01/10/2013

Le voile et la burqa: distinguons les débats !

Le voile et la burka sont les vedettes médiatiques de l’été, et pas seulement en Suisse. Le Québec et l’Angleterre communautaristes comme la France laïque, placardant sa Charte de la laïcité à l’école, sont aussi touchés. Les disputationes causées par l’islamisme se succèdent dans nos démocraties.

En Suisse, le Tribunal fédéral a ouvert le bal le 11 juillet ; le peuple tessinois l’a suspendu ce 22 septembre en plébiscitant l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public, dans les faits : de porter la burqa ; la reprise de la valse prendra la forme d’une initiative populaire fédérale dont la date de lancement est inconnue, même si ses porteurs ont déjà fourbi leurs armes avec l’initiative anti-minarets. Les femmes du PS se réveillent enfin et veulent entrer dans la danse en punissant par une norme pénale les maris qui imposent la burqa. Bref, la question de l’islamisme s’est invitée dans les foyers helvétiques. Et pas seulement pour un été.

Tout a commencé par une décision du Tribunal fédéral (TF). Une commune scolaire thurgovienne entendait interdire le port du voile islamique dans ses écoles. Un avocat et conseiller national vert s’y est opposé. Le TF a tranché. Ses considérants viennent d’être publiés.

Ils n’ont guère suscité l’intérêt des médias. On peut les comprendre. Les juges ne s’y prononcent que sur la question de la base légale de la décision de Bürglen. Soit sur la première des conditions cumulatives de l’article 36 de la Constitution traitant de la restriction des droits fondamentaux ; ils laissent ainsi ouverte la question de savoir si la mesure peut être jugée d’intérêt public (deuxième condition) et proportionnée (troisième condition, la plus sensible). Une réponse ne sera possible que si une loi cantonale amène le TF à se prononcer sur le fond.

Il n’est pas exclu que ladite loi soit genevoise. Les membres du PLR seront en effet invités, à l’occasion d’Assises consacrées à l’école, prévues pour le début de 2014, à se prononcer sur le projet de loi que j’ai élaboré dans la foulée immédiate de la décision du TF. L’issue du débat reste ouverte. Par ce projet, il s’agissait de couper l’herbe sous les pieds aux promoteurs de la voie de l’initiative populaire. Ailleurs, d’autres la proposent déjà, en Thurgovie et à Saint-Gall, peut-être en Valais. Mais, comme avait conclu avec sagesse dans ces colonnes le 30 septembre 2010 le professeur Etienne Grisel, mieux vaut débattre, et vite, au Parlement que dans la rue : « Si les autorités élues restent inactives, on peut craindre une nouvelle demande populaire qui ne serait pas équilibrée ».

Mon projet, presque aussi rapidement critiqué voire déformé - le voile islamique aurait été seul visé - qu’il a été présenté, vise à interdire jusqu’au terme de l’école obligatoire publique, et ceci dans le cadre des activités scolaires, le port des signes religieux ostentatoires, sans la moindre discrimination entre religions. Avec l’interdiction du voile qui est aussi concerné, il s’agit d’abord d’une volonté de protection des jeunes filles. Voulons-nous accepter leur stigmatisation ?

Ce projet trouve son fondement dans le rappel de valeurs essentielles : le respect et la dignité de la femme, la liberté religieuse, qui ne peut - pas plus que d’autres libertés - être illimitée, de même que l’égalité entre les sexes, comme entre adolescentes - les voilées et les autres - sont ainsi convoqués au banc des témoins. Car il en va in fine de l’intégration sociale de populations étrangères. La cause a pour nom universalisme des valeurs, elle s’oppose à la « tolérance indistincte », comme l’a nommée Elisabeth Badinter, qui débouche sur le communautarisme. Dont il serait angélique d’oublier qu’il a pour effet pervers le rejet indistinct de tous les musulmans.

Cela explique probablement la raison pour laquelle la Licra France s’est prononcée en faveur de l’introduction de cette interdiction dans les écoles françaises, en 2004. Et vient d’endosser, à la majorité relative de son dernier Conseil fédéral, le projet gouvernemental d’interdire le voile islamique à l’université. Un projet qui serait quasi hérétique en Helvétie, car l’université est fréquentée par des adultes.

