27/11/2011

La gauche à terre. Avant celle du budget, mort d'un impôt obsolète, d'une prestation sociale inefficace et d'un cauchemar pour les travailleurs

Les votes de ce dimanche 27 novembre 2011 sonnent le tocsin sinon le glas pour la gauche dépensière et ses alliés inconscients des déficits publics. Le peuple genevois a mis à mort ce qui subsistait du droit des pauvres, conscient de la concurrence fiscale vaudoise. Plus important encore, il a mis fin à une prestation sociale inefficace, le RMCAS, au profit d'un nouveau système d'aide exigeant d'emblée des chômeurs la preuve par l'acte. Faisant d'une pierre deux coups contre le chômage, il a aussi refusé un salaire minimum au mieux inopérant, au pire créateur de pertes d'emploi pour les travailleurs et de faillites pour les entreprises. A ceux qui doutaient de sa capacité à choisir, il apporte un démenti cinglant. Et une leçon aussi à un Conseil d'Etat qui, à chacun de ses pas, s'enfonce plus profondément dans les déficits.

On peut mettre en cause les sondages de la Tribune, voire les manipuler, une tentation qui a apparemment atteint les militants de plusieurs partis. Celui que la Tribune a consacré aux choix face au déficit abyssal du canton ne semble pas tomber sous cette critique. Or ses résultats sont éclatants:

Nombre de votants : 1804

Pour 56% des 1804 votants, il s'agit de réduire les prestations, et rien d'autre. David Hiler, le ministre des finances, ferait bien de méditer ces données au lieu de se livrer à une "intox" indigne de lui. En prétendant dans la Tribune de Genève du 26 novembre 2011, en réponse à une question sur le refus du budget au déficit inacceptable présenté et aggravé par le conseil d'Etat, que

"Techniquement, le budget 2011 serait reconduit. Cela signifierait qu’on ne pourrait que reproduire l’existant, sans opérer de véritables choix de priorités. Nous aurions notamment un gros problème avec la sécurité car nous ne pourrions engager de nouveaux policiers. En résumé, nous perdrions un an pour rien, sans même réaliser des économies",

il affirme sans preuve un élément et démontre son refus de composer.

L'affirmation sans preuve concerne les économies réalisées en choisissant le voie des 12èmes provisoires. A ce jour, il n'existe aucun calcul ni donc aucune totalisation de ce que représenterait cette option. D. Hiler peut certes prétendre qu'elle n'entrainerait pas d'économies, il ne l'a pas prouvé à ce stade ni face à la Tribune, ni ailleurs. Il n'a même pas anticipé que cette question pourtant évidente lui serait posée. Ce reproche est certes moins grave que celui d'avoir choisi un taux de croissance des dépenses pour le plan financier quadriennal (PFQ) de loin supérieur à celui de l'économie ou à celui qu'il avait retenu lors de de la précédente crise (1% aulieu de 2%).

Il refuse aussi de composer. On peut comprendre sa lassitude de voir les faits se rebeller devant son optimisme et son travail. On ne peut concevoir qu'il refuse, au cas où la voie des 12èmes serait choisie, de laisser le conseil d'Etat venir devant la commission des finances pour présenter une demande de crédit complémentaire en faveur de la police.

Bref, l'heure est à la raison et à la modestie budgétaires. Moins de dépenses que ce qui a été retenu par un conseil d'Etat qu'il convient d'aider dans sa réflexion inachevée par des coupes supplémentaires d'importance et d'éventuelles ponctions sur des entités publiques autonomes qui regorgent de moyens et de réserves. A défaut, le couperet tomberait au terme de deux comptes déficitaires. Et comme pour le RMCAS, d'autres Genfereien non finançables passeraient à la trappe.

Deux remarques pour conclure. La liste des hausses d'impôts que le conseil d'Etat annonce dans son PFQ mis à... nuit (sinon à nuire) pourrait s'allonger. Comment en effet vouloir revenir sur certaines des avancées de la dernière révision de la LIPP sans en toucher d'autres, comme l'explosion du nombre de Gratis-Bürger? Avec 80 000 personnes ne payant pas la moindre quote-part à leur participation à la vie cantonale (près d'un contribuable sur trois), Genève atteint des sommets. Là aussi, il y a des corrections à opérer.

D'autre part, le vrai défi pour cette législature va être, au-delà du déficit budgétaire et des augmentations salariales pour les fonctionnaires qu'il ne cesse de proposer, la réforme du financement des caisses de pension. Là aussi, une révision déchirante s'impose.

Le temps des vaches grasses est bel et bien révolu.

 

 

 

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