26/06/2012

Election de Maudet: encore un complot des "forces occultes" !

La justice genevoise a tranché. Elle rejette "sèchement", selon la TG, le recours du MCG tendant à invalider l'élection de Pierre Maudet. Et de condamner les requérants, notamment Eric Stauffer et Roger Golay à payer une amende de 1000 francs pour avoir failli à apporter des faits précis et suffisants à l'appui de leur plainte. Cette décision a deux conséquences immédiates. Primo, Pierre Maudet, le grand vainqueur de l'élection populaire partielle au Conseil d'Etat qui a permis au PLR de conserver ses trois sièges, pourra prêter serment ce vendredi 29 juin 2012. Secundo, la manie de persécution et de déni de réalité des dirigeants du MCG risque d'en sortir renforcée.

On avait déjà entendu l'argument des "forces occultes" manipulant la chancellière d'Etat après que le candidat largement battu au Conseil d'Etat Stauffer avait fait la preuve de sa difficulté à mémoriser le nombre de procédures légales le frappant et s'était enferré dans des explications jésuitiques distunguant dettes et actes de défaut de biens. Etonnante, cette mention, pour qui n'a pas vécu l'Occupation ou n'en a pas une connaissance livresque. Car les "forces occultes", c'est notamment le nom d'un film attaquant le parlementarisme, la franc-maçonnerie et les juifs, bref, les acteurs du complot judéo-maçonnique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_occultes).

Or voici déjà l'avocat du candidat battu qui s'est spécialisé en recours sans succès s'étonner de l'argumentation et de la célérité de la justice genevoise. Et de se réserver le droit de "recourir au Tribunal fédéral ou déposer des plaintes pénales". Contre des "forces occultes" ?... Sans le moindre sarcasme, on peine à comprendre comment cet avocat se prête à ce jeu qui, vu de l'extérieur, le dessert en donnant l'impression d'un quérulent prêt à encombrer les prétoires. A moins que le but du MCG ne soit, simplement, de délégitimer aussi la justice, après s'être attaqué aux autres partis, singulièrement au PLR, au parlement dans son entier et in fine au gouvernement.          

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22/06/2012

Migros-Coop: pour un repérage sans tabou

En décidant d'inscrire "Cisjordanie - zone de peuplement israélienne" sur les produits qui proviennent de ce territoire occupé-disputé (selon les points de vue), et non pas Israël, Migros et Coop ont cédé -partiellement - au mouvement pro-palestinien BDS (boycott désinvestissement sanctions) qui ne rêve que de la fin de l'Etat d'Israël. Et donc sont entrés nolens volens dans le champ politique sans en mesurer toutes les conséquences. Il est pourtant encore possible que ces distributeurs suisses reviennent ou suspendent ou modifient leur position. Pour les y aider, leurs acheteurs devraient se lancer dans une vaste opération de repérage des produits qu'on y trouve. Sans exception, sans tabou. A l'aune des rapports du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Il y a d'abord tous les produits turcs. Est-on certain qu'ils ne viennent pas du Kurdistan occupé-disputé, comme les pistaches, pour ne prendre que cet exemple ? Les produits chinois, de l'électronique aux habits, qui devraient mentionner, si c'est le cas, le Tibet ou la Mongolie occupée-disputée ou informer sur les conditions de travail et l'âge des ouvriers qui les ont fabriqués. Voilà qui rendrait hommage au principe de traçabilité. Comme pour le pétrole azéri, le nouveau chéri de Migros qui le préfère au pétrole norvégien, alors qu'il est aussi noir que sont peu démocrates les têtes qui règnent à Bakou. Quant aux produits "made in USA", ils sont à orner d'urgence d'une tête de mort, du genre de celle que l'on trouve sur les paquets de cigarette, en raison de la pratique barbare des exécutions capitales dans nombre d'Etats américains.

