06/09/2013

Guy Mettan, le voile et la girouette

"Un député PDC milite pour un code de bonne conduite des religions", titre la Tribune du 4 septembre 2013. L'intention de Guy Mettan est louable. Mais le moyen proposé par sa motion la rend impraticable. Et il le sait. Dialoguer avec M. Ouardiri comme représentant de l'islam sur la question de l'interdiction de tous les signes religieux ostentatoires à l'école publique obligatoire, et donc du voile islamique ou, pire encore, avec son Frère musulman Hani Ramadan, promet un résultat où la solution s'appelle soumission, dhimmitude, à leur vision voilée du monde.

Mieux vaut choisir la voie politique, où une loi est votée par le Grand Conseil. Et est soumise à référendum. Que les frères et les sœurs, dont Lucia Dahlab, la candidate verte voilée au Grand Conseil, que l'électorat vert relèguera aux dernières places - j'en prends le pari - le lancent, et on verra bien le peuple se positionner. Pour rappel, un sondage de la Tribune donnait 82% des 4000 participants opposés au port du voile islamique à l'école obligatoire genevoise !

Rappelons ici que Lucia Dahlab est cette ex-institutrice que Martine Brunschwig Graf avait dû combattre jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme (et de la femme) de Strasbourg pour l'empêcher de faire du prosélytisme en classe, en s'affichant avec son voile, signe flagrant d'inégalité entre les sexes dans une République qui entend éduquer les élèves à l'égalité et au respect de la femme.

L'article mentionné écrit que je veux empêcher, par le biais d'une loi, le port du voile. Sans préciser "à l'école publique obligatoire". Sans rappeler que ma proposition n'est qu'une réaction, et pas la plus radicale..., à un arrêt du Tribunal fédéral enjoignant aux cantons de légiférer s'ils entendent interdire par règlement le voile islamique dans leurs écoles. Et sans savoir, puisque ce n'est pas encore public, mais le devient pas cette note, que ce projet de loi va être, selon une position unanime de la députation PLR, un sujet important des prochaines Assises du PLR consacrées à l'école genevoise. Des Assises qui auront lieu, pour des raisons de calme évidentes, après les élections de cet automne.

Je n'ai en effet jamais proposé de texte visant à interdire le voile islamique, comme l'écrit la Tribune, ce qui serait discriminatoire, mais, en me référant à la législation française dès la première note de mon blog consacrée à cette question, le 13 juillet, tous les signes religieux ostentatoires. J'ai insisté sur ce point dans une autre note, du 18 juillet, destinée à un ami PDC en écrivant qu'"il se trompe sur mon intention qui n'est pas d'interdire le seul voile, mais (...) le port de signes religieux ostentatoires, quelle que soit la religion concernée". Une excuse pour ce raccourci vient de ce que les titres des articles de laTribune de cet été consacrés à cette question avaient préféré aller à l'essentiel.

Je profite de l'occasion pour rappeler que Guy Mettan, mettant en musique la phrase devenue célèbre "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent", due à Edgar Faure, ministre de l'éducation nationale en mai 68, avait écrit une audacieuse chronique dans la Tribune du 12 juin 2002 sous le titre "Retour du pamphlet et mort du politiquement correct".

Il y résumait avec talent un ouvrage Oriana Fallaci "la rage et l'orgueil", un pamphlet féministe et (donc) anti-islamiste dirigé "contre les mollahs qui appellent à la haine de l'Occident, contre les hordes musulmanes qui envahissent l'Europe sans aucun respect pour sa culture. Et surtout contre les "cigales", ces beaux penseurs occidentaux qui discourent sur les droits de l'homme et de la femme, mais ne lèvent pas le petit doigt lorsqu'on lapide au "Journal de 20 heures" trois femmes de Kaboul qui avaient commis le crime de s'être rendues chez le coiffeur".

Et Guy Mettan de conclure avec une clairvoyance courageuse que "malgré ses outrances, cette diatribe a beaucoup de mérites. (...). Et surtout Oriana Fallaci met le doigt sur ce qui fait mal, à savoir que la guerre des civilisations a bel et bien commencé, Un phénomène que les intellectuels européens se sont évertués à nier. Cette immense régression est à l'œuvre. (...) Le reste n'est qu'effet de manche, posture médiatique et bruit de bouche sans intérêt".

Comme sa motion ? Probablement. À part qu'elle a le mérite d'ouvrir le débat au Grand Conseil.

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Commentaires

Proposons une loi qui interdit le port de vêtements. Iriez vous à poil débattre vos propositions?

Écrit par : Kasperle | 06/09/2013

Bel article.
Le moment est venu d'oser nommer et affronter nos ennemis.
Le sinistre 'politiquement correct', soit l'absence de pensée critique, fait partie de ces ennemis mortels de nos valeurs.

Écrit par : Ronald Zacharias | 06/09/2013

"ce projet de loi va être, selon une position unanime de la députation PLR,"

Très curieux de savoir si ce projet obtiendra le soutien du p"s" et de la gauche...

Ou s'ils vont continuer à soutenir une idéologie totalitaire.



