10/08/2013

Voile en France: les crèches et l'uni entre l'école et la rue

Il n'y a pas que le Tribunal fédéral pour nourrir la discussion, voire la polémique sur le port de signes religieux ostentatoires. Avec, au premier rang, le voile islamique.

En France aussi, un rapport du Haut Conseil à l'Intégration (HCI), un organisme aujourd'hui remplacé par l'Observatoire de la laïcité, préconise, au milieu d'une douzaine de mesures (lire, pour plus d'informations, le rapport du HCI http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Avis.pdf), son interdiction à l'université où seul le voile intégral est aujourd'hui interdit, et pas seulement dans les écoles, lycées (classes préparatoires des Grandes Écoles comprises), et IUT (en gros, les HES de nos voisins). Toutefois, le président dudit Observatoire fait état de son désaccord, Genevieve Fiorasco, ministre de l'enseignement supérieur aussi, mais le ministre de l'intérieur et des cultes, Manuel Valls, y est nettement plus favorable, à l'image de plusieurs présidents (recteurs) d'université.

C'est une litote que de dire que le ministre de l'intérieur est soutenu par les Francais. Selon un sondage exclusif de l'Ifop pour le Figaro (paru le 8 août 2013), 78% d'entre eux sont opposés au port du voile dans les salles de cours des universités (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/08/01016-20130808ARTFIG00457-une-majorite-de-francais-contre-le-voile-islamique-a-l-universite.php). On notera que ce score place l'université entre l'école (78% des Français contre le port du voile) et l'espace public, en clair la rue (63% des Français contre le port du voile). À noter que dans le cas de la rue (pour le voile intégral seulement) comme de l'école, des lois ont déjà tenté de régler le problème. La question est maintenant de savoir quand viendra le tour de l'université stricto sensu.

Car il faut relever une sacrée incohérence dans les solutions légales adoptées par nos cartésiens de voisins: 35% des étudiants de l'enseignement supérieur sont déjà touchés par l'interdiction du port du voile. Restent les deux-tiers qui ne le sont pas. En raison de la montée des revendications communautaristes dans les universités (par exemple, refus d'être jugé par des jurys mixtes, donc composés aussi de femmes, stands de propagande, prosélytisme croissant), des recteurs d'université estiment qu'il est grand temps d'agir. Même s'il s'agit de contraindre de jeunes adultes. Comme le dit un ancien responsable de la formation des enseignants français, "la religion ne saurait être un objet de débat et de division dans les lieux de partage du savoir". (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/05/01016-20130805ARTFIG00412-on-assiste-a-une-montee-des-revendications-religieuses.php).

Avant l'université, le tour va toutefois très probablement venir pour les établissements privés accueillant du public. La raison en est le refus, en mars 2013, d'une islamiste de laisser son voile au vestiaire de la crèche Babyl-Loup, dans les Yvelines. Le secrétaire du PS, Harlem Désir, avait alors reconnu qu'il y avait besoin d'une extension du dispositif législatif concernant l'école aux établissements privés remplissant des missions de service public. En quoi il tentait d'éviter tout désaccord avec l'UMP qui a indiqué, à la session de juin du Parlement, vouloir déposer un projet de loi sur ce volet du dossier du voile. Un autre sondage fait lui état de 84% de Français opposés au voile dans les lieux privés accueillant du public.

Ces différents degrés de rejet ne sont que l'expression d'une logique élémentaire: les enfants méritent le plus d'être préservés du prosélytisme et de l'image d'inégalité entre les sexes que représente le voile. Les adultes, surtout quand ils déambulent dans la rue, sont supposés être capables de faire preuve de libre-arbitre et donc ont moins besoin de pareilles précautions. Même si la tendance est clair: du voile -pris comme symbole du communautarisme -, les Français ont ras-le-bol !

Comme quoi un voile (à l'uni publique) peut en révéler un autre (dans les crèches et autres écoles privées) qu'il s'agira de tirer. Le plus tôt étant le mieux, pensent dans leur grande majorité les Français.

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Commentaires

Pour un pays comme la France, qui a pour devise :
"Liberté, Égalité, Fraternité" ... le problème doit être plus que grave.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 10/08/2013

circoncisions rituelles & laïcité:
http://youtu.be/el7BJjkX-yc

Écrit par : maxime guérin | 10/08/2013

Juste une précision (qui ne change pas le fond du problème): l'interdiction proposée par le HCI ne concerne pas l'université ou les établissements d’enseignement supérieur en général, mais « les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche».
Je viens de tomber sur un no de Valeurs actuelles(6 au 12 juin 2013) qui fait état d'un autre sondage, dans les entreprises: 28% ont été confrontées à des problèmes communautaristes tels que refus de travailler avec une femme ou sous les ordres d'une femme, de transporter de l'alcool ou du porc, respecter le code vestimentaire, prières sur le lieu de travail, pressions sur ceux qui ne respectent pas leur pratique, etc. Une bonne moitié estiment que ces problèmes vont se multiplier.
Et dans les prisons (50% de musulmans selon l'administration pénitentiaire, 70% dans certains établissements), ce que révèle un document envoyé par des gardiens de prison au gouvernement en 2011 (mais dont le contenu n'avait pas été diffusé) est proprement terrifiant. Je vous laisse le découvrir.