Le moment venu, il sera temps de répondre aux craintes que suscite mon projet de loi. Mais il n’est pas impertinent de souligner que le peuple a priori est dans sa très grande majorité pour cette interdiction. Un sondage ouvert par la Tribune de Genève à ses lecteurs a ainsi donné un résultat de 82% des 4000 participants en sa faveur. Ce score est fort proche de ce que l’on observe en France où cette mesure recueille l’appui de neuf Français sur dix, et encore plus au sein de l’UMP. La question politique est de savoir qui est prêt à abandonner cet élan populaire à des forces dites populistes. Et à en payer un prix qui ne cessera de monter.

Les « étranges lucarnes » n’ont en effet cessé de mettre en évidence, toujours cet été, les excès auxquels conduit toute religion portée à son incandescence par des fanatiques. Actuellement, c’est l’islam revu et corrigé par des fous d’Allah. La guerre de 40 ans voire de 100 ans entre extrémistes catholiques et protestants en Irlande du Nord - avec la paix signée en 2007 - est largement oubliée.

Depuis le 11 septembre 2001, la violence vient indéniablement de l’islamisme. Les Frères musulmans, bien représentés à Genève, sont en cette année 2013 les destructeurs de plus de 80 églises coptes, en plus que des libertés et du bien-être du peuple égyptien. Le massacre commis à Nairobi par des shebabs n’était, selon leur chef somalien, qu’un « avertissement » donné aux Occidentaux et au Kenya. Ajoutons-y le changement d’orientation de la guerre civile syrienne qui vire de plus en plus à la guerre inter-religieuse, et les tueries de chrétiens au Pakistan et au Nigeria.

Ce contexte doit être pris en considération pour expliquer le rejet par le peuple de manifestations d’identité prises à raison pour un refus d’intégration. Ainsi de la burqa inacceptable pour tout démocrate, car elle signifie la négation de la personne, murée dans sa prison d’habits ; quant au hijab, il est pour moi une image de la mort. Mais peut-on interdire un enfermement volontaire d’adultes dotés de leur libre-arbitre ? Poser la question, c’est y répondre. Pour certains, d’ici à l’automne 2015, date des prochaines élections fédérales.

(Article paru Le Temps du 1er octobre 2013)

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Commentaires

Je me réjouis de lire votre projet, sauf qu'il devrait concerner TOUTES les écoles publiques de la république.

Et quand je pense que j'ai vu il y 3 ans aux Pâquis une conductrice portant le voile intégral...

Écrit par : Johann | 01/10/2013

Le Japon interdit catégoriquement l'entrée à tout musulman sur son territoire, les noms et prénoms à consonance musulmane et plus particulièrement arabe sont bannis dans tous les bureaux des visas des ambassades japonaises, peut-on dire que les japonais sont racistes et "islamophobes", qui parle de la situation japonaise dans ce débat ?

Néanmoins, les japonais n'ont pas à se confronter à ces débats absurdes, tels que le sont actuellement tous les débats relatifs à l'islam dans nos sociétés "occidentales".

Des débats absurdes et creux, il n'y a malheureusement rien de plus à ajouter !!!

Écrit par : Corto | 02/10/2013

Un point : Nous avons hérité en partie du code napoléonien, que ce soit en matière de droit civil ou pénal, avant cette révolution et l'apparition d'une constitution suisse, le port de cagoules et d'accoutrements permettant de cacher les visages étaient exclusivement réservés aux représentants d'inquisitions catholiques, nous sommes déjà passé par le stade "burqa ou niqab", qu'importe le terme. Mais ce qu'il faut retenir de cette sombre époque honteuse, c'est que ces "caches-visages" servaient à tuer, terroriser, torturer, violer des innocents, cela avec une cruauté sans égal.

Plus tard et lors de plusieurs crises, d'autres personnages tout aussi cruels que les premiers illustrés ci-dessus, ont perpétués ces traditions sacrificielles, les derniers connus portaient même le nom de "cagoulards", à nouveau la honte à caché les cieux de nos pays aujourd'hui, nous l'espérons, à l'abri de ces pratiques.

Donc, pour ces raisons, peut être totalement différentes, nous demandons solennellement à nos concitoyens musulmans de ne pas nous imposer ni de nous rappeler un passé assez comparable avec ce qu'il se passe dans les pays où les burqas et niqabs sont obligatoires, suis-je clair ?

Écrit par : Corto | 02/10/2013

.....bof, entre les burqas, les nikabs, les loups qui avancent en habit de brebis et les xénénophobes en masque de laïcité, me demande vraiment ce qui est préférable...
La burqa a ceci d'honnête, c'est qu'elle cache. ça a le mérite d'être clair. Monsieur Weiss a ceci de malhonnête: faire prendre pour des intérêts supérieurs (laïcité, sécurité, etc) une xénophobie DE BASE. (il faut combattre tout ce qui ne nous ressemble pas)

Entre le visage masqué et les intentions masquées, qui, elles, pourrissent gravement la société, je ne sais pas au juste ce qui est le plus préjudiciable.

