12/12/2011

Pisa 2009 : Genève un peu moins à la traîne

 Un an après la présentation des résultats nationaux de Pisa 2009[1] touchant essentiellement la lecture, voici le palmarès des résultats cantonaux. Pour les cantons romands, il n’est pas brillant pour Vaud et surtout Genève, surtout en mathématiques et en sciences, contrairement aux parties francophones de Fribourg et Valais.

 

Le défi d’Harmos n’en devient que plus écrasant, car l’entreprise « Ecole suisse Sàrl » est désormais sous la loupe publique pour qui sait lire. Or c’est un exercice difficile pour 12% des élèves romands et 20% des alémaniques au terme de leur école obligatoire, du coup mis en difficulté pour affronter leur avenir scolaire et professionnel. Rappels et faits nouveaux.

 

Comparés aux 65 autres pays participant à l’enquête, Pisa 2009 marquait une amélioration absolue de la position de la Suisse, mais pas relative. Il ne suffit pas d’avoir passé la barre de la moyenne en lecture pour se tresser des couronnes. La Finlande, championne en 2000, n’est plus « la » mais simplement « une » référence ; la Genève pédagogique n’en a pas encore pris conscience, faute peut-être de cours de lecture rapide…

 

Premier enseignement de Pisa 2009 : il n’y a pas de progrès statistiquement significatif depuis les enquêtes précédentes dans les trois domaines de compétences examinés, quelle que soit la région linguistique. Secundo : les résultats romands et pire encore tessinois continuent d’être significativement moins bons que les alémaniques en mathématiques et en sciences[2]. Tertio, Genève rejoint certes la moyenne suisse en lecture, mais est en avant-dernière position du peloton des cantons romands ; pire : ses résultats en mathématiques et en sciences sont toujours aussi déplorables sur le plan national. Quarto, il y a un peu plus de bons élèves en lecture.

 

A ce sujet, les mesures de soutien, mises en œuvre depuis le coup de semonce de Pisa 2000, peinent à démontrer leur efficacité, au vu de la proportion constante des mauvais résultats, contrairement à ce que prétend la Conférence intercantonale (latine) de l’instruction publique. A fortiori, les réformes dues à Harmos doivent encore faire leurs preuves.

 

En revanche, les résultats meilleurs qu’attendus pour 20 à 30% des élèves originaires de milieux modestes, immigrés ou ne parlant pas une langue nationale jettent une lueur d’espoir pour qui croit en l’école comme instrument de liberté. Mais aussi de désespoir pour qui ne jure que par la reproduction sociale.

(chronique parue dans Entreprise romande du 9 décembre 2011)

 

 

 

 

 

 

 



[1] Relire « Les résultats de Pisa 2009 se lisent en jaune » dans Entreprise romande du 10 décembre 2010.

[2] Pour des exemples d’exercice, affronter www.pisa2009.ch/dyn/11559.php.

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Commentaires

Mais, Monsieur Weiss, de quelles mesures de soutien parlez-vous donc?

Écrit par : Duval | 13/12/2011

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