30/07/2013

Voile à l'école: Saint-Gall, Turgovie et le Tessin. Les initiatives croissent et se multiplient

Charles Beer a beau avoir dit "tout le mal qu'il pensait de (mon) projet de loi" dans les colonnes de la Tribune, cette même Tribune du 30 juillet doit lui donner d'autres sujets d'aigreur. Voici en effet le canton de Saint-Gall qui va débattre de la question. Puis celui de Thurgovie. Et d'abord le Tessin qui votera le 22 septembre 2013 sur l'interdiction dans les lieux publics de la burqa et du nikab.

Et au Tessin, ce n'est pas l'UDC qui aura amené le peuple à se prononcer, mais un simple citoyen. Avec de bonnes chances de succès, toujours selon la Tribune. Puis les Chambres fédérales - où une coalition opposée au voile à l'école PDC - PLR - UDC devrait l'emporter - seront appelées à se déterminer. Et enfin le Tribunal fédéral, le jour où un recours sera déposé, par exemple par une jeune fille portant un voile et étant mise en demeure d'observer la loi.

La question n'est donc plus de savoir si mon projet de loi (qui doit encore être approuvé par une majorité des députes PLR pour être déposé le 3 septembre - ce qui ne va pas de soi, compte tenu des convictions de certains et des considérations électoralistes d'autres) sera voté par le Grand Conseil genevois, mais plutôt quand il le sera, sous une forme ou une autre, par un moyen ou un autre.

Sous une forme ou une autre: en visant l'interdiction de signes religieux portés de façon ostentatoire, comme je le souhaite, ou en ciblant l'interdiction de couvre-chefs, tel que le député UDC Éric Bertinat l'a imaginé en réaction à ma proposition.

Sous un moyen ou un autre: par le biais d'un projet de loi, tel que le mien, ou d'une initiative populaire que d'autres pourraient lancer, avec de très bonnes chances de succès (rappelons ici que le sondage de la Tribune donnait 82% des 4000 répondants en faveur de l'interdiction du voile à l'école).

Car le mouvement est lancé depuis que le Tribunal fédéral s'est prononcé le 11 juillet sur le cas de deux écolières d'une commune scolaire thurgovienne, Bürglen, pour lui reprocher l'absence de base légale cantonale à son règlement communal.

On peut considérer que l'histoire n'a pas de sens. On ne peut en revanche reprocher aux citoyens de vouloir lui en donner un, quand il a pour but le respect de la femme, la poursuite de l'objectif de l'égalité entre les sexes et en l'occurrence la mise en œuvre des 13 priorités du DIP, celles-là mêmes que Charles Beer va léguer à son successeur, singulièrement la priorité 7 (une politique volontariste en faveur de l'égalité entre filles et garçons - voir http://www.ge.ch/dip/13_priorites.asp). Dès lors, cela tient de "mission impossible" de convaincre les citoyens, surtout ceux de cette gauche qui n'a que le mot égalité à la bouche, de rejeter mon projet de loi.

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22/07/2013

Noam Chomsky, un grand linguiste mais aussi un polémiste contesté

L'université de Genève, fidèle à sa politique d'"events" que constituent ses Grandes Conférences, lancée lors de son 450ème anniversaire, a cette fois-ci invité l'immense linguiste américain Noam Chomsky (après Arnold Schwarzenegger), un homme qui a aussi influencé la psychologie cognive. Chomsky a en effet été l'intellectuel le plus cité au monde entre 1980 et 1992; il est actuellement le 8ème intellectuel le plus cité et est détenteur de nombreuses distinctions, dont deux Prix Orwell !

Nul doute que cette invitation drainera vers l'alma mater un large public pour entendre, à défaut de comprendre (!), le professeur au MiT. Qui a aussi développé une réflexion théorique sur la politique économique des média, accusés d'être des "fabriques de consentement" au service de l'idéologie capitaliste hégémonique et belliciste des USA. L'aspect totalitaire de cette réflexion apparaît vite, car comment sinon rendre compte du fait que Chomsky lui-même est la preuve vivante que cette théorie connait des exceptions ? Au surplus, il n'est pas le seul dans son cas. L'animateur du Club suisse de la presse, qui profite de sa présence pour l'y inviter, fait aussi partie de ceux qui défendent de facto une conception libertaire de la liberté d'expression. Tout peut être dit, peu importe en définitive le rapport avec la vérité.

