17/10/2011

La guerre contre l’insécurité ne sera gagnée qu’avec le retour du sentiment de sécurité

Il était une fois un canton sûr. Tous les Genevois en étaient convaincus. Puis une machine infernale s’est mise en route, celle de la délinquance. Comme la calomnie, elle a gonflé, emportant d’abord sur son passage la croyance que l’on vivait en sécurité, puis la réalité de la sécurité. Les vols à la tire ou à l’arraché, le deal de la drogue sur des scènes ouvertes, comme dans le parc de Saint-Jean, à la Place des Volontaires ou sur les quais, les brigandages et même les attaques à main armée, ce n’était plus ni du cinéma, ni des exceptions, ni pour les autres. Non, cela devenait une réalité fréquente, une expérience personnelle. Comme le téléphone portable, avec des photos du mariage de mon fils, que l’on m’a volé dans le train. On a alors commencé, statistiques à l’appui, à compter les coups de l’insécurité ambiante. Avec pour conséquence que le sentiment d’insécurité, parfois obsédant mais basé sur des faits irréfutables, s’est ajouté à cette insécurité réelle. 

Deux Genève ont ainsi commencé à se côtoyer, même en plein jour. Comme dans le tram 17, à 2 heures de l’après-midi, où un cocaïnomane monté à Cornavin sniffait sa drogue sans la moindre vergogne, au vu et au su de tous les passagers incrédules ou prudents, sait-on jamais. Et la première Genève, l’honnête, s’est mise à raser les murs, à ne pas se faire remarquer pour ne pas se faire attaquer, à baisser la tête. Le monde à l’envers. Et les personnes âgées et les femmes, surtout, ont commencé à craindre de sortir le soir, à éviter les parkings souterrains, à avoir peur pour leurs enfants. Le principe de précaution, ça maintient en vie, mais ça pourrit la vie. Bref, les clés de la Ville sont passées des mains des citoyens à celles des délinquants. Avec pour effet que des milices de citoyens privés commencent à pointer leur nez, par exemple pour contrer la présence des joueurs de bonneteau.

Revenir à la sécurité que nous avons tous connue, mission impossible ? C’est ce que prétend le chef de la police jurassienne. Outre que ses propos sont d’un défaitisme irresponsable, ils sont faux. Ce policier n’a jamais fait le voyage des villes qui ont gagné la guerre contre le crime. Certes, il aura raison tant qu’il n’y aura que 100 gendarmes et gardes-frontière plus environ 100 agents de sécurité privés pour garder le canton la nuit. Mais il aura tort dès que les peines de prison auront remplacé les jours-amende, dès que les autorités auront donné les moyens nécessaires à toutes les forces de l’ordre, fédérale, cantonale et même communales, de travailler de manière coordonnée, sur le terrain. Les moyens et aussi la volonté d’appliquer la loi, toute la loi, pour regagner pas à pas l’espace public occupé par les délinquants.

Ce jour-là, les Genevois pourront commencer à respirer à nouveau sereinement. Le sentiment d’insécurité s’évanouira au fur et à mesure que l’insécurité réelle perdra du terrain et que la sécurité, tout aussi réelle, reprendra le dessus. Mais gagner cette bataille ne suffira pas. Seul le retour au sentiment de sécurité consacrera la victoire de la sécurité. Une victoire où les querelles politiques ne sont plus permises. Car si le chemin est sacrément raide, l’enjeu est prioritaire pour l’autorité de l’Etat comme pour le bien-être des Genevois.  

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Commentaires

Bonjour,

Est-ce que le titre de votre article n'est pas contradictoire avec son contenu ?

Vous dites que "La guerre contre l’insécurité ne sera gagnée qu’avec le retour du sentiment de sécurité" puis vous affirmez que la réelle insécurité progresse à grands pas à Genève alors que les chiffres de l'évolution des crimes et délits disent le contraire. Ou peut-être avez-vous d'autres chiffres pour appuyer vos dires ?

D'après les données officielles, le sentiment d'insécurité progresse alors que l'insécurité reste stable.

Et si l'insécurité progresse, c'est parce que les fais divers font les gros titres et que des gens comme ceux de votre parti ou de l'UDC les instrumentalise pour faire monter un sentiment d'insécurité avantageux en termes électoraux.

Il y a certainement à faire pour lutter contre le crime, la délinquance et les incivilités en toutes sortes, comme par exemple le développement de la police de proximité, celle qui est à pieds, pas nécessairement armée et qui est liée aux quartiers dans lesquels elle connaît les habitants et est connue par eux. Mais la guerre contre le sentiment d'insécurité sera gagnée lorsque les partis et les médias cesseront d'effrayer les gens.

L'insécurité la plus réelle a trait à la peur de perdre son emploi et son logement.

De plus, la droite est au pouvoir au niveau fédéral et cantonal depuis toujours, que ce soit dans les exécutifs ou les législatifs. Si elle est capable de faire qqch, pourquoi est-ce que ce n'est pas encore fait ?

