11/06/2013

La DGM bloque sciemment le trafic automobile en multipliant les arrêts TPG

 

II n’y a pas de bonne ou de mauvaise pollution due au trafic automobile, contrairement au bon et au mauvais cholestérol. Il n’y a que des émissions de gaz toxiques, qu’ils proviennent directement ou indirectement (par effets reportés sur le trafic privé) des véhicules effectuant des transports publics ou qu’ils soient émis par les véhicules affectés au trafic privé.

 

Il y a pourtant des moyens de lutter contre l’augmentation de la pollution de l’air. Certains sont dus au progrès technique, qui diminue la consommation d’essence des voitures (moteurs et pneumatiques plus économes, revêtement de la chaussée plus roulant). D’autres à la modification des comportements (choix de nouvelles technologies recourant à l’électricité, y compris d’origine nucléaire, moteurs électriques pour les voitures, report sur le train à la place de la voiture avec moteur à explosion). D’autres enfin, à une utilisation intelligente de la voirie ou de la signalisation.

 

Apparemment, à Genève, la DGM n’a pas choisi cette voie – si j’ose dire … -  pour les TPG qui n’en peuvent mais, et paient en augmentation de leur impopularité auprès de la population. On y constate plutôt une multiplication des files d’attente, des bouchons pour utiliser un mot du langage courant, due à la création d’arrêts de bus empêchant les voitures de dépasser les véhicules des TPG. Cela se fait notamment par l’inflation du nombre d’ilots centraux ou l’interdiction de dépassement par la pose d’une ligne blanche. En matière de politique de gribouille, on ne saurait faire mieux ! Alors qu’il serait si simple de créer des évitements permettant des dépassements. Pire : il y a même des exemples où des sites propres sont supprimés pour bloquer le trafic à l’arrêt des bus !

 

Illustrons notre propos par deux exemples opposés. Dans le village de Lully, il y a un arrêt TPG (dans chaque sens) où un évitement a été créé, qui « mange » certes sur le large trottoir, mais qui permet aux voitures, aux camionnettes de livraison comme aux camions de ne pas devoir patienter, émettre des gaz d’échappement et perdre du temps qui, pour les entreprises, est de l’argent.

 

En revanche, sur la route de Base, à la hauteur de la zone industrielle et au Grand-Lancy, à proximité du cimetière, un îlot central empêche tout dépassement alors que plusieurs arrêts de TPG se succèdent. Résultats : des bouchons se créent, du temps se perd, de l’essence si chère et, paraît-il, si rare, se consomme en vain, la qualité de l’air se dégrade, les automobilistes s’énervent et pestent contre leurs autorités.

 

Or, contrairement à ce que certains croient, les TPG ne sont pas responsables de cette situation chaotique sciemment créée, mais, renseignement pris auprès de la régie publique des transports, les décisions sont prises par la très restructurée (mais apparemment pas encore assez) Direction générale de la mobilité (DGM) qui dépend du DIME.

Une DGM qui a une seule fixation: bloquer le trafic automobile pour contraindre les automobilistes, dégoûtés de devoir patienter des heures dans l'année pour se rendre à leur travail avec leurs voitures, à utiliser des transports publics eux-mêmes engorgés aux heures de pointe... Et pour rendre la chose encore plus irréversible, la DGM élargit sans la moindre justification objective les trottoirs pour piétons et cyclistes, comme au Pont Wilsdorf.

Dire qu'il y a besoin de retour de balancier pour mettre fin à cette politique reflétant une idéologie unilatérale, cherchant des excuses, telle la peine que les bus ont à se réinserer dans le trafic après leurs arrêts, vers un juste milieu prenant pragmatiquement en considération les intérêts de tous les utilisateurs de la route en fonction de leur importance numérique réelle est une litote. 

 

On peut imaginer que cette mesure dite, en langage politiquement correct, de modération du trafic, mais en français courant de blocage des voitures, participe d’une politique de sécurité. Encore faudrait-il disposer d'une statistique du nombre d’accidents causés par les arrêts TPG « intelligents » mais apparemment démodés, qui permettent le dépassement des véhicules des TPG et n’impliquent pas l’arrêt des voitures privées.

 

La DGM devrait donc produire le décompte du nombre d’arrêts TPG obligeant le trafic à s’arrêter, avec l’effet collatéral de contribuer à la pollution de l’air et quantifier l’augmentation de la pollution qui en résulte, voire le coût de cette mesure pour l’économie cantonale.

A défaut, on considérera que sa gestion de la question des arrêts TPG justifie les soupçons que l'on peut avoir sur l'idéologie du blocage du trafic privé qui l'anime, au détriment de la mobilité multimodale des Genevois. 