Sans compétence pour me prononcer sur la théorie de la grammaire générative et transformationnelle que d'autres, hors USA, critiquent (http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky), j'aimerais ici mentionner que Chomsky est un Janus. Car à côté du scientifique, il y a le polémiste. Opposant à la politique étrangère américaine et donc, en son temps, à la guerre du Viet-Nam, à la politique menée par Israël (où d'aucuns le considèrent comme un traitre, même si lui-même se dépeint comme sioniste) à l'égard des Palestiniens, sceptique quant à l'implication de Al-Qaīda dans les attentats du 11 septembre et donc quant à la culpabilité de Ben Laden, assassiné à ses yeux, par Barack Obama, Chomsky s'est aussi singularisé comme un des signataires d'une pétition d'un négationniste américain en faveur du malheureusement célèbre négationniste français Robert Faurisson, l'homme qui nie l'existence des chambres à gaz.

À beau mentir qui vient de loin, diront pour l'excuser ses défenseurs. En écrivant, pour désamorcer la polémique suscitée en France par sa signature, que Faurisson était "une sorte de libéral (au sens américain du terme), relativement apolitique", décernant de la sorte un brevet d'honorabilité à un antisémite notoire, il aggrave son cas à mes yeux. Le premier amendement de la Constitution des USA, sur l'absolue liberté d'expression, n'excuse pas tout, et notamment pas le n'importe quoi. Surtout quand il ajoute que "sa prise de position est anodine". Le Pen, specialiste en détails de l'histoire, n'aurait pas dit mieux !

Je considère pour ma part que l'immense Chomsky a montré là ses limites d'analyste politique. Même si un autre classement le met au 4ème rang des personnalités les plus aptes à former un gouvernement mondial, juste derrière le Dalaï Lama (président), Mandela et Bill Cinton (http://fr.wikipedia.org/wiki/Opinions_politiques_de_Noam_Chomsky).

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21/07/2013

Inititive 1:12 dite "pour des salaires équitables": quel coût pour les finances publiques genevoises ?

Selon le Matin Dimanche de ce 21 juillet 2013, l’initiative « 1:12 », dite « pour des salaires équitables », lancée par les Jeunes Socialistes pourrait se traduire par une diminution des recettes de l’AVS de l’ordre de 450 millions de francs. Voilà au passage une traduction en négatif de la phrase célébérissime de celui qui est passé à la postérité pour le père de l’AVS, l’ancien conseiller fédéral bâlois (et socialiste) Hans-Peter Tschudi : « Les riches n’ont pas besoin de l’AVS, mais l’AVS a besoin des riches ».

Mais ce n’est pas tout. Cette initiative ferait d’autres victimes collatérales. D’abord la SUVA, ensuite l’IFD, sur le plan fédéral.

Les cantons seraient aussi touchés, en cas d’acceptation. Le gouvernement zurichois a ainsi calculé que les pertes fiscales seraient de l’ordre de 188 millions de francs.

Ma question est donc simple : quelle serait la perte pour les finances publiques genevoises, au titre essentiellement de l’impôt sur le revenu, causée par cette initiative anti-riches ?   

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20/07/2013

Voile à l'école en France: opposition encore plus forte qu'à Genève !

En presque un quart de siècle, de 1989 à 2012, le pourcentage de Français opposé au port du voile à l'école est passé de 75% à 89%, selon un sondage représentatif réalisé par l'IFOP sur commande du Figaro et publié le 24 octobre 2012; seuls 5% y sont favorables, et les indifférents ne sont que 6%.
(http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/24/01016-20121024ARTFIG00700-l-image-de-l-islam-se-degrade-fortement-en-france.php).

