23/10/2011

Nouveau Testament: l'angélisme de Charles Beer fait un miracle

Etre présent en étant absent. C'est le miracle qu'entend réaliser Charles Beer en faisant de la présence du Nouveau Testament une telle "évidence" que le DIP peut se dispenser d'inclure une mention du christianisme dans son recueil de textes destiné aux élèves de 9ème du Cycle d'orientation (CO) et consacré aux questions existentielles (l'origine du monde, la condition humaine, la mort et l'au-delà). Et laisser entendre, dans la Tribune du 22 octobre 2011, qu'un extrait du Nouveau testament serait prévu dans le recueil de 10ème, centré sur le fondement du lien social, ou dans celui de 11ème, axé sur l'altérité, les droits de l'homme et la "distanciation à la règle" (la déviance?), c'est prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

Il a un moment où la reconnaissance de l'oubli - qui est une erreur - s'imposerait, sauf à vouloir transformer l'un et l'autre en faute. Sauf que ce n'est pas d'un oubli factuel qu'il s'agit pour l'heure, mais d'une mise à l'écart délibérée. Car le discours du DIP est à plusieurs niveaux selon le locuteur.

Pour le responsable politique, Charles Beer, il n'y a même pas oubli, car la non-mention n'est que le prélude à la présence, à défaut de la signifier. Peu importerait donc l'absence du Nouveau Testament dans le recueil actuel de 9ème, dans la présentation par power-point de ce nouvel enseignement aux médias, ni dans un "document de liaison vraisemblablement destiné aux enseignants" présentant une sélection "exemplative" et donc non exhaustive des textes pour la 10ème et la 11ème années du CO.

Sauf que l'on voit difficilement la pertinence de l'accroche néo-testamentaire pour traiter du "fondement du lien social". La diversité des coutumes y sera illustrée par Hérodote, les premières formes de lois par le Code d'Hammourabi, les règles sociales par la Bible, les lois de Calvin et le Coran (lapidation incluse?). Sauf que l'on voit encore plus mal l'inclusion du Second Testament dans la liste des auteurs convoqués pour "fonder les notions d'altérité et de droits humains et la distanciation à la règle" tels que Voltaire, Rousseau, la Déclaration des droits humains et citoyens de 1789 - je propose ici mon adaptation du titre de ce texte au vocabulaire du DIP - Zola, Primo Levi et Gandhi.

Le problème surgit quand on met face à face les déclarations de Charles Beer et la présentation de son travail par le professeur Borgeaud, le responsable scientifique de ces recueils.

En effet, le premier affirme que "le Nouveau Testament est depuis le départ au programme du fait religieux, c'est tellement évident. Sa place parmi les Grands textes n'a jamais fait aucun doute, on ne peut pas les présenter sans prendre en compte le Nouveau Testament".

Or le discours du second est d'un tout autre ordre. Dans son "Avertissement" bien nommé au lecteur, il veut d'abord "tenir réellement compte de la diversité des cultures humaines, en évitant de tout ramener à nous".

Et là vient la phrase qui prépare la mise à l'écart du Nouveau Testament : "Il s'agissait de réfléchir au dosage le plus judicieux entre un héritage historique occidental conduisant des méthologies et pensées de l'Egypte ancienne, du Proche-Orient mosopotamien et biblique, de Grèce, de Rome jusqu'au judaïsme, au christianisme et à l'islam, et un apprentissage plus anthropologique (et comparatiste), lui aussi nécessaire, introduisant à une altérité plus radicale dans le champ de vision de nos élèves. [...] C'est cette ouverture sur l'humanité globale, dans la potentialité de ses diversités, qui est apparue fondamentale pour échapper à un regard trop européo-centré (avec une attention trop exclusive portée aux trois traditions monothéistes)".

On peut admettre, sans pour autant la partager, cette vision comparatiste qui entend éviter le péril de la hiérarchisation des différences entre civilisations. On ne peut comprendre en revanche la contradiction entre la présence systématique de deux des trois traditions monothéistes (judaïsme et islam) et l'absence tout aussi systématique de la troisième (christianisme) dans ce premier recueil. On ne peut en aucun cas accepter que l'"altérité plus radicale" implique la négation de soi. Comment comprendre et connaître l'autre sans se connaître soi-même dans ses racines, ses traditions, ses textes fondateurs, du Nouveau Testament à la Déclaration de 1789 - et à l'école philosophique qui l'a inspirée ?

Bref, quand Philippe Borgeaud prétend que "s'extérioriser par rapport à une tradition religieuse (la sienne y comprise) est un grand pas en direction du vivre ensemble", on peut le suivre, pour autant que ce pas soit aussi accompli par des représentants de courants plus intolérants, moins au fait des vertus théologales que sont l'espérance, la charité et la foi, auxquelles l'on peut encore ajouter la tolérance. Encore faudrait-il que sa volonté comparatiste d'altérité radicale ne déséquilibre pas son propos au point de le délégitimer.

