29/08/2013

Sandrine Salerno et le budget de la Ville : absence de courage ou choix structurel ?

Un déficit annoncé de 25 millions pour un budget d'un peu plus d'un milliard. Voilà comment Sandrine Salerno (SaS), en sa qualité de conseillère administrative de la Ville, aborde l'année 2014 : par une incapacité à respecter l'esprit de la loi sur l'administration des communes qui oblige les communes à adopter des budgets équilibrés. Certes, proposer un déficit ne signifie pas adopter un déficit. N'empêche que cette posture révèle un autre défaut de SaS dans son poste de conseillère administrative avec une majorité de gauche : sa capacité à se défausser sur les autres, en l'espèce le Conseil municipal, pour respecter la loi.

Ce faisant, elle donne raison aux citoyens qui se méfient de cette candidate au Conseil d'Etat, l'une des 4 du PS à espérer siéger au sommet de l'Etat. Pourquoi? Tout simplement parce que SaS pourrait briguer le département des finances. Et qu'elle donne un indice à ceux qui craignent de l'y voir incapable d'orienter le canton vers un retour maîtrisé à l'équilibre de ses finances et à la diminution de sa dette. Avec elle, l'héritage de David Hiler serait vite liquidé.

Bref, SaS présente un mauvais budget pour la Ville. Elle ne pourrait faire mieux pour le canton. On connaît par ailleurs sa méfiance à l'égard de l'économie privée en général, et notamment du secteur bancaire de notre canton. Espérons à ce stade que les conseillers municipaux sauront réviser son travail imparfait, car incomplet.

Ajoutons qu'une autre posture de SaS est imaginable : qu'au sein d'une majorité gouvernementale de droite, elle sache se comporter collégialement. En d'autres termes, que la structure majoritaire l'amène à arrondir les angles. A l'aune de Micheline Calmy-Rey qui en était arrivée à défendre le secret bancaire à la veille de son élection au Conseil fédéral. SaS ne serait plus alors la pire des solutions.

Réponse à ces supputations d'ici à quelques semaines. Et à quelques années au cas où elle serait élue, hypothèse fort plausible, à juger de sa campagne et surtout de celle de ses concurrents.

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28/08/2013

Affaire Ziegler: une élection impossible selon les statuts de la CDH de l'ONU

La fois de trop ? La Suisse a beau transmettre la candidature de Jean Ziegler au Comité consultatif (CC) de la Commission des droits de l'homme de Nations-Unies (CDHNU), elle risque fort de sortir de cette affaire avec une mine confite. Son poulain aussi. En effet, selon les règles adoptées en juin 2007 par cette même commission, (http://ap.ohchr.org/documents/F/HRC/resolutions/A_HRC_RES_5_1.doc) "les membres du Comité consultatif auront un mandat de trois ans. Ils ne pourront se représenter qu'une seule fois.

Or JZ a été élu en 2008 pour un mandat d'une année, puis il a été réélu en 2009 pour un mandat de 3 ans. Selon les règles de l'ONU, JZ est donc inéligible au Comité consultatif selon les règles mêmes de la CDH.

Du coup, l'argument de la diplomatie suisse selon lequel existerait une exception (pour un troisième mandat) dès lors qu'un congé d'une année entre deux mandats serait observé prend sérieusement de l'eau. Or cette exception est une vue de l'esprit.

Elle l'est d'autant plus que le législateur onusien savait très bien comment s'y prendre pour créer pareille exception. En effet, un an plus tôt, l'Assemblée générale (AG) des Nations-Unies avait approuvé la Résolution 60/251, et notamment son article 7 qui prévoyait plus que deux mandats, après une pause, pour le CDH (http://www2.ohchr.org/french/bodies/hrcouncil/docs/A.RES.60.251_Fr.pdf): "Élus pour un mandat de trois ans, les Membres du Conseil ne seront pas immédiatement rééligibles après deux mandats consécutifs". Peut-on être plus clair ?

Le fait que la CDH de l'ONU n'ait pas utilisé cette disposition existante ne fait que renforcer la signification de l'article 74 de la CDH. Donc pas d'exception au Comité consultatif de la CDH de l'ONU, même pour JZ.

Il n'est pas exclu que la diplomatie suisse soit au courant de cette contrainte lourde de la loi internationale. Ou que des diplomates amis ne la rappellent d'ici au jour du vote.... Un peu de patience ne nuit jamais, un peu de finesse juridique non plus.

Reste à savoir si, argument jamais invoqué car me semble-t-il non pertinent, la durée courte du premier mandat altère l'interdiction d'un troisième mandat.

(Version corrigée de quelques erreurs)

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25/08/2013

Hani Ramadan et les églises brûlées par les islamistes : la faute aux conspira-sionistes !

Les églises coptes égyptiennes sont détruites par les ennemis des Frères musulmans. Voilà en substance la thèse quasiment "conspira-sioniste" que défend contre toute évidence Hani Ramadan et que dément par l'image France24 (http://www.france24.com/fr/20130819-egypte-gizeh-coptes-eglise-incendie-pro-morsi-sissi-tawadros-militaires-crainte-attaques-reportage). Car il ne suffit pas d'avoir une exception pour infirmer la règle de la haine des chrétiens qui mine l'Egypte, notamment, et fait tant de mal à l'image de l'Islam en Occident.

Cet ex-enseignant qui refusait de serrer la main de ses collègues femmes, devenu après son licenciement "brunschwigien" - qui a coûté cher à l'Etat- prédicateur-imam et de plus en plus porte-parole officieux des Frères musulmans à Geneve, fait partie de cette catégorie de personnes qui sait tout, de manière apodictique. Il n'admet donc pas la contradiction. Aussi, plutôt que de répondre sur son blog à sa dernière note (http://haniramadan.blog.tdg.ch/archive/2013/08/24/pour-la-liberte-et-contre-l-oppression-245962.html), je prends ici la peine de donner la version que les journalistes occidentaux, certainement à la solde du général al-Sissi, écrivent. Mais pas seulement les journalistes occidentaux.