À noter que 1989 est l'année où le port du voile avait été autorisé dans les collèges publics par un gouvernement de gauche, cédant aux sirènes du multiculturalisme, une décision vivement combattue par différents intellectuels de gauche, dont notamment Elisabeth Badinter.
(Lire à ce sujet l'article fondamental rédigé pour le Nouvel Observateur des 2-8 novembre 1989 par 5 agrégés de philosophie - Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay & Catherine Kintzler - au titre mobilisateur et prophétique à la fois: "profs, ne capitulons pas !"
ainsi qu'un autre appel contre le voile intégral, de 2003, http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/08/29/2198991_elisabeth-badinter-en-2003-sur-le-voile-islamique-si-on-accepte-cette-symbolique-fini-l-egalite-des-sexes.html)

Voilà de quoi faire réfléchir ceux qui, parmi nos concitoyens, mettraient en doute les résultats du sondage non représentatif de la Tribune selon lequel 82% des Genevois sont défavorables au port du voile à l'école publique, 15% favorables, le taux des indifférents n'étant que de 3%. On peut même suspecter le sondage de la Tribune de sous-estimer l'opposition des Genevois !

Un résultat à rappeler à ceux qui préféreraient taire le problème, alors que les braises sont là, prêtes à être ranimées au moindre souffle. À croire que la leçon du vote sur les minarets - j'étais contre l'initiative qui voulait les interdire, au nom de la liberté religieuse - n'a pas été tirée. Une liberté dont se sont au demeurant prévalus à tort les opposants à l'initiative sur les minarets; le recours intenté par le citoyen franco-algérien Ouardiri a du reste été déclaré irrecevable par la Cour de Strasbourg le 28 juin 2011 (https://www.uclouvain.be/260898.html).

Gageons que depuis 2012, date du sondage du Figaro, le pourcentage d'opposants aux islamistes en France y a encore augmenté grâce ou plutôt à cause de l'actualité dont j'extrais 3 exemples éloquents:
- l'expérience catastrophique du régime des Frères musulmans en Égypte qui y a certainement contribué pour beaucoup (http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/egypte-de-la-chute-de-moubarak-au-renversement-de-morsi-51d48fe335708c786994fef6);
- les enlèvements et assassinats de Francais en Afrique par des rebelles islamiques aussi, dont, dernier en date, celui de Philippe Verdon (http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/07/130718_mali_verdon.shtml);
- cette dernière nuit de violence, à Trappes, en raison d'un contrôle policier sur une femme portant un voile intégral, qui va aussi jouer son rôle (http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/20/trappes-la-republique-doit-etre-implacable-selon-ciotti_3450533_3224.html).

Bref, le moins que l'on puisse dire est que les islamistes n'ont pas bonne presse. 43% des sondés pensent ainsi que les musulmans en général représentent une menace pour l'identité de la France, parce qu'ils refusent de s'intégrer, une raison retenue par 68% des Français, ou qu'ils sont mal intégrés (67%).

Et pourtant, ces mêmes Français ne sont pas a priori xénophobes: 69% se disent ouverts aux musulmans. Mais voilà, l'intégration n'est pas un processus à sens unique. Et les vrais xénophobes ne sont pas ceux que les médias "politiquement corrects" désignent comme tels. Qui y songe ?



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18/07/2013

Voile à l'école: un hérétique courageux

Le blogueur de la Tribune, auteur de la note "Élections: quand les politiques faseyent", ignore trois choses. Même s'il est un fin lettré polyglotte qui connait le hollandais et le sens du verbe "faselen", qui a donné faseyer en français. Même s'il est courtois au point de ne pas citer mon nom. Même s'il suppose avec la générosité amicale qui le caractérise que je serai réélu cet automne et que je n'avais pas besoin de lancer l'idée d'un projet de loi, dans la foulée du récent arrêt du Tribunal fédéral concernant l'absence de base légale cantonale en Thurgovie qui empêche une commune d'imposer un code vestimentaire à des élèves musulmanes, en l'occurrence de leur interdire le port du voile islamique.

