06/08/2013

"L'expérience Blocher": à soutenir et à voir, sans Cherix et avec Sommaruga !

La Festival de Locarno va permettre aux spectateurs de la Piazza Grande de découvrir "l'expérience Blocher", le dernier documentaire de Jean-Stéphane Bron, auteur notamment de "Maïs im Bundeshuus" et de "Cleveland vs. Wall Street". Or le fait que son dernier documentaire ait été produit avec de l'argent public fait tiquer certains censeurs de gauche, moralisateurs à la petite semaine, tel François Cherix. Au motif que l'UDC a fait du "mal aux institutions", il n'ira pas le voir. Il n'y a décidemment pas de limite à l'étroitesse d'esprit. Qu'on le veuille ou non, Blocher est LE politicien suisse qui a le plus marqué la Suisse depuis la chute du Mur, en 1989. Malgré ses échecs, il a dicté et dicte encore, avec son parti, l'agenda politique de ce pays.

François Cherix aurait mieux fait de se renseigner avant de s'exprimer dans la Tribune de Genève. Il aurait ainsi appris de l'Office fédéral de la culture que "tous les critères étaient remplis pour l'encouragement à ce film". À surplus, l'OFC se targue de faire de la liberté d'opinion "une valeur cardinale". Vraie ou exagérée, la réaffirmation de l'attachement de l'OFC à la liberté de création, dans un milieu qui passe souvent comme favorable à la gauche - un élément que M. Cherix oublie comme par hasard de mentionner - mérite d'être soulignée. Même s'il ne s'agissait que d'un exercice-alibi, c'est bien joué. Et rend du coup plus difficile l'accusation, si rapide du côté de l'UDC, que les subventions fédérales à la culture engendrent potentiellement une culture d'Etat.

Donc non seulement cette aide est bienvenue, mais elle aura permis à ce documentaire d'exister. Ce qui me permettra, comme Carlo Sommaruga avec qui je suis généralement en désaccord sur tout, d'aller voir ce film "avec curiosité". Sans François Cherix, qui n'est "pas masochiste"... Et encore moins curieux de voir si Bron a réédité ses réussites précédentes.

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Commentaires

Cherix, par son absence, laisse une place de libre pour un autre spectateur.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/08/2013

Ce cher X nous fait son cinéma.
Attention, pas du cinéma classé X, mais XXL, sur grand écran... de fumée rose bonbon.

Ce cher X est un vrai politicard de taille XXL.
Il ne fait que reprendre les arguments d'autres politicards de même stature, mais de droite. Repris de ceux qui les ont utilisés lors de la présentation des films de Fernand Melgar.
Bien entendu, pour X, dans le cas de Melgar, c'était totalement injustifié, ignoble. Aujourd'hui, dans le cas de Bron et toujours pour X, les arguments sont absolument indispensables. Il est vital de crier au loup, sinon le pauvre citoyen sera mangé tout cru.

Ce n'est pas la politique qui est une cacade monumentale... mais bien toute une partie de ceux qui la font. Oui, tous ceux qui imaginent la démocratie uniquement lorsqu'elle va dans le "bon" sens.

Bron est perspicace, le titre allemand de son film "Mais im Bundeshuus" le prouve. Pour un Suisse d'outre-Sarine, "Mais" est aussi bien le "maïs en épis" que le "cheni", le "bordel", les "histoires" (dans les sens utilisés dans les expression "chercher des histoires" ou "raconter des histoires".

Écrit par : Baptiste Kapp | 06/08/2013

Sans vouloir faire dans la vierge effarouchée, je dois cependant dire que consacrer un documentaire au dinosaure appenzellois est lui donner une importance qui ne peut que contribuer à surgonfler un égo déjà à la limite de l'explosion... Tout au plus pourrons-nous y trouver l'intérêt que porte le paléontologue aux reliquats de l'ère du Crétacé.

Quant aux financements octroyés par l'Office Fédéral de la Culture pour ce film, il s me paraîssent, dans le sens le plus large du terme, discutables...

Écrit par : Déblogueur | 07/08/2013

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