Mais il y a aussi les produits canadiens et suisses qui font souci, et même grand souci. Ce 21 juin 2012, un expert du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a ainsi mis sur le même pied le Canada et la Suisse, l'Algérie, la Biélorussie, l'Etiopie, la Jordanie, la Malaisie et la Russie. Les lois sur les manifestations, restreigant la liberté d'association, adoptées au Québec et à Genève - notamment en raison des violences et des dépradations liées aux réunions à Genève d'organisations internationales - en sont la cause.

De deux choses l'une. Soit cet avis d'expert décrit avec exactitude la réalité vécue des Genevois, dont le canton est assimilé au régime de Lukachenko, le dernier despote européen, soit ce régime n'est pas plus répressif que le canton de Genève. Evitons pour l'heure de penser que cet expert onusien est moins compétent que Jean Ziegler, un autre "mètre" onusien en droits de l'homme, qui ne mesurait pas sa déférence au régime de Khadafi. 

Mais quel que soit le choix (Genève=Minsk ou Minsk=Genève), il est grand temps pour Migros et Coop, en raison du principe de précaution,  d'inscrire sur les produits du terroir genevois "Genève, zone à liberté d'association restreinte". Et d'assurer, la main sur le coeur, qu'il ne s'agit pas là d'une affirmation politiquement connotée, mais juste d'une information d'origine onusienne contrôlée - c'est tout dire.

D'ici à cette décision qui ne serait que logique, ce samedi, o amis consommateurs, notez, notez courageusement, notez sans répit les produits que vous songez peut-être à acheter. Et dans le doute éthique - pas politique , ça va de soi - abstenez-vous de commettre un impair. Ou cherchez un magasin qui vend ses produits sans faire de politique étrangère subliminale ou au contraire qui l'affirme clairement, courageusement, comme les Magasins du monde. Contribuez ainsi à envoyer un message clair à Coop et Migros: l'hypocrisie, l'absence de courage, la politisation rampante sous les bottes du politiquement correct et les doubles standards où il n'y a qu'un seul coupable sur la planète, Israël, ne trompent plus les clients.      

 

  

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19/06/2012

Michèle Künzler, ou un tramway nommé déraillage

Le tram à Genève a 150 ans. La TG en profite pour en rappeler les hauts-faits dans un supplément (paru le 14 juin) intéressant à plus d'un titre. Il s'en dégage une certitude sur les erreurs du passé, dues à une ignorance de la demande, et une double crainte sur la connaissance de la réalité et sur les visions de la ministre des transports. Une double crainte qu'un nouveau déraillage ne se prépare, mais cette fois-ci à la charge de la collectivité. 

La certitude, c'est que le réseau ultra-développé, "de luxe", des années 1920 a été un fiasco économique et une absurdité sociale. Quinze lignes sur près de 125 kilomètres, d'Hermance à Chancy, ont coûté fort cher à leurs investisseurs privés sans servir à la population, notamment rurale. Tarifs élevés et pertes financières se sont conjugués dans une incohérence ignorante de la demande de transport. Bref, "le réseau suburbain (fut) un échec". La raison en a été, selon Christoph Stucki, ancien directeur des TPG et actuel responsable d'Unireso, la volonté de suivre l'air du temps, la mode. "Mais ils ont fait de mauvais business plans". Seul le soutien de l'Etat aurait pu sauver le réseau d'alors. Le réalisme l'emporta, et petit à petit il périclita avant d'être démantelé. Les contribuables l'échappèrent belle.

Presqu'un siècle plus tard et quelques pages plus loin du même supplément de la TG, voilà que la ministre actuelle des transports du canton entend "ne pas répéter les erreurs du passé et stopper nets les investissements". Alors que l'erreur avait été de trop investir ! Et d'en rajouter: "On a évidemment eu tort de démanteler le réseau de trams genevois, qui était l'un des plus performants d'Europe. S'il était resté en place, nous n'aurions aujourd'hui qu'à le rénover". Pour l'adéquation du réseau, on n'insistera pas sur sa méconnaissance du sujet: Genève n'était pas Berlin ou Milan. Pour la rénovation, on croit rêver. Pour qui se souvient du tram qui traversait Bernex dans toute sa longueur sur une voie unique, pour ne prendre que cet exemple, on ne peut que se demander si la conseillère exerçant la tutelle de l'Etat sur les TPG a perçu la modification du gabarit et de la cadence des trams d'aujourd'hui. Ou comment mieux illustrer la nostalgie romantique de son approche... 

