05/07/2013

15 secondes pour ne pas mourir

15 secondes, c'est le temps dont dispose un million d'Israéliens vivant dans le sud de leur petit pays pour se mettre à l'abri des roquettes tirées contre eux depuis douze ans de la bande Gaza par le Hamas, le Jihad islamique ou Al Quaida.

C'est à peu près le temps qu'il vous aura fallu pour lire cette phrase.

C'est le titre d'un éditorial paru le 3 juillet dans El Pais, un des quotidiens espagnols les plus influents (http://elpais.com/elpais/2013/07/01/opinion/1372695371_45...) qui n'oublie pas que les victimes du conflit israélo-palestinien ne se trouvent pas que d'un côté. Pas plus que les responsables.

En voici la traduction:

 

15 Secondes

 

On oublie souvent qu’un million de civils israéliens vivent soumis à des attaques à la roquette.

 

Jorge Marirrodriga, 3 juillet 2013

 

Quinze secondes est approximativement le temps nécessaire au lecteur pour lire cette phrase trois fois. Mais pour un million de civils qui habitent au sud d’Israël, 15 secondes est le temps qu’ils disposent pour chercher un refuge quand sonnent les sirènes. Le jour ou la nuit. A n’importe quel moment. Une situation qui perdure depuis douze ans. Douze ans à organiser la vie quotidienne autour de ces 15 secondes : faire ses courses, amener les enfants à l’école ou faire une simple balade. Quand sonne la sirène on peut être sûr que quinze secondes plus tard (le temps de lire trois phrases) on entendra au moins deux explosions. Il n y a pas d’objectif militaire désigné, ni un endroit sûr où les bombes ne tombent pas. C’est égal que la roquette tombe sur un terrain vide, l’aire de jeux d’une crèche, une maison ou un parking. L’attaque est aléatoire, avec un seul dénominateur commun : c’est une attaque contre la population civile.

 

Il suffit de visiter des villes comme Shderot ou Ashkelon pour confirmer que l’être humain est capable de s’adapter à toutes les circonstances imaginables. Tous les abri-bus sont des refuges, dans les jardins publics les jeux pour enfants peints avec des couleurs vives sont aussi des refuges et toutes les maisons ont une construction annexe avec une fenêtre minuscule. Il s’agit de refuges aussi. Toutes les écoles possèdent des toits impressionnants fabriqués en béton, et les cours sont intérieures. Des refuges.

 

Les personnes qui vivent dans cette réalité quotidienne, dont nombre d’adolescents qui n’ont connu nulle autre réalité dans toute leur vie, habitent à l’intérieur de frontières délimitées par les Nations Unies en 1947. Et elles appartiennent à toutes les religions et groupes ethniques. Ils sont juifs et musulmans, commerçants ou bédouins, écoliers et retraités. Il y a même des immigrés sans papiers. Tous des civils. Personne ne peut les accuser d’occuper quoi que ce soit ni de tirer sur quelqu’un.  Ils sont des civils qui vivent en accord avec la légalité internationale. Et ils sont des civils qui, en douze ans, n’ont connu qu’une seule période de 60 jours sans aucune roquette ne soit tombée sur la région.

 

Dans d’autres villes du monde, on peut identifier les lignes de bus ou du métro par les couleurs,  mais les civils de Shderot savent reconnaître par les couleurs des débris de roquettes qui sont les ennemis qui tirent sur eux. La couleur verte, jaune ou noire ont des significations bien précises : Hamas, Jihad Islamique, Al Qaeda ou encore toute une myriade des petites organisations pour lesquelles le mot « négociation » n’existe même pas. Des organisations pour lesquelles le concept de « paix » passe forcément par l’annihilation de l’Etat créé grâce à une décision des Nations Unies et dans lequel un million de civils vit en permanence sous le feu.

 

La question est que, quand on met sur la table toutes les conditions qui peuvent inciter à un processus de paix entre Israël et les Palestiniens, on a tendance à oublier ces 15 secondes comme s’il s’agissait d’une affaire mineure. Curieusement, certains des leaders qui proposent des solutions au conflit les considèrent comme un élément négligeable de l’équation. Et quand les roquettes tombent sur Jérusalem ou Tel Aviv, ce qui est déjà arrivé, on considère ça comme une simple anecdote. Mais un million de civils qui vivent sous le feu constant méritent eux aussi qu’on pense à eux. Au moins pendant 15 secondes.

 

 

 

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Commentaires

Shalom

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/07/2013

C'est sans doute vrai.
Mais 0 secondes pour les bombes d'Israel
Pas d'abri bien entendu
Des enfants terrorisés à vie
Des morts par milliers
Un cauchemar pour le peuple de Gaza, du Liban et d'ailleurs
La nausée pour moi.
Le dégoût, même.