Écrit par : pfffffffff | 02/10/2013

pf.....

Encore un idiot utile !?

Écrit par : Exprof | 02/10/2013

Qu'est ce que je disais !?!

Écrit par : Corto | 02/10/2013

Les pro-voiles ou autre connerie, n'ont rien dans la main, pourtant ça ne les empêcheras pas de se taire, pff, ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faille fermer sa gueule !!!

Écrit par : Corto | 02/10/2013

Maintenant pourquoi vouloir faire voter une loi (burqa, niqab) alors qu'elle existe déjà ?

Pour nous faire croire qu'il y un vide juridique là où il n'y en à pas ??

Écrit par : Corto | 02/10/2013

@Corto

- « Le Japon interdit catégoriquement l'entrée à tout musulman sur son territoire, les noms et prénoms à consonance musulmane et plus particulièrement arabe sont bannis dans tous les bureaux des visas des ambassades japonaises, peut-on dire que les japonais sont racistes et "islamophobes", qui parle de la situation japonaise dans ce débat ? »

Vous délirez complètement.
Un vrai tissu de mensonges et de contrevérités.
Impossible de pas le relever et le dire très fort.

Écrit par : Chuck Jones | 02/10/2013

Avez-vous jamais lu qu’un dirigeant politique ou un premier ministre d’un pays islamique a visité le Japon ?

Avez-vous jamais entendu que le roi d’Arabie saoudite ou le Président iranien ont visité le Japon? (Il y a eu 4 visites d’un officiel d’Arabie Saoudite au Japon en presque un siècle, et 1 visite d’un président iranien, en 2000.

Le Japon impose des restrictions strictes à l’islam et aux musulmans.

a) Le Japon est le seul pays qui ne donne pas la citoyenneté aux musulmans.
b) Au Japon les musulmans n’ont pas droit à la résidence permanente.
c) la propagation de l’Islam au Japon est très mal vue par la population.
d) Dans les Universités du Japon, l’arabe et l’islam ne sont pas enseignés, dans quelle que langue que ce soit.
e) l’importation de Coran en langue arabe est interdite.
f) Selon les données du gouvernement japonais, il a été donné le droit à résidence temporaire à seulement 2 musulmans lakhs, qui doivent respecter la loi japonaise. Ces musulmans doivent parler le japonais et effectuer leurs rites religieux dans leurs appartements.
g) Le Japon est le seul pays au monde qui dispose d’un nombre négligeable d’ambassades de pays islamiques.
h) les Japonais ne sont pas attirés par l’Islam.
i) Les rares musulmans résidant au Japon sont des salariés des sociétés étrangères.
j) Aujourd’hui, le Japon n’accorde plus de visas aux médecins, ingénieurs, ou gestionnaires musulmans envoyés par des sociétés étrangères.
k) Dans la majorité des entreprises, il est précisé dans leurs règlements que les musulmans ne peuvent pas postuler pour un emploi.
l) Le gouvernement japonais est d’avis que les musulmans sont des fondamentalistes qui même à l’ère de la mondialisation, ne sont pas prêts à changer leurs lois musulmanes.
m) les musulmans peuvent difficilement louer une maison, au Japon.
n) Si quelqu’un apprend que son voisin est musulman, tout le quartier est alerté.
o) Nul ne peut créer une cellule islamiste ou école islamique, au Japon.
p) La charia n’est pas autorisée au Japon.