Sauf que cela ne lui suffit pas. La voilà qui méprise "les deux ou trois foyers d'insatisfaction" que sont les habitants des Trois-Chêne et de Carouge souhaitant se rendre sans changement sur l'autre rive, et notamment à la gare. Un réseau complémentaire de bus (avec quel argent?) et le CEVA devraient faire l'affaire pour les Trois-Chêne. Et pour Carouge, le doute quant à la réalité du besoin constitue sa réponse. 

Et si le doute quant à la réalité de la connaissance des faits n'était pas plus à sa place ? A prétendre que le service est meilleur avec le nouveau réseau de trams, elle ne convainc plus personne. Et surtout pas les Genevois, citoyens lambda ou experts. Les notes autour de 4 sur 10 attribuées à sa politique dans un récent dossier de la TG (Tribune du 12 juin 2012) consacré aux transports ne semblent pas encore avoir atteint sa table de travail. Ni le diagnostic impitoyable qu'avait posé Vincent Kaufmann, spécialiste de l'EPFL, sur le nouveau réseau "fait par des ingénieurs pour des ingénieurs", mais pas pour servir la clientèle, maltraitée parce que captive; une situation inacceptable en particulier pour les voyageurs les plus âgés ou les personnes handicapées, mais aussi pour les enfants. Du réseau constellation au réseau consternation, telle était son appréciation il y a six mois (TG du 2 janvier 2012). Une appréciation qui n'a pas perdu une once d'actualité mais est toujours niée par Michèle Künzler.       

A l'heure où le Conseil d'Etat réfléchit à une nouvelle répartition des portefeuilles, on peut se demander si le moment n'est pas venu pour Michèle Künzler de réorienter ses intérêts, par exemple vers la promotion des produits du terroir et la renaturation des cours d'eau, où elle fait objectivement merveille, pour éviter un nouveau déraillage aux TPG. Pour le bien des Genevois qui sont des utilisateurs en puissance de TPG séduisants, contrairement à Curabilis... 

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14/06/2012

Merci Sir Henry !

Sir Henry, alias Henry Rappaz, député MCG, collectionne les bourdes. La dernière est la plus grosse. Elle appelle à voter pour son chef afin d'accroître la criminalité et les problèmes à Genève ! Dans un parti normal, il la payerait cher.

Ce triste sire avait déjà dû subir un doublement par ses pairs MCG de la sanction qui lui avait été infligée par le bureau du Grand Conseil en raison de la violation de ses obligations (huit mois d'exclusion des séances de commission, et pas seulement de quatre, pour avoir, en février 2012, envoyé un courrier privé à un prisonnier en utilisant la messagerie du Grand Conseil).

Ce n'était pas la première fois, du reste, que la foudre de l'autorité du Grand Conseil le visait, mais cette personne a de la peine à comprendre les messages; il avait en effet déjà utilisé à tort son adresse de messagerie de député en 2006 et 2007 et été exclu d'une séance parlementaire en 2008 pour avoir tenu, avec son collègue E.S., "des propos inacceptables et injurieux".

Cette fois-ci, le ponte de la TV-MCG publie une annonce dans la Tribune de ce 14 juin 2012 pour "cesser de voter la tête dans un sac offert par les partis de gauche" et voter MCG-UDC. Jusque là, rien que de logique. Sinon le scoop tellurique que le MCG n'est pas de gauche, alors qu'il prétend ne pas être non plus de droite.

L'absence flagrante de logique commence à la lecture des arguments. Car c'est pour avoir PLUS (et non pas moins!!!) de dealers, de drogués, de faux mendiants et de disparitions de PME que les citoyens doivent voter pour le parti de Sir Henry. Pas mal, comme autogoal, en ces temps d'Eurofoot.

