant encore une fois la chose: moins on est intelligent et plus on est croyant.

Contrairement à ceux qui prétendent que sans religion il n'est point de morale, manque également la démonstration que la religion apporte nombre de maux précisément découlant de l'immoralité. Il suffit de donner à lire aux élèves le texte du scientifique Paul (prophétique comme nom n'est-ce pas?), paru en 2005 dans "Journal of Religion & Society" pour qu'ils le comprennent, puisque ce dernier montre que plus les pays sont religieux et plus il y a de meurtre, d'avortements, de pauvreté, de suicides, etc.


Bref, on sera déçu, que dans le cadre de l'enseignement du fait religieux à l'école, on ne donne pas la parole aux multiples détracteurs de ces croyances absurdes.

Au final, vous avez raison mon cher Pierre Weiss, cette sélection est très partiale. Malheureusement pour vous, les athées sont encore moins bien représentés que le christianisme et auraient donc davantage voix au chapitre de la complainte. Mais vous savez comment ça se passe, les athées sont les parents pauvres de la société, ceux qu'on fait taire, qu'on discrimine et qu'on opprime depuis toujours, alors que sur le fond ce sont eux qui ont raison.

Écrit par : mais tout à fait | 18/10/2011

Mais tout à fait n'a pas tout tort...

Écrit par : Séraphin Lampion | 18/10/2011

Qu'attendre d'une école qui ne sait même plus enseigner l'orthographe? Rien. Absolument rien. Le choix des textes du DIP, et en particulier l'absence du Nouveau Testament, ne sont qu'un nouvel exemple - superflu tant les exemples sont nombreux - de la nullité insitutionnalisée à laquelle l'Etat prétend soumettre nos enfants.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 18/10/2011

"Belle parole mystique! N'est-ce pas?"

Oui, tout à fait! Car en théorie c'est bien joli, mais dans la pratique c'est tout le contraire qui va se passer. On va montrer aux élèves qu'il sont différents ce qui ne peut que les inciter à la ségrégation. Autant leur coller sur la poitrine qui une étoile, qui une croix, qui un croissant... Ca ne vous rappelle rien?

Apparemment vous n'avez jamais lu les textes religieux qui excluent continuellement l'autre quand ils ne les vouent pas directement au châtiment. Et qui font de la femme dans les trois monothéisme un être inférieur dont nous n'avons pas fini de subir les conséquences.

"Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël."

Message trahi par la suite bien entendu.

Écrit par : Johann | 18/10/2011

Dans ces "Grands Textes" il n'y a même pas l'Oeuvre de Marx... Groucho Marx!

Un homme qui aurait toutes la faveur de Monsieur Weiss. Il nous dit lui-même qu'il aime l'humour, celle de Groucho particulièrement.
Vraiment?... Autant que Madame Calmy-Rey l'aime elle-aussi? Mon Dieu* non! Pas Groucho, l'humour!

* Selon votre croyance, veuiullez échanger Dieu par Yahveh, Allah, Bouddha, Zeus, Osiris, Ganesh etc...
Si j'ai oublié le Dieu ou les dieux d'une personne qui me lit, je demande à ce qu'il veuille bien m'en excuser... De mon temps, dans le canton de Berne, il y a de nombreux lustres, nous n'avions étudié aucun des Grands Textes... Sauf l'Ancien Testament de long en large et en travers. Et déjé là, le Nouveau avait été escamoté. Peut-être parce que c'est lui qui est la pomme de discorde entre Catholiques et Réformés.