Primo, il ignore (ou se trompe) sur mon intention qui n'est pas d'interdire le seul voile, ce qui serait effectivement "discriminatoire et inéquitable", mais d'interdire de façon plus générale le port de signes religieux ostentatoires, quelle que soit la religion concernée. Il ne s'agit pas du tout pour moi de m'en prendre au port de croix chrétiennes, souvent offertes à l'occasion de la communion, d'étoiles de David ou de main de Fatima portées autour du cou. En me référant spécifiquement à la loi française sur l'éducation dans la note initiale de mon blog sur cette question, je croyais avoir été clair. http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/07/13/voile-a-l-ecole-une-loi-cantonale-est-necessaire-pour-l-inte.html(http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_française_sur_les_signes_religieux_dans_les_écoles_publiques)

Secundo, il ignore (ou se trompe) sur la position du parti dont il attend le soutien pour siéger au Grand Conseil dès cet automne, après avoir été constituant élu de GE Avance, la liste des milieux économiques. En effet, Christophe Darbelley, opposant de longue date au voile islamique à l'école et surtout président de son nouveau parti, le PDC, a été on ne peut plus clair en déclarant dans le Temps du 13 juillet 2013:

"La présidence du PDC veut permettre aux écoles de décréter l’interdiction de porter le foulard. C’est une question d’intégration, et nous allons déposer une motion dans ce sens», indique Christophe Darbellay. En 2009, le président du PDC était resté tout seul avec son idée d’interdire la burqa. Il assure aujour­d’hui avoir une majorité très nette. «Nous en discuterons au sein du groupe parlementaire. On verra alors si c’est le groupe qui dépose une motion ou une seule personne et, dans ce cas, ce serait bien que ce soit une femme.»

Je sais par expérience personnelle le courage qu'il faut pour défendre une position contraire à celle de son parti. Je l'avais fait dans la question du prix unique du livre, convaincu de la nécessité de soutenir les éditeurs, libraires et auteurs romands. Mais en deuxième ligne, par respect de la position opposée de mon propre parti. En cela, l'auteur de la note sur le faseyage des politiques est un hérétique courageux en attaquant frontalement son propre président central. Par bonheur, notre époque ne brûle plus les hérétiques; j'espère toutefois pour lui que Christophe Darbelley pardonnera chrétiennement cet écart, disons, de jeunesse politique.

Tertio, il ignore (ou se trompe) sur le fait que, à tort ou à raison, l'école est un "lieu de joutes pré-électorales". Et pas seulement. De joutes post-électorales aussi.

Je me réjouis donc de nos échanges futurs au Grand Conseil dès cet automne, en français ceux-ci !

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16/07/2013

Hafid Ouardiri, le voileur dévoilé

L'ex-porte-parole de la mosquée du Petit-Saconnex a beau m'accuser de jeter de l'huile sur le feu, d'"ajouter la haine à la haine", comme il l'a déclaré à la Tribune de Genève du 16 juillet à propos de ma proposition d'interdire le voile islamique à l'école obligatoire laïque genevoise, il n'est pas crédible. Les archives électroniques sont en effet le lieu où l'on peut confondre ceux qui n'ont de cesse de se faire passer pour des agneaux.

Il suffit en effet pour se convaincre de la duplicité de M. Ouardiri dans la question du voile islamique de lire les déclarations de deux jeunes musulmanes dans une édition de l'Illustré de 1989, rapportées par la Weltwoche (qui donne un portrait critique, non démenti, de l'ex-porte-parole) en 2009.

En réalité, sous ses abords affables qui ne séduisent que ceux qui ne font pas preuve d'esprit critique, M. Ouardiri est un redoutable prosélytite d'un islam intransigeant. On n'a pas à le lui reprocher, c'est son métier, sa vocation, probablement sa mission sur cette terre (helvétique). Encore faudrait-il qu'il le reconnaisse. Avec son but qui est d'imposer le voile dans nos écoles pour toutes les jeunes muslmanes comme un fait irréversible.

