05/10/2012

Le vrai montant des futures retraites des enseignants

Les contre-vérités - en français courant les mensonges -, les approximations médiatiques - en clair, l'intox -, les comparaisons biaisées sont le pain quotidien des opposants à la fusion des caisses de pension publiques.

D'où la nécessité de rétablir les chiffres dans leur dureté peut-être, dans leur exactitude certainement. En commençant par ceux qui concernent la catégorie la plus fréquente parmi les actifs de la CIA, à savoir les maîtres et maîtresses de l'enseignement secondaire, cycle et collège confondus. Pour les 2 807 postes concernés (et 4156 enseignants, compte tenu des personnes à temps partiel), voici LA réalité à laquelle ils seront confrontés dès le 1er janvier 2014.

Précisions qui ont leur importance: ces chiffres s'entendent pour des retraites après une carrière complète (CIA: 38 ans, CPEG: 40 ans), en annuité 22, avec un taux d'activité et un taux moyen d'activité de 100%; les rachats éventuels ont été effectués le cas échéant; ils ne donnent aucune indication sur les mesures transitoires pour les personnes proches de la retraite qui ont intérêt à s'adresser à leur caisse de pension pour le calcul précis de leur rente future. Ils concernent les enseignants célibataires, mariés et les couples d'enseignants concubins et mariés.

Traitment légal brut : 143 242 F

Traitement net: 121 848 F

Rente CIA (actuelle) pleine: 79 041 F

Rente CPEG (future) pleine: 71 329 F

Rente AVS pleine (célibataire):  27 840 F

1/2 Rente AVS pleine (marié):  20 880 F

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (célibataire) : 99 169 F, soit 81%

Rentes AVS + CPEG en F et % du traitement net (marié) : 92 209 F, soit 76%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'enseignants concubins: 198 338 F, soit 81%

Rentes AVS et CPEG en F et % du traitement net pour un couple d'enseignants marié : 184 418 F,    soit 76%

Rappel: le mandat constitutionnel prévoyait que l'AVS et le 2ème pilier devaient couvrir 60% du revenu.

Ces chiffres se passent à ce stade de tout autre commentaire.

D'autres chiffres suivront, pour d'autres catégories de fonctionnaires, afin de donner un tableau complet répondant aux allégations du SSP/VPOD et de ses alliés, le PdT, Solidarités et l'AVIVO. La forme du feuilleton sera peut-être suivie, comme pour les Mystères de Paris... 

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Commentaires

Dans les conditions que vous décrivez, et sur la foi de ces chiffres-là, la situation financière du Canton étant ce qu'elle est, le référendum est tout simplement indécent.

Écrit par : Pascal Décaillet | 05/10/2012

Cher Monsieur,

Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont jamais travaillé auparavant et n'ont pas déjà cotisé ailleurs.
Cette fusion est un gouffre sans fin. Le même processus a été conduit à la confédération avec la Publica et dans d'autres Cantons....c'est une lapalissade de le dire. Quasiment tous ont abandonné la primauté des prestations, trop coûteux et trop compliqué à gérer.
C'est encore une fois une Genferei qui va coûter cher à l'Etat, au contribuable, et aux assurés.
Et c'est un fonctionnaire qui écrit cela.....

Écrit par : Un fonctionnaire | 06/10/2012

L'âge moyen d'entrée dans l'enseignement secondaire est de 32 ans. Par conséquent, la grande majorité des enseignants ne cotiseront jamais 38 ans. A moins d'une retraite à 70 ans... que vous appelez de vos voeux peut-être? Vos chiffres n'ont donc qu'un intérêt relatif.

Écrit par : Philippe Bettens | 05/10/2012

Si l'age d'entrée dans l'enseignement secondaire est de 32 ans, à moins que les enseignants ai été des faignants sur les bancs de l'uni, cela sous entend qu'ils ont travaillé avant... et donc cotisé avant dans une caisse privée ou publique. Le montant de ces cotisations préalables (ou prestations de libre-passage) ont été à leur engagement "importées" sur leur compte à la CIA.

De même, avec ce salaire de quasi 122'000 francs nets (soit plus de 10'000.-/mois) il me semble qu'il était également possible de racheter quelques années...