Ainsi, selon l'abbé Arbez qui cite le délégué de l'Union égyptienne des droits de l'homme - très certainement une abominable ONG occidentalisée - 82 églises chrétiennes ont été brûlées en 2 jours après la chute de Morsi (http://www.lesobservateurs.ch/2013/08/18/egypte-suite/). Et de poser la question qui tue, au sens figuré bien entendu: combien sont-ils ces musulmans modérés à être descendus dans la rue, en Europe ou ailleurs, pour protester contre ces actes barbares ? N'y a-t-il pas un contraste, pour le moins, avec ces quartiers qui s'embrasent, en France, mais au propre cette fois-ci, avec voitures brûlées et commissariats attaqués au mortier (!), par exemple à l'annonce de l'arrestation d'un simple délinquant multirécidiviste d'origine maghrébine ou encore pour fêter le 14 juillet (http://www.leparisien.fr/espace-premium/val-de-marne-94/le-commissariat-encore-attaque-par-des-tirs-de-mortier-16-07-2013-2984909.php) ? Que se serait-il passé si 82 mosquées avaient été détruites par des coptes ?

Bref, loin de combattre "pour la liberté et contre l'oppression", pour reprendre le titre de sa note, Hani Ramadan se fourvoie dans un délire conspirationniste décuplé par sa rage de voir le peuple et l'armée unis contre un régime démocratiquement élu mais délégitimé par une pétition signée par plus de 20 millions d'Egyptiens et des manifestations les réunissant par millions. Autant de citoyens qui en ont eu marre d'un régime incompétent qui ne rêvait que d'instaurer la charria comme loi suprême - c'est son droit, car c'était son programme - mais qui nommait gouverneur de Louxor un terroriste, responsable de la mort de 68 personnes dont 36 touristes suisses (http://videos.tf1.fr/jt-20h/2013/egypte-un-ancien-terroriste-a-la-tete-de-la-province-de-louxor-8036768.html). Une provocation tellement "hénaurme" qu'elle provoqua la démission du ministre égyptien du tourisme de feu (sic !) le gouvernement Morsi (http://www.tdg.ch/monde/gouverneur-conteste-luxor-ministre-demissionne/story/25014901).

À mon tour de poser une question à Hani Ramadan qui écrit sans rire "Dns le monde entier, les musulmans libres refusent catégoriquement ce régime" : dans quel pays démocratique du Proche et du Moyen-Orient, autorise-t-on des manifestations pro-Morsi ? La réponse est simple, selon un journaliste arabe assurément "soudoyé par la presse sioniste": en Israël (http://www.gatestoneinstitute.org/3945/muslims-freedeom-of-speech), et pas en Jordanie ni même les Territoires palestiniens...

Hani Ramadan peut se féliciter de vivre et d'écrire ses recits délirants en Suisse. En Égypte, aujourd'hui, sa carrière de polémiste serait compromise. Le bâton manié par des citoyens excédés par les islamistes risquerait de le frapper ! Ça rappelle les tristes excès commis à la Libération contre les collabos, les vrais comme les supposés.

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23/08/2013

IUFE (suite): quelques précisions pour éviter de faux espoirs

Je suis sceptique quant à l'issue du combat initié par le PDC, mais peu importe. À cause des atermoiements du DIP et des dysfonctionnemts au sein de l'Uni qui continuent, soit dit en passant, il vaut la peine de le mener. On verra bien. Tous les gagnants ont tenté leur chance...

Sur la reconnaissance fédérale de l'IUFE, tant de fois annoncée, elle devrait être finalement là cet automne, selon les informations données au Grand Conseil. Même si, ensuite, le fait de l'avoir obtenue ne devrait pas être un obstacle dirimant au démantèlement de cet institut.

À souligner que le Grand Conseil ne peut supprimer l'IUFE, qui est un institut interfacultaire de l'université, en tant que tel, mais peut créer une HEP et diminuer d'autant le budget alloué à l'uni.

L'obstacle le plus difficile car le plus coûteux est que le statut de la fonction publique protège les profs nommés au sein de l'IUFE par les facultés (des profs qui font surtout de la recherche). Il ne suffit pas de supprimer les fonctions pour les supprimer eux, il faut attendre la fin de leur mandat de 7 ans. À ce moment-là, s'il n'y a plus d'enseignement aux futures enseignants, leurs postes deviennent superflus. Les facultés seront libres de les garder ou de les remercier.

Ce sera le cas échéant un coût de la transition à supporter pour l'uni, si nous avons une majorité au Grand Consei pour ce projet, ce qui est possible. Car à la fin, il faudra aussi faire les comptes, et là ce sont évidemment des choix politiques. Une façon de trouver les moyens pourrait être d'augmenter les taxes, notamment pour les étudiants étrangers, comme l'ont fait ou le projettent plusieurs unis suisses. Question politique s'il en est ! MBG l'avait voulu, elle, et même gagné en référendum.

Reste que la grande majorité des enseignants n'a pas un statut de profs, mais de chargés d'enseignement. Pour ceux-là, la création d'une HEP serait une aubaine car ils devraient alors passer de classe 20 (salaire de 106 000 F à 143 000 F) à classe 26 (salaire de 138 000 F à 187 000 F), comme dans les HES. J'en connais qui trouvent que ce serait le moment, même si la plupart des enseignants ne sont pas d'abord motivés par l'argent, comme vous le savez bien !

Enfin, et c'est le plus inquiétant, changer de structures ne signifie pas encore trouver d'autres têtes pour enseigner. Le réservoir des compétences locales est limité, à telle enseigne que l'on a nommé à l'IUFE pour former des enseignants du secondaire - dont un bon nombre a une formation académique nettement supérieure - force personnes formées pour le primaire (qui n'y avaient même pas toutes enseigné !). Ces engagements ont été un ballon d'air structurel pour les docteurs de la LME (formation pour les enseignants primaires) qui n'avaient pas d'autre perspective professionnelle, du point de vue académique, à la FAPSE.

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22/08/2013

IUFE: bravo au PDC qui siffle la fin de la première mi-temps !