Dans la question du voile, il n'a en effet cessé d'agir pour que l'on arrive à une situation de non-retour, où le voile islamique apparaîtrait comme allant de soi. Voici comment il manipulait de jeunes écolières musulmanes, selon le témoignage de ces dernières à l'Illustré, rapporté par Mireille Vallette. "La journaliste (de l'Illustré) demande un rendez-vous à l'école pour qu'un photographe immortalise le tandem (des deux jeunes filles) en foulard "ce qui déclenche la fureur de l'aimable Abdelhafid Ouardiri". Les jeunes filles se présentent au rendez-vous, mais la journaliste obtient le fin mot de l'histoire: elles ne portent jamais le foulard en classe et n'ont pas envie de se différencier de leurs camarades. "A la mosquée, on nous a demandé de vous raconter cette histoire parce que Monsieur Ouardiri pense que ça peut faire un exemple et que d'autres musulmanes porteront le voile si elles lisent notre témoignage".

Le cas est clair: M. Abdelhafid Ouardiri est un manipulateur patenté, et à mes yeux un pur voileur dévoilé.

"Eine Journalistin von L’illustré wollte wissen, wie es an den schweizerischen Schulen aussehe. Ouardiri, damals Sprecher der Genfer Moschee, präsentierte ihr zwei Mädchen (13- und 14-jährig). Sie versicherten ihr, dass sie den Schleier in der Schulklasse trügen, «aus Scham und weil wir die Religion respektieren». «Niemand zwingt uns dazu. Wenn wir ihn nicht mehr tragen könnten, wären wir sehr traurig.» Etwas suspekt fand die Journalistin aber Ouardiris heftigen Protest gegen ein Foto der beiden Mädchen mit der gesamten Schulklasse. Sie fand schliesslich heraus, dass sich in Tat und Wahrheit die beiden Mädchen wie alle anderen Schülerinnen kleideten: Jeans, Turnschuhe, kein Schleier. Die Mädchen gaben zu, gelogen zu haben, weil «Herr Ouardiri» gedacht haben soll, dass dieses Beispiel für andere Frauen ein Ansporn sein könnte, auch den Schleier zu tragen. Ouardiri erklärte die Lüge anders: Die Mädchen hätten unbedingt auf einem Foto in L’illustré erscheinen wollen".

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14/07/2013

0,5% ou 50%: le pourcentage des élèves musulmanes voilées n'est pas clair

Le nombre d'élèves musulmanes voilées dans le canton de Vaud fait l'objet d'une présentation tendancieuse et lénifiante par le porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse... et des cultes (DFJC) dans la Tribune de Genève du 13 juillet 2013. Cet exemple de discours est typique du déni de réalité venant de l'officialité, qui entend masquer l'entorse fondamentale faite au principe de l'égalité entre les sexes, voire entre les écolières. Selon M. Michael Fiaux, il n'y aurait que 200 écolières sur 40000 qui porteraient le voile. Soit 0,5%.

Or, en disciple de Churchill, je ne crois que dans les statistiques que j'ai fabriquées moi-même.

Sachant qu'il y a environ 80000 éleves qui suivent l'école obligatoire Outre-Versoix, dont 40000 écolières (ttp://www.scris.vd.ch/Data_Dir/ElementsDir/7386/1/F/Numerus-02-2012_Scolarite%20obligatoire.pdf), il n'y en a en réalité que 22000 au total (dont 11000 écolières) dans le secondaire obligatoire (à partir de 12 ans), soit en âge pubère, l'âge à partir duquel les musulmans considèrent que le port du voile est recommandé pour les jeunes filles.

Sachant que le pourcentage de musulmans est de 4,3 % dans le canton de Vaud (arrondi ici à 4%), cela donne 11000 x 0,04 = 440 jeunes filles musulmanes. Donc un total de 200 sur 440, ce qui donne un pourcentage proche de 50% (45%, pour être plus précis).

On pourrait encore déduire de ce nombre de 11000 les écolières n'ayant pas eu leurs premières règles, dont l'âge moyen est de 13 ans en Suisse, selon diverses études disponibles sur le web, et le chiffre de 50% serait largement dépassé.

À ce stade, la premiere question qui se pose est de savoir combien parmi ces jeunes filles portent le voile librement, par choix personnel et non par imposition parentale.