Du coup, le MCG, qui a la main lourde comme celle de King Kong, ne peut qu'exlure de toutes les commissions parlementaires, au moins jusqu'à la fin de la législature, pareil traître à son chef. La sentence risque d'être exécutoire dès lundi, après la défaite annoncée du candidat napolitain...

On parie (sur la défaite) ? 

 

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11/06/2012

Le chômage des jeunes n’est pas une fatalité

 Aggravation de la crise mondiale de l’emploi des jeunes. En tirant le tocsin d’alarme, l’Organisation mondiale du Travail (OIT) ne fait pas dans la nuance. Les pays développés auraient même engendré « une génération traumatisée de jeunes travailleurs confrontés à un dangereux mélange de chômage élevé, d’inactivité accrue et de travail précaire ». Cette réalité dramatisée justifie, aux yeux des responsables de cette vieille dame parmi les organisations internationales (OI) ayant leur siège à Genève, de mettre ce thème à l’ordre du jour de sa conférence annuelle.

 

Reste à espérer que le résultat des discussions menées par  des délégués représentant tant les gouvernements que les syndicats et les organisations d’employeurs - plus de  3 000 délégués sont réunis en ce mois de juin à Genève – soit à la fois moins apocalyptique et plus pondéré. Par exemple en donnant au « miracle » suisse l’attention qu’il mérite, singulièrement à l’efficacité du système de formation professionnelle qui commence avec l’apprentissage en entreprise, continue avec les écoles et hautes écoles spécialisées (ES et HES) et se termine avec la formation continue.

 

En évaluant le nombre des sans-emploi dans le monde à 200 millions,dans son Rapport sur le travail dans le monde en 2011, en présentant un nouvel index des troubles sociaux pointant sur un risque d’agitation sociale accru dans 45 pays – notamment ceux de l’UE – sur 118 pris en considération, en soulignant l’insatisfaction des travailleurs quant aux emplois qui leur sont proposés, particulièrement en Europe centrale et du sud, le BIT, dans son rôle de messager de nouvelles inquiétantes, trace un cadre général qui exige une réponse des gouvernements comme des partenaires sociaux.

 

Et la première urgence, à ses yeux, concerne la jeunesse. En témoigne le point de départ, sur cette question, de la conférence de l’OIT, La crise de l’emploi des jeunes : il est temps d’agir[1]. Car il en va non seulement de la capacité de l’économie de marché à assurer un futur à la jeunesse, mais aussi de sa crédibilité que trop d’esprits chagrins mettent en cause. Sans savoir comment la remplacer. Ne serait-elle pas, comme la démocratie, le pire de tous les systèmes, à l’exception de tous les autres ?

 

Avec quelque 75 millions de jeunes chômeurs, soit un taux de presque 13% ou encore un jeune sur huit, sans compter ceux que les statistiques ne saisissent plus en raison de leur retrait du marché du travail, l’économie mondiale fait face à un défi considérable. L’Irlande, avec 28% de jeunes chômeurs, l’Espagne où ce taux dépasse officiellement 40%, témoignent du drame vécu par trop de jeunes, souvent formés. D’autant que la proportion des chômeurs de longue durée (plus d’un an) est jusqu’à trois fois plus élevée parmi les jeunes que parmi leurs aînés !

 

Que faire ? D’abord comprendre les raisons de ce chômage. Or les explications sont multiples, et différentes selon que les jeunes sont qualifiés ou non[2]. Ensuite agir. Sur les conditions-cadre de l’économie. Sur le marché du travail. Et, en amont, sur la formation.  Trois dimensions où le cas suisse peut contribuer à rendre le futur moins glauque pour les jeunes.