À lire son programme électoral (http://pdc-ge.ch/programme/formation/creer-une-haute-ecole-pedagogique/), le PDC entend mettre fin à l'expérience de l'IUFE pour remplacer cette Genferei par une HEP apte à former des praticiens de l'enseignement primaire, et pas seulement des théoriciens. Ce que l'IUFE ferait bien au demeurant, selon le PDC. Cette proposition de réforme venue d'un parti qui, comme le PLR (et le soussigné), a soutenu la création d'un institut de formation des enseignants rattaché à l'Université ne tombe pas du ciel. Mais elle ne va pas assez loin.

L'IUFE s'est en effet signalé, depuis son ouverture, en 2008, par des dysfonctionnements attribués à une direction inexpérimentée, insuffisamment coachée par le rectorat. Administration défaillante (ce qui n'est pas près de cesser) et improvisations pédagogiques initiales indignes d'un institut universitaire n'ont pas manqué de susciter l'insatisfaction des étudiants, sinon des enseignants. Diverses pétitions remises au Grand Conseil en témoignent. À chaque fois, son aimable directeur, un professeur de qualité, au demeurant dépassé par les responsabilités qui lui avaient été conférées, annonçait des améliorations. Qui ne sont venues qu'au compte-goutte. La plus grave carence est la reconnaissance fédérale de l'IUFE, continuellement repoussée et, à chaque fois, annoncée pour demain...

Il est donc temps de remettre de l'ordre par un coup de sac institutionnel, faisant de l'IUFE une structure telle qu'on en trouve dans tous les autres cantons, c'est à dire une Haute École Pédagogique (HEP). Car l'un des effets pervers du système actuel est que les futurs instituteurs formés à Genève ne voient pas leur titre reconnu ailleurs en Suisse, ni à l'étranger, contrairement à ceux qui se forment à Lausanne, à Fribourg, à Neuchâtel, en Valais ou en Suisse alémanique, voire en France ou en Belgique. Résultat des courses: quelques étudiants genevois, parfaitement rationnels, même s'ils sont encore rares, préfèrent traverser la Versoix. D'autant que la durée des études est plus longue à l'IUFE. Et que leur contenu, comme le prétend le PDC, y est non seulement excessivement théorique, mais encore trop inspiré par les "gourous" de la FAPSE.

On verra bien ce que le PDC fera de sa proposition au cours de la prochaine législature. Mais si, comme il serait logique, ce parti déposait un projet de loi sitôt les élections passées, il ne manquerait pas de soutiens au sein du Parlement, l'Université n'étant plus crédible dans ses déclarations d'intention réformistes. Même si une HEP a une structure salariale qui serait probablement plus coûteuse pour les caisses de l'Etat.

Restera à savoir si cette révolution annoncée par le PDC s'étendra à la partie de l'IUFE qui s'occupe de la formation des enseignants secondaires, eux aussi formés par des HEP dans la grande majorité des autres cantons.

On me permettra ici une note personnelle. Lors du vote, je serai éthiquement obligé de m'abstenir pour des raisons familiales. Pour celui qui avait amené à la création de l'IUFE, j'avais d'ailleurs choisi une solution qui allait à l'encontre de ces mêmes intérêts familiaux. Certains ont mis du temps pour le comprendre !

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20/08/2013

Affaire Ziegler: victoire d'étape et aveu de Carlo Sommarruga

La commission des affaires étrangères du Parlement a aujourd'hui désavoué le Conseil fédéral. Par 12 voix (PLR, UDC et 2 voix PDC) contre 10 (les autres), elle considère que Jean Ziegler (JZ) n'est "pas adéquat" pour la fonction onusienne à laquelle l'infatigable sociologue de 79 ans se présente. À noter au passage que le qualificatif est le même que celui retenu par le nouvel ambassadeur des USA à l'ONU, Samantha Power: "unfit" (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/19/affaire-ziegler-suite-et-pas-fin-les-usa-s-opposent-245721.html). Mais ne cachons pas notre plaisir. Voilà une gifle (à laquelle j'ai modestement contribué) bien méritée par ce Saint Sébastien de la politique suisse qui adore les poses de martyre pour se plaindre des complots ourdis contre lui par des lobbyies qu'il ne contrôle pas.

On peine à comprendre la cohérence de ce soutien en apparence provocateur de la Suisse à JZ. Car le fait qu'il s'agisse du seul Suisse à s'être présenté tient du plus haut ridicule. Comment diable le Département des affaires étrangères (DFAE) n'a pas pensé à contacter Jakob Kellenberger, autrement plus crédible, lui, en matière de droits de l'homme (outre qu'il aurait eu l'avantage d'être du même parti que Didier Burckhalter)? En effet, l"incompétence de JZ, connue depuis 2002 au plus haut niveau de l'ONU, suffit à le disqualifier auprès d'esprits simplement factuels (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/19/affaire-ziegler-suite-et-pas-fin-les-usa-s-opposent-245721.html).

Non, il faut entendre Carlo Sommaruga à Forum ce mardi 19 août (http://download-audio.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/2013/forum_20130820_standard_developpement-1_9fa24db4-953f-4dc9-b3ac-90f884b6de80-128k.mp3) pour obtenir un aveu scandaleux qui confirme l'une des hypothèses que j'avais avancées pour expliquer les raisons d'une renomination provocante (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/19/affaire-ziegler-suite-et-pas-fin-les-usa-s-opposent-245721.html). L'absence de soutien à JZ témoigne selon lui d'un manque de compréhension, par la majorité de la commission des affaires étrangères, des enjeux liés à la position de la Suisse dans la galaxie onusienne. Il a ainsi cité une nomination obtenue avec les voix de pays du sud, qui forment la base électorale de JZ. L'auditeur comprend que JZ serait au fond le bénéficiaire d'un marchandage indigne de ce pays. Il fallait oser le dire, comme dirait ce bon JZ. Non seulement le soutien du DFAE a JZ se base sur des racontars, des légendes urbaines, des propos non fondés, mais encore la stratégie qui le dicte relève du soukh. Celui de Tripoli ?

Le plus drôle serait dorénavant que l'ONU considére que JZ est inéligible au poste qu'il brigue. Cette hypothèse est moins absurde qu'il ne semble à première vue, compte tenu des mandats qu'il y a déjà exercés. Y a-t-on pensé à Berne ? La Suisse pourra toujours présenter Carlo Sommaruga pour le remplacer...