La deuxième est de savoir si cela correspond à l'image d'égalité et de dignité que notre société se fait de la femme, surtout à gauche, si regardante d'habitude au moindre coup de canif au contrat "républicain", et si le solution du dialogue avec les parents est adaptée à une telle situation.

Bref, voilà la démonstration par des chiffres officiels qu'il est urgent de légiférer sur le plan cantonal, comme le conseille nolens volens le Tribunal fédéral dans son arrêt thurgovien. Car il ne s'agit nullement d'une "proportion marginale", comme l'écrit la Tribune, faisant preuve de peu d'esprit critique, mais bel et bien d'une proportion devenue majoritaire si mes calculs sont corrects.

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13/07/2013

Voile à l'école: une loi cantonale est nécessaire pour l'interdire

L'arrêt du Tribunal fédéral autorisant le port du voile islamique à deux écolières pour cause d'absence de base légale cantonale l'interdisant incite à une action immédiate et résolue à Genève au nom de l'égalité des sexes, de la dignité de la femme, dans le respect des droits de l'homme et de la liberté religieuse. Il ne s'agit en effet pas d'interdire, par exemple, le port d'une croix chrétienne ou d'une main de Fatima autour du cou.

Sous réserve d'un accord de la députation PLR au Grand Conseil, j'entends donc être le premier à annoncer le dépôt d'un projet de loi en ce sens. Son contenu devra nécessairement prendre en compte un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme entérinant la législation française conçue dans le même but et éviter d'aboutir à un effet contraire, à savoir le retrait de ces jeunes filles par leurs familles de l'école publique genevoise pour les placer dans des écoles islamistes.

Q'une chose soit claire: il ne s'agit nullement d'une manifestation d'islamophobie de ma part. Je m'étais en effet débattu pour obtenir la possibilité d'inhumer les défunts juifs ou musulmans selon les rites de leur foi respective. Mais le voile à l'école publique, c'est autre chose. C'est une attaque claire contre la laïcité de l'Etat, contre la dignité humaine, contre tant de valeurs auxquelles je tiens. C'est pourquoi mon but est de convaincre les députes de mon parti puis le Grand Conseil dans sa majorité d'adapter notre législation.

Nul doute que ce futur projet de loi donnera lieu à un débat politique passionnant entre ceux qui se font les chantres du relativisme culturel et les bardes des valeurs rappelées ici.

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10/07/2013

Dette du canton: l'épine dans la couronne de David Hiler est héréditaire

En huit ans à la tête des finances cantonales, David Hiler aura fait beaucoup de choses positives pour ce canton. Dont certaines qui demandaient ou demandent encore du courage politique, telle la réforme de la fiscalité des entreprises. À l'heure de son bilan qui approche à grands pas, il convient de lui rendre cet hommage.

Mais personne n'est parfait. D. Hiler ne fait pas exception. Ainsi de sa générosité envers la fonction publique qui a notamment bénéficié d'une réforme salariale couplée à l'introduction d'un treizième salaire, avec des effets délétères pour les cadres, en raison d'un aplatissement de la courbe des revenu selon l'expérience. C'est surtout parce qu'il avait à plus d'une reprise fait état de son intention de ramener le déficit cantonal à moins de huit milliards, en fait à la hauteur d'un budget annuel. Et là, le moins que l'on puisse en dire, c'est que c'est raté.

Oh, certes, il peut sortir de bonnes excuses, allant du rattrapage en matière d'infrastructures à l'assainissement des caisses de pension publiques. Mais n'empêche que cela ne suffit pas à expliquer que la dette cantonale continue de peser sur la notation par Standard's & Poor de la qualité de la gestion des finances publiques genevoises. Selon son dernier rapport, c'est toujours AA-, une notation stable depuis 2010, due à un endettement de quelque 12 milliards, soit 25 000 F par habitant, comme le rappelle la Tribune de ce 10 juillet.

