10/07/2013

Dette du canton: l'épine dans la couronne de David Hiler est héréditaire

En huit ans à la tête des finances cantonales, David Hiler aura fait beaucoup de choses positives pour ce canton. Dont certaines qui demandaient ou demandent encore du courage politique, telle la réforme de la fiscalité des entreprises. À l'heure de son bilan qui approche à grands pas, il convient de lui rendre cet hommage.

Mais personne n'est parfait. D. Hiler ne fait pas exception. Ainsi de sa générosité envers la fonction publique qui a notamment bénéficié d'une réforme salariale couplée à l'introduction d'un treizième salaire, avec des effets délétères pour les cadres, en raison d'un aplatissement de la courbe des revenu selon l'expérience. C'est surtout parce qu'il avait à plus d'une reprise fait état de son intention de ramener le déficit cantonal à moins de huit milliards, en fait à la hauteur d'un budget annuel. Et là, le moins que l'on puisse en dire, c'est que c'est raté.

Oh, certes, il peut sortir de bonnes excuses, allant du rattrapage en matière d'infrastructures à l'assainissement des caisses de pension publiques. Mais n'empêche que cela ne suffit pas à expliquer que la dette cantonale continue de peser sur la notation par Standard's & Poor de la qualité de la gestion des finances publiques genevoises. Selon son dernier rapport, c'est toujours AA-, une notation stable depuis 2010, due à un endettement de quelque 12 milliards, soit 25 000 F par habitant, comme le rappelle la Tribune de ce 10 juillet.

Le bilan est encore plus cruel quand on compare Genève à Vaud. Car là, le canton "rupestre" a superbement réussi à faire fondre en dix ans sa dette de 8 milliards à moins de 1 milliard, ne représentant pas plus de 1 000 F par habitant. Le mérite comparé du PLR Pascal Broulis n'en est que plus éclatant.

Certes, le rôle des communes vaudoises dont les responsabilités sont plus importantes que celles des genevoises en rend compte pour partie. Le canton n'y porte que 60% des infrastructures contre 82% à Genève. Mais cela ne suffit pas. Le CHUV ne démérite pas à côté des HUG, ni l'UNIL à côté de l'uni de Genève. Quant au réseau routier, vaudois son ampleur discrédite d'emblée les Genevois.

Non, il faut chercher ailleurs l'incapacité locale à assainir nos finances. Pour une part majeure, elle tient dans une fonction publique très nombreuse, se caractérisant par un niveau salarial en moyenne nettement plus généreux que de l'autre côté de la Versoix. Pour ne prendre que le secteur hospitalier en considération, l'ancien directeur des HUG, Bernard Gruson, avait coutume de dire que la différence de coût pour le personnel infirmier y était d'au moins 20% en défaveur des Genevois. Quand on sait que le canton attribue une subvention de l'ordre de 900 millions par an aux HUG, dont la majeure partie à pour vocation de rémunérer le personnel, on se rend immédiatement compte du potentiel d'économies qui gît inexploité. Un potentiel d'autant plus virtuel que David Hiler aurait encore voulu faire adopter une réforme de la rémunération de la fonction publique, à l'acronyme qui en dit long, SCORE, dont le premier effet aurait été d'augmenter le coût de la masse salariale !

Autant dire que ladite réforme à du plomb dans l'aile, et que la première tâche du nouveau Parlement sera de resserrer des boulons qui ne l'ont pas assez été par l'actuel Grand Argentier. C'est dire si la tâche de son successeur ou successeure (?) sera délicate.

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Commentaires

Je n'ose pas imaginer si ça avait été un autre que David Hiller, car on ne peut pas dire que ce soit le pire, en tout cas au niveau du personnage et son intelligence que je ne met pas en doute !

Mais que voulez-vous avec des ayatollah dans les étages supérieurs, nul n'est censé faire l'impossible.

Ce qu'il faudra admettre, c'est qu'une drastiques restructuration sera tôt ou tard incontournable, maintenant qui aura le courage d'aborder le sujet ??

Écrit par : Corto | 10/07/2013

Lors d'une soirée amicale David Hiller avait confié ;

"Vous ne savez pas à quel point il est difficile de dépenser 5 milliards par an !"

Écrit par : Corto | 10/07/2013

Il faut dire que si le budget de l'Etat n'avait pas été amputé de plusieurs milliards de francs en cadeau fiscaux aux plus aisés votés par l'Entente, sa tâche aurait été plus facile.

Écrit par : Djinus | 11/07/2013

Eh que dire de ces milliers de pendulaires habitant dans le canton de Vaud tout en travaillant à Genève (dont de nombreux fonctionnaires genevois)et qui ne paient pas un sou d'impôt dans le canton du bout du lac.

Je me pose la question sur le montant du manque à gagner pour Genève...

Écrit par : JMC | 12/07/2013

Monsieur Weiss,

Vous avez raison, la fonction publique genevoise est plus payée que celle vaudoise, néanmoins, je peux louer un 5 pièces dans le nord vaudois (4 pièces vaudois) pour CHF 1'200.-, alors que sur Genève c'est un peu près CHF 2'800.-, sans parler de toutes les autres dépenses supplémentaires par rapport au canton de Vaud.

Je suis d'accord de me diminuer le salaire pour effacer la dette de mon canton, mais il faudra demander à vos amis les propriétaires de faire également un effort sur les loyers.

Bien à vous

Écrit par : fonctionnaire | 12/07/2013

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