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19/08/2013

Affaire Ziegler (suite et pas fin) :Les USA s'opposent

Dans le match qui est en train de se jouer entre partisans et opposants au soutien inattendu, par le Conseil fédéral, de la candidature de Jean Ziegler à la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies (CDH de l’ONU), une étape vient d’être franchie. Le nouvel ambassadeur des USA à l’ONU, Samantha Power, s’est en effet clairement positionnée contre son élection dans un tweet rédigé le 15 août : «  Indeed, Dr. Ziegler is unfit for continued service at the @UN _HRC ». Ce tweet est repris à l'étranger et contribue à ce qui est devenu, sans conteste, une nouvelle Affaire Ziegler http://www.jpost.com/International/US-ambassador-to-UN-Sw.... Traduction libre: « En réalité, M. Ziegler n’est pas adapté à un nouveau mandat à la CDH de l’ONU ».  


A n’en pas douter, cette prise de position devrait jouer un rôle au moins équivalent, pour le Département fédéral des affaires étrangères, au soutien pavlovien manifesté par une cinquantaine d’ONG http://www.tdg.ch/suisse/ong-manifestent-soutien-jean-zie.... Un Département décidément mal pris, à voir les oppositions à sa décision qui se multiplient, y compris au sein du PLR, le parti du ministre Burkhalter, telles celles des 4 membres PLR de la commission des affaires étrangères.



La liste précise des soutiens d’ONG à JZ est encore inconnue, pour ne pas dire opaque. Mais il y a fort à parier qu’elle sera fort proche de la nébuleuse que le polémiste suisse avait réussi à mobiliser lors de sa précédente candidature http://blog.unwatch.org/wp-content/uploads/NGOs4Ziegler.pdf  et http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2011/04/03/jean-zi....



Même si l'ONU connait aussi un système de majorité automatique que la candidature de JZ est à même de satisfaire, l’importance de ce désaveu par les USA n’est pas à sous-estimer. Car maintenant, on sait que JZ, au mieux un amnésique, au pire un menteur,  http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/14/jean-zi... était aussi considéré au sein de l’ONU comme incompétent voire nuisible pour la CDH en 2002 déjà. Il aura fallu la publicité donnée à un document tiré de la masse de données de l’affaire wikileaks pour que cela apparaisse en plein jour.



Cette fois-ci, pour l’ambassadeur Power, ce sont les positions politiques de JZ qui sont en cause : pro-Hezbollah, pro-Garaudy, un négationniste notoire, et évidemment pro-Kadhafi. N’en jetez plus. Il ne manquerait plus que JZ soit aussi pro-Morsi ! Parions que cela ne saurait tarder. 


 



L‘ami des dictateurs, qui a notamment des liens si étroits avec Castro, devrait commencer à se faire du souci pour la réussite de sa dernière candidature, vu son âge avancé (79 ans), à un hochet politique lui permettant de croire qu'il est encore important. Quitte à demander une intervention de la Corée du Nord, qui ne manque pas de fusées, en sa faveur…  Pour l’envoyer sur Russin !


(Variante légèrement remaniée de la version parue sur le site lesobseervateurs.ch)

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16/08/2013

Ziegler - un exemple canadien : à Montréal on démissionne, à Berne, on nomme ! Cherchez l'erreur...

Sous le titre en "une" de la partie affaires, "SNC Lavalin - autre départ d'un dirigeant entaché par la Libye", le grand quotidien montréalais "La Presse" de ce 16 août 2013 fait état de la démission d'un haut dirigeant "indirectement mêlé aux déboires de la firme en Libye". Il s'agit en l'occurrence du conjoint de l'ancienne ministre de la justice du Québec, Kathleen Weil. M. Novak, car c'est de lui dont il s'agit, exerçait des activités de lobbyiste pour cette société. Et il a donné des cours de développement des affaires à Saadi Kadhafi, un des fils du dictateur lors de ses visites au Canada.

Mais quand on démissionne à Montréal pour avoir été lié, de près ou de loin, à l'argent sale libyen, à Berne on nomme en Jean Ziegler (JZ), pour un poste où il a été considéré à la fois incompétent et nocif pour l'ONU, un proche de Kadhafi. Un professeur qui enrichissait ses cours ou sa réflexion théorique sur les révolutions du Tiers-Monde des leçons pratiques que lui donnait le dictateur en personne. Un proche si proche qu'il a été vice-président d'une fondation qui administrait un fonds de 10 millions de dollars (qu'est devenu ce pactole depuis 2011 ?) servant à remplir les enveloppes distribuées par le jury du Prix Kadhafi des droits de l'homme - dont JZ faisait évidemment partie - à ses amis, voire à lui-même. (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/14/jean-ziegler-amnesique-ou-menteur-en-tout-cas-disqualifie-po.html)

Pourquoi diable le sceau d'infamie, pour contacts étroits avec la Libye, n'a-t-il pas déjà marqué l'épaule de JZ, comme il avait marqué celle.de Milady, d'une empreinte encore plus forte que dans le cas de M. Novak ? Parce qu'en Suisse, on est moins rigoureux qu'au Canada. Tout simplement.

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15/08/2013

Jean Ziegler: amnésique ou menteur? En tout cas, disqualifié pour incompétence selon wikileaks (scoop)

Des remous. C'est le moins que l'on puisse dire. La proposition du Conseil fédéral, rendue publique en plein été, de renommer Jean Ziegler (JZ) comme expert de la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'homme, à l'un des trois postes attribués aux pays occidentaux, ne passe pas inaperçue. Des parlementaires fédéraux du PLR, du PDC et de l'UDC entendent en effet remettre en question ce choix du DFAE, le département responsable dont le chef nous avait habitués à ce jour à plus de circonspection dans ses choix.   

Pourquoi ne faut-il pas renommer JZ ? D'abord parce qu'il s'est disqualifié tout au long de ses mandats précédents.

SCOOP

Selon un document trouvé sur wikileaks (http://www.cablegatesearch.net/cable.php?id=02ROME5540), un site que JZ risque de moins admirer dans les jours qui viennent et qui met en cause les déclarations laudatives du porte-parole du DFAE, le chef du programme mondial pour la nourriture de l'ONU avait demandé le 24 octobre 2002 au secrétaire général de l'ONU Kofi Annan de le licencier pour incompétence. Sergio Vieira de Mello, haut commissairede l'ONU pour les droits de l'homme, avait reçu copie de cette demande.