Le bilan est encore plus cruel quand on compare Genève à Vaud. Car là, le canton "rupestre" a superbement réussi à faire fondre en dix ans sa dette de 8 milliards à moins de 1 milliard, ne représentant pas plus de 1 000 F par habitant. Le mérite comparé du PLR Pascal Broulis n'en est que plus éclatant.

Certes, le rôle des communes vaudoises dont les responsabilités sont plus importantes que celles des genevoises en rend compte pour partie. Le canton n'y porte que 60% des infrastructures contre 82% à Genève. Mais cela ne suffit pas. Le CHUV ne démérite pas à côté des HUG, ni l'UNIL à côté de l'uni de Genève. Quant au réseau routier, vaudois son ampleur discrédite d'emblée les Genevois.

Non, il faut chercher ailleurs l'incapacité locale à assainir nos finances. Pour une part majeure, elle tient dans une fonction publique très nombreuse, se caractérisant par un niveau salarial en moyenne nettement plus généreux que de l'autre côté de la Versoix. Pour ne prendre que le secteur hospitalier en considération, l'ancien directeur des HUG, Bernard Gruson, avait coutume de dire que la différence de coût pour le personnel infirmier y était d'au moins 20% en défaveur des Genevois. Quand on sait que le canton attribue une subvention de l'ordre de 900 millions par an aux HUG, dont la majeure partie à pour vocation de rémunérer le personnel, on se rend immédiatement compte du potentiel d'économies qui gît inexploité. Un potentiel d'autant plus virtuel que David Hiler aurait encore voulu faire adopter une réforme de la rémunération de la fonction publique, à l'acronyme qui en dit long, SCORE, dont le premier effet aurait été d'augmenter le coût de la masse salariale !

Autant dire que ladite réforme à du plomb dans l'aile, et que la première tâche du nouveau Parlement sera de resserrer des boulons qui ne l'ont pas assez été par l'actuel Grand Argentier. C'est dire si la tâche de son successeur ou successeure (?) sera délicate.

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05/07/2013

15 secondes pour ne pas mourir

15 secondes, c'est le temps dont dispose un million d'Israéliens vivant dans le sud de leur petit pays pour se mettre à l'abri des roquettes tirées contre eux depuis douze ans de la bande Gaza par le Hamas, le Jihad islamique ou Al Quaida.

C'est à peu près le temps qu'il vous aura fallu pour lire cette phrase.

C'est le titre d'un éditorial paru le 3 juillet dans El Pais, un des quotidiens espagnols les plus influents (http://elpais.com/elpais/2013/07/01/opinion/1372695371_45...) qui n'oublie pas que les victimes du conflit israélo-palestinien ne se trouvent pas que d'un côté. Pas plus que les responsables.

En voici la traduction:

 

15 Secondes

 

On oublie souvent qu’un million de civils israéliens vivent soumis à des attaques à la roquette.

 

Jorge Marirrodriga, 3 juillet 2013

 

Quinze secondes est approximativement le temps nécessaire au lecteur pour lire cette phrase trois fois. Mais pour un million de civils qui habitent au sud d’Israël, 15 secondes est le temps qu’ils disposent pour chercher un refuge quand sonnent les sirènes. Le jour ou la nuit. A n’importe quel moment. Une situation qui perdure depuis douze ans. Douze ans à organiser la vie quotidienne autour de ces 15 secondes : faire ses courses, amener les enfants à l’école ou faire une simple balade. Quand sonne la sirène on peut être sûr que quinze secondes plus tard (le temps de lire trois phrases) on entendra au moins deux explosions. Il n y a pas d’objectif militaire désigné, ni un endroit sûr où les bombes ne tombent pas. C’est égal que la roquette tombe sur un terrain vide, l’aire de jeux d’une crèche, une maison ou un parking. L’attaque est aléatoire, avec un seul dénominateur commun : c’est une attaque contre la population civile.

 

Il suffit de visiter des villes comme Shderot ou Ashkelon pour confirmer que l’être humain est capable de s’adapter à toutes les circonstances imaginables. Tous les abri-bus sont des refuges, dans les jardins publics les jeux pour enfants peints avec des couleurs vives sont aussi des refuges et toutes les maisons ont une construction annexe avec une fenêtre minuscule. Il s’agit de refuges aussi. Toutes les écoles possèdent des toits impressionnants fabriqués en béton, et les cours sont intérieures. Des refuges.