Bref, si le Nouveau Testament doit à l'évidence être présent, que Charles Beer accomplisse alors le miracle de l'inclure dans la seconde édition de ce recueil de textes traitant de questions exsitentielles pour les élèves de 9ème du CO. Et que Philippe Borgeaud accepte que la compréhension de l'altérité implique une connaissance non culpabilisée de soi. En ce jour d'élections fédérales, il y aurait là matière à dépasser la politisation dont le premier voit trop facilement la trace et le catéchisme que semble craindre le second, dans un pays et surtout un canton où le concept d'héritage n'est apprécié à gauche que sous l'angle de sa fiscalisation...

 

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20/10/2011

Adoptons les maladies orphelines pour éviter le rationnement des soins

Faut-il rationner les soins? La question n'est pas théorique s'agissant des maladies dites orphelines ou rares qui sont souvent héréditaires. Certes, ces maladies - dont ne souffrent qu'au plus une personne sur 2000 - ont depuis peu le soutien d'une communauté d'intérêts, présidée par la conseillère nationale argovienne Ruth Humbel (PDC), qui regroupe notamment la FMH, des fédérations de pharmaciens et de l'industrie pharmaceutique ainsi que des organisations de patiens. Elles le méritent (voir le site www.orpha.net pour en savoir plus). Mais cela ne suffit pas.

Car il est grand temps de mettre sur pied une stratégie nationale en faveur des quelque 500 000 personnes qui souffrent de l'une de ces innombrables maladies - évaluées en fait à 7000 - pauvres en attention et rares en cas. Des cas dont la prise en charge, du diagnostic au traitement, peut être chère et difficile, voire impossible pour le malade.

D'autant que les caisses-maladie, grâce notamment à un arrêt du Tribunal fédéral (du 23 novembre 2010) concernant la maladie de Pompe, peuvent désormais ne pas rembourser systématiquement les frais de médicament qu'elles occasionnent. Des signes plus encourageants sont toutefois venus de l'Office fédéral de la santé publique qui a autorisé, depuis le 1er avril 2011, le remboursement des frais liés aux maladies génétiques rares. En l'état, le coût total des médicaments pour les maladies orphelines a été évalué par une caisse-maladie entre 2,5% et 3% du coût des médicaments, soit environ 0,025% des dépenses totales en faveur de la santé. Mais ces chiffres, auquels il faudrait ajouter les coûts indirects, n'épuisent pas la question. 

Car peu de ces maladies peuvent être soignées pour le moment par des médicaments. Le temps mis pour les diagnostiquer de façon correcte a même été évalué entre 5 et 30 ans pour un quart des patiens européens qui en souffrent, sans évoquer ici les diagnostics erronés et leurs conséquences. Toute une réglementation, concernant la recherche et le développement de diagnostics comme de médicaments appropriés -doit donc être mise sur pied au sujet de ces maladies orphelines.

Les USA, souvent décriés dans le domaine de la santé, et l'UE l'ont fait. Le tour de la Suisse est venu. Il y a des adoptions qui sîmposent.

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17/10/2011

La guerre contre l’insécurité ne sera gagnée qu’avec le retour du sentiment de sécurité

Il était une fois un canton sûr. Tous les Genevois en étaient convaincus. Puis une machine infernale s’est mise en route, celle de la délinquance. Comme la calomnie, elle a gonflé, emportant d’abord sur son passage la croyance que l’on vivait en sécurité, puis la réalité de la sécurité. Les vols à la tire ou à l’arraché, le deal de la drogue sur des scènes ouvertes, comme dans le parc de Saint-Jean, à la Place des Volontaires ou sur les quais, les brigandages et même les attaques à main armée, ce n’était plus ni du cinéma, ni des exceptions, ni pour les autres. Non, cela devenait une réalité fréquente, une expérience personnelle. Comme le téléphone portable, avec des photos du mariage de mon fils, que l’on m’a volé dans le train. On a alors commencé, statistiques à l’appui, à compter les coups de l’insécurité ambiante. Avec pour conséquence que le sentiment d’insécurité, parfois obsédant mais basé sur des faits irréfutables, s’est ajouté à cette insécurité réelle. 