Cordialement
A. Duprex

Écrit par : Arthur Duprex | 17/10/2011

Celle dont le sac est arraché, celui qui se prend un coup de surin dans le bide n'éprouve pas de "sentiment d'insécurité" mais bien une "sensation de criminalité". Zappons donc la première expression, ridicule euphémisme visant à masquer l'impuissance des femmes qui dirigent le Dpt responsable de la Police et le Corps de police lui même. "Le poisson pourrit par la tête", selon un proverbe chinois. Et acceptons que la recrudecence des cambriolages à Genève (+ 140 % depuis Schengen !) est en majeure partie imputable à cette téméraire "ouverture des frontières" au tout-venant, y compris et surtout à la "racaille" venue...d'ailleurs. Une candidate au Conseil national, à l'écoute de la population, le dit en termes plus élégants:

http://www.youtube.com/watch?v=8qYrxFPwQVU

Écrit par : Pierre-Yves SEREX | 17/10/2011

J'ai vécu longtemps à Genève, je n'y vis plus mais j'y ai mes amis.
Et bien à force d'entendre toujours les mêmes problèmes de violences à tout va; qui semble de pas vraiment figurer dans les statistiques, je n'y viens plus. Aucune envie d'être au mauvais endroit au mauvais moment.

De mes amis d'école dans la police, il semble à l'évidence que bien des méfaits ne sont mêmes pas déclarés, désabusées qu'elles sont les victimes!

Écrit par : Corélande | 17/10/2011

"La guerre contre l'insécurité ne sera gagnée qu'avec le retour du sentiment de sécurité"

Enfin un politique qui veut vaincre l'insécurité en restaurant le sentiment de sécurité, alors que nos élus actuels luttent encore trop souvent contre le sentiment d'insécurité, sans rétablir la sécurité !

Minet.

Écrit par : Walter Schlechten | 17/10/2011

Mais où est la genève d'antan ?

Il était une époque où le fait d'entrer en Suisse, voulait dire : attention, ici pas de faux pas, au moindre délit la sanction tombe.

Maintenant les malfrats venus d'ailleurs , mais aussi de l'intérieur se croient tout permis, et se fichent de l'Autorité.

Il faut les terroriser et multiplier les sanction, mais aussi communiquer et faire savoir à l'extérieur qu'ici " ça craint".

Prenons l'exemple de Monaco.

Écrit par : Perrot | 18/10/2011

Perrot, vous êtes riche ? Monaco est réservé aux riches. Si vous êtes riche, pas étonnant que vous en rêviez. Mais si vous êtes un travailleur normal, vous feriez mieux de craindre de vous faire expulser de votre ville par la hausse des prix. C'est ce qui se passe en ce moment à Genève d'ailleurs. Si ça continue elle sera toute proprette et vraiment très sûre mais vous serez parti vivre ailleurs.

Écrit par : Arthur Duprex | 18/10/2011

Les statistiques sont bien trompeuses à Genève. Si l'on compte le nombre de plainte que les gendarmes refusent sans droit de prendre dans les postes, des cas mis volontairement hors statistique pour ne pas affoler la population, pas étonnant que cela paraisse "pas trops grave".

Il suffit d'avoir besoin de la plolice pour constater qu'elle met des plombes a répondre au téléphone et encore plus longtemps a envoyer une patrouille.

La plupart du temps quand la patrouille arrive, les responsables sont partis ou la police ne fait rien et nous dis de rappeler si ils recommencent.

Il serait temps de faire le ménage dans les rangs de la police, primo les officiers qui ne connaissent plus rien du terrain et ne se préocupent plus des agents, deuxièmement virer les agents qui se glissent et ont une mauvaise influence sur les autres par leur laxisme.

Finalement il est temps de mettre genève sous tutelle fédérale, pour les finances et pour la sécurité.

Genève est un état de non-droit, sauf pour le citoyen luttant pour boucler le mois eui lui se fait plumer par les autorités et par les criminels.

Écrit par : aigle | 22/10/2011

La sécurité à Genève est gérée par des amateurs, laisserles agents travailler en confiance et virer les officiers et les politiques qui sont incompétents.

La police, les gardes-frontières et les APM sont gérés par des incompétents et se ceux eux qui sont responsable de la démotivation et du ral-le-bol de la troupe.

Quand les chefs ne sont plus des exemples, on les changes, quand les chefs n'ont pas les compétences on ne les mets pas à ces fonctions.

Écrit par : Bol | 22/10/2011

"les clés de la Ville sont passées des mains des citoyens à celles des délinquants."

Plutôt les clés de la Ville sont entre les mains de ceux qu'arrange "la politique de l'autruche" à l'exemple du commentaire de Arthur Duprex qui ne doit pas trop s'aventurer dans les rue de Genève, la gare, les parkings ou les trains. Genève, Monsieur, est devenue une ville morte! Où sont passées les années où Rive grouillait de monde encore à 2h du matin? A la sortie de cinémas ou du Théâtre? Sans parler de la soupe à l'oignon au café de la gare, entre autres, à 6/7h du matin aux réveillons du Jour de l'an?

La police est écoeurée de se voir narguée par des malfrats libérés le lendemain de leur arrestation. Les gendarmes s'occupent de la paperasserie... alors que des secrétaires sont au chômage. Dès lors il est plus arrangeant de verbaliser les automobilistes - oublié de mettre le disque pour dix mn de stationnement etc etc.. - Cela fait plus..... Ceci-dit dans la foulée des deux derniers commentaires auxquels j'adhère. Merci Messieurs!

Écrit par : Patoucha | 23/10/2011

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