Voici un premier extrait de ce cable: 

UN'S SPECIAL RAPPORTEUR ON THE RIGHT TO FOOD JEAN ZIEGLER) IS SERIOUSLY DAMAGING THE EFFORTS OFTHE WORLD FOOD PROGRAM TO RESPOND TO FOOD CRISESAROUND THE WORLD, AND PARTICULARLY NOW IN SOUTHER AFRICA.

Et en voici la conclusion:

I HOPE YOU WILL GIVE SOME THOUGHT TO THE POSSIBILITY OF DISCUSSING THIS ISSUE WITH HIM. THERE ARE SO MANY TALENTED, RESPONSIBLE, AND HUMANE PEOPLE WHO COULD DO AN EXCELLENT JOB AS THE SPECIAL RAPPORTEUR ON THE RIGHT TO FOOD. AT THE INTERNATIONAL FOOD POLICY RESEARCH INSTITUTE AND AT MAJOR UNIVERSITIES, THERE ARE A NUMBER OF EXPERTS WHO UNDERSTAND THE COMPLEXITY OF FOOD SECURITY ISSUES AND WHOSE CAREERS HAVE DEMONSTRATED A COMMITMENT - NOT TO PUBLICITY - BUT TO FINDING SOLUTIONS TO THE CHRONIC HUNGER THAT STILL AFFLICTS THE LIVES OF SO MANY OF THE WORLD'S POOR. SINCERELY, JAMES MORRIS, WFP EXECUTIVE DIRECTOR

C'est la raison principale developpée au point II. 

 

I. Renommer un menteur n'est pas possible

En effet, renommer JZ comme expert dans cette commission, c'est comme nommer le chanvrier valaisan Rappaz à l'Office des Nations-Unies oontre la drogue et le crime selon les déclarations marginalement ironiques du conseiller national PLR Christian Lüscher ou encore Fidel Castro - un proche ami de JZ - à la tête de Reporters sans frontières. 

- JZ a été membre du jury du prix Kadhafi des droits de l'homme, un prix créé par Kadhafi en 1989, peu après l'attentat de Lockerbie perpétré par des terroristes libyens sur l'ordre de feu le dictateur libyen - on se refait les virginités qu'on peut... - et décerné jusqu'en 2011, année de la chute de son régime. JZ nie aujourd'hui avoir joué ce rôle.

Et pourtant, les articles abondent qui le mentionnent comme membre du jury ("And the winner is...", Time, 8 mai 1989; ou "Mandela receives "anti-Nobel award", UPI, 23 avril 1989, ou encore "Gadhafi human rights prize for two dock strike wifes", Daily Mail, 4 septembre 1997). Il n'a pas démenti ces articles.

- JZ est l'ancien vice-président de la Fondation 21 pour le dialogue interculturel ( cf. le Registre du commerce de Genève du 19 juin 2006 où JZ apparait comme vice-président tant de ladite Fondation que de "l'Institut Nord-Sud pour le dialogue interculturel"; lire aussi l'article de L'Hebdo du 27 avril 1989 "Le Nobel de Kadhafi" où JZ déclare qu'il "préfère avoir les mains sales que pas de mains du tout", ainsi que "Un deuxième spectacle autour du Prix Kadhafi, La récompense est financée par les pétrodollards libyens", Le Temps du 30 août 2000 ou encore "Les noirs demandent réparation pour l'esclavage", Le Temps du 7 août 2001). De la même façon, il nie aussi avoir eu cette responsabilité, comme le 13 août 2013, à l'émission Forum de la RTS. 

A souligner ici que cette Fondation administrait, de 1989 à 2011, le capital de dotation du Prix dont le montant généralement évoqué est de 10 millions de dollars et dont les intérêts, de l'ordre de 250 000 dolars permettent de décerner le prix en question présenté comme un contre-prix Nobel pour le Tiers Monde ("Mandela receives "anti-Nobel" award", UPI, 23 avril 1989, ce que JZ affirme dans l'article cité).

A ce propos, il serait peut-être intéressant de savoir ce qu'il est advenu du capital de dotation de ladite Fondation. 

Comment JZ peut-il avoir oublié ses activités et tous ces faits officiels et gestes rendus publics ?

- JZ a même été un des 13 récipiendaires dudit prix en 2002.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_kadhafi_des_droits_de_l.... Ce qu'il nie malgré les évidences. En témoignent la liste rétrospective des récipiendaires publiée le 24 novembre 2004, à 9:14 (!), par l'agence de presse officielle libyenne Jana qui le nomme John Ziegler..., de même que la dépêche de l'AFP datée du 30 septembre 2002 concernant l'attribution du prix Kadhafi des droits de l'homme à Garaudy et Ziegler sous le titre "French Holocaust denier, Swiss campaignair for (its) victims share Kadhafi prize" et celle de l'ATS, du 30 septembre 2002, au titre le plus explicite qui soit:  "Prix Kadhafi des droits de l'homme: Jean Ziegler et Roger Garaudy parmi les treize lauréats". A noter que JZ se trouvait à Tripoli le jour où le prix a été décerné, mais où il l'aurait refusé. Une étrange coïncidence !

L'excellent article "Führerstaat, frisch gestrichen", paru dans la NZZ am Sonntag du 25 décembre 2005 le confirme aussi. JZ y explique avoir accepté ce prix non pour lui, mais pour l'institut sur le Tiers-Monde qu'il dirige, précisément depuis 1989, l'année de Lockerbie - seconde coïncidence étrange - au département de sociologie de l'Université de Genève.

Changement de version le 2 octobre 2002. JZ prétend avoir refusé le Prix, "pour une raison exclusivement diplomatique: la fonction qu'il occupe désormais à l'ONU" ("JZ refuse le "prix Kadhafi des droits de l'homme"", Le Temps, 2 octobre 2002). Il ajoute même n'avoir "jamais accepté de prix". A l'évidence un autre mensonge, voire une offense à l'égard des "idiots utiles" de la SSR qui avaient décerné au politicien un "Swiss Award" en 2005...  