Deux Genève ont ainsi commencé à se côtoyer, même en plein jour. Comme dans le tram 17, à 2 heures de l’après-midi, où un cocaïnomane monté à Cornavin sniffait sa drogue sans la moindre vergogne, au vu et au su de tous les passagers incrédules ou prudents, sait-on jamais. Et la première Genève, l’honnête, s’est mise à raser les murs, à ne pas se faire remarquer pour ne pas se faire attaquer, à baisser la tête. Le monde à l’envers. Et les personnes âgées et les femmes, surtout, ont commencé à craindre de sortir le soir, à éviter les parkings souterrains, à avoir peur pour leurs enfants. Le principe de précaution, ça maintient en vie, mais ça pourrit la vie. Bref, les clés de la Ville sont passées des mains des citoyens à celles des délinquants. Avec pour effet que des milices de citoyens privés commencent à pointer leur nez, par exemple pour contrer la présence des joueurs de bonneteau.

Revenir à la sécurité que nous avons tous connue, mission impossible ? C’est ce que prétend le chef de la police jurassienne. Outre que ses propos sont d’un défaitisme irresponsable, ils sont faux. Ce policier n’a jamais fait le voyage des villes qui ont gagné la guerre contre le crime. Certes, il aura raison tant qu’il n’y aura que 100 gendarmes et gardes-frontière plus environ 100 agents de sécurité privés pour garder le canton la nuit. Mais il aura tort dès que les peines de prison auront remplacé les jours-amende, dès que les autorités auront donné les moyens nécessaires à toutes les forces de l’ordre, fédérale, cantonale et même communales, de travailler de manière coordonnée, sur le terrain. Les moyens et aussi la volonté d’appliquer la loi, toute la loi, pour regagner pas à pas l’espace public occupé par les délinquants.

Ce jour-là, les Genevois pourront commencer à respirer à nouveau sereinement. Le sentiment d’insécurité s’évanouira au fur et à mesure que l’insécurité réelle perdra du terrain et que la sécurité, tout aussi réelle, reprendra le dessus. Mais gagner cette bataille ne suffira pas. Seul le retour au sentiment de sécurité consacrera la victoire de la sécurité. Une victoire où les querelles politiques ne sont plus permises. Car si le chemin est sacrément raide, l’enjeu est prioritaire pour l’autorité de l’Etat comme pour le bien-être des Genevois.  

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Pour le DIP, le Nouveau Testament n'est qu'un "petit texte"

L’enseignement des Grands Textes au Cycle d’Orientation (CO) semble mû par un étrange hasard. Un hasard si singulier qu’il exclut la possibilité d’identifier et de comparer des textes issus de la tradition chrétienne pour les élèves des écoles publiques genevoises (9ème année). Et pourtant, leur école n’entend-elle pas permettre « d’identifier et de comparer les réponses données par différentes civilisations aux questions existentielles » ? A moins que le Nouveau Testament ne soit indigne de figurer parmi les Grands Textes.

 

Si « Ra’aroa », le chant tahitien de la création, a certainement sa place (au titre de l’exotisme relativiste ?) dans ce recueil de « Grands Textes » « préparé par des enseignantes du CO sur la base d’un dossier réalisé par l’unité d’histoire des religions de la Faculté des Lettres de l’Université de Genève, sous la direction du Professeur Philippe Borgeaud qui en a conçu le choix et dirigé l’élaboration », si, dans chacune de ses trois parties (1. La naissance du monde ; 2. Le déluge et la condition humaine ; 3. La mort et l’au-delà), le Coran est présent, s’il en va de même pour l’Ancien Testament, pas une page, pas une ligne, pas un mot en revanche issu du Nouveau Testament.

 

Je saurais donc gré au Conseil d’Etat d’identifier les raisons qui ont poussé à ce choix négatif et d’indiquer s’il entend, dans une nouvelle édition de ce recueil de textes, permettre aux élèves genevois primo d’apprendre que la tradition chrétienne les concerne autant sinon davantage que l’épopée de Gilgamesh, secundo de découvrir, au-delà de sa simple existence, la teneur d’au moins un extrait du Nouveau Testament.

 

Ce serait, à n’en pas douter, respecter l’esprit et la lettre du Plan d’études romand (PER) qui se fixe entre autres buts « la transmission des valeurs fondatrices de la vie commune dans une société démocratique » et entend que l’école publique « prenne en compte et rende accessible la connaissance des fondements culturels, historiques et sociaux, y compris des cultures religieuses, afin de permettre à l’élève de comprendre sa propre origine et celle des autres ».

 

A titre gracieux, je me permets de suggérer d’ajouter sans supprimer – on pourrait voir là un nouveau slogan pour la didactique des mathématiques… – un texte issu d’un des Evangiles, dans la partie sur la mort et l’au-delà, traitant de l’apparition, après sa résurrection, de Jésus marchant sur l’eau à ses disciples. Voilà qui ne devrait pas manquer de frapper l’esprit des élèves. Et ce d’autant que, selon un sondage certes français, la moitié des catholiques de l’Hexagone ne croient pas en la résurrection.