Écrit par : Philippe Calame | 05/10/2012

Quelques commentaires:
- En dehors des faignants (sic), il y en a aussi pleins qui galèrent (remplacements de plus ou moins longue durée, cotisation faible) avant d'être engagés. Il y a en effet des disciplines particulièrement sinistrées en terme d'emploi (très peu de postes disponibles, forte concurrence).
- Même s'il le souhaite, un enseignant n'accède pas directement au plein poste, il faut parfois attendre plusieurs années.
- Chaque blocage d'annuité voté par le GC (comme c'est le cas cette année) n'est jamais rattrapé, engendre des pertes salriales jusqu'à la fin de la carrière et freine l'accession à l'annuité 22.
- Le référendum n'est pas souhaité par les associations professionnelles des enseignants (UCESG, FAMCO, SPG), mais par la SSP/VPOD.

Écrit par : Philippe Bettens | 05/10/2012

Il serait logique, dans un argumentaire de ce genre, de trouver une comparaison entre les revenus des enseignants et ceux du secteur privé en comparant les années de formation et de stages nécessaires pour accéder à ces revenus comparés.
C'est difficile à faire sans doute, mais une bonne approximation pourrait déjà mettre les données fournies en perspective.

Écrit par : Mère-Grand | 06/10/2012

@ Philippe Bettens

N'oubliez pas la possibilité de rachat des rentes pour compenser un taux d'activité inférieur à 100% et le système des rappels pour rattraper des augmentations de traitement.

@ Mère-Grand

Les comparaisons avec le secteur privé sont difficiles mais la plus pertinente serait de comparer les traitements et les retraites des enseignants du DIP avec ceux des enseignants du secteur privé. Je laisse aux associations professionnelles du secteur public le soin de sortir les chiffres !

Écrit par : Pierre Weiss | 06/10/2012

@Pierre Weiss
Merci de votre réponse.
Comme vous le savez certainement, les salaires des enseignants du privé sont en général nettement inférieurs à ceux du privé, en particulier à cause de différences dans les exigences posées pour leur recrutement. Leur formation, et donc le nombre d'années passées à l'acquérir, est en général inférieur de ce point de vue, ce qui rend la comparaison invalide. Cette remarque ne sous-entend pas un jugement de valeur sur leurs qualités intrinsèques et le travail qu'ils peuvent accomplir, mais tient simplement compte de la réalité des exigences posées.
Notons encore, qu'au niveau du secondaire dit "supérieur", les enseignants genevois sont, sauf erreur, les moins bien payés de Suisse ou des cantons romands, alors même que le coût de la vie est le plus élevé chez nous. Je laisse aux associations professionnelles le soin de confirmer, d'infirmer ou de nuancer cette affirmation.
Le montant des retraites peut d'ailleurs sembler être dissociable de celui des salaires. Ils sont pourtant liés pour deux raisons au moins: la première est une simple question de calcul, l'autre est moins directe, c'est que si le montant des salaires dans le privé, pour une formation équivalente en années et en diplômes (donc en principe en talents et en efforts) est supérieur, ce que je pense, le supplément ainsi acquis permet, au cours des années d'activités, de constituer une épargne pouvant servir, par exemple, à la constitution d'un pécule d'investissement ou à l'acquisition d'une résidence privée, hors de portée de ceux qui gagnent moins.
Ces dernier sont donc plus dépendant du montant de leur retraite et ont dont des raisons objectives de vouloir se battre pour assurer le maintient des conditions qui la fixent.

Écrit par : Mère-Grand | 07/10/2012

La comparaison privé-public n'a que peu de sens - à un niveau de qualification équivalent - puisque un enseignant fonctionnaire bénéficie d'un poste (et surtout un salaire) garantit à vie.
Ce paramètre devrait apparaitre dans la comparaison et, partant, ajoute encore davantage d'indécence à tout discours pro primauté des prestations dans le contexte économique actuel.

Il faut le rappeler : avec un taux de cotisation employé de 8% et employeur de 16% (du jamais vu dans le privé), la CIA réussit l'exploit de terminer sa vie complètement sous-capitalisée.

Il serait intéressant de calculer à quoi équivaut jusqu'à présent en termes de cotisation employé/employeur, le niveau des rentes payées par la CIA.

Disons à la louche un bon 12% employé/24% employeur...
Ce qui signifie que le fonctionnaire rentier actuel aurait cotisé 8% pour une prestation finale équivalente à environ 36% de cotisations..

Écrit par : realityshow | 07/10/2012

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