Écrit par : Baptiste Kapp | 18/10/2011

Cher Pierre, il semble que tu te sois énervé trop vite, puisque selon les professeurs concernés, le Nouveau Testament sera étudié l'année suivante. Selon une logique qui me parait responsable.
Considérons l'histoire des religions et de la pensée humaine: les Lumières fondent notre manière de voir autant que les Evangiles. Elles en naissent d'ailleurs, ou plutôt naissent des guerres de religion et des conversions/apostasies/reconversions multiples qu'elles suscitèrent, qui banalisèrent le sacré.
Tout ceci a un sens, ou plutôt une direction, qui part des mythes polynésiens ou de leurs homologues "premiers", dans lesquels on retrouve souvent de troublantes similitudes. Troublantes parce que nous avons des origines communes ce dont certains mythes se souviennent encore par-delà les millénaires, mais aussi parce qu'elles prouvent que foi et croyance sont essentiellement des tentatives de réponse humaine, plutôt que divine, aux questions qui nous rendent tous perplexes. Ces mythes ont donc toute leur place dans cet enseignement.
Durant des millénaires, l'homme s'est rassuré, mal, en déifiant toute chose et d'abord la nature, qui se parait ainsi de mille superstitions. Les monothéismes sont un progrès dans la mesure où ils diminuent le niveau moyen de superstition, en le concentrant en un seul gros concept majeur.
Entre le IIIème et le VIème siècle après JC, les trois monothéismes se livrent une concurrence féroce dans "notre" monde d'alors, celui des Empires Romains. Le Christianisme en sort vainqueur, le Judaïsme opprimé (au point qu'il cessera quasiment tout prosélytisme dès cet époque alors qu'il était une religion missionnaire auparavant), tout comme l'arianisme, qui renaîtra cependant avec vigueur dès 622, sous le nom d'Islam.
Lors de l'entretien que nous avons eu, le moine cistercien Michel Niaussat (le moine de "Le Nobel et le Moine") me confiait: "Nous sommes tous arianistes au fond". Ce qui ne signifiait pas qu'il était prêt à se convertir à l'Islam, mais qu'il admettait que si la figure du Christ fait un prophète d'envergure, la fable (excuse-moi du terme) de sa résurrection prête à sourire. Or c'est la seule preuve de son caractère divin...
Rappelons au passage que la question n'est point anodine puisqu'elle causa la crémation de Michel Servet.De son vivant. Enfin au début. Parce que nier la Trinité, c'est nier le caractère divin de JC et vice versa. A cela s'ajoute la résurgence des Saints, donc quelque part des superstitions: dans tous les syncrétismes comme le vaudou, le Bondieu coolie, ou les cultes mexicains, les saints sont assimilés aux nombreuses divinités ancestrales...
Oublions les Indulgences, mais ajoute la confession et de nombreux rites... Bien moins cependant que dans la version "moderne" de l'arianisme où le salut dépend du nombre de fois où l'on se lave les mains chaque jour, de la direction dans laquelle on se prosterne, de ce que l'on boit ou mange, etc...
Admets que si l'on peut rester au début dans le commentaire sociologique neutre, la mort du Christ (et son traitement médiatique de l'époque) soulève des questions bien plus complexes, qui touchent à la nature même de la croyance. On peut choisir d'en parler aux mômes à l'âge où ils croient encore au Père Noël, ce qui ne me paraîtrait pas très "fair" dans une société laïque... Ou attendre au contraire qu'ils aient l'âge de réfléchir de manière autonome sur la question. En leur fournissant les bases les années précédentes. C'est, si j'ai bien compris, l'option retenue par le DIP. Qui me parait correcte. Leur plus grand tort aura sans doute été de ne pas l'avoir communiqué avant !

Écrit par : Philippe Souaille | 19/10/2011

@ Philippe Souaille

Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards... idiots. Le programme de 10ème traitera du lien social, celui de 11ème des droits de l'homme. Y mettre le Nouveau Testament tiendrait de l'artifice.
Non, c'était en 9ème qu'il fallait et qu'il faut, dès la prochaine édition, introduire un extrait de ce texte qui semble faire peur aux athées militants, aux relativistes absolus et au DIP qui semble vouloir ajouter la faute à l'erreur.

Écrit par : pierre weiss | 21/10/2011

@ Pierre Weiss

en tout cas, ces gens-là sont bien d'accords avec vous:

http://fouthese.com/2011/10/19/geneve-linstruction-publique-oublie-le-nouveau-testament/

Écrit par : sagepapy | 22/10/2011

je note d'ailleurs sur le site de vos amis (article concernant le massacre du fondamentaliste chrétien Anders Breivik)le commentaire suivant, qui montre que sur certains points au moins, tout le monde est bien d'accord:

"Puisqu’il semble que les bases les plus fondamentales du christianisme font défaut à pas mal de monde, on va faire un petit récapitulatif basique. Le Livre Saint de tout chrétien est la Bible. Celle-ci se compose de deux éléments distincts, mais complémentaires, l’Ancien et le Nouveau Testament."

à bon entendeur...

Écrit par : sagepapy | 22/10/2011

Les commentaires sont fermés.