 

Avec une hausse du nombre d’actifs occupés de 2,6% en 2011, à 4,7 millions de travailleurs, avec 94% des Suisses satisfaits de leur travail et 85% de leur salaire selon un sondage de la télévision alémanique, avec, à fin avril 2012, un taux de chômage de 3,1% pour l’ensemble de sa population active, et même de 3% pour les 16 669 jeunes concernés entre 15 et 24 ans, avec surtout un chômage de longue durée quasi inexistant pour les jeunes (453 cas), la Suisse peut se targuer, en toute modestie, d’une réussite enviable. Mieux : d’un succès qui amène ses représentants à la conférence de l’OIT à parler à l’unisson du sésame de la formation professionnelle.

 

Certes, la recette n’est pas exportable sans conditions. Mais à coup aussi de rigueur, d’effort, bref, de valeurs qui ont fait le succès de ce pays, il y aurait de quoi sortir de leur blues de nombreux jeunes hors des frontières nationales. Et même les rédacteurs des rapports de l’OIT…

(Editorial paru dans Entreprise romande du 9 juin 2012)

 

  

 

 

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07/06/2012

Anne Emery et le logement : dogmatisme ou ignorance ?

Le logement préoccupe les Genevois. A juste titre. Mais les connaissances d’Anne Emery en matière de logement devraient les préoccuper aussi. A un titre encore plus important, puisque la candidate socialiste au conseil d’Etat répète, d’interview en article, une erreur qui pourrait coûter cher aux… fonctionnaires comme aux contribuables. Mais aussi à sa réputation de bûcheuse. Manifestement, il y a comme un hiatus entre ce qu’elle avance et la réalité dans un cas aussi précis qu'important. Avis donc aux électeurs et électrices indécis.

Eh oui ! Car à prétendre que le rendement de l’immobilier ne devrait pas dépasser 3,5% voire 4%, dans ses jours de générosité envers les propriétaires de logements locatifs, l’enseignante fait une double démonstration négative. Primo, elle a de la peine à passer de la théorie à la pratique. Secundo, si ses dires s’avéraient, les besoins de financement de la future caisse de pension de la fonction publique genevoise seraient encore plus élevés, au détriment des assurés actuels, dont les rentes futures seraient mises à mal, comme des contribuables, dont les impôts seraient menacés d’une hausse ou les prestations d’une baisse, selon l’antienne que le gauche ne cesse d’entonner.

A cette double démonstration, ajoutons, à titre personnel, un regret à l’égard d’une personne estimable pour son engagement et ses capacités à s’investir dans des causes sociales et au surplus respectueuse, elle, de la démocratie et de ses règles : celui de voir une personne qui se voudrait pragmatique coller au camp des dogmatiques. Un camp qu’un candidat à l’exécutif devrait savoir quitter à temps. Une candidate aussi !

Rappel des faits. Lors de la soirée électorale organisée par la Tribune de Genève le 30 mai 2012, Anne Emery a prétendu que l’Etat devrait  acquérir des terrains pour y construire des immeubles « en fixant des rendements en dessous de 4% », comme n’a pas manqué de le relever le rédacteur en chef de ce journal dans un édito au vitriol titré “Eric Stauffer n’est pas crédible” http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/eric-stauffer-credible/story/17123853.

Dans un article du Temps, la même candidate précise sa pensée en matière de politique du logement, qui tient toujours, pour l'essentiel, en ces deux recettes. Mais les achats se transforment en multiplication des préemptions (à la mode paganesque ?) et la jurisprudence du TF est appelée à la rescousse : « ces règles stipulent que le rendement ne peut excéder que d’un demi-point le taux hypothécaire, ce qui fixe le plafond à 3,5%. Or, dans la pratique, l’Etat accepte du 7% ». Horreur et damnation ! (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/405eca84-8996-11e1-af9c-1873ee97b257/Les_socialistes_lancent_leur_assaut_sur_le_gouvernement_genevois)

Ces déclarations amènent à se poser deux questions. La première est celle du taux hypothécaire. Contrairement à la lointaine époque où, comme moi-même, la candidate avait acquis une villa et où l’offre de taux hypothécaires était d’une simplicité biblique, l’époque actuelle se caractérise par une grande variété de taux. Sans entrer dans les détails du libor et des taux variables, retenons simplement que le taux de référence fixé par l'Office fédéral du logement est de 2,5%.