 

Enfin, profitant de cette grande question pour en poser une petite, je souhaite savoir si la présence côte à côte du Coran et de l’Ancien Testament, dans la partie consacrée à la naissance du monde, permet de mettre en lumière que pour le premier la femme est inférieure à l’homme, alors qu’elle est son égale dans le second. En d’autres termes, il s’agit de savoir si ce recueil de textes entend borner le relativisme ou s’y complaire.

 

(Question écrite déposée au Grand Conseil le 13.10.2011)

 

 

 

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14/10/2011

Le devoir de vote

 

La sollicitude verbale dont bénéficient les entreprises en période électorale ne trompe personne. Là comme dans d’autres domaines de la vie sociale, seuls les actes des élus comptent, surtout s’ils sont validés par des effets positifs dans les domaines qui les concernent au premier chef, de la formation aux infrastructures de transport, des assurances sociales et de la fiscalité au poids de la bureaucratie. Mais dès lors que ceux-là sont constatés et que ceux-ci sont vérifiés, la responsabilité de l’entrepreneur, de ses cadres sinon de tous ses collaborateurs est engagée. Une responsabilité qui s’appelle devoir de vote.

 

Cette responsabilité les oblige en effet à remplir leur part d’un contrat implicite : tu as compris mes problèmes passés, je t’appuie pour résoudre mes difficultés futures. Sinon, faute de mobilisation, les places au parlement seront occupées par d’autres, aux vues indifférentes au succès de l’économie de marché, voire divergentes. A cet égard, l’échéance des élections fédérales du 23 octobre 2011 apporte son lot de préoccupations.

 

Même si le passé ne prédit pas le futur, comme il est dit en substance sur les recommandations de placement des établissements bancaires, la prise en considération des votes effectifs est éclairante dans le domaine politique.

 

A cet égard, l’analyse systématique de 386 votes portant sur 36 décisions concernant les PME[1] met en évidence le soutien en premier lieu du PLR (avec des scores allant de 80,4 à 64,2, mais en occupant les 16 premiers rangs de façon compacte) suivi de l’UDC (de 77,7 à 72,4). LE PS (de 30,6 à 28) et plus encore les Verts (de 31,5 à 26,8) confirment leur posture négative envers les PME ; quant au PDC,  il se place en position en apparence intermédiaire, mais plus proches par la majorité de ses scores des intérêts des entreprises (de 71,6 à 42,5).

 

Cette analyse, présentée en janvier 2011 aux Journées de l’USAM de Klosters, est confirmée par une recherche plus récente de la NZZ am Sonntag du 14 août 2011. « So liberal ist das Parlament » souligne le libéralisme économique des trois grands partis bourgeois, PLR (indice 82,9), de l’UDC (75,3) et du PDC (62,2), comme l’illibéralisme du PS (20,9) et surtout des Verts (16,8).

 

Pour autant, il ne faut pas négliger certaines indications fondamentales concernant le futur. L’initiative « contre l’immigration de masse » lancée par l’UDC témoigne ainsi d’une volonté de dénonciation spectaculaire de l’Accord bilatéral sur la libre circulation des travailleurs conclu avec l’Union européenne.

 

Sans même évoquer les effets en cascade sur les autres Accords déjà en vigueur ainsi que sur les difficiles négociations en cours, cette initiative est porteuse d’un risque considérable. Sans polémiquer ici sur la peur de l’étranger qu’elle véhicule, il convient de rappeler l’apport des centaines de milliers de collaborateurs que les entreprises suisses ont pu recruter au sein des pays de l’UE depuis l’entrée en vigueur de ces Accords. Des recrutements – il est bon de le rappeler – qui n’ont pas eu de lien avec le chômage que connaît la Suisse.

Une démonstration élémentaire se trouve à ce propos dans le pourcentage de travailleurs suisses au chômage (2,1% contre 5,3% pour les étrangers). Une autre dans l’initiative du Département fédéral de l’économie « Du personnel qualifié pour la Suisse »[2] qui met en lumière, à l’horizon 2020, la pénurie de personnel, singulièrement qualifié, menaçant les entreprises suisses. Tous les réservoirs de main-d’œuvre devront être exploités – jeunes et moins jeunes, et surtout les femmes, mais aussi les étrangers – et des efforts massifs de formation, de formation continue voire de reformation devront être entrepris.

 

Quand certains se gargarisent du concept abstrait d’entreprise citoyenne, il est essentiel que les entrepreneurs démontrent concrètement qu’ils sont des citoyens. Des citoyens conscients des enjeux auxquels la Suisse est confrontée. En toute liberté, en pleine responsabilité.    