Écrit par : yg | 06/07/2013

15 secondes pour mourir, et Gaza-à tous les étages.

Écrit par : briand | 06/07/2013

Dans ce contexte, un film par un américain - nigérien explore les mondes de Gaza et Sderot, où l'envie de vivre domine toute autre chose : http://vimeo.com/31568760

Écrit par : Carol Scheller | 06/07/2013

Nous le constatons à nouveau !

Depuis Gaza n'est plus annexé ils ont tirés plus de 13'000 missiles sur Israël en 10 ans, cela en partie grâce aux milliards des contribuables européens et suisses.

Ils ne subsistent que grâce aux "aides" internationales et venant des ONG également mandatées par les ministères des finances européens et suisses.

En échange de ces milliers de missiles lancés sur sa population civile, Israël fourni Gaza en électricité, en pétrole, en gaz, en nourritures, en médicament, et plus de 400 gazaouis se font soigner dans des hôpitaux israéliens chaque mois !

Il faut savoir que le budget du HCR par le biais de L'UNRWA est consacré 90% pour les "palestiniens" ou ceux qui s'affichent comme tels, 90% du budget pour à peine 10% du nombre de réfugiés de la planète ????

En général ou plutôt en moyenne les aides pour les réfugiés (non palestiniens) couvrent des périodes allant de 6 mois à 3 ans dans les meilleurs des cas. Bizarrement, lorsqu'il s'agit de "palestiniens", ce délai passe de maximum 3 ans à plusieurs décennies et se transmet de générations en générations.

Lorsque l'on sait que les ONG et autres institutions "humanitaires" se garde au passage parfois jusqu'à 98% des sommes qui leurs sont attribuées et cela uniquement pour leurs propres "dépenses". Que, comme par hasard certains retraités de l'UNRWA ont des trains de vie de multimillionnaires, villas somptueuses, voitures de luxe, plusieurs résidences secondaires, parfois avions privés, comme c'est le cas de centaines de ces "mercenaires" de la bien-pensance, on est en droit de se poser certaines questions sur le bien fondé de certaines opérations supposées humanitaires, plus pour certains que pour d'autres !

Allez visité un camp de réfugié du Darfour, notamment, pendant le génocide qu'il ont subi et les "palestiniens" vivant dans leurs somptueuses villas de Ramalah, tout en touchant plus 400 $ de rentes mensuelles venant de l'UNRWA et par membre de la famille, enfants compris.

Pas tout à fait pareils pour le victimes rwandaises, les réfugiés syriens dont les femmes vendent leurs corps aux petits nababs du golfe pour nourrir leurs enfants le long de la frontière jordanienne.

Autre constat, parmi les millions de "réfugiés" "palestiniens" en Jordanie, avez-vous vu des élans d'entraides venant des "palestiniens" en Jordanie pour leurs "frères" venant de Syrie ?

Et bien, que nenni, c'est tout le contraire, des "palestiniens" armés en Jordanie s'en sont pris aux camps de réfugiés syriens avec un tableau de chasse affichant fièrement de nombreuses victimes que nos médias "eurabiens" taisent comme nous pouvions nous y attendre !!

Concernant le hamas de Gaza, comme nous le rappel nos braves bien-pensants et supporters suisses de la cause pro-iranienne, savent-ils qu'avec les aides des suisses des milliers de "palestiniens" gazaouis et autres se sont enrôlés aux cotés de bashar el assad ?

Maintenant, que les chiites du hamas et du hizbollah alliés des frères musulmans se confrontent de pleine face aux salafistes, dans le Sinaï, les frères musulmans sont encerclés par des meutes de sunnites prêts à en découdre avec cet ennemi ancestrale chiite !

Nous venons de le voir en Egypte, les supporteurs des frères musulmans sont très peux nombreux, disons cent fois moins que les anti-morsi, les mouvements salafistes reprennent leurs positions et la revanche sera sévère.

Donc, pour Israël les choses semblent s'arranger d'elles mêmes, les militants de plus en plus rares du hizbollah sont en prise aux rebelles syriens et les membre du hamas, eux, sont de plus en plus entourés de salafistes anti-pro-iraniens chiites !

Du coté diplomatique, les liens entre l'Egypte et Israël sont en train de se renoué, car bien que Morsi gardait des relations avec Israël, la présence de milices pro-iraniennes dans le Sinaï devenait préoccupante, présence que l'armée égyptienne va très rapidement neutralisée, selon les dernières informations suite à un téléphone hier du général Al Sissi avec son homologue israélien.

Cette fois le hamas n'aura plus à se confronter à l'armée israélienne, les forces égyptiennes et qui sait, quelques milices salafistes vont faire renaitre un certain équilibre dans la bande de Gaza, après tout, ils le méritent aussi, les gazaouis sont égyptiens que je sache !

Écrit par : Corto | 06/07/2013

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