 

II. Renommer un faux et mauvais expert n'est pas possible

En effet, JZ, menteur et non pas simplement amnésique, n'a pas les qualités nécessaires pour remplir ce job sans disqualifier la Commission et ridiculiser, voire déshonorer la Suisse. 

Nommé une première fois en 2000 pour une durée de 3 ans, sous l'initiative de Cuba, "Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation" par la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme, JZ n'a non seulement pas "cherché le consensus" - cela ne fait pas partie de l'ADN de ce sociologue-polémiste -, bien qu'il il le prétendît, pendant les 7 ans de son mandat renouvelé, il a aussi fait la preuve de sa partialité, sinon de son incompétence. Or l'impartialité est exigée d'un expert de l'ONU, de même que l'objectivité et la non-sélectivité (absence de biais) (Voir à ce sujet la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU 48/141, du 20 décembre 1993). 

Partialité contre les USA en reprochant à ce pays ses lâchers de nourriture en Afghanistan, en prétextant que les USA violaient "les éléments principaux des organisations internationales et du droit international", ou que ces lâchers auraient permis de nourrir les Talibans (Cf. communiqué de presse de l'ONU ga/shc/3660, du 9 novembre 2001).

Partialité en faveur de Cuba - logique, de la part de JZ, ami de touours du Lider maximo, peu regardant en matière de respect des droits de l'homme dans son pays connu aussi pour ses prisons où croupissaient et croupissent encore des priosonniers politiques et détenteur lui aussi du Prix Kadhafi des droits de l'homme - http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_kadhafi_des_droits_de_l... - qui l'amène à critiquer à nouveau les USA  tant à la Commission des droits de l'homme qu'à l'Assemblée générale pour violation "flagrante" du droit international et singulièrement du droit à l'alimentation. Même si Cuba n'a jamais figuré, pendant toute la durée des mandats de JZ sur la liste d'urgence de la FAO, l'organisation onusienne compétente pour l'alimentation et l'agriculture. Mais cela ne l'a pas empêché de prétendre que les USA commettaient un "génocide" à Cuba (Prensa latina du 20 mars 2005), alors que celui, bien réel, du Darfour n'était qu'une simple "préoccupation", la responsabilité avérée déjà à l'époque du régime de Khartoum, un autre soutien de JZ, n'étant que "présumée" aux yeux de cet expert "impartial" (Communiqué de presse de l'ONU AFR/873, HR/CN/1065, du 29 mars 2004)... 

Partialité évidemment au détriment d'Israël. Ami de nombreux antisémites patentés, tels le Français Roger Garaudy et l'Américain Louis Farrakhan, autres détenteurs du Prix Kadhafi des droits de l'homme, JZ rédigea en 2001 déjà, à un an de son entrée en fonction, un rapport pour la Commission des droits de l'homme accusant Israël de mener des politiques qui "génèrent la faim et menacent les plus indigents de famine" (www.fao.org/righttofood/kc/downloads/vl/docs/AH320_en.pdf). En réalité, selon les standards de l'ONU elle-même, la sitution alimentaire dans les Territoires palestiniens n'a jamais été classée comme crise alimentaire mondiale. En novembre 2003, le Comité permanent sur la nutrition compara les risques alimentaires de diverses populations de réfugiés; or les populations de Cisjordanie et de Gaza y étaient classées les moins à risque ! A noter ici que jamais à une exagération abjecte près, JZ qualifia Gaza d'"immense camp de concentration" et les soldats israéliens de "gardiens de camp de concentration, ce qui lui valut une réprimande par le secrétaire général Kofi Annan ("Annan éreinte un fonctionnaire", JTA, 8 juillet 2005) et par le Haut-Commissaire Louise Arbour ("Les commentaires sur Gaza dd'un expert en droits de l'homme sont inconscients", Reuters, 7 juillet 2005).

Partialité toujours contre Israël quand, en 2006, après la Guerre du Liban, JZ s'autosaisit pour aller enquêter au Pays des Cèdres sur les violations du droit à l'alimentation des Libanais de la part des Israéliens, bien que 4 experts du Conseil des droits de l'homme y aient été dépêchés afin de mener une enquête officielle pour le compte de l'agence onusienne. AU terme de son enquête, les officiers israéliens devaient, selon lui, être jugés pour crimes de guerre ! (Conférence de presse de l'ONU, 26 octobre 2006, http://youtube.com/watch?v=ehUPTdNLpL.A) Où est le rapport avec l'alimentation, sinon que son mandat lui servait de prétexte pour fulminer, à son habitude, contre ses ennemis politiques.      

Et pendant qu'il se laissait aller à ses dérives politiques, il n'avait évidemment pas le temps de se consacrer à son mandat. Car comment expliquer, sinon par son incompétence connue des instances onusiennes au plus haut niveau (http://www.cablegatesearch.net/cable.php?id=02ROME5540), selon le document produit par wikileaks, qu'il n'ait même pas réussi à rendre compte des pénuries alimentaires mondiales les plus graves, dont la liste est pourtant mise à jour en permanence par la FAO ? Sur 35 pays concernés en 2004, 17 avaient souffert d'une crise en raison d'actions humaines (guerre, par exemple), et non de désastres naturels. Or JZ mit en cause 34 fois les USA, mais 0 fois les parties responsables de 14 des 17 crises alimentaires d'origine humaine. Il n'intervint pas davantage en faveur des populaitions souffrant de ces famines. Ont ainsi été laissés dans l'ombre

-le Burundi

-la République Centre-africaine

- la République du Congo

- la République démocratique du Congo

- la Côte-d'Ivoire

- l'Erithrée

- la Guinée

- Haïti

- le Liberia

- la Tchétchénie

- la Sierra Leone

- la Somalie

- la Tanzanie

- l'Ouganda

 

III. Les mauvaises raisons d'une renomination

Ce qui précède témoigne clairement à charge pour le fait que JZ n'est ni impartial, ni objectif, ni non-sélectif, au sens des critères requis pour être expert de l'ONU. Comment donc la Suisse peut-elle alors songer à reproposer sa nomination ? Cela donne-t-il vraiment l'impression, au terme d'une lecture, certes sommaire, mais néanmoins documentée de son action d'expert onusien que "JZ a l'expérience qu'il faut et qu'il est interntionalement reconnu pour ses compétences", comme l'a déclaré au Matin du 14 août, sans la moindre trace d'humour, le porte-parole du DFAE ? N'est-ce pas plutôt et tout simplement parce qu'il est "internationalement connu" ? Bref, la "peopolisation" ne touche pas que Stéphane Bern, le spécialiste des altesses sur TF1... 