 (Chronique parue dans l'Agefi du 14 octobre 2011)

 

 

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11/10/2011

Du plein emploi à la pénurie

 Les statistiques suisses de l’emploi sont actuellement excellentes, notamment en comparaison internationale. La crise devrait certes provoquer un ralentissement de la croissance, mais la tendance au quasi plein emploi va s’accentuer d’ici à 2020. Pure provocation, surtout aux yeux de ceux qui sont à la recherche d’un emploi ? Non, analyse factuelle du Département fédéral de l’économie[1] qui identifie un défi de fond pour ce pays : la pénurie de main-d’œuvre qui, si rien n’est entrepris, pend au nez des entreprises privées et publiques de ce pays. Et qui en frappe déjà certaines.

 

Un problème, sept solutions aux yeux du DFE. Sauf à vouloir recourir systématiquement à la main-d’œuvre étrangère, elles passent par davantage de présence sur le marché du travail de certaines catégories de la population nationale et davantage de formation, professionnelle comprise, pour tous. Cette analyse est à mille lieues des critiques irresponsables de la croissance comme des maniaques du protectionnisme.

 

Le paradoxe veut que la pénurie résulte des succès de la politique du marché du travail suisse (voir encadré). Comment agir ? D’abord en exploitant tous les potentiels du marché du travail suisse. Et là, des actions pour permettre aux femmes de 25 à 54 ans de concilier vies familiale et professionnelle s’imposent (743 000 personnes concernées). Mais aussi en direction des travailleurs plus âgés (420 000 personnes concernées), pour les inciter à ne pas prendre une retraite anticipée. Avec à la clé des avantages pour leur prévoyance professionnelle.

 

Ensuite en améliorant le niveau de formation de l’ensemble des travailleurs, les futurs comme les actuels. Certes, le pourcentage (90%), parmi les Suisses, de diplômés au minimum du secondaire II (CFC ou équivalent) est stratosphérique, mais ça ne suffit pas : l’objectif est de passer à 95% (164 000 personnes concernées) ! Une marge de progression plus forte existe aussi parmi les anciens émigrés étrangers. Ces actions pour élever le niveau de formation sont d’autant plus nécessaires que le nombre d’étudiants des Hautes écoles devrait baisser dès 2014, celui des futurs apprentis aussi, pour cause de baby-crash. Et là, les étudiants potentiels au sein de la population active sont au nombre de 1,5 million.

 

Les options du DFE sont pertinentes. En revanche, les potentiels indiqués ne sont que… des potentiels. C’est dire si des mesures incitatives, d’accompagnement, seront nécessaires. Crèches, horaires d’école, financement, fiscalisation et reconnaissance de la formation continue, assurances sociales, immigration, politique de la formation ne sont que quelques uns des domaines concernés.

 

L’enjeu pour la population est le maintien voire l’amélioration de son niveau et de sa qualité de vie. Il est, lui, tout sauf théorique. Car la pénurie est d’ores et déjà une réalité. Outre les enseignants, elle concerne les ingénieurs comme les professions de la santé – des infirmiers aux médecins. C’est d’ailleurs la critique principale que l’on peut adresser à cette initiative du DFE : de venir tard. Mais à point nommé pour tous les acteurs de la formation. Voilà un secteur que la crise épargnera. « Pourvou que ça doure », aurait dit la mère de Napoléon !

 


 

 

 

Le marché suisse du travail en 2011 : de records en amélioration continue

 

Au 2ème trimestre 2011, la Suisse comptait 4,708 millions de personnes actives, soit 2,6% de plus qu’un an auparavant ; depuis 2006, la hausse - 400 000 travailleurs de plus – est spectaculaire. La progression de l’emploi pour les Suisses a été de 1,8% (3,394 millions), le complément étant apporté par les travailleurs étrangers.

 

Les plus récentes données sur le chômage qui frappait 111 344 personnes en septembre 2011 (2,8%) font état d’une baisse de près de 30 000 personnes en un an ; la baisse bénéficie aussi aux jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage est certes légèrement moins bas (3,2%), mais surtout nettement moins long que celui des travailleurs plus âgés. Seul 606 d’entre eux figurent au nombre (21 116) des chômeurs de longue durée (plus d’un an). Genève, éternelle lanterne rouge, passe désormais sous la barre des 5% (4,8%), avec 11 700 chômeurs, soit le pourcentage le plus bas depuis septembre 2002.

 

Tous les indicateurs sont positifs : un taux d’activité des 15 à 65 ans qui constitue un record européen (79% contre 64% en France et 57% en Italie) et ce même pour les travailleurs plus âgés (68% pour les 55-65 ans), un taux de chômage parmi les plus bas, y compris pour les jeunes, une croissance annuelle de 1,3% de la population active de 1999 à 2009 (0,5% pour la population résidente). Mais le rythme des nouveaux arrivants sur le marché du travail va ralentir vers 2020, pour cause de « baby-crash ».