q) Si une femme japonaise se marie avec un musulman, elle est considérée comme une paria.
r) Selon M. Komico Yagi (chef de département de l’Université de Tokyo) « Il y a un état d’esprit au Japon selon lequel l’islam est une religion très étroite d’esprit et chacun devrait se tenir à l’écart de cette religion »
s) Le journaliste indépendant Mohamed Juber a visité de nombreux pays islamiques après les attentats du 11 septembre, y compris le Japon. Il a constaté que les Japonais sont persuadés que les extrémistes musulmans ne peuvent pas frapper au Japon.
t) Le Japon compte 126 millions d’habitants. Interrogé sur le nombre de musulmans, Abu Bakr Morimoto, ex-président de l’association islamique japonaise répondait : « franchement, il y a peut-être 1000 musulmans japonais, et le nombre de 30.000 est très largement exagéré ».
u) Quelques Japonais ont entendu parler de l’islam pour la première fois en 1877, mais seulement comme « histoire des cultures ».
v) le « boom de l’islam » au Japon a été provoqué par l’armée japonaise et date de la seconde guerre mondiale. Une mosquée à a été construite à Kobe, et une centaine de livres et journaux ont été publiés sur l’islam. L’objectif de l’armée était d’être mieux équipé afin d’acquérir une bonne connaissance de l’islam et des musulmans. En 1945, l’islam disparu rapidement du Japon.
w) en 1890, l’Empire Truc Ottoman a envoyé un vaisseau au Japon dans le but d’entamer des relations diplomatiques et pour présenter l’Islam aux Japonais. Le navire s’appelait Ertugrul, et sur son chemin de retour, il a coulé avec 609 personnes à bord.
x) Il y a une trentaine « d’appartements mosquées » dans tout le Japon.
y) Les Japonais considèrent que l’islam est une religion étrange de pays sous développés.
z) Au Japon, on ne trouve ni nourriture halal, ni éducation islamique, ni médias en arabe, ni littérature islamique.
- See more at: http://www.dreuz.info/2013/05/lislam-au-japon-jubilatoire/#sthash.PD0yMBpt.dpuf

Écrit par : Corto | 02/10/2013

Inutile de passer plus de 30 secondes à répondre à pareille prétention.

Traduit en français par google...

http://translate.google.com/translate?sl=en&tl=fr&js=n&prev=_t&hl=en&ie=UTF-8&u=http%3A%2F%2Fwww.barenakedislam.com%2F2012%2F09%2F21%2Fbni-response-to-the-viral-email-re-islam-and-japan%2F

Écrit par : Chuck Jones | 03/10/2013

Bon, 10'000 musulmans sur 130 millions de japonais, c'est une signe relativement significatif d'une réalité incontestable et selon le président de la communauté musulmane du Japon, il paraitrait que ce chiffre de 10'000 soit très largement exagéré, admettons, 10'000 pour 130 millions, ça fait un musulman pour 13'000 japonais, c'est un record mondial !

Maintenant Chuck Jones, va chercher dans un site islamiste des informations contredisant un site pro-américain et anti-islamiste, on ne va couper les cheveux en quatre, le Japon est le pays au monde à part peut-être le pôle-sud où il y a le moins de musulmans au niveau planétaire !

Aussi à Tokyo, il y a une rue "Suisse", je peux vous garantir qu'il n'y a pas de rue arabe et nous sommes tout petits !!

Écrit par : Corto | 03/10/2013

D'ailleurs ce détail illustre bien comment les islamistes ou les pro-islamistes qui s'ignorent ont une méchante tendance à vouloir déformer les réalités !

Chuck-Jones et ses sources, tentent d'amplifier le nombre de musulmans au Japon et de l'autre coté, ils cherchent à minimiser leur importance en Europe et plus spécialement en France, les chiffres oscillent entre 5 et 12 millions pour la France selon que l'on se fie à l'une ou l'autre source, bon, il est évident que les deux sont le fruit de manipulations politiques, à gauche 5 et chez le FN, 12, mais la réalité doit se balader entre les deux, donc entre la France et Japon, la politique de immigration musulmane est plus que sensiblement différente, dans un pays il y a entre 1 et 2 musulmans sur 10 alors qu'au Japon, ce serait en 1 et 10 musulmans sur 130'000 japonais !

Ça donne de quoi réfléchir !!!

Écrit par : Corto | 04/10/2013

Par contre, vous ne verrez jamais de femmes en burqa ou niqab déambuler dans les rues de Tokyo pour les 100 prochaines années, c'est garanti !

Écrit par : Corto | 04/10/2013

Au Japon, lors de mes séjours, j'ai rencontré seulement deux femmes musulmanes:

Une jeune femme avec un voile blanc sur la tête, elle entrait dans une limousine devant un grand hôtel.

et une autre tout de noir vêtue dans la baie de Tokyo.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 04/10/2013

Chuck Jones, pleurez si ça vous chante mais de grâce, ne parlez pas de culture, ça sonne faut.

Quant à vos images de masque à particules, pardon mais là, la votre de culture, me fait plutôt sourire !

Allez demander un simple visa touristique sur un passeport arabe non-diplomatique et ensuite on en reparle !

Mais il me semble que vous ne connaissez pas la politesse japonaise !

Écrit par : Corto | 05/10/2013

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