(Voir aussi http://www.bcge.ch/index.php?SubMenu=bcgepratique&label_x=tauxhypo&lang=fr)

 

Mais surtout, il n’est pas du tout interdit d’avoir un rendement supérieur. Ainsi que le rappelle la Cour des comptes dans son rapport consacré à cet aspect controversé de la gestion des caisses de pension publique, le rendement maximum autorisé pour les immeubles subventionnés peut atteindre 5,5%. (Chttp://www.ge.ch/cdc/doc/20120209_rapport_no48.pdf).

Ce qui est supérieur à 4%, aurait dit M. de la Palice, et a fortiori à 3,5%. Mais qui est conforme à la pratique fédérale. Chaque année, en effet, le conseil fédéral fixe le taux de rendement attendu pour la fortune immobilière des caisses de pension privées ou publiques.  

Là où les choses deviennent croquignolesques, c’est quand on essaie d’imaginer les conséquences de la proposition plus théorique on meurt (suffoqué par l’impôt…) de la candidate rose sur le rendement de la fortune des caisses de pension publiques genevoises dont la part immobilière est présentement de 36% soit un gros tiers (3,1 milliard). C’est en effet le seul type d’actifs laissant encore quelque espoir de toucher des rentes décentes aux camarades eux aussi membres de la future caisse publique – ainsi qu’aux non-camarades, car tous les fonctionnaires, loin de là, ne sont plus majoritairement membres du PS, s’ils l’ont jamais été.

 

Pour mémoire non charitable, on rappellera ici que les experts convoqués par l’Etat pronostiquaient encore, pour ne prendre que ces deux ememples, un rendement de 1,9% pour les obligations à dix ans de la Confédération au début de 2011 – le taux d’intérêt est tombé à 0,9% depuis -, et une performance, faite du dividende, des bénéfices et de la valorisation du titre, de 7,5% pour les actions suisses. Sans commentaire.    

 

Or donc, si le rendement de la seule classe d’actifs stables chutait de sa moyenne de 6% atteinte, pendant la période 2000-2010, tant par la CIA que par la CEH à 4% - par égard pour la candidate, on oubliera le taux de 3,5% -, il faudrait tout simplement ajouter 500 millions à la facture pour les contribuables, en raison d’une chute du taux d’intérêt technique (TIT) de 3,5% à 3%. Au minimum.

 

Bof, un demi-milliard quand il faut déjà en payer sept ! Et au point où en sont ces caisses, notamment la CIA, tombée à quelque 45% de couverture (avec un TIT de 3,5%) en ce début de 2012, ce ne serait là qu’un argument supplémentaire pour renoncer à rendre un peu moins insupportable pour l’ensemble de la population une réforme qui lui coûtera au bas mot trois fois ce qu’elle a dû payer pour la faillite de la Banque cantonale, une banque publique faut-il rappeler aux admirateurs-trices de l’ancienne conseillère d’Etat socialiste responsable du dossier à l'époque.  

 

Merci donc à Anne Emery d’annoncer au plus tôt qu’elle renonce à appauvrir les caisses de pension publiques, leurs membres (qui sont des copropriétaires qui s’ignorent des biens immobiliers de la caisse) et les contribuables en acceptant un rendement supérieur à ce que lui dicte une vision dogmatiquement hostile à toute notion économique. Faute avouée est à moitié pardonnée...

 

Mais merci surtout aux électeurs de voter pour Pierre Maudet qui, lui, préfère laisser l’Etat dans son rôle de régulateur et fait confiance au marché privé du logement pour construire, dès lors que la rémunération est adéquate. Voilà ce que c'est que d'être réellement pragmatique dans les faits, et pas dans des slogans qui n'engagent que ceux qui y portent crédit.

 

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