 

 

 (Editorial d'Entreprise romande du 14 octobre 2011)

 

 

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10/10/2011

Refondre la Constitution fédérale? L’erreur de deux Jacobins suisses

 Un livre, même petit, mérite soin et respect. C’est le cas de La Suisse ou la peur? Die Angstgenossenschaft, un pamphlet de quelques dizaines de pages rédigé par deux candidats vaudois et socialistes en campagne pour le Conseil national, François Cherix et Roger Nordmann (lire LT du 29 septembre et du 5 octobre). Cette contribution, qui vise à ouvrir le débat sur une révision totale de la Constitution, se démarque à l’évidence de la distribution de tracts dans les stands. Mais elle manque sa cible par son ton, son argumentation et tout bonnement par sa proposition centrale, inadéquate et contre-productive.

Le ton ne fait pas toujours la musique car, derrière les amabilités, les «chers compatriotes» «qui ne sont pas comme moi», se cachent préjugés, œillères et oublis qui enlèvent de la pertinence et donc de la force de conviction au propos.

Au rang des préjugés, on trouve l’étrange perception des Romands et des Alémaniques et de leur rapport au pouvoir. Ici la République, là la Landsgemeinde. Cette volonté aussi qu’auraient les Romands d’être assistés dans leur qualité de citoyens. Cette terre de passage que ne serait pas l’Alémanie – avec ou sans le Gothard? Après Tintin au Congo, voici Cherix et Nordmann en Helvétie.

Leurs œillères sont sidérantes, elles font oublier que l’UDC n’a pas le monopole d’utilisation de la peur. Le réchauffement climatique, dans la bouche des Verts, ne ressemble pourtant pas à un euphorisant. Quant au recours systématique par le PS au thème du démantèlement des assurances sociales, il ne tient pas vraiment d’un traité de cartésianisme appliqué. Peur du génie génétique, peur des OGM. Un peu d’autocritique ne nuit jamais.

Leur méconnaissance de l’histoire politique suisse, l’ancienne comme la récente, est tout aussi confondante. Deux exemples. Genève, ville d’Empire – le germanique, pas le français – est liée à Berne et Fribourg par des traités de combourgeoisie remontant à 1526. Ce canton n’est pas un «arrivé tardif». Ni, a fortiori, Fribourg. Quant aux votes populaires démontrant une opposition entre Romands et Alémaniques, ils ne sont qu’une minorité. Dont ne font pas partie les votes sur l’EEE ou sur l’initiative du GSsA. Bref, le fantasme de l’opposition bloc à bloc est une facilité indigne. La vie politique suisse est au contraire faite de divisions et d’unions à géométrie variable.

Mais il y a pire dans leur démarche. L’appel à une «Assemblée constituante» lancé par ces Jacobins tient dans son inspiration – c’est là son moindre défaut – davantage du manuel d’histoire française que de la tradition suisse. Mais, en mettant ainsi la charrue avant les bœufs, ils en oublient deux points essentiels: l’existence d’une volonté de faire table rase de la Constitution fédérale de l’an 2000; la teneur pour le moins incertaine que pourrait avoir un texte refondateur, compte tenu de la majorité automatique et maudite à leurs yeux qui régit ce pays. C’est donc peu dire qu’ils ouvrent une boîte de Pandore.

Au fond, par leur essai non transformé, Cherix et Nordmann cherchent un outil qui, plus que de réformer les institutions suisses, réussirait à modifier le rapport des forces politiques actuelles. A cet égard, le peuple est effectivement un élément gênant. On connaît la phrase attribuée à Brecht; dans leur bouche, elle devient: la Suisse a perdu confiance dans le rösti, supprimons le rösti. Et l’affirmation selon laquelle «il ne suffit pas qu’une décision soit prise à la majorité pour qu’elle soit légitime» fait froid dans le dos. Eussent-ils dit «morale» qu’on aurait pu s’entendre.

Le problème est que la myopie mène dans le mur. Ce ne sont pas les institutions qu’il faut chambouler, même si des aménagements sont souhaitables – instaurer une présidence plus stable et plus forte du Conseil fédéral, augmenter le nombre de secrétaires d’Etat pour décharger des tâches ancillaires des conseillers fédéraux aux départements restructurés. Au passage, la modification du mode d’élection du Conseil fédéral, émanant du parlement et non directement du peuple, n’a pas besoin d’une révision de la Constitution.

C’est en réalité les problèmes essentiels dont se plaint la population suisse qu’il faut résoudre en priorité: le rapport à l’autre, à l’étranger, à la modernité, à la mondialisation, à la complexité, au fond, la crise d’identité, accentuée par la fin de la division de l’Europe en deux blocs antagonistes et par les critiques portées à la Suisse, qu’il faut dépasser. Une Constituante n’y pourra rien.