Croire que la Suisse est épargnée par cette pression de l'islam littéral est une douce plaisanterie. Son cheminement est seulement plus lent, mais il va dans la même direction. Il est temps de poser des limites.

Écrit par : mireille vallette | 10/08/2013

@Mireille Valette, tout à fait.
Le fonctionnement en semi-indépendance des cantons & constitutions cantonales sont justement le terrain idéal de la division qu'utilisent "démocratiquement" les communautés islamiques pour leur "intégration"

- Votre commentaire résume ce qui a probablement fondé les motifs de la décision du TF contre Bürglen: le TF a de fait renvoyé la copie aux cantons!

Genève et sa nouvelle constitution doivent encore préciser son législatif en matière d'application de neutralité religieuse dans le public et au sein des institutions, et produire le détail des règlements d'application de ses règlements.

Écrit par : Pierre à feu | 10/08/2013

Ils aiment les voitures mercedes, les bijoux en or de mauvais gout, jusque là, tout semble d'un banal !

Ils imposent à leurs femmes, des accoutrements pratiques en hivers dans les contrées tempérées et froides et mortels dans les contrées désertiques chaudes, brulantes, mais ils sont plutôt originaires de la deuxième région. Des accoutrements que je conseil à personne lors de chaleurs dépassant 40° à l'ombre, là bas, ça atteint 50° à l'ombre, brûlant !!!

Des accoutrements composés de longues robes taillées dans des tissus hermétiques à l'air couvrant le corps des pieds à la tête, c'est à dire qu'en plus de pantalons et de sous-vêtements biens définis, une tunique enveloppant l'ensemble de l'épiderme confectionnée d'étoffes noirs ou très foncées. (pour ceux qui ne le savent pas, c'est le qui noir accumule le plus la chaleur des rayons solaire).

On peut parler de saunas transportables, vous pouvez essayer par un jour d'été, bien qu'à Genève la température ne dépasse guère les 30°.

Comme si ces petits maitres des lieux auraient imposer le maillot de bain deux pièces à leurs épouses si ils étaient originaires des pays nordiques !

Écrit par : Corto | 11/08/2013

Je me réjouis déjà de voir les levées de boucliers des protecteurs de la femme également pris dans la défense du port du niqab ou du voile, genre Belphégor !

Certes Pierre à feu et Mireille ont totalement raison de se casser le crane sur les procédures administratives et autres labyrinthes technico-juridiques, mais est-ce le carnaval toute l'année à Genève ou faudra t-il encore ressortir tout les arsenaux démocratiques pour faire cesser cette décadence vestimentaire représentant l'oppression de la femme et de l'égalité des sexes ?

Faudra t-il sortir la même mauvaise foi que ceux qui imposent de telles humiliations aux femmes pour enfin garder dans notre ville le minimum de décence.

Des population venant des divers horizons peuvent très bien véhiculer des traditions, des tenues spécifiques à leurs culture, mais dans le cas du voile, s'agit-il vraiment de quelque chose d'acceptable et de compatible avec nos principes, je suis certain que non !

Nous, suisses, avons également trop longtemps pratiqués la discrimination envers les femmes, certains cantons ont aussi dû se mettre à la sauce de la loi et de l'évolution des libertés, ce n'est pas pour se faire contredire par des éléments exogènes dans leurs principes rétrogrades et dans leurs conduites.

Il est impensable de pouvoir évoluer socialement avec les objectifs non-atteint que nous nous sommes donnés avec de tels entraves, alors que notre société tente d'achever un travail qui ne fut pas sans obstacle, nous devrions tolérer de telles pratiques aussi humiliantes envers une partie de la population ?

Ce serait comme accepter qu'en raison de la taille et au nom d'une idéologie, une partie de la population devrait revêtir des tenues ad-hoc, comme les juifs devaient impérativement porter des bonnets jaunes, puis des étoiles de la même couleur !

Autre point sur lequel je me suis déjà expliqué, derrière ce voile voilant, il y a d'autres pratiques encore plus intolérables et obscènes, comme les mutilations sexuelles imposées à des fillettes, causant la mort de ces innocentes, va t-on encore laisser des "médecins" genevois pratiquer de telles abominations et va t-on tolérer que des suissesses soient emmenées dans leurs pays d'origines pour que de telles atrocités leur soient imposées ?

Non, si il s'agissait de pratiques semblables imposées à des animaux, il y aurait déjà eu des révolutions dans notre pays immuable !

Il ne sert à rien de nous tourmenter plus longtemps vis-à-vis de ces phénomènes contre-nature et indignes, fascistes !

Écrit par : Corto | 11/08/2013

Des "Fantomas" il y en a tous les jours à Balexert.
Je me demande si les ambassades suisses à l'étranger voient les demandeuses de visas avant de le leur octroyer.

Après avoir visionné le reportage de "Temps Présent", jeudi sur la RTS 1, sur l'aéroport new-yorkais de JFK, je me demande pourquoi nos gardes-frnotières n'interdisent pas l’entrée sur territoire suisse de ces "Fantomas".

Avouez que l'on peut mieux faire.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17/08/2013

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