Significatif de l'absence d'assimilation de certains islamistes : cachez ces jambes que je ne saurai voir, mais que je prends quand même la peine de photographier sans demander l'autorisation, par derrière, un sommet de lâcheté et de tartuferie :

http://planetephotos.blog.tdg.ch/archive/2013/08/28/la-photo-du-jour-lolita-jeunesse-et-indecence-246199.html

Écrit par : Johann | 06/09/2013

"Oriana Fallaci met le doigt sur ce qui fait mal, à savoir que la guerre des civilisations a bel et bien commencé, Un phénomène que les intellectuels européens se sont évertués à nier."
Etre un "intellectuel" européen est surtout une posture médiatique, qui ne garantit en rien une réflexion de qualité. Le seul qui ait été systématiquement qualifié ainsi pendant des années par la Tribune de Genève était d'ailleurs Tarik Ramadan, alors que ceux qui l'auraient mérité infiniment plus à Genève travaillaient dans l'ombre de leurs laboratoires (scientifiques ou littéraires) ou donnaient des cours dans nos universités.
Quant à nos "cigales" elles continuent à chanter dans les mêmes circonstances.

Écrit par : Mère-Grand | 06/09/2013

Bon nombre de gauchistes sont prêts à composer avec nos islamistes, par paresse, par idéologie (il est interdit d'interdire...) ou par calcul politique (une voix est une voix..) .Probablement pour les trois raisons à la fois.

Voilà que le centre gauche s'aventure également dans la même galère, probablement pour les mêmes motifs que la gauche. Ce n'est hélas pas un surprise, cette mouvance, nous à souvent gratifié des "meilleurs" retournements de vestes.

Que ne ferait-on pas pour un plat de lentilles? Pour exister dans un futur parlement dont les places semblent très hypothétiques pour d'aucuns?

Écrit par : Exprof | 06/09/2013

Toujours un plaisir de lire les blogs de M. Weiss car il analyse et étaye ses propos en allant au coeur des sujets, sans se "voiler la face".

D'autres, et c'est la trame de ce blog préfèrent supputer.

Vous mentionnez l'ouvrage d'Oriana Fallaci.

En juin 1956, dans l'hebdomadaire Time, André Malraux écrivait ceci :

"C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine.


Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. A l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse.

De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam.


En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat.


Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis «musulmane» je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet.

Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard ! Les «misérables» ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur
d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale.


Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race.

L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution. »"

Écrit par : Patrick Lussi | 06/09/2013

@ P. Lussy

Prémonitoire ! Merci de cette contribution

Écrit par : Pierre Weiss | 06/09/2013

@ Ex-prof

Je crois que la bonne réponse est la difficulté de tenir une ligne forte dans la durée. Il est tellement plus facile de dire des choses qui ne fâchent pas après avoir eu le courage de fâcher.

Écrit par : Pierre Weiss | 06/09/2013

Je ne crois être ni un doux rêveur ni un pacifiste et encore moins un gauchiste. Il m'arrive même parfois de penser. Et voyez-vous, vous me donnez la (fâcheuse) impression que vous baissez les bras face à ce que vous estimez être la "montée de l'islam". Et votre seule réponse paraît être : "légiférons, interdisons les minarets (c'est déjà fait) interdisons le voile à l'école, interdisons la burqa. Interdire et encore interdire. Pour un libéral, c'est un comble.

Il y a certes pas mal d'illuminés dangereux parmi les musulmans : on les appelle les islamistes. Fâcheux de stigmatiser toute une communauté à cause de quelques fous dangereux. Je ne suis pas certain que les catholiques apprécieraient d'être catalogués comme sectaires parce les gens d'Ecône "pètent un peu trop les plombs".

L'évolution du monde musulman ne viendra pas de tout ce que nous leur imposerons et leur interdirons. Elle viendra de l'intérieur et grâce aux femmes. Le chemin est encore long et le prix à payer probablement cher. Mais nous autres de l'Occident, ne sommes évidemment pas prêts à réduire un peu la facture. Au contraire, nous cultivons la fracture.

Écrit par : Michel Sommer | 06/09/2013

Bonjour,
même si je ne suis pas toujours d'accord avec vous et les politiciens en général au sujet du voile et des lois, il est aisé de légiférer sans s'occuper de religion en interdisant les déguisements ... en effet il est facile de faire une loi interdisant les déguisements sur la voie publique ainsi voiles, burka, (kippa) également et cagoules seront supprimées car faisant partie des déguisements ... car ne faisant pas partie des coutumes locales.
Mais y-a-t-il une vraie volonté politique ?
THAT IS THE QUESTION ?

Écrit par : carlosse | 06/09/2013

Pierre Weiss nous devons constater qu'il faut un code de bonne conduite aux religions ou aux religieux? C'est dramatique en ce 21ème siècle. L'islam n'est pas une religion, mais un concept mortifère pour conquérir le monde, c'est écrit et prêché.

La -Liberté doit être au coeur de toutes réflexions, décisions et actions. Lorsque nos aïeux ont perdu celle-ci il était trop tard, il a fallu faire trois guerres, avec pour conséquences des millions de victimes, sans compter le coût pour le monde occidental.

Protégeons cette Liberté, chèrement acquise par nos ancêtres. Nos enfants doivent en hériter, elle vaut tout l'or du monde, elle permet à l'être humain d'avancer.

Merci de publier mon commentaire.

Écrit par : Pierre NOËL | 06/09/2013

"Le chemin est encore long et le prix à payer probablement cher."
Malheureusement c'est à nous et à nos enfants de payer le prix le plus fort, nous qui ne croyons pas dans les bienfaits de l'Islam. De plus, nous sommes déjà obligés de recommencer la lutte menée autrefois contre les excès du Christianise autoritaire. Cinquante années et peut-être plus de perdues.

Écrit par : Mère-Grand | 06/09/2013

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