 

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Commentaires

Après cette action des Verts (MIchèle Künzler), les Verts se plaignent encore et toujours.
Misérables !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 11/06/2013

avec l'introduction de la fluidité dans le nouvel article 190 ch2 de la constitution désormais en vigueur malgré l'opposition de Mme Kunzler en parfait désaccord avec son parti, il appartient au parlement, donc vous, de vous opposer à ce genre d'installation dans la mesure où elles violent manifestement la constitution.

L'introduction de ce terme a été le fruit d'intenses discussion avec les Verts et le PS et ce n'est que grâce à une droite élargie, et donc performante, que cette introduction a été possible.

Merci de vous y référer pour mettre fin à cette politique d'entrave systématique par des fonctionnaires aussi bornés que dogmatiques. Sans parler, bien entendu de l'échelon gouvernemental qui, sur ce sujet en particulier, est totalement inadéquat.

cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 11/06/2013

Autre exemple de cette absurde gestion de la mobilité

- mais là, ces génies de responsables ont carrément bloqué l'ensemble du trafic douanier!
- à voir à la douane de Moillesulaz (idem pour d'autres douanes?), où l'unique voie de passage est 100% bloquée par/ et pour l'arrêt des bus parisiens RATP-TAC!
dire qu'en plus on va devoir débourser encore + juste pour que les territoires français aient des p+r chez eux...

Écrit par : Pierre à feu | 11/06/2013

Vous avez tous raison mais comment en est-on arrivé là? Grâce à la division de la droite qui s'écharpe au lieu de se rassembler. Je lis avec plaisir dans les autres commentaires qu'elle aurait su se rassembler à la constituante. J'espère bien que dans le prochain grand conseil il y aura des constituants et qu'ils parviendront à la même stratégie puisqu'elle a été payante.

N'oubliez pas que vous allez devoir composer avec l'ultra gauche qui, elle, a compris qu'il ne sert à rien de se diviser au moment de franchir l'obstacle, même si ses composantes sont le plus souvent en désaccord. L'essentiel en politique est d'avoir suffisamment de poids pour bloquer l'autre.

Les transports et le ralentissement volontaire du trafic privé est non seulement une violation de la nouvelle constitution si je comprends bien M,Dimier, mais c'est surtout une très forte pénalisation de l'économie. Les heures passées dans les embouteillages ne sont pas des heures productives, ce sont des heures chômées ou plus exactement perdues de la façon la plus stupide qui soit. A cela s'ajoute un accroissement volontaire, donc punissable, de la pollution. Un comble pour des écolos,non?

Pour ce qui est de la DGM (ou plus exactement le DGI) ses fonctionnaires font ce qu'ils veulent car il n'y a pas de répondant parlementaire sérieux en face. Tout simplement parce que les opposants, les droites, ne sont pas fichues de se coaliser! Le meilleur exemple est cette imbécilité du pont Wilsdorf. Une pétition a été lancée, elle a recueilli un nombre record de signatures en un temps tout aussi record et plus rien! Cette pétition devrait être traitée ne priorité et la réponse du berger à la bergère devrait être d'ordonner le rétablissement immédiat de cet axe qui FLUIDIFIE tout le trafic d'entrée et de sortie de Genève via la voie express de la route des Jeunes.

Il ne sert donc à rien de pleurnicher, il faut agir et agir de façon concertée, même si certains doivent mettre une pincette au bout du nez. La politique n'est-elle pas l'art de rendre possible ce qui paraît impossible au néophite?

Écrit par : Dominique Vergas | 12/06/2013

Vous n'avez rien compris, ils se sentent en retard sur l'Iran, c'est à dire le pouvoir imposé à tous les citoyens de manière aveugle et autoritaire.

Ils ont en marre d'entendre dire que l'Iran ou d'autres régimes autoritaires passent avant la Suisse, et comme ils sont incapables de faire marcher leur "programmes de mobilités" ils s'en prennent aux voitures, c'est à dire, réprimer au lieu d'inciter !

De toute façon, si l'on y ajoute les centaines de "travaux" faits dans la ville en grande partie à cause des "aménagements" prévus pour les transports publics, cette ville ne sera bientôt praticable que par des tanks, comme en Syrie !

On peut se demander si ils n'encouragent pas les automobilistes à rouler en 4x4 ??

Écrit par : Corto | 12/06/2013

Beati paupere spiritu ...

Écrit par : Eviv Bulgroz | 19/06/2013

J'aime le rappeler aux lecteurs :

c'était au début de ces manoeuvres entre les verts et les transports publiques, il y une bonne quinzaine d'années :

Lors d'un concours (quiz) public organisé par les TPG sur la mobilité à Genève, un joli questionnaire offert aux genevois, le premier prix, c'était une "nissan micra" !!!

ça en dit long !!

Écrit par : Corto | 12/06/2013

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