07/09/2013

Chypre: la Turquie désinforme et détruit l'héritage culturel chrétien

A 100 kilomètres des côtes syriennes, la petite République de Chypre ne souffre pas que de l'impéritie de son précédent gouvernement de gauche, ami de la Russie, de ses mafias et des pays arabes. Sa crise financière, dont l'UE, la BCE et le FMI essaient de la sortir au prix d'un sérieux appauvrissement de ses citoyens et d'une profonde restructuration d'un secteur bancaire surdimensionné et imprudent, pour dire le moins, n'est que le dernier avatar d'une histoire récente tragique.

Le ciel bleu dont elle bénéficie 300 jours par an pourrait toutefois la sauver sur le plan economique, non seulement grâce aux deux millions de touristes qui viennent la découvrir chaque année (dont une moitié de Britanniques, mais moins de 30 000 Français !), mais aussi et surtout grâce aux importantes réserves de gaz naturel trouvées au large de ses plages. Leur exploitation est imminente, comme au Liban et en Israël, deux autres de ses voisins.

En effet, ce ne serait pas la première fois que la jeune République, indépendante du Royaume-Uni depuis 1960 seulement, se sortirait d'une situation catastrophique. La dernière était en 1974, à la suite de l'invasion turque qui a mené à la division du pays, à la perte de 70% de son PIB de l'époque confisqué par l'occupant, à un nettoyage ethnique affectant 180 000 de ses habitants, soit le tiers de ses citoyens forcés de fuir leurs villes et villages et devenus réfugiés dans leur propre pays. Et à une destruction de son héritage chrétien, objet d'une désinformation grossière par la République fantoche turque du nord de Chypre (RTNC), qui s'est unilatéralement déclarée indépendante en 1983. À noter que cette sécession n'a été reconnue par aucun État membre de l'ONU, à l'exception, bien entendu, de la Turquie dont la monnaie y a cours légal.

Occupée par 43 000 soldats turcs, repeuplée par plus de 160 000 paysans anatoliens pour compenser l'émigration de la moitié des Chypriotes turcs depuis 1974, la RTNC représente un obstacle majeur pour l'adhésion de la Turquie à l'UE. Comment en effet y accepter un État qui occupe 37% du territoire d'un État membre de l'UE ? Cela équivaudrait à reconnaître que le crime paie.

Le problème n'est pas seulement politique. Il est aussi culturel. Le régime illégal procède à une "turquification" systématique des noms des localités, à une destruction des cimetières où plus une croix chrétienne n'a le droit de rester debout, bref à une négation du passé millénaire de l'île d'Aphrodite. L'héritage grec en est banni.

C'est ainsi que même si la RTCN le cache (par exemple dans un superbe prospectus touristique "North Cyprus" (www.simplynorthcyprus.com), les autorités de cette province turque, de facto, citent, parmi les "exemples de l'héritage culturel qui vous attend: la cathédrale de Sainte-Sophie (...),la cathédrale de Saint-Nicolas" (p. 18). Or ces deux cathédrales sont des mosquées, depuis longtemps d'ailleurs. La honte du détournement religieux est-elle si gênante ?

Se rengorgeant de la centaines d'œuvre d'art qui peuvent y être visitées (et qui en valent la peine, foi d'amateur de vieilles pierres, à commencer par le château franc de Saint-Hilarion et le monastère gothique de Bellapais, à côté de Kyrenia, à suivre par les ruines de Salamine, à terminer par la tour d'Othello qui fait partie de l'enceinte vénitienne de Famagouste), le régime cache la destruction de nombreux sites archéologiques, -sauf ceux de première importance, pour des raisons de marketing touristique -, le vandalisme étatique au détriment des monuments, la vente de biens culturels à l'étranger.

Il cache en particulier le fait que plus de 500 églises (telle la Panagia Avgasida à Milia, 15 ans apres l'invasion! ou encore, plus récemment, l'Eglise de Sainte-Catherine, à Gerani) ont été détruites, vandalisées ou converties au mieux en centres culturels ou en mosquées, au pire en étables. Près de 20 000 objets religieux (icônes, par exemple un portrait de la Vierge à Livadia, près de Famagouste, vaisselles sacrées, manuscrits, etc., ont été volés, des mosaïques ont aussinété détruites ou vendues à l'étranger.

En somme, une partie non négligeable de l'héritage culturel de l'Europe chrétienne fait l'objet du nihilisme culturel turc. Ce qui pose au moins trois questions:

- qui s'en soucie en Suisse, à part les Arméniens, eux aussi victimes, y compris à Genève, du nationalisme turc et du négationnisme de leurs autorités ?

- en quoi le comportement des occupants turcs à l'égard des chrétiens est-il différent de celui que l'on observe dans d'autres pays musulmans soumis à des forces islamistes ? Il suffit de penser aux destructions d'églises coptes par dizaines en Égypte, aux assassinats de moines catholiques en Algérie, aux violences contre les melkites en Irak et maintenant en Syrie. Pour ne pas évoquer ici le lointain Pakistan, l'Indonésie ou les Philippines.

- quand les intellectuels et les politiciens des pays occidentaux et chrétiens, qui ne renient pas leur héritage, auront-ils le courage de reconnaître qu'une guerre des civilisations est en cours, et que la nôtre est mal partie pour la gagner?