 

Les personnes qui vivent dans cette réalité quotidienne, dont nombre d’adolescents qui n’ont connu nulle autre réalité dans toute leur vie, habitent à l’intérieur de frontières délimitées par les Nations Unies en 1947. Et elles appartiennent à toutes les religions et groupes ethniques. Ils sont juifs et musulmans, commerçants ou bédouins, écoliers et retraités. Il y a même des immigrés sans papiers. Tous des civils. Personne ne peut les accuser d’occuper quoi que ce soit ni de tirer sur quelqu’un.  Ils sont des civils qui vivent en accord avec la légalité internationale. Et ils sont des civils qui, en douze ans, n’ont connu qu’une seule période de 60 jours sans aucune roquette ne soit tombée sur la région.

 

Dans d’autres villes du monde, on peut identifier les lignes de bus ou du métro par les couleurs,  mais les civils de Shderot savent reconnaître par les couleurs des débris de roquettes qui sont les ennemis qui tirent sur eux. La couleur verte, jaune ou noire ont des significations bien précises : Hamas, Jihad Islamique, Al Qaeda ou encore toute une myriade des petites organisations pour lesquelles le mot « négociation » n’existe même pas. Des organisations pour lesquelles le concept de « paix » passe forcément par l’annihilation de l’Etat créé grâce à une décision des Nations Unies et dans lequel un million de civils vit en permanence sous le feu.

 

La question est que, quand on met sur la table toutes les conditions qui peuvent inciter à un processus de paix entre Israël et les Palestiniens, on a tendance à oublier ces 15 secondes comme s’il s’agissait d’une affaire mineure. Curieusement, certains des leaders qui proposent des solutions au conflit les considèrent comme un élément négligeable de l’équation. Et quand les roquettes tombent sur Jérusalem ou Tel Aviv, ce qui est déjà arrivé, on considère ça comme une simple anecdote. Mais un million de civils qui vivent sous le feu constant méritent eux aussi qu’on pense à eux. Au moins pendant 15 secondes.

 

 

 

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04/07/2013

Un été arabe

Après le printemps, l'été. Même si les Genevois n'en sont pas conscients, l'été pousse progressivement le printemps à la porte. De même pour les Égyptiens qui, après avoir élu d'un poil le président Morsi, lui ont fait savoir, avec l'appui de l'armée, qu'ils ne voulaient plus de son régime islamiste. Bye bye les Frères ! Il faut dire que la gabegie économique a succédé en Égypte à la corruption du régime de Moubarak. Une confrérie seulement capable d'apporter des aides sociales aux déshérités d'une société en transition vers la modernité, voilà ce que sont sur le fond de leurs compétences les Frères musulmans. Au delà, une organisation qui s'est illustrée en censurant un célèbre humoriste, en restreignant les droits des femmes, trop souvent violées sur la Place Tahrir, en laissant les islamistes attaquer les coptes, en nommant un terroriste, responsable du massacre de touristes suisses, à la tête de Louxsor. De vrais démocrates éclairés, ces Frères musulmans, par bonheur renversés hier 3 juillet 2013. L'histoire retiendra de ce renvoi des islamistes dans leurs madrassas, avec l'appui des autorités religieuses du pays, dont le mufti, qu'il s'est fait grâce à une fantastique mobilisation populaire et finalement sans guere de sang versé. Des millions de signatures -vingt-deux nous dit-on- pour une pétition, dix de plus que Morsi n'en avait obtenu pour son élection à la présidence il y a un an, auront convaincu l'armée que le temps de siffler non pas le retour au désordre ancien, mais la fin d'une expérience qui mettait ce pays à genoux. Les touristes pourront donc retourner en Égypte. Et les vrais démocrates pourront se remettre à espérer. À quand un souffle de contagion vers la Tunisie ? Pour que souffle un vent venu du désert qui y balaiera aussi les obscurantistes.

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