C’est donc les attitudes qu’il convient de modifier: la capacité d’écoute et l’intérêt pour les débats autres que binaires et superficiels – une place à retrouver pour les médias audiovisuels –, l’attrait pour l’esprit de concordance.

Seule cette évolution des mentalités peut conduire à un projet pour le pays, partagé par une majorité des citoyens. La réforme des institutions suivra. Voilà un rôle tout trouvé pour les partis. A vos plumes, Messieurs les pamphlétaires! Sinon, cette contribution, écrite «de nulle part», y retournera.

(Opinion parue dans Le Temps du 9 octobre 2011)

 

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09/10/2011

Pierre Weiss, le plus libéral tout en étant centriste: les candidats se dévoilent sur smartvote

Quel est le candidat genevois au Conseil national le plus libéral ? Quel est le plus conservateur ? Le plus à droite ? Le plus à gauche ? A ces questions, smartvote répond graphiquement en classant les candidats sur 2 axes. Libéral-conservateur et gauche-droite (voir http://www.smartvote.ch). Le résultat est intéressant car les réponses sont parfois surprenantes, parfois nettement moins. Elles peuvent naturellement intéresser l'électeur occupé à faire son choix, selon la vocation même de smartvote qui est de le faciliter.

C'est ainsi que le plus libéral de tous les candidats, tous partis confondus, est Pierre Weiss (env. + 60 sur une échelle qui va de -100 - le plus conservateur à +100 - le plus libéral). Il n'est pas le plus à droite de sa liste, car situé à environ +10 points du centre (maximum +25 pour un autre colistier PLR), ni le plus à gauche de sa liste (maximum -15 pour une autre colistière PLR). A noter que la colistière PLR la moins libérale, toujours au sens de smartvote, obtient un score de +20 sur l'échelle du libéralisme. Donc une certaine dispersion entre ces candidats, certes, mais surtout une cohérence globale dans la modération. Il n'y a pas de conservateur au PLR, ni de candidat fortement marqué à droite ou à gauche.

Le candidat le plus conservateur est l'UDC Eric Bertinat (+75 sur l'échelle du conservatisme). Il n'est pour autant pas le plus à droite de son parti, une place occupée par André Reymond, qui est aussi le candidat le plus à droite de tous les candidats genevois (+55), tout en étant un modéré quand on le compare avec les candidats de gauche. On notera que les candidats UDC sont moins homogènes que ceux du PLR.

Le candidat le plus à gauche de tous les candidats est Julien Cart, des Verts, qui, avec un score de 95, est presque collé au maximum de l'échelle gauche-droite, au point d'être plus à gauche que les candidats communistes ! En même temps, il obtient un score de 25 sur l'échelle du conservatisme. De façon générale, les Verts sont les candidats les plus à gauche de ceux qui se présentent devant l'électeur, plus à gauche et plus conservateurs aussi que les Socialistes. Enfin, tant les Verts que les Socialistes sont les candidats les plus regroupés. Un effet de la pensée unique ?...

Les 4 pôles étant occupés, reste à placer les candidats du PDC qui ne sont ni les plus libéraux, ni les plus conservateurs, ni les plus à gauche, ni les plus à droite. En fait, ils sont à la fois modérément libéraux (de 10 à 45) et modérément à gauche (de 20 à 55).

En résumé, les candidats PLR sont posément des libéraux centristes, les PDC modérément des libéraux de gauche, les UDC, clairement des conservateurs de droite, les Verts et, de façon un peu moins marquée, les Socialistes, des conservateurs résolument d'extrême-gauche.

Pour une comparaison des candidats genevois avec leurs partis fédéraux, il faudra attendre une nouvelle note ! Patience est mère de raison...

 

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06/10/2011

Sandrine Salerno et les multis: une controverse perverse

 Les entreprises multinationales, les « multis », ne sont pas des citoyennes honorables. Pour preuves – ou plutôt pour prétextes : elles importent leurs collaborateurs de l’étranger lorsqu’elles s’installent ; pire : elles ne forment des apprentis qu’au compte-goutte. Moins que la Ville de Genève sous la férule de Sandrine Salerno. Les faits sont indubitables, mais leur interprétation est biaisée. Infondées, ces accusations sont aussi perverses.

 

S’agissant des emplois, deux rappels statistiques. Les 931 multis de Genève occupaient directement plus de 76 177 collaborateurs en 2008, soit 34% des emplois privés du canton. Parmi elles, les 177 multis suisses salariaient 40% du secteur multinational. Des chiffres à compléter par les emplois induits directs (nettoyage, restauration d’entreprise) et les effets dérivés sur l’emploi local. Toutes ces personnes et leurs familles sont autant de consommateurs pour les magasins de la place. Et de contribuables à choyer. Sauf par la Ville ?