Le premier pas serait aujourd'hui de lutter par des pétitions envoyées aux autorités turques pour que soit mis fin à l'occupation turque de cette merveilleuse île méditerranéenne. Le deuxième de faire preuve de vigilance face à la destruction de notre héritage culturel ici par les nationalistes turcs, là par les islamistes. Le troisième d'être attentifs dans nos pays aux tentatives des islamistes d'y imposer leurs valeurs, tel le port du voile. Car ceci n'est pas une autre histoire, pour paraphraser Kipling...

19:07 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"un obstacle majeur pour l'adhésion de la Turquie à l'UE."

L'obstacle majeur c'est qu'il faut l'unanimité des membres actuels pour l'accepter. Or, si je ne me trompe, l'accord de la France doit se faire par référendum. Obstacle infranchissable.

Écrit par : Johann | 08/09/2013

"une guerre des civilisations est en cours, et que la nôtre est mal partie pour la gagner? "

C'est la position de Michel Onfray déclarant que ce sont les islamistes qui sont porteurs de spiritualité et que du moment qu'ils sont prêts à mourir pour la cause alors que les occidentaux ne le sont pas, les premiers sont sûrs de gagner en fin de compte. Une "analyse" à la petite semaine qui n'a pas compris l'essentiel, à savoir que les islamistes sont instrumentalisés pour affaiblir toute puissance qui pourrait menacer la suprématie us, économique et politique. Ainsi l'Arabie vient d'annoncer qu'elle contrôlait les terroristes tchétchènes. Et de qui l'Arabie est-elle le meilleur allié?

Voir également la contribution actuelle de Hani Ramadan à propos de Merah...

Écrit par : Johann | 08/09/2013

Pour information :

http://www.ilfoglio.it/soloqui/12779

Écrit par : Johann | 08/09/2013

Pierre, la Turquie des islamistes est très partagée, tout comme le sont les chypriotes et les israéliens, voir les pays du golfe sans parler des impérialistes russes.

Le projet de gazoducs Nabucco (européen) semble faire loucher les islamistes turcs, Nabucco, qu'ils l'on appelé, comme pour remémorer les victoires passées sur les hébreux par des peuples disparus.

De nombreux accords encore sur la papyrus tentent d'associer la mollarchie iranienne et la république autocratique azéri qui à défaut d'être soumise aux tsaristes passe des backshishs sous la table avec les mêmes ottomans qui jadis, leurs rendirent la même politesse, tout un programme qui n'avait pas prit en considération que les plus importantes réserves mondiales de gaz, sont aujourd'hui méditerranéennes et le resterons quoi qu'il advienne.

Donc, nous assistons à la construction d'une Turquie de plus en plus infréquentable et qui plus est, fait des courbettes inexplicables à ceux qui, il y a plus de siècles leurs firent perdre 80% de leur territoire.

Concernant les doucereuses approches russes sur l'ile de Vénus et des pressentes exigences européennes, les créances de l'ile se sont marchandées pour quelques poignées de cerisier et non de cerises et cela n'est pas pour déplaire à nos amis turcs et britanniques, ne pas oublier qu'en 2002, le Royaume-Uni a signé un accord avec la République de Chypre pour garantir qu’elle s’interdit toute exploitation autre que militaire des deux bases, ce qui vient de glisser somptueusement en les doigts d'Obama dans sa croisade.

En fait les anglais, préfèrent soudain ne pas s'attirer trop de foudres et l'on peut bien se demander pourquoi, car les accords de 2002 parlent d'exploitation des terres et très peu de la territorialité des côtes en matière d'exploitation gazière et pétrolière, personne n'ignore l'incomparable tact des britanniques.

Les réserves situées dans ce coin de la méditerranée sont sans cesse réévaluées, elles étaient 300 milliards de m3 il y a 2 ans et passe allégrement le cap de 1'000 milliards mi-2013.

Pour le moment, seules les plateformes israéliennes, ceux qui ont découvert ces miracles économiquement extrêmement rentables, exploitent ces immenses ressources par le biais de ses trois premières plateformes dont deux produisent un gaz très apprécié dans le pays où coulent également le lait et le miel, une troisième plateforme, juste en face de mon salon, à portée de jumelles, sera en fonction d'ici fin 2014, pour ce qui en est des installations libanaises ne représentants qu'un faible pourcentage des réserves, les russes s'interrogent sur les risques liés à l'instabilité du pays et des retombées très relatives du projet, aucun autre partenariat n'est vraiment en vue ce qui excite passablement le boucher de Damas, lui rêvait d'être aligné dans les rangs des pétromonarchies.

Donc, hormis les considérations turques face à leur impuissance de pouvoir baigner leurs pieds dans des eaux gazeuses, Israël, le principal acteur de ce miracle quasi-biblique, la question de pipeline se pose pour l'état hébreu, quant à venir grossir les concurrences liées au marché européens via la Turquie ou la Grèce, ou alors, liquéfier son gaz, cette fois pour un marché plus stable, celui de l'Asie qui souffre en la matière.

Écrit par : Corto | 09/09/2013

Le signe, ne peut être plus clair et cela venant de la Russie, des avions syriens sont venus assombrir les cieux des eaux internationales chypriotes, comme si assad venait soutenir la Turquie dans sa crise aigue de jalousie v/s le gaz chypriote grec.

Immédiatement des jets anglais ont réagis faisant fuir les vieux Migs syriens !

Cela ne fait que prouver que ces réserves de gaz excitent les passions, notamment celle des russes par le biais de leur représentant syrien.

Mais sans-doute, il s'agissait de Migs pilotés par des rebelles syriens !

Écrit par : Corto | 09/09/2013

Les commentaires sont fermés.