D'autres explications, plus sérieuses, du choix suisse sont encore possibles. il convient de ne pas les négliger.

La première est bien connue de tout enseignant. Celui qui a réussi un examen une fois a de très fortes chances de le réussir une seconde. Or JZ a été élu une première fois. Dans la logique de l'ONU, la commission se déjugerait si ses membres ne le reconduisaient pas une nouvelle fois. La Suisse ne prend aucun risque en représentant JZ.

Elle en prend d'autant moins qu'elle se donne une image de pays ouvert, proche des pays du Sud (mais aussi de leurs dictateurs corrompus !), tolérant envers un esprit hyper-critique de ses institutions, qui n'a jamais de mots assez forts contre l'"oligarchie au pouvoir" dont le CF Burckhalter et pire encore le président de la Confédération Ueli Maurer sont les représentants stipendiés. Pourtant, en chrétiens qui tendent l'autre joue, ces 2 Conseillers fédéraux montrent leur magnanimité, leur indépendance d'esprit et leur indifférence aux lobbys économiques dont JZ est, depuis sa tendre enfance bourgeoise, l'ennemi juré. Cela évite au gouvernement d'aller chercher de vrais experts en droits de l'homme. A commencer par Jakob Kellenberger, l'ancien directeur du CICR qui a l'âge d'un gamin en comparaison de JZ.

La Suisse ne prend aucun risque non plus car la vision du monde par la galaxie des Nations-Unies (à part les USA) et surtout celle de leurs fonctionnaires internationaux est tendenciellement orientée vers l'anti-américanisme. La chose n'a pas échappé au renard JZ qui jamais ne critique les gouvernements de pays européens, ni a fortiori ceux du Tiers-Monde démocratiques ou dictatoriaux, profitant de la majorité automatique que ceux-ci forment. Ni même la diplomatie suisse, qui sert ses intérêts, quel que soit le parti du conseiller fédéral. Car jamais, malgré ses 79 ans, JZ ne cessera de réclamer des hochets par ses crix, pour rappeler urbi et orbi qu'il existe.  

 La Suisse évite aussi de se faire des ennemis d'ONG politiquement correctes et puissantes pour toute question liée aux droits de l'homme, y compris pour les nominations de fonctionnaires, telles que Amnesty International et Human Rights Watch, qui jamais n'ont élevé de critiques contre l'action de JZ. 

Vu du côté onusien, le choix de la candidature de JZ est une faiblesse de plus dans une organisation qui a élevé l'hypocrisie et l'impunité au rang de beaux-arts. D'ailleurs la Libye n'a-t-elle pas présidé, du temps de Kadhafi, en 2009, le programme antiracisme de la Commission des droits de de l'homme ? Quant à JZ, il n'a été critiqué qu'une seule fois pour ses déclarations enflammées de tribun par les instances dirigeantes de l'ONU. Bref, l'omertà règne. Au passage, mais c'est une autre histoire, on en a vu les effets dans le scandale du Pétrole contre nourriture ou encore dans les abus sexuels commis par des casques bleus en Afrique et en Haïti. 

 

IV. Il faut renommer JZ, l'oxymoron de la diplomatie suisse

La boucle est bouclée. Nommer JZ, récipiendaire du Prix Kadhafi des droits de l'homnme à la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'homme, c'est nommer "the right man at the right place". L'oxymoron peut être déclaré nouvelle langue officielle de l'ONU, sur proposition du DFAE.

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10/08/2013

Voile en France: les crèches et l'uni entre l'école et la rue

Il n'y a pas que le Tribunal fédéral pour nourrir la discussion, voire la polémique sur le port de signes religieux ostentatoires. Avec, au premier rang, le voile islamique.

En France aussi, un rapport du Haut Conseil à l'Intégration (HCI), un organisme aujourd'hui remplacé par l'Observatoire de la laïcité, préconise, au milieu d'une douzaine de mesures (lire, pour plus d'informations, le rapport du HCI http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Avis.pdf), son interdiction à l'université où seul le voile intégral est aujourd'hui interdit, et pas seulement dans les écoles, lycées (classes préparatoires des Grandes Écoles comprises), et IUT (en gros, les HES de nos voisins). Toutefois, le président dudit Observatoire fait état de son désaccord, Genevieve Fiorasco, ministre de l'enseignement supérieur aussi, mais le ministre de l'intérieur et des cultes, Manuel Valls, y est nettement plus favorable, à l'image de plusieurs présidents (recteurs) d'université.

C'est une litote que de dire que le ministre de l'intérieur est soutenu par les Francais. Selon un sondage exclusif de l'Ifop pour le Figaro (paru le 8 août 2013), 78% d'entre eux sont opposés au port du voile dans les salles de cours des universités (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/08/01016-20130808ARTFIG00457-une-majorite-de-francais-contre-le-voile-islamique-a-l-universite.php). On notera que ce score place l'université entre l'école (78% des Français contre le port du voile) et l'espace public, en clair la rue (63% des Français contre le port du voile). À noter que dans le cas de la rue (pour le voile intégral seulement) comme de l'école, des lois ont déjà tenté de régler le problème. La question est maintenant de savoir quand viendra le tour de l'université stricto sensu.

Car il faut relever une sacrée incohérence dans les solutions légales adoptées par nos cartésiens de voisins: 35% des étudiants de l'enseignement supérieur sont déjà touchés par l'interdiction du port du voile. Restent les deux-tiers qui ne le sont pas. En raison de la montée des revendications communautaristes dans les universités (par exemple, refus d'être jugé par des jurys mixtes, donc composés aussi de femmes, stands de propagande, prosélytisme croissant), des recteurs d'université estiment qu'il est grand temps d'agir. Même s'il s'agit de contraindre de jeunes adultes. Comme le dit un ancien responsable de la formation des enseignants français, "la religion ne saurait être un objet de débat et de division dans les lieux de partage du savoir". (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/08/05/01016-20130805ARTFIG00412-on-assiste-a-une-montee-des-revendications-religieuses.php).