 

Pour autant, les collaborateurs des multinationales sont loin d’être tous étrangers. Car dès leur arrivée, ces entreprises puisent dans le marché local de l’emploi. Au fur et à mesure de leur croissance genevoise, la proportion des « natives » va tendre à augmenter, au point d’être équivalente à celle que l’on trouve dans des entreprises actives sur le seul marché intérieur. L’employeur a en effet tout intérêt à trouver des personnes formées localement. C’est cela la dynamique d’une entreprise. C’est aussi cela l’erreur, à relents xénophobes, de S. Salerno. Un étranger est honorable même quand il n’est pas requérant d’asile.

 

Le reproche concernant la non-formation d’apprentis est encore plus primaire. Pour une raison simple : les multis établies à Genève se caractérisent par le niveau de formation particulièrement élevé de leurs collaborateurs. Certes, elles engagent de jeunes diplômés de nos hautes écoles, professionnelles comprises, plutôt que des apprentis. Mais peut-on leur reprocher d’agir en fonction de leurs besoins ? Tant qu’à faire, S. Salerno devrait exiger d’elles l’engagement de collaborateurs sans la moindre formation…

 

Cette mise en cause montre l’incompréhension profonde, dont elle fait preuve, du monde des entreprises modernes où se côtoient artisans traditionnels et sociétés de haute ingéniérie, y compris financière. A chaque stade de développement économique son niveau de qualifications typiques. Qui ne l’a pas compris démontre une vue étriquée. Pire, archaïque.

 

Bref, la recherche d’un bouc émissaire à la précarité sociale et à la pénurie de logement ne permet pas l’improvisation dans la réflexion. Les entreprises multinationlales sont nécessaires à Genève. Comme pour la santé, seul leur départ en fera prendre conscience.

 

Un départ peut-être pas si éloigné que cela, à cause d’une initiative fiscale socialiste dont la magistrate genevoise se fait le héraut. A cause aussi de la concurrence inter-cantonale. Jean Studer, conseiller d’Etat neuchâtelois et socialiste bon teint, entend, lui, en faire profiter son canton. Ce jour-là, les questions d’emploi d’étrangers et de formation d’apprentis ne seront plus que des souvenirs amers au bout du Lac.

 

(Editorial du 7 octobre 2011 de la Newsletter de la FER Genève www.fer-ge.ch)

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03/10/2011

L'impitoyable Sandrine Salerno et sa morale à géométrie variable

Sandrine Salerno veut un alter-développement pour Genève. C'est son droit. Elle profère ses convictions sur la nature perverse, sale, de l'argent gagné dans le monde de la finance. C'est sa vision du monde, à la fois banale et primaire. Elle avance avec aplomb contre-vérités sur approximations au sujet des emplois offerts par les multinationales et des qualifications qu'elles exigent. C'est le reflet de son ignorance du monde des entreprises et de l'économie de marché auquel elle préfère celui d'une économie encadrée par l'Etat. Elle fait mine d'ignorer les répercussions fiscales de ses choix. C'est sa responsabilité. Elle fait même s'étrangler de rage contenue le ministre des finances du canton. C'est une bisbille de plus entre une gauche réaliste et une gauche socialiste de plus en plus idéologique, qui craint les coups que pourrait lui porter l'extrême-gauche aux élections fédérales. Car Sandrine Salerno, c'est l'Ana Pauker du PS genevois, "qui se doit d'être impitoyable". du moins dans l'image qu'elle donne.

Sauf que son image sort écornée, pour dire le moins, d'une récente controverse. Elle a beau porter la morale comme un saint-sacrement et suinter la doxa de l'économisme responsable, elle est aussi un employeur qui semble confondre responsabilité publique et intérêts politiques personnels. Le scandale, révélé par Gauche-Hebdo, est résumé sans concession par la Tribune: "D’après les pièces fournies, on lui (à un journaliste) a demandé de rédiger des articles au nom de la magistrate dans la revue du PS Ville de Genève, de trouver des slogans électoraux pour Mme Salerno ou encore de commenter sous couvert de pseudonyme des articles politiques sur le site de la Tribune, en ironisant sur les colistiers de la conseillère administrative". Ce qui ne l'a pas empêché de prétendre le contraire à forum, sur la RSR, le 2 octobre.

Certes, elle n'est pas la seule à utiliser des communicateurs, mais là, il y a de quoi s'inquiéter. Comment croire aux accents de vertu publique quand l'ombre d'un vice privé remonte à la surface? Et ce n'est pas un hasard si le scoop vient de l'extrême-gauche. On n'est jamais mieux combattu que par ses camarades qui sentent eux aussi le vent du boulet de l'histoire.

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