Avant l'université, le tour va toutefois très probablement venir pour les établissements privés accueillant du public. La raison en est le refus, en mars 2013, d'une islamiste de laisser son voile au vestiaire de la crèche Babyl-Loup, dans les Yvelines. Le secrétaire du PS, Harlem Désir, avait alors reconnu qu'il y avait besoin d'une extension du dispositif législatif concernant l'école aux établissements privés remplissant des missions de service public. En quoi il tentait d'éviter tout désaccord avec l'UMP qui a indiqué, à la session de juin du Parlement, vouloir déposer un projet de loi sur ce volet du dossier du voile. Un autre sondage fait lui état de 84% de Français opposés au voile dans les lieux privés accueillant du public.

Ces différents degrés de rejet ne sont que l'expression d'une logique élémentaire: les enfants méritent le plus d'être préservés du prosélytisme et de l'image d'inégalité entre les sexes que représente le voile. Les adultes, surtout quand ils déambulent dans la rue, sont supposés être capables de faire preuve de libre-arbitre et donc ont moins besoin de pareilles précautions. Même si la tendance est clair: du voile -pris comme symbole du communautarisme -, les Français ont ras-le-bol !

Comme quoi un voile (à l'uni publique) peut en révéler un autre (dans les crèches et autres écoles privées) qu'il s'agira de tirer. Le plus tôt étant le mieux, pensent dans leur grande majorité les Français.

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08/08/2013

Le FC Bâle a gagné face au Maccabi Tel-Aviv grâce à l'Egyptien Salah. Le BDS a perdu

Le sport l'a emporté sur la politique mardi soir à Tel-Aviv. Or cette victoire du FC Bâle contre Maccabi Tel-Aviv n'a tenu qu'au but marqué par le joueur égyptien Mohamed Salah. Le même qui avait menacé de boycotter ce match, après avoir refusé de serrer la main des joueurs israéliens, à l'issue du match aller gagné 1 à 0 par le FC Bâle. Comme si le sport devait séparer les peuples, au lieu de les unir.

Apres avoir en effet menacé de ne pas participer à cette partie, à la suite de pressions venues de son pays d'origine, M. Salah a finalement pris une part décisive à cette rencontre. Ce faisant, Mohamed Salah a entendu les appels à la raison lancés dans son pays d'accueil, notamment par l'Association Suisse-Israël. Sa section bernoise a ainsi rappelé, par le biais d'un communiqué de presse (repris samedi par la presse alémanique, notamment par la Basler Zeitung et le Tages-Anzeiger) qu'Egypte et Israël étaient liés par un traité de paix depuis 1979 - soit tres probablement avant la naissance de M. Salah, pourrait-on ajouter -, et que les questions religieuses ne devaient pas avoir droit de cité dans les stades.

Selon la Tribune de Genève, la partie a été rocambolesque. Après avoir mené 3 à 0, grâce notamment au but de Salah, Le FC Bâle a marqué un auto-goal puis s'est vu infliger deux buts par le Maccabi. Du coup, le FC Bale peut continuer sur sa lancée, après l'avoir emporté en 3eme phase qualificatrice de la Coupe de la Ligue des champions. On lui souhaite bonne chance.

Cette décision de donner la priorité au sport représente un échec de la politique de boycott d'Israel soutenue en Suisse notamment par l'association pro-islamiste "Droit pour tous". Une association qui entend lutter contre le droit à l'existence d'Israel en lançant des appels au boycott dans tous les domaines (sportifs, culturels, économiques, etc.) où la Suisse entretient des relations avec cette autre nation de volonté. Une politique qui part du boycott, passe par les désinvestissements, et vise les sanctions, d'où son appellation de BDS.

Bravo Mohamed, bien joué ! Hopp Basel !

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06/08/2013

"L'expérience Blocher": à soutenir et à voir, sans Cherix et avec Sommaruga !

La Festival de Locarno va permettre aux spectateurs de la Piazza Grande de découvrir "l'expérience Blocher", le dernier documentaire de Jean-Stéphane Bron, auteur notamment de "Maïs im Bundeshuus" et de "Cleveland vs. Wall Street". Or le fait que son dernier documentaire ait été produit avec de l'argent public fait tiquer certains censeurs de gauche, moralisateurs à la petite semaine, tel François Cherix. Au motif que l'UDC a fait du "mal aux institutions", il n'ira pas le voir. Il n'y a décidemment pas de limite à l'étroitesse d'esprit. Qu'on le veuille ou non, Blocher est LE politicien suisse qui a le plus marqué la Suisse depuis la chute du Mur, en 1989. Malgré ses échecs, il a dicté et dicte encore, avec son parti, l'agenda politique de ce pays.

François Cherix aurait mieux fait de se renseigner avant de s'exprimer dans la Tribune de Genève. Il aurait ainsi appris de l'Office fédéral de la culture que "tous les critères étaient remplis pour l'encouragement à ce film". À surplus, l'OFC se targue de faire de la liberté d'opinion "une valeur cardinale". Vraie ou exagérée, la réaffirmation de l'attachement de l'OFC à la liberté de création, dans un milieu qui passe souvent comme favorable à la gauche - un élément que M. Cherix oublie comme par hasard de mentionner - mérite d'être soulignée. Même s'il ne s'agissait que d'un exercice-alibi, c'est bien joué. Et rend du coup plus difficile l'accusation, si rapide du côté de l'UDC, que les subventions fédérales à la culture engendrent potentiellement une culture d'Etat.

Donc non seulement cette aide est bienvenue, mais elle aura permis à ce documentaire d'exister. Ce qui me permettra, comme Carlo Sommaruga avec qui je suis généralement en désaccord sur tout, d'aller voir ce film "avec curiosité". Sans François Cherix, qui n'est "pas masochiste"... Et encore moins curieux de voir si Bron a réédité ses réussites précédentes.

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